Archive pour le août, 2009

“De la France à Fontenay, on prend l’avion ?”

Lundi, août 17th, 2009

Nous regardons les avions par les baies vitrées de Roissy ; pour la première fois depuis quatorze mois, notre prochain vol n’est pas planifié ! A l’atterrissage, Marthe a crié “Vive la France”, encouragée par Antonia. Une fois les bagages récupérés, Marthe reste toujours aussi joyeuse, se demandant où est l’avion pour nous conduire de la France à Fontenay. Découverte de la journée pour la benjamine : la France, c’est Fontenay sous Bois. D’autres surprises suivront car la maison n’est qu’un lointain souvenir pour elle.

Les filles sont bien plus enthousiastes que leurs parents à l’idée de retrouver leur pays, et plus encore leur ville -qui s’apparente à un village de par les relations que nous avons avec notre vosinage-, leur chambre, leur lit et leurs famille et ami(e)s. Bizarrement, tout a réduit en notre absence : la table de la cuisine, le lit… et aussi les jambes du pantalon de Donatella qui nous livre cette remarque ! A l’exception des plants de tomate qui ont des airs d’haricots géants : merci les colocs de l’Agro, qui en plus nous rendent une maison en bon état.

Programme des prochains jours : lavage, rangement, médiathèque, boulangerie, repérage pour Marthe et peut-être des amis, pour les juilletistes qui sont déjà de retour. Et Auchan, dont les enfants rêvent comme d’un Eldorado perdu. Dire que je me ronge déjà les ongles à l’idée des chariots hebdomadaires à pousser, des provisions à faire rentrer dans le frigidaire et des chemises à repasser : il n’y a que la machine à laver que je vais être heureuse de retrouver après deux mille huit cents culottes frottées à la main.

Une amibe pour la route

Dimanche, août 16th, 2009

Nous avions décidé de garder une semaine de repos à Tana, chouchoutés par Christine la cuisinière, pour mettre à jour les journaux de bord, terminer le blog, finir les cahiers de vacances, préparer les messages de remerciement à tous ceux qui nous accueillis et aidés… Finalement, les derniers jours ont été principalement consacrés aux achats : Madagascar est riche d’un artisanant varié, à base de bois, de raphia, de coton, sans oublier les épices. Nous comptons en faire profiter nos amis français, en sachant que l’agent ainsi dépensé est utile, plus particulièrement en cette année où les touristes sont rares et les denrées alimentaires chères.

Autre cadeau que je rapporte, léger et invisible à la douane : une amibe, qui m’a clouée au lit et a nécessité de faire appel à un médecin, trente-six heures avant de prendre l’avion pour Paris. Heureusement qu’Elise -fidèle lectrice du blog- et sa famille étaient rentrées à point nommé de France pour nous indiquer l’urgentiste à contacter et nous conduire à la pharmacie puisque nos trois boîtes de médicaments ne contenaient pas le bon principe actif.  Reste à savoir si les autres membres d’Espérance 7 partagent ce souvenir malgache. Plus de nouvelles après une visite au département “maladies tropicales” de l’hôpital Claude Bernard ?

Huiles essentielles et éco-musée à Vohibola

Dimanche, août 9th, 2009

Nous avons pris le bateau pour aller dans un village de pêcheurs. Nous avons rencontré Barbara : la responsable de la forêt de Vohibola. Elle nous a expliqué les activités qui sont développées par son O.N.G. « L’homme et l’environnement » pour apporter des revenus au village, en plus de la pêche. Il y a un orchidarium où se trouvent quinze espèces différentes et deux cents orchidées en tout. Nous avons visité la pépinière et aussi la distillerie où deux plantes sont traitées : le niaouli qui soigne le paludisme, l’exéma, les problèmes respiratoires et peut désinfecter l’eau, le katrafay utilisé pour les problèmes de dos et pour nettoyer l’intestin. Il faut attendre 6 heures pour avoir une distillation. Pour le niaouli, il faut huit cents kilos de feuilles pour 3,5 litres. Pour le curcumain, il faut trois mille kilos pour obtenir un litre. Pour répartir le travail, soixante neuf villageois ont le droit de livrer les feuilles, réparties en équipe de huit par jour. Il y a donc huit personnes le matin pour ramasser quatre cents kilos de feuilles. Ils sont payés trente cinq ariarys au kilo de feuille soit 1,30 euros pour cent kilos : c’est le prix équitable car le prix standard est de quinze ariarys ! Une fois distillées, les huiles sont exportées. Il y aussi des essais faits avec la graine de kalofilome pour une huile végétale utilisée dans les pommades cicatrisantes et pour les boutons de galle car cette maladie touche beaucoup de Malgaches. Au village, il y a aussi un écomusée et une boutique qui vend des huiles et de l’artisanat de vannerie.

