Archive la catégorie ‘Brésil’

Sao Paulo ou comment écourter notre séjour au Brésil

Dimanche, novembre 9th, 2008

Soyons francs ; nous arrivions à Sao Paulo avec des préjugés négatifs : pollution, embouteillages, violence pour ne citer que les principaux. A notre arrivée au Brésil nous avions d’ailleurs sagement évité cette énorme ville de plus de 12 millions d’habitants pour rejoindre directement IPE, en pleine campagne. Mais nous n’avons pu échapper aux connexions d’avion, très rigides avec notre billet tour du monde. En plus, Sao Paulo est le centre économique incontesté du pays et Nicolas y avait de ce fait programmé des rendez-vous avec des partenaires et des séances de travail avec Stéphane qui représente Kinomé sur place.

Nous n’avons finalement pas été touchés par les maux que nous craignions. Pas d’embouteillage pour nous car nous circulons en métro, ce qui nous permet de découvrir la station Conceicao (photo prise tout spécialement pour Tata avec de grosses bises de sa Marie) mais les artères sont envahies par les voitures. Dans le quartier où nous logeons, malgré le SDF un peu dérangé qui a investi le trottoir face à notre hôtel, nous nous sentons en sécurité. Nous passons de la boutique Nike à Gucci, des pierres précieuses aux portables derniers cris. Les « dog-sitters » reprennent leurs promenades comme à Rio, mais sans la plage et les compétitions de surf au bout de la rue.

Il fait froid, au moins par contraste avec l’Amazonie et Bahia, il pleut même : nous voilà en phase avec nos amis parisiens en cette période d’après Toussaint.

En résumé, c’est moche et sans grand intérêt pour nous. Nous passons sur les bouquinistes que nous avons écumés pour renouveler notre maigre bibliothèque et le miracle d’un « Harry Potter » en français. Nous en retiendrons juste le zoo, sortie choisie pour fêter l’anniversaire d’Ariane et aussi choisie par 50.000 familles de Sao Paulo….L’animal le plus marquant : la chenille urticante sur laquelle Donatella a mis la main au bout de cinq minutes de visite et qui nous a permis de monter dans une ambulance, moyen de locomotion non encore testé par Espérance 7. Plus de peur que de mal mais une belle brûlure sur la paume droite qui ne facilitera pas l’avancement du CNED.

L’excellent petit déjeuner de notre « pousada » n’a pas été suffisant pour nous retenir plus longtemps: une fois que nous avons eu la chance de revoir Fernanda de Belem avec son fils Yuri, nous partons avec plusieurs jours d’avance pour le Chili, un pays que nous ne connaissons ni l’un ni l’autre. Toujours heureux que l’aventure continue.

 PS : Merci à tous ceux qui ont fêté un joyeux anniversaire à notre grande de 10 ans qui profite de ce voyage pour grandir en autonomie, joie de vivre, bonne humeur et sens du sevice.

