Cérémonie des offrandes

La cérémonie des offrandes est devenue une attraction touristique majeure de Luang Prabang, la cité des temples. Nous n’en savions rien avant de venir mais n’avons pas mis longtemps à nous en rendre compte, en constatant que de nombreuses affiches mettaient en garde les étrangers contre des comportements déplacés. Nous étions donc peu enclins à nous lever à cinq heures du matin, pour risquer de tomber sur un groupe de Chinois bruyants, photographiant tous azimuts. Mais l’omniprésence des moines dans la ville et rencontre avec un d’entre eux dans le principal temple nous a incités à regler notre montre sur le mode réveil. Pour le coté folklorique, nous n’avions qu’à moitié tort : ce sont en fait des Américains qui plaçaient des gaufrettes et des jus de fruits sur une natte, tout en ajustant l’objectif de leur caméra, juste devant notre hôtel, quand nous franchi la porte. De toute façon, la cloche des temples nous avaient réveillés. Nous fuyons à quelques dizaines de mètres, au calme : devant chaque porte de maison, un petit tabouret sur lequel est installé un donateur, plutôt âgé en moyenne, avec un panier de riz gluant format familial. Les femmes sont généralement ceintes d’une écharpe blanche. Nous n’avons pas longtemps à attendre : une trentaine de moines arrivent, chacun portant une espèce de saladier en métal, recouvert d’un couvercle et accroché à un sac en toile, de couleur orange comme tout le reste des vêtements.Pas une parole n’est échangée, ni même un regard, entre celui qui donne et celui qui reçoit : le couvercle s’ouvre comme automatiquement, une main plonge dans le panier pour prélever une boulette de riz et la lancer sans plus de cérémonie dans le réceptacle, le couvercle se referme. Même manière de procéder pour les trente moines, alignés, les anciens précédant les plus jeunes qui ne semblent pas avoir plus de six ou huit ans. Les temples sont nombreux à Luang Prabang et ce sont donc plus de deux cent moines qui défilent quotidiennement, en silence, acceptant avec humilité de manger une nourriture qui aura été touché par plusieurs dizaines de main. Et ce sont des dizaines de personnes qui, jour après jour, se réveillent à l’aube, préparent le riz et le partagent sans rien attendre en échange. Finalement, je suis heureuse d’avoir assistée à cette cérémonie peu spectaculaire mais très parlante : donner, recevoir, dans la simplicité et la durée. Leçon de gratuité et de service, exemple de pauvreté et d’humilité. Sans un mot, juste par l’action, comme un clip pour vanter la charité qui ne passera jamais.

23/05/2009

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