« Avez-vous mangé de l’Amazonie aujourd’hui ? »
« Avez-vous mangé de l’Amazonie aujourd’hui ? » : une question un brin impertinente imaginée par Fernanda et Joan de Peabiru, à Belem, pour attirer l’attention des acheteurs brésiliens mais aussi américains et européens sur une conséquence grave de la consommation de viande bovine : la déforestation de l’Amazonie. Nous avions d’ailleurs nous même été frappés de voir des troupeaux se promener sur les plages qui bordent le rio Tapajos, à plusieurs heures de bateau de Belem, au beau milieu de la mangrove. Convaincue par le discours et l’exemple de vie de Joan, Donatella avait complètement arrêté la viande en Amérique du sud.
Nouvelle Zélande et Australie sont passées par là, avec leurs moutons aussi nombreux que les grains de sable et les barbecues disponibles dans chaque parc.
L’Inde a été l’occasion de découvrir une cuisine végétarienne variée et savoureuse, tout particulièrement au centre de yoya Isha où viande, poisson, œufs, café et alcool étaient absents sans que nous ayons jamais ressenti de manque. Bien au contraire, les rares fois où nous sommes revenus à une consommation plus importante de viande, notre organisme la supportait mal.
Au Vietnam et Laos, il est plus difficile d’échapper à la viande : bœuf, porc et poulet sont sur tous les menus, sans même aller dans les restaurants spécialisés en serpents, tortues ou chiens. Nous nous bornons souvent à la rubrique « légumes », sans que ce choix nous pèse particulièrement. Les enfants savent qu’elles peuvent choisir un plat de viande mais sont peu attirées par ces mets : les visites dans les marchés avec abats, intestins et têtes d’animaux bien en vue n’ont pas développé leur instinct carnivore, le spectacle de la friture d’un crapaud éventré ou de varans voués à un sort semblable non plus. Récemment, la rencontre avec Sara a participé à leur prise de conscience. Sara est une volontaire italienne envoyée par la D.C.C. à Luang Prabang pour enseigner le français à de futurs professeurs, dans le cadre d’un projet de promotion de la francophonie. De la soirée que nous avons passée avec elle et Christine, sur le bord du Mékong, nous avons retenu le récit de sa pire nuit, passée chez des amis laotiens dont la maison jouxte un abattoir. Pleurs de cochons ressemblant à des sanglots d’enfants lancés par les bêtes qui sont assommées : il paraît qu’une nuit suffit à décourager les plus carnivores.
Alors viande ou pas viande finalement ? Pour moi, la réponse est désormais plutôt négative sans pour autant être tranchée. Je ne refuserai pas une bonne épaule de mouton ou une côte de boeuf occasionnellement mais je ne me sentirai pas obligée d’en faire manger à mes enfants tous les jours. Moins de viande, de meilleure qualité, en trouvant des substituts de protéines faciles à cuisiner : résolution de la rentrée 2009.
PS : Béné et Sophie, êtes-vous partantes pour ce programme ?
30/05/2009