Les coopérants FIDESCO au service de Notre Dame des Alagados

Mercredi, novembre 5th, 2008

Damien (un monsieur qui travaille à Fidesco,une association catholique), est venu nous chercher au pied de l’ascenseur qui relie la ville basse à la ville haute. Nous avons rencontré des enfants et nous leur avons expliqué notre projet ESPERANCE 7. Ces enfants sont pauvres et certains abandonnés. J’ai trouvé qu’il étaient assez bruyants. Il y avait quasiment plus de filles que de garçons. Pendant le temps de soutien scolaire, avec deux séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel, nous avons visité l’église de Notre Dame des Alagados : elle a été fondée par Jean Paul II lors de son premier voyage au Brésil en 1981. Près de l’autel, il y a la photo d’une petite fille avec le Pape : elle voulait lui offrir un bateau qu’elle avait construit mais elle n’arrivait pas à s’aprocher de lui. Finalement, elle a pu lui parler et le Vatican a ensuite payé ses études; maintenant elle habite dans un quartier riche de Salvador de Bahia. La paroisse est entourée de grilles et de fils de fer car le quartier est violent. La semaine dernière, une dame a été attaquée à la sortie de la messe. Ce jour là, les enfants aidés par Mathilde et Sébastien avaient sport. Nous avons joué à l’épervier mais Papa a laissé son sac à dos pour ne pas se faire voler son appareil photo. Dans le groupe, il y avait un garçon qui tapait car il est d’une fratrie de 7 enfants, il n’a plus de parents et il vit avec son grand - père, sa tante et son oncle fou. Les 40 enfants ont mangé à la cantine de la paroisse car chez eux il n’y a pas toujours à manger. Au Brésil, la cantine est normalement gratuite à l’école pour que tous les enfants mangent régulièrement. Il y avait une petite fille qui est très pauvre car son père est mort, ils sont 2 enfants et sa mère avec une brouette rammasse les canettes et gagne 15 reais (6 euros)  par semaine en travaillant tous les jours.Nous sommes allés manger avec 3 couples de Fidesco et leurs enfants. Ensuite, nous sommes allés à “rêve de maman”. C’est  un endroit où des bénévoles de Fidesco aident des femmes qui tout à coup savent qu’elles sont enceintes et qui ne sont pas prête à accueuillir un bébé. Nous avons commencé à faire une prière avec elles. Les bénévoles, avec des dons qu’elles reçoivent de France achètent des tissus. Les dames font de la couture: des couches, des draps, des couvertures et quand elle ont fini ça, elle font des habits. Ca les aide à mieux aimer leur bébé. Il y avait une dame qui a 16 ans et une autre dame qui attend des jumaux. Une fois qu’elles ont accouché, elles n’ont pas le droit d’apporter leur bébé de plus de 6 mois pour laisser la place à d’autre femmes. Il y avait même une femmes qui a déjà 4 enfants et son dernier enfant a7 mois et son rêve était qu’elle revienne à “rêve de maman” …. Il y avait une dame qui s’occupait de la machine à coudre. C’était très intérressant. Nous sommes allés rencontrer les soeurs de la Miséricorde qui sont habillées comme Mère Térésa. Elles s’occupent de personnes âgées malades. Elles gardent aussi des enfants comme dans une garderie. ARIANE

Au pied levé, en moins de 48 heures, les trois familles de coopérants se sont organisées pour que nous puissions arriver sans encombre à la paroisse de Notre Dame des Alogados (marais en portgugais), comprendre les activités qu’ils y mènent et nous rencontrer autour d’un déjeuner. Ils n’ont sans doute pas la trentaine mais déjà charge de famille avec les responsabilités que cela implique dans un endroit où les conditions sanitaires sont assez limitées : comment traiter la gale d’un enfant ? quelle protection offrir aux petits contre les moustiques qui véhiculent la dengue ? Ils ne vivent pas dans un dénuement aussi grand qu’à la Fazenda do Natal mais l’insécurité règne dans ce quartier arraché aux marais il y a peu de temps sans que l’odeur ait été éliminée. La drogue et les armes ne sont jamais bien loin semble-t-il. Ils ont l’air heureux de partager avec nous, de nous faire découvrir ces enfants ou ces femmes qui sont devenus leur horizon et leur objectif pour quelques mois. Ils ont à coeur de mener à bien leur mission, en l’appuyant sur la prière et l’eucharistie et cela transparaît dans leur comportement : pas de jugement complaisant comme pourraient l’avoir de jeunes expatriés dans un pays en voie de développement. C’est assez rassurant de voir des jeunes s’engager dans une démarche désintéressée en sachant répondre à l’appel qu’ils ont reçu.

 

