Passerelle au dessus des flots
Depuis notre arrivée à Saint Férréol les Neiges, nous sortons chaque jour pour une promenade de mise en jambes d’une à deux heures. Ces “sorties de petits” ne conviennent pas à Marie : une journée de marche ou rien déclare-t-elle, attirée par les ponts suspendus inclus dans le dépliant du sentier Metsachibo. Le défi est donc lancé : nous attendons qu’Antonia soit moins malade (un rhume qui traîne en longueur) et que le temps soit clément pour nous lancer dans cette première aventure, cotée en “randonnée avancée” de 5 heures pour 12kms. Arrivés au point de départ, l’église de Saint Férréol les neiges, l’orage gronde et le mouches noires sont déjà de la partie. J’oubliais de vous dévoiler le souhait secret de Nicolas : pouvoir, lui aussi, admirer notre ourson noir, qu’il avait raté en raison de sa virée chez les Indiens Montagnais. Le temps de nous mettre en ordre de marche, de couper les batons et de nous badigeonner d’huile essentielle de citronnelle, deux Québécoises nous ont doublé. Une heure plus tard et notre premier kilomètre parcouru, nous les retrouvons : elles ont fait demi tour et tiennent à la main une petite pompe, qui émet la sonnerie d’une corne de brumes. Elles ont vu des laissers d’ours (autrement dit des crottes mais Monsieur Chardot m’a enseigné le vocabulaire du chasseur nancéen) et des traces de griffes sur les arbres. Par malchance pour nous, Donatella a oublié son sifflet en plastique chinois gagné à la kermesse de l’école Jeanne d’Arc : Il ne nous reste plus qu’à chanter …Et voilà comment je me suis époumonnée, huit heures d’affilée, à hurler des refrains scouts (merci Marie pour les souvenirs de camp d’été) édifiants : “un régiment de fromage blanc, déclare la guerre au camembert, le Port Salu n’a pas voulu, car le roquefort était trop fort….encore plus fort”. J’ai vainement essayé de les faire passer à la récitation des tables de multiplication, la peur de l’ours n’a pas été suffisante.
Et alors ? Pas d’ours visible, mais des traces de griffes bien nettes dans la boue. Des passerelles suspendues au dessus d’une rivière gonflée par les précipitations inhabituelles de l’été, des passages avec cordage ou filin, des champignons de tout genre, un Momo perdu puis retrouvé, un raccourci jamais trouvé, des dénivellés qui s’enchaînaient sans jamais s’arrêter, une Marthe sur les épaules de son Papa qui n’avait qu’une idée en tête : marcher, une Antonia bien courageuse qui attendait patiemment le moment propice pour demander les bras et des cous sanguinolents à cause des morsures de bibites.
La conclusion en photo avec notre groupe à l’arrivée : sans commentaires… et ma conclusion personnelle : au Canada, les temps de marche ne sont pas gonflés ! Celle de Nicolas est plus positive : nos filles sont prêtes et ont envie de se lancer dans de petites aventures. Et nous sommes fières d’elles.
27/07/2008