Archive pour le juillet 9th, 2009

Albertine, la spiruline et les “Zazakely” d’Antsirabe

Jeudi, juillet 9th, 2009

Albertine…nous ne connaissions pas son prénom hier et il fait maintenant rire nos enfants, qui l’associe à une des personnes âgées de la maison de retraite où nous logeons.

Albertine, son prénom remplit de soleil le coeur des petits de « Zazakely » dans cette banlieue d’Antsirabe si froide et si pauvre. Une femme de la trempe de Madeleine, qui vient nous chercher pour que nous découvrions son jardin d’enfants, centre aéré et école. Nous entendons de loin les cris des gamins, une bonne soixantaine, dont la majorité a moins de huit ans : les plus grands sont à l’école. Morveux à souhait pour nous remettre en mémoire les bouilles rondes et cuites par le vent de nos protégés de l’invasion d’Intikucho, sur les hauteurs de Quito, en 1992. Dépenaillés car les fratries sont grandes, les revenus faibles et les pères souvent absents. Mais Albertine veille au grain, malgré son diabète, avec l’énergie de ceux en qui les pauvres ont mis leur confiance, fidèlement aidée par des femmes du quartier. Dans le livre d’or, des signatures d’élèves et professeurs de l’ESSEC et de Sup de Co Lyon, des prêtres, des représentants de villes françaises, des particuliers de plusieurs pays d’Europe. Albertine attire à elle des aides pour trouver les quinze tonnes de riz annuelles nécessaires pour nourrir les enfants et les médicaments pour les soigner, pour mettre au point les produits d’artisanat appréciés en France et bâtir les circuits de commercialisation, pour se procurer les panneaux solaires qui permettent de chauffer l’eau et de lyophiliser les légumes du jardin pour répartir leur consommation tout au long de l’année, pour former une voisine à la manipulation d’un microscope afin qu’elle vérifie la qualité de la spiruline donnée aux enfants comme source de protéine, pour faire planter des arbres dans le quartier. Aujourd’hui encore Albertine reçoit, en même temps que nous, deux responsables d’une mission locale dans l’Est de la France, en visite de repérage pour des stagiaires de leur région.

L’énergie d’Albertine donne de l’allant à ses « zazakely » (petits enfants en Malgache) qui dansent et chantent pour nous, et un peu avec nous. Mais Jérémie, Barbara et nos filles sont plus à l’aise aux jeux de balle qu’en démonstration sur scène : il ne leur reste plus qu’à expliquer les règles de l’épervier.