Archive la catégorie ‘Chili’

FELIZ NAVIDAD

Jeudi, décembre 25th, 2008

 

FELIZ NAVIDAD and HAPPY CHRISTMAS du haut des cieux !

A vous tous, nos parents, nos sœurs, nos beaux-frères, nos neveux et nièces, nos filleuls et filleules, nos parrains et marraines, nos cousins et cousines, nos équipiers, nos coparoissiens, tous nos amis de France, du Portugal et d’ailleurs, nos hôtes de New York, du Québec, du Brésil, du Chili, sans oublier tous les copains et copines des MADAM : une très belle fête de Noël, pleine de joie et d’espérance, que nous vous souhaitons du ciel.

Nous avons suivi l’exemple de la Sainte Famille, en changeant un peu l’itinéraire et en servant d’âne quand nécessaire. 22 heures de bus de San Pedro à Santiago, 12 heures dans la capitale chilienne pour aller chez le coiffeur (Marie a maintenant le dégradé de ses rêves, qui lui va très bien), finir son évaluation du CNED dans un jardin public, recuperer mon sac a dos qu’un voleur m’avait pris dans une salle internet et prendre une douche, 1 heure pour atteindre l’aéroport en métro et bus, 2 heures dans la salle d’attente et nous montons à bord le 23 décembre à 23h30 heure locale. Plus que 13 heures de vol direct avant atteindre Auckland. Nicolas propose la lecture des textes de la messe de minuit : révolte. La consommation a gagné sur la foi ! Nous sortons les cadeaux : pas les nôtres car nous avons décidé qu’il n’y en aurait pas cette année mais ceux de Piou et Manou. C’est la fête d’ouvrir les paquets : un petit coup d’harmonica et la troupe s’effondre, sans canapés, huîtres ni saumon. De toute façon, LAN Chile n’a rien prévu de spécial pour ce vol pourtant hors du commun, pas même un bonnet rouge pour les hôtesses ou un chant de circonstances.

Arrivée en Nouvelle Zélande le 25 décembre à 4 heures du matin : cinq heures d’attente pour vérifier que la société de location de notre mobil home est fermée. Il n’y a plus qu’à trouver un motel ; pas de problème, d’autres avant nous se sont contentés d’une grotte.

Manger “local” et se gorger de cerises à Noël

Mardi, décembre 23rd, 2008

Manger « local », c’est ce que nous faisons quotidiennement, parfois à l’extrême lorsque Marthe goûte aux crottes de capibara brésilien….La découverte des habitudes alimentaires et saveurs culinaires d’un pays ou d’une région participe beaucoup dans la connaissance de cet endroit et dans son appréciation. Au Brésil par exemple, où je m’imaginais manger des haricots rouges tous les jours, la variété des plats du Minas Gerais puis des jus de fruits a été une très bonne surprise et les enfants se sont mises à réclamer des boissons aux goûts exotiques, en retenant le nom brésilien que j’oubliais généralement. A la fazenda Points Coeurs, les repas -assez maigres- étaient le temps principal de communion et de partage avec les enfants brésiliens. Dans les endroits très touristiques comme à San Pedro, la tentation d’une quiche lorraine ou d’une crêpe au camembert surgit parfois : j’explique alors aux filles qu’il y a bien peu de chance que la quiche qu’elles pourraient déguster à 10.000 kms de Fontenay sous Bois soit à la hauteur de celle de leur Maman…et surtout que les abricots ou figues achetées au paysan qui vient de les cueillir dans les vergers de l’oasis seront bien meilleurs et lui procureront un revenu. Dans ce cas précis, les conséquences sur nos systèmes digestifs n’avaient pas été prévues (les fruits murs et chauds ont d’excellentes vertus laxatives) mais nous remarquons que nos enfants comprennent et appliquent sans beaucoup de difficulté ce principe de manger des produits locaux, qui peut subir une exception devant un pot de Nutella….. Je crois qu’elles sont aussi fières d’accomplir un geste « éco-citoyen » en évitant de manger des produits transportés par avion et par camion sur de grandes distances. En France, nous leur expliquons que manger les fruits à contre-saison est une ineptie puisque leur acheminement depuis l’hémisphère sud a exigé beaucoup de carburants et que leur saveur est inversement proportionnelle à leur impact écologique et à leur prix. Leçon parfaitement retenue et appliquée : au Chili, il ne se passe pas un jour sans que nous nous régalions de fraises, framboises et cerises de la région des Lacs; avec Ariane, nous nous sommes aussi lancées dans la viande de lama, que nous avons beaucoup appréciée.