Capoeira à Salvador de Bahia

Mardi, novembre 4th, 2008

Ce soir nous allons à la capoeira que nous a conseillée Carlos, un fabricant de bijoux en graines rencontrées à la Fazenda de Points Coeur. Les gens jouent d’un instrument dont j’ignore le nom mais aussi du tamtam et chantent très très fort. Ce sont les meilleurs personnes d’une école de Capoeira qui présentent ce qu’ils savent faire. Ils ont des ceintures bleu,bleu-vert,vert,rouge et jaune. Ils sont une trentaine et passent par groupes de 2. Ils savent faire des roues, des équilibres, des saltos, des vrilles, des équilibre pousse pousse, des grands écarts, des tours sur le tête…La musique es ttrès très forte et la plupart des gens n’ont plus de voix. Au milieu du spectacle une dame arrive en très longue robe,un tatouage qui prend tout la place de son dos,des bracelets plein ses bras et énormément d’encens .Elle commence à danser puis à 2 reprises perd son bandeau alors tout le monde se met a rigoler. Au bout d’une demie heure les gens commencent à être tout trempés de sueur; alors commence un autre type de dance et ils invitent les spectateurs à danser : Papa part en premier puis Donatella et enfin Ariane;-) moi je devais prendre des photos et des films. Avant de terminer le spectacle les personnes nous montrent tous séparément ce qu’ils savent faire et il y en a de très très fort. La capoeira était vraiment super et très impressionnante.MARIE

Salvador de Bahia la belle

Lundi, novembre 3rd, 2008

Découvrir Salvador un dimanche est assez peu rassurant. Les mendiants errent dans les rues quasi désertes où les touristes sont encore plus facilement repérables que dans une foule de semaine. Et pour nous, le souvenir des voleurs de Belem, un jour férié, plane. De plus, les guides ne sont guère rassurants sur cette ville et Edgina, toute Brésilienne qu’elle soit, nous a raconté ses mauvais souvenirs à Bahia la belle. Il faut dire que la population et ses coutumes sont imprégnées d’origine africaine et que les Brésiliens issus d’autres régions sont eux aussi vite repérés. Nous goûtons donc surtout la superbe vue de notre chambre d’hôtel, au 7ème étage : la baie de tous les Saints, les navires en attente de déchargement dans la rade, les clochers d’église, quelques maisons de couleur qui mettent des taches colorées dans un fond principalement blanc.

Premier jour passé, quartier connu, petit déjeuner de fruits et gâteaux très apprécié : nous voilà maintenant prêts à affronter les rues étroites de la vieille ville du Pelourinho, les boutiques de souvenirs (peu de touristes en cette saison mais tous les marchands sont ouverts) et les églises. Il paraît qu’il y en a 365, une pour chaque jour de l’année. Nous nous contentons de la cathédrale et du couvent Saint François, suffisants pour s’imprégner de style gothique surchargé d’or et d’azulejos, souvenir de notre voyage au Portugal avec une Marie en cours. Et nous retrouvons aussi des éléments du style manuélin, que nous connaissions sur le bout des doigts il y a douze ans. Les années ont passé et nous avons surtout moins de temps pour lire les guides touristiques en phase préparatoire et pour nous intéresser à tous les détails architecturaux en phase de visite !

 

Portraits Points Coeur, vus par Ariane

Dimanche, novembre 2nd, 2008

Elle s’appelle Hélène. Elle a 25 ans. Elle est française. C’est une “amie des enfants”. Elle vit avec son mari Raphaël, dans la communauté Points Cœur dans une fazenda proche de Salvador de Bahia au Brésil. Elle s’occupe de 2 petites filles: Pamella et Tété et d’un adultes: Diego, 21ans handicapés en chaise roulante. Ils doivent s’en occuper tous le temps: le laver, le faire manger, l’habiller…Ils vont tous les jours à la messe et Raphaël y  joue de la guitare. Hélène fait le pain pour toute la communauté.

 

Il s’appelle Mateus. Il a10 ans. Il ne savait pas lire ni écrire avant d’arriver à la fazenda il y a quelques mois avec son frère et sa petite sœur mais comme il y a une école sur place il a appris a écrire son prénom. Il est enfant de cœur et il sonne la cloche. Il aime beaucoup Marthe (NDLR : comme Dandan –Daniel-, Marcos et tous les autres garçons). Il fait du cerf  - volant. Il est moins gâté que Tété et Pamella car il a des « parents » brésiliens.

