Archive la catégorie ‘Laos’

Nos fidèles Momos au Laos

Mercredi, juin 3rd, 2009

Remontée de la rivière Nam Ou

Mardi, juin 2nd, 2009

Il est six heures. Le jour se lève paresseusement. La pluie est tombée presque toute la nuit. Le petit village de Muang Ngoi se réveille. Après les pétanqueurs d’hier soir, les moines prennent la relève ce matin avec leurs mélopées langoureuses. Les nuages s’accrochent à leur lit montagneux, grasse matinée brumeuse. Les premiers pécheurs reviennent déjà de la rivière bienfaitrice. Les filles émergent une à une de la moustiquaire, je fais un peu de yoga devant le paysage grandiose, face à la rivière et à la montagne. Ariane comme chaque matin se lève la première et écrit son journal de bord. Ce matin, le menu du petit déjeuner est du tapioca au potiron sucré. Miammm!. Vers 8h30 nous descendons au port. Noy, le pécheur avec qui nous avons fait affaire hier pour aller à Muang Kua nous attend déjà, tout sourire, sur le ponton. Je suis malgré tout un peu soulagé car  j’ai du payer d’avance les 100 USD de la remontée de rivière alors que nous n’avons fait que 20% du chemin hier. Ici au Laos on négocie peu et on fait beaucoup confiance. J’ai fait confiance et c’était ce qu’il fallait faire. Nous partons tous les sept avec Noy, seul bateau sur l’ eau. A quelques mètres du ponton un paysan pêcheur lave ses casiers; ses cuisses sont grosses comme des troncs, il pourrait soulever un buffle. La rivière est calme pendant quelques minutes puis devient tumultueuse, agitée, presque effrayante avant de reprendre son calme. La jungle vient quasiment jusqu’à nous par endroit, dégoulinant de la montagne, le nez dans l’eau. Puis les cultures reprennent le dessus dès que le relief s’assagit; les cultures sur brûlis remontent alors vers les sommets, pour parfois les atteindre presque; heureusement qu’il y a beaucoup de pics de karst. Malgré leur courage et leur énergie peu communs, les minorités locales n’ont pas trop entamé la forêt. Probablement parce que nous sommes trop loin des route principales et …. de la Chine… prédatrice. C’est la première fois depuis notre virée sur le Rio Tapajos au cœur de l’Amazonie que la forêt domine encore. Et nous ne reverrons pas de tel cas de figure, ni au Laos ni au Vietnam.  Le monde semble fonctionner comme il y a mille ans. Bambous, bois, bananes et riz de montagne; un peu d’élevage  divaguant, de chasse et de cueillette sauvage.  Quelques bateaux nous croisent de temps à autre, rarement avec un moteur. Quelques radeaux aussi. Par contre les animaux sont rares;  même ici ils ont été chassés et mangés. A peine quelques oiseaux, et surtout de magnifiques papillons de toutes tailles et toutes couleurs. Je ne crois pas en avoir jamais vu autant.

Dans le bateau on rigole, se chamaille, fait pipi par dessus bord en essayant de ne pas tomber à l’eau (aucun gilet de sauvetage ni bouée à bord; heureusement que Marthe et Antonia ont leur fidèle brassière rouge) et finalement quand on est à court , on fait la liste de tous les petits plats qu’on demandera à Mamie à Paris dans trois semaines ! Il faut dire que nous n’avons en tout et pour tout que deux litres d’eau et une boîte de lait concentré sucré pour tenir jusqu’à Muang Kua. Par chance, il ne pleuvra  pas et nous arriverons deux heures en avance sur l’horaire, juste au moment où je commençais à questionner le capitaine sur une pause déjeuner! Muang Kua est un village guère plus gros que celui quitté ce matin, tenu par quelques commerçants chinois et le petit bus enroué qui fait la jonction vers le Vietnam. Mais ça c’est pour demain, si il ne pleut pas trop cette nuit et que les gués sont praticables… affaire à suivre