Je suis fière de l’adaptabilité culinaire de nos filles et de leur faculté à comprendre que les produits alimentaires sont meilleurs, permettent aux communautés locales de vivre et polluent moins quand ils sont consommés proches de leur lieu de récolte ou production.

Le marché a toujours raison !

Mardi, décembre 23rd, 2008

Cela pourrait résumer le fonctionnement du Chili… et de la quasi totalité des autres pays du monde par la même occasion !

La veille de Noël, les journaux de Santiago titraient que les billets de bus inter-régionaux allaient augmenter de 18% en 2009, et jusqu’à 70% au moment des fêtes de fin d’année, alors que le prix du pétrole a été divisé par 3 ces 6 derniers mois. Explication officielle, à peine argumentée : une nouvelle loi sur la sécurité  les oblige à augmenter le nombre de chauffeurs. Explication pratique : même à 18% plus cher, les chiliens n’ont pas d’autre option. A titre d’exemple, le billet de bus pour San Pedro de Atacama (24 heures de transport pour 2000 km) est à 60 dollars contre 350 dollars pour l’avion (LAN Chile a un quasi monopole sur la ligne). Et il n’y a pas de train. Dans un pays étendu qui s’étend sur plus de 4000km, et avec des montagnes quasiment partout…difficile de se passer des transports en commun pour la presque totalité des gens. Pas de souci donc, le marché absorbera la hausse de prix…

Autre exemple : le saumon. Le saumon est -ou plutôt a été – l’eldorado du sud du Chili. En 20 ans, il a révolutionné l’économie de cette région pauvre. Des centaines de parcs de pisciculture se sont ouverts, les multinationales européennes et américaines ont massivement investi, des milliers d’emplois ont été crées. Dans le même temps, dans l’île de Chiloe par exemple, une bonne partie des paysans ont abandonné leurs cultures vivrières traditionnelles (pomme de terre en particulier) et la pêche artisanale pour aller travailler pour les « salmoneras ». (more…)

Adieu San Pedro de Atacama

Lundi, décembre 22nd, 2008

Quelques photos prises au cours des 8 jours passés à San Pedro de Atacama, qui closent notre séjour au Chili, en Amérique du Sud et aux Amériques !

A vous de trouver quel animal se nomme zorro en espagnol et que marquent les poteaux sous lesquels Ariane et moi sommes photographiees en plein desert.

Vallée de la lune

Dimanche, décembre 21st, 2008

Nous n’avons pas le goût des tours organisés, surtout lorsqu’il s’agit d’un circuit “entrée de gamme” que tout routard fraîchement débarqué à San Pedro de Atacama se doit d’effectuer. A une époque, nous aurions choisi l’option vélo en solitaires; embourgeoisés et chargés de famille, nous prenons un taxi pour découvrir la Vallée de la lune en dehors des horaires des agences touristiques. Roches et sable, avec des dunes balayées par le vent. Notre dernière expérience désertique remonte aux trois jours passés en bus, entre Urumqui et Kashgar, en 1990. La chaleur s’est dissipée, le froid prend la relève dès que le soleil disparaît derrière des falaises ocre. L’hostilité du lieu est forte, entre le vent qui fait pleurer Marthe, le sable qui s’infiltre dans le tout nouveau poncho d’Antonia et les roches qui ont ouvert le genou de Donatella pour la 3ème fois en une semaine. Et pourtout la magie du désert opère, loin des bruits humains et des lumières de la ville. Je comprends qu’il soit facile de passer plusieurs semaines, à marcher en silence dans le désert…mais je ne suis pas certaine que ce programme soit plébicité par nos enfants pour de prochaines vacances.

Une chorale pour remplir le c(h)oeur

Samedi, décembre 20th, 2008

Nous étions 15 ce soir (dont nous 7) au début de la messe anticipée du dernier dimanche de l’Avent. L’église de San Pedro de Atacama fièrement plantée depuis 4 siècles sur la place d’un village devenu par ailleurs repère de touristes, aurait mérité mieux. Et Jésus, à quelques jours de son anniversaire aussi.

Au milieu de la messe, un groupe de jeunes un peu patauds, tatoués, « piercés » et peu attendus en pareil lieu débarque. Le curé, dodu et loquace, les fait passer devant et leur dit de s’installer tout en s’avançant devant eux et en continuant son homélie un peu longuette, surtout pour nous qui n’en captons pas toutes les subtilités.  Il parle de foi, de persévérance et d’espérance .

