Archive pour le juin, 2009

Fête Nat à Antananarivo

Vendredi, juin 26th, 2009

Je ne me souviens pas être jamais allée sur les Champs Elysées ou la place de la Concorde pour admirer le feu d’artifice du 14 juillet. Mais à Tana, il semblerait que l’on accorde beaucoup d’importance à la fête nationale, autant pour célébrer l’indépendance qui n’est pas si lointaine que pour se régaler de brochettes de zébus et de samossas. Les chiffres annoncés par Caroline (cinq cents de cette sorte, six cents d’une autre) me semblaient un peu exagérés : j’avais juste oublié de demander le nombre d’invités. Les filles sont ravies : Marie de la fonction “feu d’artifice” de son appareil photo, Ariane des jeux organisés avec la bande d’élèves du lycée français qui sentent les vacances approcher, Marthe des lampions en forme de cheval, de poisson et d’oiseau. Pour ma part, prudence, prudence : je ne suis pas friande de ces fêtes, dans un pays politiquement instable, surtout après les histoires entendues depuis peu sur les émeutes de février et en tant que française.

L’orphelinat de Madeleine

Jeudi, juin 25th, 2009

A notre arrivée à l’orphelinat de Madeleine, rangs serrés d’enfants bien propres en uniforme. Nous nous croyons en Inde, chez le père Suresh, avec les colliers de fleurs en moins. Erreur de casting : ce n’est pas nous que les élèves sont venus accueillir et applaudir… quelques minutes plus tard, quand la ministre de la Famille et de la Santé arrive, accompagnée de Madame le maire du village, les discours peuvent commencer. Notre niveau de malgache ne nous permet pas encore de comprendre les éloges adressés à Madeleine (nous l’espérons) et les promesses qui sont sans doute faites en ces temps politiques perturbés mais annonciateurs d’élections.

Les spectacles commencent, les enfants se tiennent parfaitement bien, ils sont conscience de leur chance. Sur les deux cent cinquante enfants qui fréquentent l’orphelinat, moins de cinquante sont réellement pensionnaires; les autres bénéficient de l’éducation, de la nourriture et des vêtements qui sont mis à leur disposition. Et à quelle association doivent-ils de sortir de la misère ? A la force de caractère de Madeleine, septuagénaire coquette en souliers vernis devant laquelle j’ai honte de mon pantalon douteux et de ma polaire grisâtre. Mais Madeleine a autre chose à faire que s’arrêter aux apparences. Il y a vingt ans, elle s’est laissée émouvoir par les enfants qui mourraient littéralement de faim dans les alentours de la capitale : la journée, elle poursuivait sa carrière dans une compagnie d’assurance; en soirée elle se préoccupait de ses protégés. Une révoltée au service des enfants, qui est assise aujourd’hui aux côtés de l’évêque, qui ne refuse pas le don d’une citerne et sait faire appel aux donateurs francais de Madagascar et aux parents adoptifs des enfants de son ancienne pouponnière. Madeleine est fière de nous annoncer qu’une de ses filles et son gendre vont venir prendre la relève, pour que ses bambins continuent à avoir un toit, des repas et une éducation; je ne suis pas certaine pour autant que Madelaine prenne sa retraite très prochainement !

La bibliothèque d’ATD Quart Monde à Tana

Mardi, juin 23rd, 2009

Madagascar : la dernière étape d’Espérance 7, notre seul passage en Afrique, le lieu de rencontre prévu avec Perrine et ses enfants, une vision influencée par le cinéma pour nos filles et un retour très attendu sur la Grande Ile pour Nicolas, qui y avait passé une semaine en juin 2008.

 

Arrivée en douceur, chez Caroline et Yann. Pas trop de décalage, ni horaire ni culturel, avec la France que nous avions retrouvée pour cinq jours, histoire de vérifier si le lit de Marthe était toujours dans la chambre de Flavie (RAS), de finir les impôts (merci aux initiateurs), de participer aux festivités célébrant la moitié de centenaire de Babeth (plus en forme qu’hier, moins que demain), d’échanger des souvenirs de routardes indiennes avec Sybille et de recharger les réserves de chocolat (merci à Manou, Mamy et Vanina). Il n’a pas fallu plus d’une journée pour que les filles s’acclimatent à leurs nouvelles conditions de vie : chambre individuelle prêtée par Koolina pour Marie avec vue sur le bougainvillier, chambre-salle de jeux avec vue sur la piscine pour les autres. Wii sur grand écran, déjeuner dans le jardin, Nutella le matin, machine à laver en état de marche, vélos non crevés : heureusement que j’ai emporté le Bled et que je rumine quelques dictées grammaticales pour que les MADAM gardent les pieds sur terre.