Akhas et Yaos : deux des quarante-neuf ethnies du Laos

Lundi, juin 1st, 2009

Depuis que Marie avait vu des photos de femmes en costume traditionnel dans les brochures sur les ethnies de Sapa, elle souhaitait en voir en chair et en os, que ce soit au Vietnam ou au Laos. En s’intéressant à elles, en fabriquant des bracelets et des colliers avec elles, Marie a réussi à nouer des relations amicales avec certaines de ces femmes, qui sont généralement sur un registre purement commercial dans leurs relations avec les touristes. Une fois encore, le miracle des enfants a opéré : nous ne sommes plus des étrangers, cibles potentiels ou un brin voyeurs mais simplement les parents des MADAM, que tout le village a repéré et qui amusent les locaux avec leurs airs de Daltonettes.
Marie vous donne des informations sur les deux principales ethnies que nous avons côtoyées dans le nord du Laos. Attention aux erreurs ethnographiques possibles en regardant les illustrations photographiques !

Les Akhas (appelés Ikos par les Laotiens):
Cette ethnie est connue pour connaîtrre l’arbre généalogique de leurs ancètres jusqu’à soixante générations en arrière.
Les femmes sont toujours en habit traditionnel, qui leur prend un an à tisser ! Elles portent une veste bleue brodée de perles avec une jupe simple très courte et des chaussettes montantes multicolores. Plus les femmes sont vielles, plus elles ont une coiffure impressionnante ornée de pièces, de perles, d’ argent et de laines colorées …
Les femmes travaillent très dur au champ pendant la journée et reviennent le soir filant leur coton avec de grosses charge de bois sur le dos. Ce sont les femmes qui ont la responsabilité de la plantation du coton jusqu’à la fabrication des vêtements en passant par les teintures avec des plantes.
Les soir elles ne préparent à manger que des produits de la forêt : champignons, bambous, herbes, fougères, racines et toutes sortes de plantes.
Leurs maison sont très sombres car il n’y a aucune fenêtre.
Ils ont la coutume de ne pas laisser un étranger sortir de son village sans lui offrir quelques choses ・manger sinon cela signifie que c’est un esprit. Une porte en bois est réservée pour faire fuir les esprits (décoée d’armes, d ‘étoiles et de triangles…) Un étranger peut rentrer par cette porte à condition qu’il rentre dans plusieurs des maisons du village. Les décorations sont refaites chaque année par les villageois.

Les Yaos :

Ils ont des habits très distinctifs : les garçons portent une sorte de kippa avec des pièces d’argent et des pompons rouges pétant. Les filles portent un turban bleu marine avec des étoiles ressemblant à des étoiles de neige. Les hommes portent des pantalons indigo et pour les vieux souvent un béret français. Les femmes sont très réputées pour leur broderies, elles vont jusqu’à entièrement recouvrir leur pantalon auparavant noir de broderie.
Pour les cérémonies spéciales, ils se couvrent d’argent.
Ils ont une écriture spéciale pour leur religion qui ressemble un peu au chinois. Dans leur culture on fait beaucoup de papier à base de végétaux et surtout de bambou car ce papier sert de monnaie pour les dieux. Certains sont comme même chrétiens.
Les Yaos élèvent beaucoup d’animaux comme des cochons,des poulets qui appartiennent plus ou moinsà・quelqu’un mais l’hygiène n’y est pas…Certains animaux sont sacrifiés aux dieux …

Cérémonie “baasii”

Dimanche, mai 31st, 2009

Il est midi. Nous arrivons tout dégoulinants dans un village qui borde la rivière Nam Ou, non loin de Niang Kiaw. Le soleil tape très fort mais les filles ont voulu accompagner Paco et Sandy, deux jeunes rencontrés dans le bus l’avant veille et qui ont eu la bonne idée de partir passer deux jours chez l’habitant. Enthousiastes et généreux, ils ont apporté force boules de pétanque et ballons de foot aérien (le fameux foot volley lao-thai). Comme dit Sandy, ils sont « à fond », et les filles espèrent bien profiter de leur arrivée pour jouer avec les enfants du village.

