Passage de frontière pour le Cambodge

La marraine de Marie et sa famille ont passé plusieurs années au Cambodge, à la fin des années 1990. J’avais gardé de leurs descriptions l’image d’un pays détruit par la guerre civile, la rupture des liens familiaux avec une difficulté pour les enfants élevés sous le régime de Pol Pot et devenus à leur tour  parents à donner de l’amour à leur descendance et corrompu par les aides internationales qui affluent. Je n’avais donc pas rajouté le Cambodge aux étapes de notre voyage. Nous avons finalement changé d’avis en écoutant les connaisseurs de la région nous parler d’Angkor Vat et aussi pour répondre à la demande d’Ariane de visiter la décharge de Phnom Penh !

Il s’agit donc ce matin de passer du Vietnam au Cambodge : la procédure semble assez bien rodée à  en croire les agences pour routards. Un cyclo-pousse vient nous chercher à l’hôtel de Chau Doc; petit bateau pour rejoindre le ponton principal; gros bateau à moteur pendant plus d’une heure pour arriver au poste frontière : c’est juste le temps qu’il nous faut pour remplir les formalités nécessaires et trouver les solutions pour les photos d’identité qui manquent -pas compliqué, notre guide prend une moto-taxi pour aller au village le plus proche qui dispose d’une photocopie et duplique ainsi les photos de nos passeports-. Nous attendons du côté vietnamien dans  une salle climatisée en regardant les nouvelles sur BBC World. Nous récupérons nos sacs à dos pour monter sur un bateau moins puissant et passons quelques minutes à vérifier qu’aucun colis suspect na été rajouté : peut-être un peu parano mais je me dis que la brave famille de gentils grands parents + parents bien propres sur eux (de moins en moins) + cinq charmantes filles pourraient être tentante pour servir de passeurs involontaires à des trafiquants. Côté cambodgien, il faut grimper les marches escarpées d’un débarcadère en bois pour faire la queue au poste frontière. Notre guide a l’air stressé et nous aboie des ordres. Un des passagers est bloqué : quelle idée de venir d’un sultanat qui ne compte que trois cent mille habitants et est inconnu des agents douaniers cambodgiens. Après un contact téléphonique avec l’ambassade du Bruneï, nous repartons sur notre troisième embarcation de la matinée. Les ainées prennent place sur le toit pendant que nous apprenons quelques mots d’hébreu avec notre voisin de rangée, en découvrant encore un nouvel alphabet. Sur les berges, l’architecture change subitement : les toits lèvent les ras vers le ciel comme sur les temples de Thaïlande, toutes les maisons sont sur pilotis, sans pour autant avoir les pieds dans l’eau. Il semble que la partie basse serve à abriter le bétail. A en juger par le nombre de buffles qui sont amenés au bain dans le fleuve, les soubassements des habitations doivent être bien remplies. Les enfants qui se baignent nous font des signes joyeux, plutôt destinés à nos filles. Elles sont d’ailleurs  friandes de ces furtifs moments de complicité : quelques secondes d’échange, totalement gratuites, futiles en un sens et qui pourtant rentrent dans la catégorie des très bons moments du voyage. Sans doute un moyen de faire comprendre aux adultes qu’une relation peut être désintéressée et sans finalité précise. La traversée côté cambodgien dure moins d’une heure : il ne reste plus qu’à grimper de la berge jusqu’à la route, sans glisser dans la boue en l’absence de ponton et de marches. Un mini-bus nous attend pour nous conduire à Phnom Penh : il n’est pas certain que nous ayons le temps de prendre le bus qui relie la capitale à Siem Reap. J’ai l’impression qu’il y a plus de voitures de ce côté du Mékong, contrairement aux motos qui sont moins visibles et audibles. Autre changement qui nous frappe par rapport au grand voisin oriental : des déchets plastique partout le long des routes et des vaches qui traversent nonchalamment la chaussée et nous rappellent l’Inde. La vitesse n’est donc pas très élevée et Marthe a le temps de jouer à la chauve-souris, accrochée au plafond du bus ou d’emprunter les voitures à pédales pendant les arrêts WC.

 

05/05/2009

Une Réponse pour “Passage de frontière pour le Cambodge”

  1. Redigé par de Rouvroy Delphine:

    En fait, c’est assez simple de traverser la frontière , non?
    Toutes vos photos sont époustouflantes!!
    Une si belle simplicité dans l’habitat et les transports .
    Il faut juste prendre le temps pour apprécier chaque étape…et laisser venir les evènements,

    Bonne poursuite, on attends les prochaines nouvelles avec impatience,
    Les Rouvroy’s

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