 

Une autre manière de rester dans la réalité, c’est d’accompagner Agathe chez Xavier, le responsable d’ATD Quart Monde pour Madagascar : les locaux sont propres mais derrière la grille du jardin, des petites mains passent à travers les barreaux. Juste pour jouer et s’amuser avec dix mains blanches mais le portail doit rester fermé pour éviter des frictions avec la propriétaire. Savoir pourquoi, ces enfants me paraissent plus pauvres qu’ailleurs. Parce qu’il fait froid et que les vêtements sont tout abimés ? Parce que les nez coulent et que la dernière douche ne remonte pas à la veille ? Parce que ces visages noirs me rappellent des images venues d’Afrique pour parler de la faim qui tue ? Parce qu’il n’y a pas beaucoup de rires et de gaieté parmi ces petits ? Première impression après vingt-quatre heures dans le pays.

 

Poursuivons avec la bibliothèque d’un quartier pauvre. Depuis plus de vingt ans, des volontaires d’ATD Quart Monde se relayaient chaque semaine pour raconter des histoires et lire des livres aux enfants, dans la rue. Les mères de ces gamins ont exprimé leur envie, elles aussi, de pouvoir avoir accès aux livres et ont demandé la construction d’une bibliothèque. Projet de quartier, financé par ATD et réalisé pour partie grâce au volontariat des gens intéressés. Comme ce bâtiment de béton a été construit pour et avec la population du quartier, les récents troubles politiques ont été sans conséquence.

 

Comme l’explique Ariane, « cette bibliothèque se trouve dans un endroit vraiment pauvre, en face d’un énorme égout dont l’odeur est horrible. Elle est aussi située à côté d’une école. Tous les enfants font pipi dans les caniveaux et pour accéder de maison en maison, il y a presque toujours des planches en bois pour traverser un petit égout. Mieux vaut ne pas se mettre en chaussures ouvertes. En face de la bibliothèque se trouve une nouvelle maison, construite en une seule journée. Dans ce tout petit cabanon vivent huit personnes. Malheureusement, il n’y a pas de pilotis et en saison des pluies, il sera sans doute inondé. En plus, les pilotis empêchent les rats d’envahir les habitations.

 

Tous les gens de la ville  peuvent venir lire dans la bibliothèque. Il faut juste marquer son nom et inscrire le titre du livre lu. Pour emprunter un livre, les gens du quartier payent trois cents ariari (12 centimes)  et ceux venant d’autres banlieues mille cinq cents ariari (60 centimes). La bibliothèque est très bien entretenue. Elle a de très belles tables en bois avec des bancs et est très bien rangée. Deux dames en sont responsables : elles étaient enfants quand le système de lecture dans les rues a été mis en place. Elles ont fait une enquête pour savoir comment améliorer le service de la bibliothèque : il faudrait avoir des toilettes sur place et avoir plus de livres scolaires. L’année dernière, il y a eu des vols de manuels pour le collège donc les dames sont parfois obligées de fouiller les personnes. Il y a très peu de livres en malgache : des volontaires traduisent des ouvrages français en malgache afin que les lecteurs aient les deux langues. Nous avons vu une dame avec son bébé sur le dos qui a lu quasiment tous les livres de la bibliothèque.”

 

125 ans fêtés à Narita

Mardi, juin 16th, 2009

125 ans aujourd’hui, au Japon … et ce jusqu’au 7 juillet, à Madagascar. C’est grâce à moi que nous franchissons le huitième de millénaire (je commence à être un peu déformée par les exercices de calcul mental) et c’est donc à moi que revient d’entamer la portion de curry rice, savourée avec des onigiris, pendant les cinq heures d’attente entre le vol Hanoi-Tokyo et Tokyo-Paris.

Le reste du temps, pendant que les parents ronflaient sur une banquette de l’aéroport, les filles sont allées tenir compagnie et maintenir leur niveau d’anglais avec une vendeuse de chocolats : toutes les marques de produits périssables d’Australie, d’Europe et des Etats-Unis, directement disponibles à votre arrivée à l’aéroport, comme si vous les aviez rapportés dans votre bagage depuis votre lieu de voyage. Quels malins ces Japonais !

Les momos ont-ils les yeux bridés pour notre retour en France ?