A la troisième maison, nous sommes arrêtés par des hommes un peu endimanchés et pas mal éméchés mais gentils qui nous prennent par le bras fermement pour nous amener à l’intérieur. La maison est bondée,  il en sort un brouhaha de voix et de musique, une odeur un peu fétide d’alcool et de nourriture; les gens entrent et sortent, les chiens et les chats aussi. L’énergie est toute particulière, forte et nouvelle pour nous. Les filles ont un peu peur de ces haleines chargées d’alcool et de ces bras qui les agrippent en passant.

Au centre de la maison, assis autour d’un petit autel chargé d’offrandes et de bougies, sont assis deux couples, un âgé et un jeune, avec des enfants. Le reste de l’assistance s’affaire autour d’eux. Très vite nous comprenons que les gens défilent pour leur nouer aux poignets des bracelets de coton blanc. Des dizaines de bracelets entremêlés. Ceci rajoute encore au sentiment de mystère. La cérémonie est aussi intense qu’ésotérique, mais je sens qu’il n’y a pas d’agressivité particulière. Nous sommes pris en mains et dirigés vers les couples pour leur nouer des bracelets et leur adresser un petit mot. Puis nous recevons à notre tour des bracelets, que nous acceptons volontiers, et de l’alcool de canne à sucre, que nous refusons poliment. L’ambiance est électrique et conviviale à la fois, unique; il se passe quelque chose de fort, nous le sentons. Après une demi-heure, nous sortons de la pénombre pour retrouver le soleil. Nous sommes un peu soulagés de quitter cette autre planète, et heureux en même temps d’avoir participé à ce moment si intense de vie communautaire. Nous reprenons notre route et menons les amis à leur lieu d’accueil puis visitons avec eux l’école rudimentaire du village. Martha profite des « tijeux ». En fin d’après-midi au retour de la promenade nous recroiserons une bonne partie des convives, rentrant à pied ou en moto dans leur village, titubant pour certains, poursuivant les discussions avec force animation pour d’autres.

Le lendemain matin, nous apprendrons dans un livre que nous avons assisté à une cérémonie baasii. Pilier de la culture lao, elle permet de rééquilibrer les trente deux esprits  de la vie quotidienne. Elle se pratique avant ou pendant un événement important et permet à une famille de surpasser les difficultés. Un de ces moyens dont parle Majid Rahmena dans son livre « Quand la misère chasse la pauvreté » et qui permet à la fois de  maintenir le « temple » intérieur de chacun et le « métabolisme » de la communauté villageoise en bon état. Nous en profitons au passage (ne pas enlever les bracelets reçus avant 3 jours) pour réajuster nos équilibres familiaux en vue du retour vers le Vietnam via la rivière Nam Ou,  les montagnes, la jungle et  Dien Bien Phu (on nous a dit que la frontière est ouverte aux étrangers depuis peu). Merci!

 

 

