Archive pour le avril 12th, 2009

Le Japon en hiraganas: KA à KO

Dimanche, avril 12th, 2009

KA nkoku (Corée) : Corée et Japon n’entretiennent pas de relations cordiales en raison de l’invasion de la péninsule par les Nippons à la fin du XIXème siècle et l’importation qui a suivi de main d’oeuvre coréenne. Pourtant la présence coréenne est de plus en plus visible : dans les gares, les kanjis sont traduits en alphabet romain et coréen. Lorsque nous sommes allés à la cathédrale Sainte Marie, la messe était en coréen et la plupart des femmes portaient la longue robe traditionnelle, serrée sous la poitrine. Donatella, qui souhaitait manger coréen depuis Hong Kong, a même pu goûter à la viande grillée au kimchi.

KI ookai (église) : Pour la vigie pascale, nous avons renoué avec la petite chapelle de Mejirodai où nous allions une fois par mois faire le catéchisme aux 3èmes, avec Paul Jobin, devenu depuis parrain d’Ariane. Pour Pâques, nous avons retrouvé –non sans difficulté- notre paroisse du Sacré Coeur à Hiroo : nous habitions à moins de 300 mètres mais le quartier a tellement changé que nous sommes arrivés pour la communion ! L’église est bondée, nous n’avions plus vu autant de petites têtes blondes depuis plusieurs mois. Nous cachons les oeufs en chocolat dans le parc, avant de rejoindre la communauté francophone pour un  picnic sous les cerisiers. Les filles jouent avec les scouts d’Europe (Myriam, photo à l’appui). Nous retrouvons le père Bernard Jacquel, toujours aumônier et quelques anciens, revenus sur les traces de leur coopération ou du European Training Program.

KU ruma (voiture) : On pourrait s’imaginer que les voitures Nissan, Toyota et Honda –à défaut des Renault et Peugeot- envahissent les rues de la capitale. Pas du tout. Il y a évidemment quelques grosses artères qui strient la ville mais dans tous les quartiers, les bicyclettes sont reines. Pas de klaxons, pas de pollution, aucun bruit car les moteurs sont silencieux : après deux mois dans la cohue des rues indiennes, les enfants n’en reviennent pas de pouvoir sortir seules faire de la patinette…et en profitent.

KE kkon (mariage) : Il suffit de passer une après midi dans le fameux temple d’Asakusa pour apercevoir un couple de mariés, revêtus des habits traditionnels. Voilà qui change des photos de mariées en robe blanche occidentale qui ornent les publicités des palais de mariage dans le métro. Autre surprise d’Asakusa : Clémentine, ma cousine de Belgodère et petite-fille d’Antonia. Marie a évidemment cru que c’était une blague quand j’ai lancé à une gaijin de dos, dans la queue des toilettes : Clémentine ! Pour une fois que ce n’est pas Bilou qui retrouvait une connaissance à 10.000 kms de Saint-Cloud.

KO domo (enfant) : En arrivant de l’école du père Suresh avec ses plus de mille enfants plein d’énergie et d’enthousiasme, le contraste est saisissant. A part quelques petits perchés sur le vélo de leur maman ou jouant dans les innombrables squares de la capitale, surtout utilisés par les “salarymen” ou les “office ladies” pour fumer une cigarette ou avaler un “bento”, ils ne sont pas très visibles les bambins nippons. Nous en avons croisé dans le métro, à peine âgés de cinq ou six ans, qui nous regardaient comme des martiens. Nos filles étaient tout aussi étonnées qu’ils puissent emprunter les transports en commeun, seuls, si jeunes. Je me demande si nous n’avons pas vu plus de chiens que d’enfants : le véritable “inu” japonais, symbole de la campagne japonaise mais surtout des “chiens-bébés”, genre chiens à sa mémé mais pour couple, promenés dans une poussette, habillés en jupe ou en pantalon (selon le sexe de l’animal j’imagine), souvent assortis à la tenue de son maître ou maîtresse. Nous avons aussi regardé, par la vitrine, une salle de jeux pour canins où ces charmantes petites bêtes pouvaient s’ébattre. J’espère que les restaurants et écoles pour chiens sont moins coûteuses que ceux pour enfants; sinon il y a de quoi se demander si nos amis japonais ne sont pas un peu tombés sur la tête.