Après le repas, nous sommes allés visiter la réserve de Vohibola. Barbara m’a dit que c’était la première fois que des enfants vasa visitaient la forêt : il s’agissait de Marthe et moi, les autres étant partis se baigner à la rivière car la mer sur la côte est est extrêmement dangereuse en raison des courants, des vagues et des requins.  La forêt de deux mille hectares est riche en plantes médicinales. Le niaouli est envahissant et vient de Nouvelle-Calédonie : il y a eu un gros feu  il y a 8 ans et seul le niaouli a repoussé donc l’ONG plante de nouveaux d’arbres venant des pépinières pour voir quel arbre est le plus résistant. Ce projet a été crée en 2004, actuellement douze pépiniéristes et quarante salariés sont employés, soit 20% des emplois de la zone entourant la forêt.  Il reste  quatre espèces de plantes endémiques à la forêt de Vohibola dont le Ropalocarpus qui ne compte plus qu’une trentaine d’arbre dans le monde. L’egénia se sert en tisane contre le diabète. Le filicium sert aussi pour le mal de dos. Avec Marthe, nous avons pris des arbres de la pépinière et j’ai planté un filicium. En nous promenant, nous avons aperçu la plante de skilosine qui est endémique de la forêt et le wapaka : une plante médicinale qui sert à soigner la syphilis et dont les racines ressemblent à des pattes d’araignées. Nous avons observé le héron Pourpouré qui ressemble à un pélican. Le dipssisse est une sorte de palmier qui sert à faire les barrages à poisson. Avec le fruit du pandanus, qui a le goût de fraise, on peut faire des gâteaux. Il y a vraiment beaucoup de choses dans une forêt … Nous avons pris une pirogue en bois. Sur la plage, l’eau était tellement chargée de fer qu’elle était rouge. Quand nous avons retrouvé les autres, des fulvus fulvus (lémuriens) nous attendaient.

Ariane

 

Petit déjeuner avec des lémuriens

Samedi, août 8th, 2009

Ca se mérite de voir des lémuriens en face à face : route à lacets pendant trois heures, minibus surchargé, deux heures de pirogue à moteur le long du canal mais il suffit de lire Ariane pour comprendre que les contraintes logisitques valaient la peine d’être surmontées : Quand je me suis réveillée, j’ai vu que sur le seuil de la porte se trouvait une crotte de lémurien. Dans un parc, il y avait cinq énormes tortues. Quand je suis arrivée au petit-déjeuner, une queue de vari (lémurien) pendait d’un toit. Pendant que les gens nous ont apporté le fromage et les fruits, des lémuriens se baladaient sur les poutres de notre toit. Il y avait des makakos (tout noirs), deux varis, des hybrides (mélange de Makakos)…. Tous les lémuriens se baladaient, nous piquaient nos bananes et nos tartines au miel. J’ai tendu une banane à un vari qui était sur une poutre, il s’est alors tenu par la queue et lâché comme un cochon pendu. Dès que nous avions un bout de banane dans la main, soit ils nous l’arrachaient, soit ils nous sautaient dessus. C’est tout doux mais ça pue le crottin. A un moment, le vari a fait  son yoga : il s’est mis sur ses deux pattes arrières, a étendu ses bras et a mis ses doigts en rond pour prendre le soleil. Ca a de bonnes dents et de bonnes griffes. 

Pêcheurs le long du canal des Panganales

Samedi, août 1st, 2009

Nous avons tout aimé de cette journée : la mer déchainée, admirée par les enfants du haut de leur cocotier, le concours de vitesse et d’adresse des pêcheurs sur le canal, le repas de crabes, écrevisses et poissons dans la maison du chef du village et le rhum qui l’accompagnait, la visite de la distillerie malgré le vol du couvercle de l’alambic et bien sûr la présence joyeuse de Stéphanie accompagnée d’Ombline, Marin et Constance.