Nuitée chez le chef de village de Vieng Poukha

Jeudi, mai 28th, 2009

Après les parties de football et de béret dans les villages proches de Muang Sing, nous poursuivons notre découverte de la campagne laotienne en passant une nuit chez l’habitant. Un tuk-tuk nous conduit à une vingtaine de minutes de Luang Nam Tha et nous laisse au bord de la route à Vieng Poukha, face à quelques maisons sur pilotis en bois, bambou et paille de riz, semblables à celles que nous avons aperçues dans les dizaines de villages traversés depuis notre arrivée au Laos.
Les filles courent sur le pont suspendu en suivant une femme qui nous amène, par un sentier parsemé de bouses, à notre logis d’une nuit : la maison du chef de village, comme nous l’apprendrons dans la soirée. Nos bagages prennent largement un quart de la surface « habitable », reconnaissable aux nattes qui recouvrent le sol et aux vieux matelas entassés dans un coin. Il est trois heures, le soleil est encore haut dans le ciel mais la pénombre envahit déjà la pièce. Les braises du brasero éclairent la cuisine : quelques casseroles, autant de tabourets de dix centimètres de haut et des bassines. Pas vraiment la cuisine toute équipée dont rêve toute ménagère européenne ! Il faut dire qu’il n’y a rien d’inutile dans cette habitation, à part des posters de pop stars laotiennes ou chinoises au mur. La seule table, sans chaise, est envahie par les vêtements et des cartables, qu’une horde de gamins surgie de nulle part vient tout à coup récupérer. Pas de télévision, un poste de radio que nous n’apercevons pas –il est sans doute recouvert d’une bonne couche de cette suie qui rend les murs et le toit de la cuisine noirs charbon- mais que nous entendrons à dix-neuf heures, pour les informations nationales introduites par un musique qui ressemble à un hymne national avec le crachotis dans le micro des « Français parlent aux Français ». Une femme s’active pour préparer le dîner, entourée de quatre enfants morveux qui ne sont pas les siens. Les habits sont troués et maculés, les filles ont le crâne rasé : les poux ont sans doute frappé. Espérons que nous y échapperons car notre dernière séance vinaigre blanc + démêlant + peigne fin sur des bestioles fontenaysiennes remonte à Montréal : un véritable exploit ! …/… (more…)

Leçon de riziculture

Lundi, mai 25th, 2009

Il a suffit d’une simple –mais longue et éprouvante- promenade en vélo pour qu’Ariane devienne une véritable spécialiste de la riziculture.
A Luang Nam Tha, les loueurs de vélo sont moins nombreux qu’à Luang Prabang et les prix ont donc été multipliés par deux : un magasin, deux magasins, ce n’est qu’au troisième que j’obtiens une réduction et je suis toujours aussi étonnée de la différence de mentalité commerciale entre le Laos et son grand voisin vietnamien. Ici, le commerçant prend rarement l’initiative d’adresser la parole au chaland qui passe et les prix sont affichés et difficilement modifiables ; au-delà de la frontière, les vendeurs nous accostent et négocient si nous faisons preuve du moindre intérêt pour ce qu’ils cherchent à nous vendre. En tant que touriste, le Laos est donc un pays bien plus reposant car nous ne sommes pas harcelés. Ce n’est pas pour rien que le dicton dit : « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l’écoutent pousser ».
En parcourant les chemins de campagne qui entourent Luang Nam Tha, nous assistons et participons parfois aux différentes étapes de la culture du riz : bizarrement, à cinq cent mètres de distance déroulent des scènes de préparation des champs et de récolte …Ce qui est certain, c’est que toutes les ressources de main d’œuvre sont utilisées pour cette culture vitale. Ainsi, hommes, femmes et enfants travaillent à la construction des murets de boue qui délimitent chaque parcelle et aux canaux qui permettent leur irrigation. Une fois les champs dessinés, la terre est labourée avec un motoculteur chinois ou des buffles : travail d’hommes. Lorsque la parcelle est irriguée, les femmes s’activent à mélanger eau et mottes de terre pour obtenir un terrain homogène, en marchant avec de la boue à mi-cuisse. Puis vient le repiquage des plants qui ont été cultivés séparément et que l’on reconnaît de loin à leur tendre couleur verte. Plusieurs semaines passent, avec les mauvaises herbes à enlever, avant que les épis puissent être fauchés, battus sur place pour séparer les grains de la tige et mise en sac. Ariane a bien réussi le battage pour une débutante mais j’ai préféré qu’elle évite de soulever le sac de cinquante kilos. Heureusement car je ne savais pas qu’il nous restait vingt kilomètres en plein soleil à parcourir, avec un vélo dont la chaîne sautait régulièrement : quelle idée aussi d’indiquer les chemins de terre comme des routes nationales sur la carte fournie par l’office du tourisme !

