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1er jour au Laos : attente et excitation

Mercredi, mai 20th, 2009

La première journée dans un nouveau pays est un étrange mélange d’excitation, d’impatience et d’énervement. Je suis plongée dans le guide en m’efforçant de construire un itinéraire qui puisse convenir à tous en nous permettant d’allier rencontres, sites naturels et culturels, dépaysement. Nicolas envoie des mails ou téléphone aux contacts que nous pouvons avoir et discute avec les étrangers que nous rencontrons, à la recherche d’informations récentes et de bons plans. Ariane voudrait déjà connaître, jour après jour, notre programme en détail et le jour où elle pourra jouer au foot. Marie a généralement une idée bien précise de ce qu’elle souhaiterait faire, glanée au détour d’un prospectus ou au fil d’une discussion. Donatella et Antonia créent leur n-ième agence de voyage, où les enfants sont gratuits. Et Marthe vaque, vaque, vaque, faisant l’inventaire des trésors de son sac à dos crasseux : un éléphant en bois, un koala en plastique, le masque en boîte à oeufs fabriqué par Piou, la trousse lapin qui ne compte plus que quelques crayons mal taillés, son ruban adhésif, un maillot de bain trop grand et une culotte trop petite, des cartes à jouer dépareillées.

Au bout d’une matinée enfermés, la tension est trop forte et nous sortons découvrir notre nouvel environnement, en commençant généralement par un marché et un repas. La bonne humeur revient instantanément et le programme se met en place sans trop de heurt. Ce sont ces premiers instants magiques, dont nous ne nous lassons pas et qui nous donnent une idée de ce que nous allons aimer dans ce pays et de ce que nous allons y faire. Ecouter la musique ou les criaillements d’une nouvelle langue, noter les tenues vestimentaires, comprendre les moyens de transport, se mettre en tête une échelle de prix fondés sur le coût de l’eau, d’une soupe, d’un kilo de fruits et d’une canette de cola, découvrir les menus, tenter de reconnaître de nouveaux légumes.

Demain, nous aurons nos premières habitudes et références : le café lao du matin, un véritable concentré noir blanchi au lait sucré; le riz gluant présenté dans son panier à couvercle; les femmes qui se protègent des rayons ardents du soleil avec un parapluie noir; les bicyclettes qui ont remplacé les hordes vietnamiennes de motos pétaradantes, la vie sur le Mékong avec les bains, le lavage du linge, la pêche, les jeux d’eau des enfants et les offrandes en papier lancées au fil du courant.

Après-demain, nous aurons déjà enfourché un vélo, crevé et remis la chaîne sur le dérailleur plus de vingt fois; nous aurons visité les principaux temples sans chercher à être exhaustifs dans une ville qui en compte des dizaines; nous connaîtrons le centre de la ville et serons connus dans les rues; nous aurons appris, répété et retenu les deux mots-clé laotiens : sabaïdee et koptaïlala, bonjour et merci. Et Marthe aura déjà gagné des sourires, des rires, des compliments et même un nounours rose et une peluche pour utiliser ces mots à bon escient.

 

Notre 20ème vol : direction Luang Prabang

Mardi, mai 19th, 2009

Ce soir, encore l’avion : notre vingtième vol sauf erreur de décompte. Nous sommes bien loin du stress du Paris-Londres-New York du 7 juillet 2008. Toute la tribu est parfaitement rodée. Chacune des filles a préparé son sac dans les 10 à 12m2 de la chambre d’hôtel, a vérifié scrupuleusement le chargement puis déchargement des bagages du taxi. Arrivés à l’aéroport, recherche de la porte d’enregistrement et découverte par la même occasion de destinations inconnues : toutes les villes d’Asie ne sont pas encore connues des MADAM mais il n’y en a plus pour longtemps. Vérification des compas et ciseaux à ranger dans les sacs de soute : avant de cacher les couteaux, nous dégustons mangues et lychees devant un groupe de septuagénaires allemands ébahis,coiffés de leurs chapeaux coniques. Après cet encas, exercice physique : la course de chariots avec Marthe et Antonia à la proue. Ensuite, il est l’heure de se calmer pour passer la sécurité et l’immigration même s’il n’y a pas de quoi s’inquiéter à Hanoï; les douaniers sont contents de voir passer des familles et jouent à reconnaître les photos des enfants quand elles étaient bébé. Pas si facile puisque Antonia apparaît deux fois à des âges différents, en remplacement de Marthe qui bougeait beaucoup trop pour que quiconque ait jamais réussi à la saisir sur une photo d’identité. A bord, Marthe se plaint de l’absence de télévision et de jeux vidéo : Luang Prabang n’est qu’à une heure de vol de Hanoï, et trente heures de bus ! Tant pis, l’étude approfondie du menu suivie de la comparaison avec les vols précédents et le découpage des photos et cartes des magazines de vol pour le journal de bord sont des activités prenantes. Ariane vérifie s’il y a un décalage horaire entre le Vietnam et le Laos pour régler sa montre. Marie prend en charge les fiches d’immigration à remplir et en profite pour admirer les visas déjà obtenus, avec commentaire sur leur graphisme. Nous n’avons pas le temps de nous ennuyer : nous débarquons dans le petit aéroport de province de Luang Prabang. Pour les parents, les vacances continuent : nous n’avons même pas à récupérer les bagages et à les positionner sur les chariots; les aînées se chargent de tout puis courent au bureau de change pour connaître le nom de la monnaie (nous ne le connaissions même pas, pardon Fa) et le taux de change. Le kip laotien est deux fois plus cher que le dong vietnamien, soit 8.400 kips pour un dollar : les conversions ne seront pas trop compliquées. Il ne reste plus qu’à trouver un moyen de transport pour rallier la ville : le taxi est la seule option et il n’y a pas de négociation de prix, voilà qui nous change du Vietnam. Il fait nuit maintenant, nous grimpons dans un tuk-tuk qui s’arrête soudainement en bas d’une pente. Toute la troupe s’esclaffe et lance des raisons, plus ou moins réalistes et drôles, sur la raison de l’arrêt : pas la moindre trace d’inquiétude dans les voix. Finalement, nous voilà à l’hôtel choisi dans notre guide : pendant que Nicolas va vérifier la disponibilité et le prix des chambres, nous faisons patienter le taxi au cas où il nous faudrait aller ailleurs. C’est bon, les filles se précipitent dans les escaliers pour repérer la disposition des chambres et pour obtenir les meilleurs emplacements : négociation en vue, comme tous les soirs !