 

Elle s’appelle Caroline. Elle n’est pas sœur comme sœurs Agnès et Myriam mais elle est consacrée. Elle habite avec une dame Lucie qui fait des colliers en graines. Elle habite aussi avec Ingrid: une fille qui a 4 sœurs dont Pamella et Tété. Elles sont toutes demies sœurs. Caroline prépare la messe et joue du violon. Elle rend beaucoup de services. Elle nous a montré un film sur Points Coeur qu’elle a aidé à réaliser : on voyait des enfants en Italie, en Inde, au Pérou…

 

Fête de la Toussaint dans la fazenda Natal de Points Coeur

Samedi, novembre 1st, 2008

Après 5 sauts de puces en avion (SantaRem-Belem-San Luis-Fortaleza-Recife) nous sommes arrivés à Salvador de Bahia. A l’aéroport, le père Philippe (ou Philippan : contraction de grand Philippe en Portugais) et Luc nous ont accompagnés à la Fazenda de Natal. L’idée de base pour Points Cœur est que chaque enfant malheureux est un point noir pour le monde et que chacun de ces enfants devraient rencontrer un Points Cœur pour recevoir de l’amour et de la tendresse. La fazenda est différente des autres Points Cœur à travers le monde car des couples mariés peuvent venir pour recevoir des enfants dans leur maison alors que dans les autres Points Cœur il y a des bénévoles appelés « amis des enfants » qui habitent en communauté dans une maison et les enfants du quartier qui veulent viennent pour jouer, prier, discuter…Les enfants de la fazenda rentrent de l’école et ils s’appellent Matteus (qui travaille dans la Fazenda pour se remettre au niveau scolaire car à 13 ans il ne sait pas écrire son prénom), Diego, Raphaëlla, Pamela, Estephanie, Daniel, Marcos, Marcelo, Ingrid, Brenda, Joan-Lucas, Diego (handicapé), Sida(autiste), Gabriel et Létitia. Mais en amis des enfants il y a Raphaël et Hélène, Luc et Stéphanie, Caroline, Sœur Agnès, Sœur Myriam, Gabrielle, Dora, Edison, Michaël …A la petite église sur la colline il y a tous les jours les vêpres, la messe, le chapelet, l’adoration eucharistique et les laudes. Le matin chaque famille mange dans sa maison, le dimanche midi tout le monde mange dans le réfectoire et les autres jours tout le monde va chez une famille donnée à tout de rôle. Le soir, c’est chez soi ou les gens s’invitent comme ils veulent…Il y a une mère canard et ses 10 petits canetons qui font leur besoin partout, un cochon, trois chiens qui font peur à Marthe et plusieurs chatons…La journée les gens font ce qui leur plaisent, nous avons fait un gâteau au citron avec Caroline. Le mardi et le vendredi deux responsables font cuire d’énormes pains dans le four. Le samedi quelques personnes prennent des cours de bijoux en graines avec Carlos qui vient de la vieille ville de Salavador et un garçon a fabriqué et offert un collier à Donatella. Ils font des colliers, des bracelets, des boucles d’oreilles et nous en achetons quelque uns. Comme type de graines ils utilisent de l’acaï, des larmes de vierge, du flamboyant, de la noix de coco, des graines rouges…Et nous leur montrons nos bijoux d’Amazonie pour qu’ils aient de nouvelles idées. Il y a aussi une lagune où les enfants peuvent se baigner. Après la messe nous montions tous dans le gros manguier et tous les enfants voulaient que l’on joue avec eux. Sinon le grand jeu de la messe, c’est de pouvoir sonner la cloche : Marthe et Donatella l’ont fait ! Après le déjeuner au réfectoire, le dimanche de la fête des morts, nous avons donné des petits cadeaux à chacun des enfant et cela leur fait très plaisir (je pense). Au moment où j’ai fait signer mon tee-shirt Esperance 7, Edison est venu me voir et m’a donné sa croix de mission d’ami des enfants et m’a dit: c’est le cœur des amis des enfants!!! MARIE