Jeux intervillages organisés par les MADAM

Lundi, mai 25th, 2009

De Luang Nam Tha, nous avons poursuivi vers Muang Sing où une garnison rassemblait des Sénégalais et des Marocains du temps des Français et poussé jusqu’au petit village d’Adima , à moins de trois kilomètres d’un poste frontière avec la Chine, réservé à la circulation des Chinois et Laotiens. Comme tous les touristes qui visitent cette région, nous cherchons à rencontrer les ethnies du nord du Laos. Ici, une seule guest house et quand nous entendons une bande de jeunes filles glousser comme des poules en nous voyant débarquer, nous comprenons que les étrangers viennent rarement jusqu’ici. Marie a dessiné sur son carnet de croquis le plan précis de tous les hameaux autour d’Adima et nous avons pu partir pour notre première excursion. Moins d’une heure de marche sous un soleil de plomb pour atteindre les premières maisons, précédées d’un bosquet avec des pendentifs tressés en liane et d’une porte en bambou pour les esprits, ornée d’armes sculptées dans du bois : épée, pistolet, fusil…. Heureusement que nous avions lu qu’il ne fallait pas toucher à ces portes aux esprits situées à l’entrée et à la sortie des villages akhas. D’énormes cochons se baignaient pendant qu’une petite fille de cinq ans ramenait son buffle devant sa maison. Tout d’un coup, une grand mère est venu nous montrer son petit fils dont l’une des mains était craquelée et verte. Nous ne pouvions rien pour lui; nous avons pensé qu’il avait sans doute dû mettre la main dans un pesticide car tout au long du sentier, nous avions vu des sacs d’un produit chimique chinois et remarqué que les paysans pulvérisaient leurs plantations de maïs et de légumes. Des enfants nous regardaient silencieusement. Une vieille femme aux seins nus s’est avancée pour nous tendre des bananes, contre une petite offrande. Nous ne savions pas trop quoi faire, alors nous sommes repartis dans un autre village.
Beaucoup plus accueillant. …/… (more…)

Cérémonie des offrandes

Samedi, mai 23rd, 2009

La cérémonie des offrandes est devenue une attraction touristique majeure de Luang Prabang, la cité des temples. Nous n’en savions rien avant de venir mais n’avons pas mis longtemps à nous en rendre compte, en constatant que de nombreuses affiches mettaient en garde les étrangers contre des comportements déplacés. Nous étions donc peu enclins à nous lever à cinq heures du matin, pour risquer de tomber sur un groupe de Chinois bruyants, photographiant tous azimuts. Mais l’omniprésence des moines dans la ville et rencontre avec un d’entre eux dans le principal temple nous a incités à regler notre montre sur le mode réveil. Pour le coté folklorique, nous n’avions qu’à moitié tort : ce sont en fait des Américains qui plaçaient des gaufrettes et des jus de fruits sur une natte, tout en ajustant l’objectif de leur caméra, juste devant notre hôtel, quand nous franchi la porte. De toute façon, la cloche des temples nous avaient réveillés. Nous fuyons à quelques dizaines de mètres, au calme : devant chaque porte de maison, un petit tabouret sur lequel est installé un donateur, plutôt âgé en moyenne, avec un panier de riz gluant format familial. Les femmes sont généralement ceintes d’une écharpe blanche. Nous n’avons pas longtemps à attendre : une trentaine de moines arrivent, chacun portant une espèce de saladier en métal, recouvert d’un couvercle et accroché à un sac en toile, de couleur orange comme tout le reste des vêtements.Pas une parole n’est échangée, ni même un regard, entre celui qui donne et celui qui reçoit : le couvercle s’ouvre comme automatiquement, une main plonge dans le panier pour prélever une boulette de riz et la lancer sans plus de cérémonie dans le réceptacle, le couvercle se referme. Même manière de procéder pour les trente moines, alignés, les anciens précédant les plus jeunes qui ne semblent pas avoir plus de six ou huit ans. Les temples sont nombreux à Luang Prabang et ce sont donc plus de deux cent moines qui défilent quotidiennement, en silence, acceptant avec humilité de manger une nourriture qui aura été touché par plusieurs dizaines de main. Et ce sont des dizaines de personnes qui, jour après jour, se réveillent à l’aube, préparent le riz et le partagent sans rien attendre en échange. Finalement, je suis heureuse d’avoir assistée à cette cérémonie peu spectaculaire mais très parlante : donner, recevoir, dans la simplicité et la durée. Leçon de gratuité et de service, exemple de pauvreté et d’humilité. Sans un mot, juste par l’action, comme un clip pour vanter la charité qui ne passera jamais.

