Retour + 40 jours

C’est reparti comme en 14, après la fin des vacances mise à profit pour se réhabituer aux chaussures fermées, aux vélos, au four, au manège et au ménage…Nous nous en doutions : la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille ; pour preuve l’achat –repoussé mais inéluctable- d’un agenda pour noter les rendez-vous scolaires, extra-scolaires, administratifs et planifier les week-ends. Malgré nos bonnes résolutions, la liste des activités des enfants est toujours aussi longue : en vrac, scoutisme, catéchisme, gymnastique, trampoline, dessin, escrime, volley, tennis, guitare. Les cartables sont largement plus lourds que nos sacs de voyage : les courses de rentrée se sont d’ailleurs étalées sur trois semaines pour avoir la bonne couleur de protège-cahier et la toilée cirée au format adéquat. Il faut dire que j’imaginais que les filles se rendraient à Montalembert avec un stylo en poche, comme tous les collégiens que nous avons croisés au Brésil, au Laos ou en Inde. Une fois le matériel acheté, les cinq rentrées dans un nouvel établissement (5ème, 6ème, CM1, CP et maternelle MS) n’ont pas posé de problème : chacune a pris son courage a deux mains, a écrit son emploi du temps sur son carnet de liaison, a vérifié sa trousse, a préparé son premier cartable et écrit ses étiquettes ou s’est accrochée à son doudou (vas-y ma Marthe) et a pris le chemin de l’école. A croire que nos filles sont (devenues ?) plus adaptables que nous le sommes car un bon brin de nostalgie a saisi les parents, malgré la joie de retrouver famille et amis, le plaisir de déguster un bon fromage ou de lire un roman et la facilité qui nous entoure (eau chaude à toute heure, eau potable, lits non habités, voiture à disposition).

C’est reparti comme en 14 ? Pas tout à fait. Sans parler de changement révolutionnaire, des tendances de vie que nous avions commencé à adopter se sont affirmés.

- nous nous efforçons d’utiliser le moins possible la voiture, ce qui nous a valu de mettre les sacs poubelle dans les cartables les jours où il pleuvait fort et a permis à Antonia de faire de gros progrès à vélo. Les jours où j’oublie d’enlever mon casque, on me prend pour une originale mais je suis contente de retrouver la bicyclette, comme au bon vieux temps du Vaucresson-lycée Florent Schmitt puis Vaucresson-lycée Hoche.

- nos achats de viande sont en baisse, mais pas forcément notre consommation car les enfants se précipitent sur la moindre rondelle de saucisson ou le plus petit bout de saucisse quand nous sommes invités ! Pour moi qui suis devenue adepte du zébu et qui attends mon prochain séjour à Madagascar, quitter le bœuf ou le porc n’est pas un gros effort mais la jeune génération a dû mal à concilier idéaux et habitude alimentaire.

- nous vivons aux crochets de nos voisins. Pour le lit d’Antonia : merci Florence. Pour le bureau de Donatella, les deux chaises tournantes et les tiroirs de Marie : merci les encombrants. Pour les habits : merci Fanny, Pauline, Mathilde, Agathe, Camille, Flavie…. Pour les magazines : merci Léa. Pour les vélos : merci Elizabeth. Tout ce dont nous avions besoin à notre retour est tombé du ciel. Nous sommes dans un pays riche, où les gens n’apprécient pas de jeter et sont contents de donner. Les réticences qu’avaient nos filles à s’approvisionner dans les encombrants ou à accepter des dons ont disparu.

- nous dégageons du temps pour faire un peu de gymnastique matinale. En me souvenant des levers dynamiques avec Sybille, au jardin de la Miséricorde, qui nous permettaient de faire yoga et oraison avant la prière de 7h30, je règle mon téléphone portable à 6h20 pour trouver quelques minutes pour des assouplissements. Il ne reste plus qu’à passer à 6h05 pour caler la prière.

- la télévision est éteinte. Le sacrifice n’est pas très important puisque la Neufbox est constamment en dérangement, sauf bidouillage de Marie pour regarder Kolanta. Grâce aux déclinaisons de latin et aux leçons de physique, ma soirée commence vers 21h30 et se poursuit donc, soit sur internet (j’ai une dizaine d’articles de retard sur le blog !), soit avec un livre. Exit le petit écran, qui n’a jamais tenu beaucoup de place dans notre famille.

 

26/09/2009

Laisser un commentaire