Les merveilles d’Angkor

J’avais un a priori négatif : lieu très commercial, artificiel, un peu Disneyland, en marge du vrai Cambodge. Laure-Isabelle ayant le même ressenti, nous avions décidé de ne pas y aller…jusqu’à ce que Hervé Boone, le cousin d’Armelle de Narp nous convainque du contraire à Hochimin City un beau dimanche d’avril. C’est un des plus beaux sites d’Asie, on peut y aller par bateau puis bus à partir du Delta du Mekong, et pour mes parents, qui d’ailleurs prévoyaient à l’origine d’y aller, ce serait parfait. En plus c’est la basse saison.

OK banco nous voilà partis d’abord un coup de cyclo-pousse, puis barcasse puis bateau rapide de Chau Doc, changement d’embarcation a la frontière cambodgienne, débarquement en plein champ à même la glaise, minibus attrapé au vol et roulant à tombeau ouvert vers Phnom Penh, retrait des billets, achat d’un demi mètre de pain de mie  et dépôt des passeports de mes parents le tout en moins de 3 minutes chrono dans une agence du centre ville pour attraper à nouveau par les moustaches le dernier bus pour Siem Rep , traversée de la ville sous un orage énorme, concours d’escargots dans la banlieue en pleins travaux, puis campagnes magnifiques -plutot plus belles que celle du delta du Mekong, scènes de vie rurale ancestrale, couleurs du soir, bribes de sieste et câlins sur les genoux de Piou et Manou. Une bonne journée de transport récompensée par la découverte du Pavillon Indochine, l’hotel que nous ont recommandé Fanette et Vincent Minvielle. Piscine, bon diner, décor comme dans le film éponyme, gentillesse du staff, DVD gratuits (les filles sont ravies) et tuk-tuk à volonté pour nous emmener aux temples: le luxe fait du bien de temps en temps!!

Nous partons de grand matin et dès le début l’impression est bonne: le génie de la nature et de l’homme cohabitent harmonieusement, les avenues sont larges et propres, l’organisation de l’accès aux temples est parfait, les gens sont gentils, proposent des souvenirs sans trop insister, et surtout il y a peu de monde. Pas d’hôtels ni de boutiques aux abords des temples, tout cela étant circonscrit à la ville. La découverte récente du site, le travail de l’UNESCO (zone patrimoine mondial de l’humanité), des ONGs (plus grande densité  d’ONGs de la planète), des pays sponsors qui font la course au plus beau projet de soutien, la gentillesse et le flegme Khmers? Je ne sais pas mais c’est beau, tranquille, et plein d’arbres. A Wat Phrom, l’Ecole Française d’Extrême Orient a eu la bonne idée de ne pas enlever les arbres qui ont progressivement pris  possession du site. Les figuiers étrangleurs chevauchent les  murs, écartèlent les fenêtres, torturent les pierres des portes et et des terrasses. Les arbres sont comme en mouvement, lent et inexorable. Tout leur  appartient. Ils donnent relief, recul, et majesté au temple. Je reste de longues minutes à l’écart du groupe familial, en contact avec ces êtres exceptionnels, subjugué. Le dédale est sans fin, les espaces déserts silencieux sont nombreux. RV avec ce que notre histoire et notre terre portent de plus beau. Dire que les pierres viennent de 500km, portées sur le lac puis à dos d’homme et de bêtes… La religion développe ici une puissance rarement égalée (si ce  n’est à Pagan?). Les touristes indiens que nous croisons sont surpris de retrouver Shiva, Brahma et Vishnou, et bien d’autres encore. Nous profitons de tout cela en famille, à notre rythme, sous un soleil fort mais supportable. Certainement un des meilleurs moments de tourisme du voyage. NICOLAS

 

06/05/2009

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