DD comme Dieu et Darwin

Le DD est à la mode, entendez Développement Durable : réconciliation des enjeux

économiques, sociaux et environnementaux . Ou comment s’adapter à son environnement sans sacrifier les générations à venir.

J’ai toujours pensé que pour faire du DD, il suffisait d’observer la Nature et de l’imiter au plus proche, mais ici dans le désert d’Atacama, j’ai trouvé un exemple imparable avec les flamands roses et de leur écosystème.

Imaginez plutôt. Vous êtes dans le désert le plus sec du monde, à plus de 2000 mètres d’altitude, chaleur accablante le jour, gel la nuit, vent incessant, montagnes de toutes parts, pas ou très peu de vie, que du caillou et des volcans à l’horizon. Un désert de sel, les roches volcaniques des cônes frontalier entre Chili, Argentine et Bolivie ayant produit toutes sortes de scories et de roches minérales qui réapparaissent ici, à leur pied, sous forme de croûte salée, iodée, phosphorée…

Et puis tout d’un coup, une étendue d’eau hyper salée et un groupe de flamands roses majestueux, qui passent patiemment au peigne fin la lagune avec leur bec sabot. Celui-ci ne peut pas s’ouvrir de plus de 5 millimètres mais cela suffit pour y emprisonner de petits crustacés, les artemias, qui avec le temps leur donnent cette belle couleur rose orangée. Les artemias eux-mêmes arrivent à survivre dans cette eau saumâtre en se nourrissant d’une petite algue vert noir, et en ayant développé avec le temps deux modes de reproduction : ils sont vivipares (mettent au monde des petits qui prennent directement le  large) et en pondant des sortes de kystes, qui contiennent une larve capable d’attendre jusqu’à vingt ans pour déclencher son développement ; le temps qu’un peu plus d’eau, un peu plus d’oxygène et un peu moins de métaux lourds rendent l’environnement plus propice. Trois espèces de flamands roses : andins, chiliens et de  James se sont développés avec le temps, tous résidents, monogames et incroyablement beaux, surtout quand ils volent. Comme Darwin l’a expliqué dans sa théorie de l’évolution, ces oiseaux se sont adaptés admirablement à un environnement franchement hostile. Dieu les a créés bien sûr, mais les a de surcroît faits merveilleusement élégants alors que la beauté ne semblait pas être le facteur N°1 pour la survie… Comme quoi beauté et efficacité ne sont pas incompatibles, pas plus que science et spiritualité, ni que développement et durabilité. D’ailleurs, le désert d’Atacama se porte très bien économiquement, lui qui contient 40% des réserves de lithium du monde et produit la matière première des piles de la plupart des appareils photo et téléphones portables. Le petit village de Socaire, qui domine le Salar à 3500m d’altitude en sait quelque chose : grâce aux dons de l’entreprise extractrice, qui doit aussi mettre dans son rapport Développement Durable qu’elle protège les flamands,  ce hameau jouit d’une école et d’un magnifique gymnase pour … 18 élèves…ainsi que d’une magnifique petite église restaurée en pierre volcanique et charpente de « bois » de cactus.

18/12/2008

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