En lisant le texte de Marie, on pourrait assimiler la Fazenda do Natal a un club de vacances….pour catholiques. L’accueil est à la hauteur d’un bon voyagiste : alors que notre contact à Paris nous avait clairement indiqué que nous ne pourrions pas être hébergés, le père Philippe nous a spontanément proposé de passer trois ou quatre jours et de venir nous chercher. Une heure pour prendre contact et apprendre à se connaître : c’est toujours étonnant de « débarquer » chez des familles ou communautés que nous ne connaissons pour partager quelques heures ou quelques jours avec eux. Le décor correspond aussi à un bon club : un vallon éloigné de toute ville avec une dizaines de maisons blanches très espacées les unes des autres, une végétation luxuriante, la forêt alentour, des couchers de soleil flamboyants. Mais l’envers du décor est trompeur : les moustiques, relativement peu nombreux pendant notre séjour, attaquent dès la tombée de la nuit les pauvres peaux blanches, les Brésiliens échappant semble-t-il à leurs trompes. Parfois, ce sont aussi des vers qui rendent la vie difficile en s’infiltrant sous l’épiderme. Quant aux activités, elles sont bien différentes de celles d’un catalogue de voyage : ni golf ni équitation (malgré la présence d’ânes qui errent dans la fazenda) mais lavage du linge à la main avec deux ou trois enfants par maisonnée dans un environnement de terre rouge, préparation des repas au feu de bois, construction de nouvelles maisons. Ce qui m’a le plus frappé est sans doute le dénuement dans lequel vivaient les amis des enfants : l’eau et l’électricité n’ont fait leur apparition que très récemment, l’ameublement est spartiate, les logements sont souvent partagés avec des visiteurs qui viennent goûter la quiétude du lieu comme les sœurs de la communauté de Saint Jean ou les bénévoles des deux Points Cœur de Salvador. Trois d’entre nous ont d’ailleurs logé dans la maison d’une famille qui nous prêtait une chambre, les quatre autres se partageant une chambre de l’hostellerie dont la taille n’avait pas été prévue pour nos bagages. Le premier soir, la difficulté a été de comprendre qui était qui : les prénoms bien sûr mais surtout les liens entre les membres de la communauté puis les fonctions de chacun. Aucune maisonnée n’est construite sur le même modèle. Des fratries sont accueillies, comme les deux petites filles avec qui Donatella aimait jouer : cinq filles avec cinq papas différents. Il y deux couples français s’occupant d’enfants confiés, malades ou non. Il y a des bénévoles étrangers pour quelques mois ou plusieurs années, des laïcs consacrés, des sœurs. Tous les schémas semblent possibles dès lors qu’ils permettent d’aider des enfants car les enfants sont la richesse principale de la Fazenda. Très accueillants et ouverts, désireux de jouer avec nos filles qui se sont rapidement senties à l’aise malgré les différences linguistiques, contents de notre visite, parfois attristés de l’absence de leurs parents face à une famille unie. Et comme d’habitude, pour nos enfants, le lien s’est fait par le partage d’activités manuelles : cueillette de citrons, préparation de pizzas ou gâteaux, vidange de tuyauterie, préparation de la table dominicale. Elles qui ne sont pas toujours les premières partantes pour partager les tâches domestiques se proposent toujours spontanément et avec une vraie envie de servir dès lors qu’elles quittent leur environnement familial. J’avais plaisir à récupérer Ariane dans la maisonnée où elle avait été accueillie pour le dîner (nous étions partagés entre trois groupes), hilare, heureuse du repas partagé, prête à rester chez des gens qu’elles ne connaissaient pas deux jours plus tôt.

Même les temps religieux se sont bien passés alors que nous ne connaissions pas les chants et que nous ne comprenions quasiment rien aux textes puisque tout se déroule en portugais.

Trois journées partagées et nos enfants étaient tristes de quitter la Fazenda. Pour ma part, j’aurais été heureuse de partager plus de temps avec ces « amis des enfants », très différents mais animés par une foi qui se transforme en charité pour le plus pauvre. En même temps, le fait de recevoir continuellement en étant accueilli repas après repas et pour la nuit dans des maisonnées me pesait

Ecole communautaire à Alter do Chao

Mardi, octobre 28th, 2008

Nous sommes allés dans l’école d’Aisha et Joshua : l’école privée communautaire Cajoeira. Dans les écoles publiques, les enfants sont entraînés à répéter des leçons sans forcément les comprendre. A Cajoeira, les élèves sont éduqués à travailler en projets et à s’intéresser à l’environnement, aux règles de vie en commun, à la santé…

