1er jour au Laos : attente et excitation

La première journée dans un nouveau pays est un étrange mélange d’excitation, d’impatience et d’énervement. Je suis plongée dans le guide en m’efforçant de construire un itinéraire qui puisse convenir à tous en nous permettant d’allier rencontres, sites naturels et culturels, dépaysement. Nicolas envoie des mails ou téléphone aux contacts que nous pouvons avoir et discute avec les étrangers que nous rencontrons, à la recherche d’informations récentes et de bons plans. Ariane voudrait déjà connaître, jour après jour, notre programme en détail et le jour où elle pourra jouer au foot. Marie a généralement une idée bien précise de ce qu’elle souhaiterait faire, glanée au détour d’un prospectus ou au fil d’une discussion. Donatella et Antonia créent leur n-ième agence de voyage, où les enfants sont gratuits. Et Marthe vaque, vaque, vaque, faisant l’inventaire des trésors de son sac à dos crasseux : un éléphant en bois, un koala en plastique, le masque en boîte à oeufs fabriqué par Piou, la trousse lapin qui ne compte plus que quelques crayons mal taillés, son ruban adhésif, un maillot de bain trop grand et une culotte trop petite, des cartes à jouer dépareillées.

Au bout d’une matinée enfermés, la tension est trop forte et nous sortons découvrir notre nouvel environnement, en commençant généralement par un marché et un repas. La bonne humeur revient instantanément et le programme se met en place sans trop de heurt. Ce sont ces premiers instants magiques, dont nous ne nous lassons pas et qui nous donnent une idée de ce que nous allons aimer dans ce pays et de ce que nous allons y faire. Ecouter la musique ou les criaillements d’une nouvelle langue, noter les tenues vestimentaires, comprendre les moyens de transport, se mettre en tête une échelle de prix fondés sur le coût de l’eau, d’une soupe, d’un kilo de fruits et d’une canette de cola, découvrir les menus, tenter de reconnaître de nouveaux légumes.

Demain, nous aurons nos premières habitudes et références : le café lao du matin, un véritable concentré noir blanchi au lait sucré; le riz gluant présenté dans son panier à couvercle; les femmes qui se protègent des rayons ardents du soleil avec un parapluie noir; les bicyclettes qui ont remplacé les hordes vietnamiennes de motos pétaradantes, la vie sur le Mékong avec les bains, le lavage du linge, la pêche, les jeux d’eau des enfants et les offrandes en papier lancées au fil du courant.

Après-demain, nous aurons déjà enfourché un vélo, crevé et remis la chaîne sur le dérailleur plus de vingt fois; nous aurons visité les principaux temples sans chercher à être exhaustifs dans une ville qui en compte des dizaines; nous connaîtrons le centre de la ville et serons connus dans les rues; nous aurons appris, répété et retenu les deux mots-clé laotiens : sabaïdee et koptaïlala, bonjour et merci. Et Marthe aura déjà gagné des sourires, des rires, des compliments et même un nounours rose et une peluche pour utiliser ces mots à bon escient.

 

20/05/2009

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