Lundi, juin 15th, 2009

Rencontre avec une autre famille de voyageurs

Dimanche, juin 14th, 2009

Chouette, une autre famille de voyageurs. Pour mieux connaître leur projet, il suffit de se rendre sur leur blog “sourires autour du monde“. Juste en quelques mots : Antoine et Christelle sont des voisins (de Montreuil), des rapides qui bouclent un tour du monde dont l’itinéraire est proche du nôtre en six mois au lieu de douze, des pros des ONG -ils ont même réussi à obtenir un contact local avec Enfants du Mékong- et surtout des visiteurs de la Fazenda do Natal. C’est d’ailleurs grâce à Points Cœur de Salvador que nous nous retrouvons dans le même hôtel de Hanoï : après avoir échangé via le blog sans nous connaître, nous avons réussi à nous retrouver.
Nos filles sont évidemment enchantées de pouvoir se faire inviter dans la chambre de Blanche et d’Eloïse (la même que la nôtre mais il parait qu’il n’y a pas de linge qui pend sur une corde empêchant tout mouvement). Les hommes partagent des bières, entre hommes…et nous sommes heureux d’échanger sur toutes les personnes et les lieux qui nous ont marqués, en prévision de séances photos à la limite du 93 et du 94. A les écouter, une année supplémentaire ne serait pas de trop pour aller à la découverte des pays et des associations que nous ne connaissons pas encore !
Nous allons ensemble à la messe de onze heures en français, en la cathédrale. Je suis émue que Donatella lise devant l’assemblée les textes pour la Fête du Corps et du Sang du Christ, elle qui se prépare dans son cœur à la première communion.

Visages vietnamiens

Dimanche, juin 14th, 2009

Coiffeurs à Hanoï

Samedi, juin 13th, 2009

La gente féminine est allée dans un salon en ville, spécialement choisie par Marie; Nicolas s’est fait coiffer dans la rue et sa coupe a été écourtée par une pluie torrentielle…

Une bière ? Non merci.

Mercredi, juin 10th, 2009

Une bière ? C’est bien tentant dans ces pays d’Asie du Sud Est où il fait si chaud et où nous sommes constamment déshydratés. En Inde du Sud au moins, la bière était rare et coûteuse. Ici, comme elle est partout présente et bon marché, nous nous laissons aller à en boire une un soir sur deux.

Petite mauvaise habitude qui n’a pas résisté à une question clairvoyante des filles, qui s’étonnaient de cette consommation inhabituelle : « Maman, tu aimes la bière ? ».

Très franchement, pas vraiment, j’aurais tendance à préférer un Orangina frais bien secoué même si le goût n’est plus ce qu’il était depuis que Sylvain et moi n’en vendons plus aux Anglais et aux Irlandais.

Ceci étant posé, les filles font aisément la liste des inconvénients de la bière. Qui a envie de prendre du poids, de sentir mauvais, de roter, de dépenser de l’argent sans bonne raison, de ne pas avoir les idées claires ?

Bravo les filles, bonne argumentation : il faut dire qu’à elles cinq, elles commencent à être très fortes en débat et négociation. Et voilà comment j’ai arrêté, sans grande difficulté, de boire de la bière, en m’en rendant compte du contre-exemple que je donnais à mes enfants. Sans compter que les jeunes routards anglo-saxons accrochés à leurs bouteilles n’exerçaient pas un fort pouvoir d’attraction sur moi.

Messe à Sapa

Dimanche, juin 7th, 2009

La messe nous manque. Au Laos, nous n’avons pu vu l’ombre d’un clocher et d’une croix : en 1975, les prêtres ont été expulsés ou tués et il ne semble pas y avoir d’activité visible de l’église catholique romaine. Les coopérantes de la DCC rencontrées à Luang Prabang pensaient d’ailleurs que, même à Vientiane, il n’y avait pas de paroisse en activité.
Nous profitons donc de la relative liberté religieuse qui règne au Vietnam pour retrouver l’Eucharistie. Messe à huit heures, l’église de pierres est déjà pleine –pour un baptême semble-t-il- nous grimpons à l’étage et prenons place dans la chorale d’où nous dominons la nef. Que des H’mongs, hommes et femmes séparés, en costume. Jusqu’à la fin de la messe, le mystère demeurera entier pour nous : la célébration s’est-elle déroulée en vietnamien ou on langue H’mong ? Car bien évidemment, nous n’avons pas compris un seul mot, même pas Amen !
J’étais heureuse que tous ces H’mongs soient réunis autour du Seigneur, alors que nous les avions vus jusque là trainer en ville, désœuvrés. A la sortie de la messe, des femmes que nous avions déjà croisées en ville sont venues nous voir, fières de nous montrer leur croix. J’espère que le Seigneur conduira ces ethnies pour concilier développement touristique et dignité. Nos enfants ont bien compris les difficultés de toutes ces femmes qui ont quitté leurs rizières et la campagne : celles dont les villages sont trop éloignés ou qui n’ont plus de famille ne rentrent pas chez elles le soir et couchent dehors, à Sapa. C’est le cas de leur amie Konchi-Konchu, à qui elles ont tenu à acheter des bracelets et à donner de l’argent et une couverture de survie, quand elles ont constaté qu’elle partageait des marches d’escalier avec deux autres femmes, sous un carton.