Cour des miracles à Tanjomoha

Le foyer de Tanjomoha, tous les coopérants de Fidesco rencontrés à Madagascar nous en avaient parlé, comme d’une véritable cour des miracles. Ils ont raison ! Nous en avons trouvé plusieurs manières de vous le faire connaître :

Pour ceux qui aiment les peintures, regardez la fresque de la chapelle, peinte par le Père Vincent Carme, fondateur du centre en 1986 : aveugle, boiteux, orphelins, indigents,veuve, vieillard,handicapé sont réunis autour de Saint Vincent de Paul et du Christ dans une végétation typiquement malgache. Ne manque sur ce tableau que les tuberculeux, les enfants malnutris et les jeunes rejetés, pour une faute qu’aurait commise un membre de leur village il y a plus de cinq cents ans . Autre ajout possible : une soeur Fille de la Charité puisqu’elles sont quatre à participer aux soins dans le foyer.

Pour ceux qui préfèrent les chiffres, ils sont impressionnants : 420 résidents, 700 personnes vivant à l’extérieur prises en charge, 70 salariés réguliers, 12 tonnes de riz et de farine de maïs par mois.

Pour ceux qui aiment les rencontres : le Père Emeric Amyot d’Inville, père lazariste qui a quitté le confort de Rome pour vivre parmi les souffrants et les rejetés de la côte orientale de Madagascar, Benoît et Agnès qui ont quitté dans l’urgence une mission Fidesco en Afrique et se sont retrouvés de manière impromptue à la gestion de Tanjomoha, à oeuvrer pour l’éducation, le soin et le développement.

Pour ceux qui veulent réfléchir sur le développement : la moitié des besoins alimentaires du centre étaient couverts jusqu’en 2009 par une association chrétienne américaine. Dons interrompus depuis, sur la base de l’adage : « Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrira un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie ». L’aide est difficile à gérer : partisans et opposants ont des arguments valables mais la réalité du terrain ne doit-elle pas primer pour éviter que cinq cents personnes soient menacées dans leur alimentation quotidienne, surtout lorsqu’un typhon a détruit la récolte de riz du printemps de cette année ?

Pour ceux qui cherchent des thèmes de prêche originaux : « eucharistie, réconciliation et développement agricole ». Ce sont les trois sujets que développe le Père Emeric lorsqu’il part en tournée en brousse. Dernière victoire en date : avoir convaincu les villageois de donner l’usufruit des berges de la rivière aux veuves, pour qu’elles les transforment en jardins maraichers.

31/07/2009

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