Des soleils dans le regard des enfants cambodgiens

Nous n’avons passé que cinq jours au Cambodge, le seul pays avec Hong Kong où notre séjour a été inférieur à une semaine. Notre principe de voyage n’est pas de faire des visites éclair mais, au contraire, de nous imprégner d’un pays ou d’une région en prenant notre temps et en laissant la place aux rencontres et à l’imprévu. Le Cambodge est donc une exception et il serait fort présomptueux de notre part d’avoir un avis sur ce pays en si peu de temps. Cependant, au delà de la magie des temples d’Angkor, deux choses m’ont frappée :

-         la beauté des enfants, comparable à ceux d’Inde, leur sourire et leur générosité . A plusieurs reprises, des enfants vendeurs ou quasiment mendiants ont offert à nos filles de menus présents : dessin, bracelet ou petite poupée. Nos filles ont été très sensibles à ces petits gestes spontanés et gratuits : elles ont vérifié toutes les poches de leur sac à dos à la recherche de petits cadeaux. Et que dire de l’un de nos trois chauffeurs de tuk-tuk, chevalier servant de Marthe, qui a sorti de son coffre un gros ours en peluche pour le lui tendre quand nous avons quitté Siem Reap. En regardant le film « Holy Lola » un soir à Angkor, une phrase m’est restée en mémoire: « Les Cambodgiens ont le visage qui sourit et le cœur qui pleure ». Que tous ces sourires d’enfants que nous avons admirés puissent un jour sécher les larmes qui coulent dans le cœur de ce beau peuple.

-         le professionnalisme et la « khmerisation » des organismes d’aide que nous avons vus, tant pour P.S.E. qu’à l’hôpital pédiatrique Beat Richner de Siem Reap. En allant donner mon sang (un geste tellement simple et rapide que je l’ai fait même sans Béné), j’ai vu que des dizaines de personnes étaient assises dans un hall : il s’agissait des parents des 550 enfants qui sont quotidiennement soignés gratuitement avec des équipements dignes des cliniques européennes. Qu’il s’agisse d’un couple de retraités français ou d’un musicien suisse, j’ai l’impression que la compassion et l’amour que ces hommes de bonne volonté ressentent pour le peuple cambodgien sont si forts qu’ils ont réussi à déplacer des montagnes pour l’aider de manière pérenne. Et que la communication est un des éléments de leur « success story ». Qui a vu le film « blood or money » avec Carole Bouquet et Gérard Depardieu sur le marché du sang, dont l’affiche trônait dans la salle de transfusion  ? En évoquant le lien entre sang et argent, j’ai été surprise que l’on m’offre après le prélèvement un sac de « goodies » comme si j’avais répondu à un questionnaire en supermarché et surtout que l’infirmière me donne un numéro pour venir récupérer mes résultats d’analyse sanguine : à croire qu’un un certain nombre de donneurs utilisent cette pratique pour réaliser un test du SIDA gratuit !

 

Sinon, nous avons apprécié la facilité de contact avec d’autres voyageurs : Franklin et Céline d’Amstramvan  qui ont dû laisser leur camping car à la frontière iranienne mais poursuivent leur périple à la rencontre d’écoliers, un couple à bicyclette et aux bagages réduits au minimum dont la fillette de quatre ans trouve les journées bien longues dans son petit traineau, une médecin belge d’origine cambodgienne qui ne trouve pas de travail car les ONG internationales coupent les budgets à cause de la crise financière. Ces rencontres sont de plus en plus fréquentes et nous permettent de peaufiner nos itinéraires et de d’affiner notre regard sur les pays que nous visitons grâce à un prisme différent. Par exemple, surprise en écoutant Céline nous narrer ses mésaventures dans le Nord de l’Inde où les enfants sont allés jusqu’à lui lancer des pierres ou l’enfermer aux étoiles. Aux antipodes de l’Inde que nous avons aimée dans le Sud.

 

09/05/2009

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