Dans la cour il y a une cabane, des toboggans, une barque qui sert de balançoire et un arbre avec des cordes : tous les élèves grimpaient dans cet arbre. Les classes sont des cases rondes, sans fermeture, assez petites. Chaque classe a une couleur qui correspond aux couleurs du fruit de cajou : maternelle petite section en vert car la cajou n’est pas mure, jaune pour la moyenne section quand la cajou mûrit et rouge pour la grande section quand elle est à point. Pour l’argent, comme des parents sont pauvres, seuls quatre familles financent le primaire. Les autres parents fabriquent des jouets, s’occupent des bâtiments ou du jardin, apportent du pain. La directrice cherche aussi des entreprises ou des personnes qui peuvent donner de l’argent à l’école. Chaque classe a un projet : les animaux, le corps, la reproduction (les enfants avaient des poupons dans les bras). Dans la classe d’Aisha, il y a des élèves de 7 à 10 ans : des fois, pour séparer la classe, il y a un rideau. Comme Aisha est la plus grande, elle aide la maîtresse. Chaque enfant a des responsabilités. ARIANE

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Chez Wim et Edgina

Lundi, octobre 27th, 2008

Wim et Edgina avaient prévu de nous accueillir dans leur somptueuse maison, entourée d’arbres et de fleurs, dominant le banc de sable où la rivière Tapajos et la lagune verte s’épousent. C’est d’ailleurs en voyant les photos de cette villa de rêve que Nicolas avait décidé de nous emmener à Alter do Chao. Mais en raison du flou qui entoure les titres de propriété au Brésil et tout particulièrement en Amazonie, Wim et sa famille ont dû quitter précipitamment leur demeure sans que je connaisse les détails de leur « expulsion ». Ils sont donc devenus locataires…et nous par la même occasion, dans une maison attenante à la leur. Cette proximité nous vaut d’être invités quasiment à chaque repas et bien sûr pour l’anniversaire de Marthe que nous fêtons une nouvelle fois. Donatella et Ariane prennent leur quartier de nuit dans un hamac, autant par manque de lit que par plaisir ; mais elles s’habituent bien moins bien aux centaines d’insectes verts qui envahissent les pièces et surtout la salle de douche et les toilettes !

Lors de la sortie hebdomadaire au supermarché de Santa Rem, nous accompagnons Wim en ville et nos filles sont heureuses de pouvoir grimper dans les caddies en forme de petite voiture, un luxe qu’elles attendent depuis des mois et même des années à Rosny 2 !  Bien que les enfants de nos hôtes aient le même âge que les nôtres (10 et 9 ans), le courant ne passe pas aussi bien que Marie le voudrait, et ce malgré ses efforts. Les incompréhensions de langue et les différences de mode de vie ne rendent pas les contacts très aisés. Ceci étant dit, la bande des sept vit malgré tout quelques bons moments : en grimpant ensemble aux arbres, en faisant des sauts dans la piscine, en construisant des Légos ou en couchant sous la tente, dans le jardin, entourés de bruits multiples et variés et surtout inconnus. Pendant ce temps, les pères palabrent avec les Indiens. A toute heure de la journée, un claquement de mains retentit derrière la barrière, remplaçant la sonnette. Une nouvelle visite, dont je ne comprends jamais si elle est prévue ou non. Café, galettes de tapioca, « vitaminas » (mélange de jus de fruits frais et céréales), tartines de pain maison sont servies par Edgina tandis que Wim se lance dans des discussions auxquelles Nicolas se joint : reforestation et permaculture en sont les sujets principaux.

