Le Plaza Athénée…olé

Décidément, le sujet du logement revient souvent à Chiloe… Nous avons été délogés pour une nuit de notre palace de Castro par un groupe de 44 personnes : l’année scolaire se termine au Chili et la fin de l’année calendaire aidant, la saison touristique démarre. Voiture chargée, nous partons pour le sud de l’île qui devait nous servir de point de passage pour la Patagonie continentale : nous avions prévu un ferry de 5 heures pour Chaiten puis la Carretera australe pendant 300kms. Une solution intermédiaire pour se donner un goût de Patagonie, dont le seul nom fait rêver, sans pour autant affronter les 3 jours de bateau qui séparent Puerto Montt et Puerto Natales (version initiale de Nicolas). Mais non, les volcans en ont décidé autrement. Il y a six mois, un volcan non signalé par les sismologues a fait éruption, enfouissant sous des torrents de boue une ville de 3000 habitants. L’activité sismique étant toujours forte, le ferry a suspendu ses mouvements et accoste bien plus au sud, après 30 heures de navigation. Trop pour moi, nous admirons donc les chaînes de Patagonie depuis Chiloe et c’est… magique. Nous longeons la côte qui fait face à la Patagonie : quelques maisons de pêcheurs regroupées autour d’une église de bois et d’un cimetière fleuri, la mer parsemée de parcs à saumons et les volcans enneigés, tout proches. Si proches que nous trouvons des pierres ponces sur les plages. Malgré la poussière sur les chemins non goudronnés, nous enfilons les kilomètres pour ne pas rater une vue de ce spectacle incroyable, toujours convaincus que nous avons le plus beau point de vue, pour nous détromper quelques tournants plus tard. Quand Donatella se lasse de ces paysages, elle se lance avec Antonia dans des jeux en « francoportugnol ». Les rôles de la maîtresse et de la maman ont fait place à l’office du tourisme et surtout de l’aubergiste. Echange de plans avec annotations, négociation pour les chambres (Antonia ne fait pas payer les enfants…normal, elle en a 10 !), achat de « papel hygienico » : les indispensables du voyage, en trois langues, avec une participation de plus en plus active de Marthe.

Les heures passent et nous arrivons vers 21heures à Queilen : rien n’indiquait sur le plan que la route n’était pas goudronnée. La nuit n’est pas encore tombée, le tour du village est rapide : pas de perte de temps dans le choix du logement. Il n’y en a qu’un : le Plaza. Avec un nom pareil….Première porte à gauche : erreur, c’est la « schopperia » où cinq habitués alignent des bouteilles sur les tables dans des volutes de tabac. Tentative à droite : restaurant avec nappes en plastique grasses où l’odeur du tabac est remplacée par celle du poisson. A l’étage, salle de bain : j’interdis aux enfants d’y mettre les pieds pour autre chose que le lavage de dents, la plage toute proche suffisant pour le reste… Les chambres sont étouffantes avec la vague de canicule qui s’est installée sur l’île, les couvertures sentent tellement la fumée que nous tournons une vidéo pour une campagne « anti-tabac » qui pourrait presque convaincre Myriam. Marie propose de coucher dans la voiture, Ariane est convaincue qu’il y a de la drogue cachée sous le plafond. Un entraînement pour l’Inde, une occasion de faire contre mauvaise fortune bon cœur, un slogan que toute la famille reprend en cœur « le Plaza Athénée ….olé » et finalement, une bonne nuit de sommeil. Et en prime, au réveil, un spectacle inédit organisé par les Carabiniers : ils se garent en pleine rue, nous imaginons la poursuite d’un malfaiteur de haut vol. Et non, il s’agit de la chasse des vaches qui broutent dans les jardins de la place et viennent boire dans les fontaines du monument aux héros.

01/12/2008

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