Leçon de riziculture

Il a suffit d’une simple –mais longue et éprouvante- promenade en vélo pour qu’Ariane devienne une véritable spécialiste de la riziculture.
A Luang Nam Tha, les loueurs de vélo sont moins nombreux qu’à Luang Prabang et les prix ont donc été multipliés par deux : un magasin, deux magasins, ce n’est qu’au troisième que j’obtiens une réduction et je suis toujours aussi étonnée de la différence de mentalité commerciale entre le Laos et son grand voisin vietnamien. Ici, le commerçant prend rarement l’initiative d’adresser la parole au chaland qui passe et les prix sont affichés et difficilement modifiables ; au-delà de la frontière, les vendeurs nous accostent et négocient si nous faisons preuve du moindre intérêt pour ce qu’ils cherchent à nous vendre. En tant que touriste, le Laos est donc un pays bien plus reposant car nous ne sommes pas harcelés. Ce n’est pas pour rien que le dicton dit : « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l’écoutent pousser ».
En parcourant les chemins de campagne qui entourent Luang Nam Tha, nous assistons et participons parfois aux différentes étapes de la culture du riz : bizarrement, à cinq cent mètres de distance déroulent des scènes de préparation des champs et de récolte …Ce qui est certain, c’est que toutes les ressources de main d’œuvre sont utilisées pour cette culture vitale. Ainsi, hommes, femmes et enfants travaillent à la construction des murets de boue qui délimitent chaque parcelle et aux canaux qui permettent leur irrigation. Une fois les champs dessinés, la terre est labourée avec un motoculteur chinois ou des buffles : travail d’hommes. Lorsque la parcelle est irriguée, les femmes s’activent à mélanger eau et mottes de terre pour obtenir un terrain homogène, en marchant avec de la boue à mi-cuisse. Puis vient le repiquage des plants qui ont été cultivés séparément et que l’on reconnaît de loin à leur tendre couleur verte. Plusieurs semaines passent, avec les mauvaises herbes à enlever, avant que les épis puissent être fauchés, battus sur place pour séparer les grains de la tige et mise en sac. Ariane a bien réussi le battage pour une débutante mais j’ai préféré qu’elle évite de soulever le sac de cinquante kilos. Heureusement car je ne savais pas qu’il nous restait vingt kilomètres en plein soleil à parcourir, avec un vélo dont la chaîne sautait régulièrement : quelle idée aussi d’indiquer les chemins de terre comme des routes nationales sur la carte fournie par l’office du tourisme !

25/05/2009

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