 

Une chose que nous avons appris à connaître est le « pouga », nom donné localement à un vers qui s’infiltre dans le pied, y pond ses œufs et y prolifère à loisir. Marie, non encore experte en la matière, en a laissé un s’installer en profondeur. Edgina doit lui percer le pourtour de la plaie avec une aiguille et creuser en profondeur sous le nid pour extraire toutes les larves. Notre pauvre Marie s’est montrée bien courageuse mais a tout de même hurlé à pleins poumons. Nous préférions malgré tout bénéficier des conditions sanitaires apportées par Edgina que la conduire au poste de santé du village, sans être sûr que le matériel soit désinfecté après chaque patient. Surtout en sachant que beaucoup de femmes se découvrent atteintes du SIDA, après le départ de leur époux ou même toujours mariées : le mari a omis de les informer de sa propre maladie….

 

Marie face aux crocodiles

Dimanche, octobre 26th, 2008

A 9 h du soir je suis partie avec Papa dans une petite barque voir des « jacarés »  dans le fleuve où nous nous étions arrêtés avec le gros bateau. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre car dans toutes les histoires, les crocodiles sont énormes et très agressifs. Orlando et son cousin sont des Indiens de la tribu à qui nous avons rendu visite aujourd’hui : ils connaissent bien la faune qui les entoure. Ils ont droit de tuer les animaux -dont les crocodiles- à condition qu’ils les mangent et ne les revendent pas. Malgré tout, Ariane et Doantella ont acheté un collier orné d’une dent de jacaré….Orlando nous explique que pour reconnaître un jacaré il faut l’éblouir avec une lampe de poche et si c’en est un, son oeuil devient rouge mais pour les grenouilles ou sapo comme dirait Marthe c’est pareil. Au bout de 5 minutes, tout le monde ouvrait grand les yeux et cherchait des petits points rouges. Soudain nous en vîmes un mais très mal et très vite il repartit. Nous avons donc continué à en chercher et des poissons sautaient à 2,50m au dessus de nous. Quand on entendait des poissons sauter, des gémissements de crocodiles et que l’on voyait un oeuil rouge, il y avait forcément un crocodile dans les parages. Le deuxième  nous l’avons bien vu car  Orlando lui a couru derrière pendant 5 min et nous l’a apporté. Il mesurait 1 mètre et était jaune et marron. Le crocodile était tenu par le cou et il pleurait. C’était arcourcourchcarcouhcarrcharccharcouc. Soudain un autre gros point rouge apparut : le troisième jacaré, aveuglé par les lampes. Il restait immobile et faisait très bien la statue (il aurait battu tout le monde à ce jeu!). Sorti de l’eau, je constatais que ce crocodile faisait ma taille et était semblable au précédent. C’était re arcourcourchcarcouhcarrcharccharcouc!  ;-). Comme je commençais à bailler en imaginant une nuit fraîche dans le bateau tous en rang d’oignons dans les hamacs, nous sommes rentrés…. MARIE

Conclusion : il ne faut pas toujours croire aux histoires mais il vaut mieux être bien accompagnés au coeur de l’Amazonie.

 

 

 

Le long du Rio Tapajos

Dimanche, octobre 26th, 2008

Pour commencer notre croisière sur le fleuve Tapajos, le capitaine détecte un Objet Flottant Non Identifié : éléphant pour Marthe, chiffon et pelote de laine pour Donatella…Il s’agit en réalité d’un porc-épic avec un énorme groin en patate, des piquants tout blancs et une large et courte queue. Dans la foulée, des dauphins passent au large, ne permettant pas de réaliser la photo rêvée. Ce premier épisode zoologique passé, nous prenons nos quartiers dans le bateau. Le pont supérieur est une grande salle de 10 mètres de long sur 2 de large avec un point d’eau : les barrières étant très ajourées, nous avons rapidement laissé tomber à l’eau fruit, couvert, paire de lunettes et Marthe a conservé son gilet de sauvetage pendant deux jours d’affilée. Le pont inférieur est réservé aux machines et aux hommes d’équipage car nous avons embarqué, en plus de la famille de Wim, 3 Indiens de la tribu que nous allons rencontrer, un ami cuisinier (« C’est bon pour le moral…. ») et 3 marins. Rapidement, notre embarcation se transforme en tripot –jeux de cartes exclusivement réservé aux enfants de moins de 18 ans- et en salle de hamacs, avec un espace réduit pour la sieste et une majorité de hamacs utilisés pour manger ou faire le bazar. (more…)