Offrir des livres, pas des bonbons

Vendredi, mai 22nd, 2009

Lorsque nous étions à Hanoi, j’avais mis à profit une bonne connexion internet pour rechercher des O.N.G. travaillant au Laos : en effet, en dehors de la D.C.C., nous n’avions aucun contact dans ce pays où les chrétiens ont été maltraités et expulsés après 1975.
Coup de chance, nos premiers pas à Luang Prabang nous conduisent devant les locaux de Big Brother Mouse (www.bigbrothermouse.com), association que j’avais repérée pour son slogan : « Offrez des livres et non des bonbons ». Autant vous dire que je me suis sentie en plein accord avec cette approche simple mais que nous n’avions pas trouvée dans d’autres pays.
Les enfants laotiens apprennent à lire avec ce que le maître écrit sur le tableau noir de la classe ; ils ont très peu d’occasion de se familiariser avec le maniement d’un livre puisque les ouvrages sont rares et ne deviennent pas de grands lecteurs. Big Brother Mouse a donc deux objectifs : publier des livres peu coûteux en lao ou en anglo-lao et les faire acheter et distribuer par les étrangers qui parcourent le pays. Des « book parties » sont organisées dans des villages éloignés au cours desquelles quelques bénévoles –et financeurs- apportent des livres au chef ou à l’instituteur et les lisent aux enfants.
Pour nous, méthode plus simple et moins couteuse : chacun a acheté un livre qu’il a envie d’offrir et nous chargeons, juste un peu plus, nos sacs. Citations laotiennes, histoire d’un arbre, vingt-trois enfants du monde … autant de livres que nous comptons bien apporter dans des endroits reculés. Histoire à suivre évidemment…
Et Big Brother Mouse est aussi l’occasion de me rendre compte que les choses qui me manquent le plus de Fontenay sous Bois sont les livres de la médiathèque.

Le royaume du million d’éléphants…

Jeudi, mai 21st, 2009

Laos, le royaume au million d’éléphants. C’est vrai, des photos sur toutes les pages du magazine de la compagnie Lao Airlines. Des sculptures dans tous les temples de Luang Prabang. Et quelques centaines d’animaux vivants : bien maigre pourcentage, toujours en déclin. Les animaux sauvages voient leur habitat et leur nourriture ravagé par les coupes forestières, faites au profit de la Thaïlande et maintenant de la Chine. Les animaux domestiques sont utilisés pour défricher les parties de forêt où les engins à moteur ne peuvent pas circuler ! Exténués après une journée de travail, les mâles n’ont pas la force d’aller folâtrer avec une charmante pachyderme et les propriétaires de femelles n’ont pas les moyens de laisser au repos une femelle les longs mois de sa grossesse (vingt-quatre me semble-t-il) et de nourrir un petit pendant ses quinze premières années, avant qu’il puisse commencer à travailler. Pas beaucoup d’avenir pour l’animal qui symbolise le Laos, surtout lorsque le gouvernement décide d’offrir deux des six éléphanteaux recensés dans le pays à la Corée ! Une association française Elefantasia, créée par deux Sup de Co Toulouse, se préoccupe de la défense des pachydermes laotiens : pour les sédentaires, vous pouvez vous promener sur leur site; pour les plus aventureux, monter sur le dos de ces grosses bêtes pour des tours de deux à cinq jours. J’aurai aimé me laisser nonchalamment balancer au-dessus de leurs grosses oreilles mais j’ai craint que Marthe aille leur tirer la queue et se fasse écrabouiller.