Le long du Rio Tapajos

Pour commencer notre croisière sur le fleuve Tapajos, le capitaine détecte un Objet Flottant Non Identifié : éléphant pour Marthe, chiffon et pelote de laine pour Donatella…Il s’agit en réalité d’un porc-épic avec un énorme groin en patate, des piquants tout blancs et une large et courte queue. Dans la foulée, des dauphins passent au large, ne permettant pas de réaliser la photo rêvée. Ce premier épisode zoologique passé, nous prenons nos quartiers dans le bateau. Le pont supérieur est une grande salle de 10 mètres de long sur 2 de large avec un point d’eau : les barrières étant très ajourées, nous avons rapidement laissé tomber à l’eau fruit, couvert, paire de lunettes et Marthe a conservé son gilet de sauvetage pendant deux jours d’affilée. Le pont inférieur est réservé aux machines et aux hommes d’équipage car nous avons embarqué, en plus de la famille de Wim, 3 Indiens de la tribu que nous allons rencontrer, un ami cuisinier (« C’est bon pour le moral…. ») et 3 marins. Rapidement, notre embarcation se transforme en tripot –jeux de cartes exclusivement réservé aux enfants de moins de 18 ans- et en salle de hamacs, avec un espace réduit pour la sieste et une majorité de hamacs utilisés pour manger ou faire le bazar.

Je descends de bord avec Edgina au seul village que nous apercevons sur la rive : il n’y a guère plus que quelques huttes, dont une sert de restaurant. Nous cherchons à acheter du poisson. Dure négociation : il n’y a que 6 poissons de disponible et nous en voudrions 3 ou 4. Première étape : transiger sur 2 poissons en récupérant les plus gros. Deuxième étape : fixer un prix de vente. Edgina annonce le prix qu’elle a payé à SantaRem la semaine dernière. Faute d’autre proposition, prix accepté : 9 reais soit 3,50 euros du kilo. Troisième étape : déterminer le poids. Aucune balance en vue. Chacun donne son avis sur la question et nous fixons donc la masse au jugé. Conclusion : faire une multiplication. J’avais déjà remarqué que les commerçants brésiliens ne sont pas très forts en calcul mental ; la règle ne s’est pas démentie. Au final : un aperçu pour moi de la difficulté qu’il peut y avoir à initier aux règles du commerce –même équitable- des personnes qui n’ont ni besoin ni coutume de les appliquer. En effet, si un pêcheur ne prend que la quantité de poissons nécessaires pour ses propres besoins, il n’a aucunement besoin d’apprendre à vendre au mieux.

Nous nous arrêtons sur un îlot paradisiaque, une langue de sable d’une centaine de mètres d’un blanc éblouissant qui n’apparaît que lorsque les eaux sont basses. Baignades dans une eau à 35°, sauts depuis le bateau : tout paraît idyllique mais Nicolas a trouvé un squelette de raie dont les deux dards font frémir. De quoi nous rappeler que « prudence est mère de sûreté ».

Le rythme est lent sur notre embarcation, Ariane s’ennuie puis s’initie aux secrets du pilotage d’un bateau à moteur. Nous avons le temps de nous faire des câlins et de faire des tresses, de grignoter dans le hamac. Régulièrement, des pirogues venues de nulle part nous abordent, proposant du poisson ou de la bière. Je me demande d’où viennent ses petites embarcations puisque je ne vois aucune habitation sur les rives, juste un feu de temps en temps. En milieu d’après-midi, le bateau s’arrête, toujours rien en vue à part la forêt. Où se cachent donc les Indiens ?

 

26/10/2008

Une Réponse pour “Le long du Rio Tapajos”

  1. Redigé par fanoumath:

    bonjours a vous,
    merci pour ses belles photos, ce bo voyage;;;;;

    Je reviens d amerique et ais passer qq temps a alter de chao au bresil. Je recherche le site internet de Jardim Gaia chez JC, il me semble que vous l avez rencontrer, peut etre avez vous sa carte ??
    Merci de votre aide;;;

    tout de bon pour la suite; Mathieu

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