Un vieux Monsieur cravaté installe un pupitre dans le chœur et un clavier bon marché. Le curé poursuit, s’adressant à l’une puis à l’autre de ses paroissiennes. Il commence par apostropher Martha, une imposante matrone, dont Marthe, devant ses parents et ses soeurs interloqués ira serrer la main chaleureusement au moment de la paix du Christ, « car il y a deux Marthe dans l’église » !!

Et puis tout d’un coup, pour la prière universelle, deux belles voix se font entendre. Puis 6 ou 8 pour la prière eucharistique. Une douzaine pour le Notre Père, vingt pour la Communion ! Et enfin un solo alto magnifique pour un Ave Maria de toute beauté. Ce sont les bergers et les Mages en même temps qui arrivent pour adorer Jésus. Modestement, à l’endroit et de la façon les plus inattendus, mais dans une très belle action de grâce et de foi. Une messe de Noël avant l’heure. Un beau cadeau à Jésus et à nous avant Noël !

Les geysers du Tatio

Vendredi, décembre 19th, 2008

 Avec Maman, je me suis levée à 4 heures du matin pour aller voir les geysers. La route était très mauvaise et nous sommes montés très vite en altitude ( de 2300 m à San Pedro à 4300 m d’altitude). Quand nous sommes arrivés en haut, il faisait -5°. J’avais 3 pulls, un k-way, un bonnet et des gants et j’avais encore froid. Quand nous sommes arrivés, les geysers fumaient juste. Au fur et à mesure, ils faisaient plus de bulles et il y avait de plus en plus de fumée. La fumée puait et était toxique. Il y a 70 geysers , tous actifs, au Tatio: c’est le plus grand champ géothermique d’Amérique du Sud. C’est en Islande qu’on trouve le plus de geysers. Face à nous se trouvait le volcan Tatio qui culmine à plus de 5000 mètres et dont l’activitée se perçoit, non pas au sommet par des fumées  mais sous le sol par un réchauffement d’une rivière froide par le magma. Ce phénomène se traduit par la sortie, à travers les fissures du sol d’eau bouillante qui sort a 85°(en raison de l’altitude élevée l’eau bout à 85° et non pas à 100° comme au bord de la mer). Les excursions se déroulent tôt le matin quand l’air ambiant est froid afin que la buée d’eau soit bien visible: au fur et a mesure que la température extérieure s’élève, la visibilité des geysers diminue. Au bord de certains trous, il y a des tâches de couleur orange, marron et vert: ce sont des bactéries qui peuvent vivre à plus de 50° et certaines à plus de 80°. La taille des trous varie, avec une ou plusieurs « bouches ». Quand le soleil s’est levé, vers 7h30, on avait quasiment chaud. Nous sommes alors allés dans un therme. Il y avait des courants chauds à 40° et des courants plus froid. Nous sommes repartis en voiture et sur la route, nous avons vu: des nandous, beaucoup de lamas et vigognes, un petit animal entre l’écureuil et le lapin, des flamands roses andins. Nous nous sommes arrêtés dans un petit village nommé Machuca. Ce village compte 37 personnes et comme les hommes et les étudiants vont à la ville, dans la journée, il ne reste que 7 personnes dans le village. Toutes les maisons ont une croix en laine de lama de différentes couleurs sur leurs toits. Nous avons mangé une excellente brochette de lama.  ARIANE

 

 

 

Marcher sur l’eau

Jeudi, décembre 18th, 2008

Avec Chile Aventure, qui organise des tours dans les environs de San Pedro, nous sommes allés au Laguna Cejas. Dans l’eau il y avait tellement de sel qu’on flottait. Tout d’un coup ça descendait et on se mettait sur le dos et on flottait. L’eau est 8 fois plus salée que dans l’océan, encore plus que dans la Mer Morte. L’eau a tellement piqué Marthe qu’elle a pleuré et qu’il a fallu la rincer longuement à l’eau douce. Pour nous désaler, nous avons ensuite nagé dans deux piscines naturelles, des grands trous creusé dans le sol, de 10 mètres de profondeur. Pour finir, nous nous sommes rendus à un lac de sel : les rives étaient si blanches que l’on aurait cru de la neige. Nous nous sommes amusées à prendre des photos avec des effets d’optique mais je n’ai pas réussi à marcher très loin dans l’eau car il y avait des bouts de sel dur. ARIANE

DD comme Dieu et Darwin

Jeudi, décembre 18th, 2008

Le DD est à la mode, entendez Développement Durable : réconciliation des enjeux

économiques, sociaux et environnementaux . Ou comment s’adapter à son environnement sans sacrifier les générations à venir.

J’ai toujours pensé que pour faire du DD, il suffisait d’observer la Nature et de l’imiter au plus proche, mais ici dans le désert d’Atacama, j’ai trouvé un exemple imparable avec les flamands roses et de leur écosystème.

Imaginez plutôt. Vous êtes dans le désert le plus sec du monde, à plus de 2000 mètres d’altitude, chaleur accablante le jour, gel la nuit, vent incessant, montagnes de toutes parts, pas ou très peu de vie, que du caillou et des volcans à l’horizon. Un désert de sel, les roches volcaniques des cônes frontalier entre Chili, Argentine et Bolivie ayant produit toutes sortes de scories et de roches minérales qui réapparaissent ici, à leur pied, sous forme de croûte salée, iodée, phosphorée…

Et puis tout d’un coup, une étendue d’eau hyper salée et un groupe de flamands roses majestueux, qui passent patiemment au peigne fin la lagune avec leur bec sabot. Celui-ci ne peut pas s’ouvrir de plus de 5 millimètres mais cela suffit pour y emprisonner de petits crustacés, les artemias, qui avec le temps leur donnent cette belle couleur rose orangée. Les artemias eux-mêmes arrivent à survivre dans cette eau saumâtre en se nourrissant d’une petite algue vert noir, et en ayant développé avec le temps deux modes de reproduction : ils sont vivipares (mettent au monde des petits qui prennent directement le  large) et en pondant des sortes de kystes, qui contiennent une larve capable d’attendre jusqu’à vingt ans pour déclencher son développement ; le temps qu’un peu plus d’eau, un peu plus d’oxygène et un peu moins de métaux lourds rendent l’environnement plus propice. Trois espèces de flamands roses : andins, chiliens et de  James se sont développés avec le temps, tous résidents, monogames et incroyablement beaux, surtout quand ils volent. Comme Darwin l’a expliqué dans sa théorie de l’évolution, ces oiseaux se sont adaptés admirablement à un environnement franchement hostile. Dieu les a créés bien sûr, mais les a de surcroît faits merveilleusement élégants alors que la beauté ne semblait pas être le facteur N°1 pour la survie… Comme quoi beauté et efficacité ne sont pas incompatibles, pas plus que science et spiritualité, ni que développement et durabilité. D’ailleurs, le désert d’Atacama se porte très bien économiquement, lui qui contient 40% des réserves de lithium du monde et produit la matière première des piles de la plupart des appareils photo et téléphones portables. Le petit village de Socaire, qui domine le Salar à 3500m d’altitude en sait quelque chose : grâce aux dons de l’entreprise extractrice, qui doit aussi mettre dans son rapport Développement Durable qu’elle protège les flamands,  ce hameau jouit d’une école et d’un magnifique gymnase pour … 18 élèves…ainsi que d’une magnifique petite église restaurée en pierre volcanique et charpente de « bois » de cactus.

Plus près des étoiles

Mercredi, décembre 17th, 2008

Nous sommes dans le désert d’Atacama. Il est neuf heures du soir. Il fait nuit noire, car la lune ne sortira que vers deux heures du matin. Pourtant, pour une fois, les trois grandes qui m’accompagnent n’ont pas un instant peur du noir… peut-être tout simplement car ce n’est pas le noir. Comme à l’Ile de Pâques, il y a un milliard d’étoiles qui éclairent le ciel. Presque jusqu’à l’horizon (à l’Ile de Pâques c’était totalement le cas, ce que je n’avais jamais vu de ma vie).

Alain Maury, l’astronome français qui nous accueille nous expliquera qu’en fait nous pouvons en voir environ trois mille à l’œil nu dans chaque hémisphère, avec une partie commune aux deux hémisphères. Mais nous pouvons en sentir beaucoup plus au dessus de nous. Elles brillent, bougent, forment des figures géométriques, ou pas, se nomment et se prénomment, bref elles vivent à l’évidence. Surtout, sans les lumières de la ville, elles se sont subitement rapprochées et comme imposées à nous, comme une diapo qui se chauffe et se tort pour apparaître tout d’un coup parfaitement nette alors qu’elle était floue auparavant. Les étoiles vont vers nous et nous invitent à les regarder, comme le monde sous-marin quand on plonge ou les insectes quand on veut bien s’intéresser à eux. Mais cette fois c’est encore plus fort ; nous nous en sentons tout d’un coup proches. La certitude s’impose progressivement au cours de la soirée, sans que jamais le sujet ne soit évoqué, que nous faisons partie du même grand corps de vie. (more…)