Archive la catégorie ‘Madagascar’

Une amibe pour la route

Dimanche, août 16th, 2009

Nous avions décidé de garder une semaine de repos à Tana, chouchoutés par Christine la cuisinière, pour mettre à jour les journaux de bord, terminer le blog, finir les cahiers de vacances, préparer les messages de remerciement à tous ceux qui nous accueillis et aidés… Finalement, les derniers jours ont été principalement consacrés aux achats : Madagascar est riche d’un artisanant varié, à base de bois, de raphia, de coton, sans oublier les épices. Nous comptons en faire profiter nos amis français, en sachant que l’agent ainsi dépensé est utile, plus particulièrement en cette année où les touristes sont rares et les denrées alimentaires chères.

Autre cadeau que je rapporte, léger et invisible à la douane : une amibe, qui m’a clouée au lit et a nécessité de faire appel à un médecin, trente-six heures avant de prendre l’avion pour Paris. Heureusement qu’Elise -fidèle lectrice du blog- et sa famille étaient rentrées à point nommé de France pour nous indiquer l’urgentiste à contacter et nous conduire à la pharmacie puisque nos trois boîtes de médicaments ne contenaient pas le bon principe actif.  Reste à savoir si les autres membres d’Espérance 7 partagent ce souvenir malgache. Plus de nouvelles après une visite au département “maladies tropicales” de l’hôpital Claude Bernard ?

Huiles essentielles et éco-musée à Vohibola

Dimanche, août 9th, 2009

Nous avons pris le bateau pour aller dans un village de pêcheurs. Nous avons rencontré Barbara : la responsable de la forêt de Vohibola. Elle nous a expliqué les activités qui sont développées par son O.N.G. « L’homme et l’environnement » pour apporter des revenus au village, en plus de la pêche. Il y a un orchidarium où se trouvent quinze espèces différentes et deux cents orchidées en tout. Nous avons visité la pépinière et aussi la distillerie où deux plantes sont traitées : le niaouli qui soigne le paludisme, l’exéma, les problèmes respiratoires et peut désinfecter l’eau, le katrafay utilisé pour les problèmes de dos et pour nettoyer l’intestin. Il faut attendre 6 heures pour avoir une distillation. Pour le niaouli, il faut huit cents kilos de feuilles pour 3,5 litres. Pour le curcumain, il faut trois mille kilos pour obtenir un litre. Pour répartir le travail, soixante neuf villageois ont le droit de livrer les feuilles, réparties en équipe de huit par jour. Il y a donc huit personnes le matin pour ramasser quatre cents kilos de feuilles. Ils sont payés trente cinq ariarys au kilo de feuille soit 1,30 euros pour cent kilos : c’est le prix équitable car le prix standard est de quinze ariarys ! Une fois distillées, les huiles sont exportées. Il y aussi des essais faits avec la graine de kalofilome pour une huile végétale utilisée dans les pommades cicatrisantes et pour les boutons de galle car cette maladie touche beaucoup de Malgaches. Au village, il y a aussi un écomusée et une boutique qui vend des huiles et de l’artisanat de vannerie.

Après le repas, nous sommes allés visiter la réserve de Vohibola. Barbara m’a dit que c’était la première fois que des enfants vasa visitaient la forêt : il s’agissait de Marthe et moi, les autres étant partis se baigner à la rivière car la mer sur la côte est est extrêmement dangereuse en raison des courants, des vagues et des requins.  La forêt de deux mille hectares est riche en plantes médicinales. Le niaouli est envahissant et vient de Nouvelle-Calédonie : il y a eu un gros feu  il y a 8 ans et seul le niaouli a repoussé donc l’ONG plante de nouveaux d’arbres venant des pépinières pour voir quel arbre est le plus résistant. Ce projet a été crée en 2004, actuellement douze pépiniéristes et quarante salariés sont employés, soit 20% des emplois de la zone entourant la forêt.  Il reste  quatre espèces de plantes endémiques à la forêt de Vohibola dont le Ropalocarpus qui ne compte plus qu’une trentaine d’arbre dans le monde. L’egénia se sert en tisane contre le diabète. Le filicium sert aussi pour le mal de dos. Avec Marthe, nous avons pris des arbres de la pépinière et j’ai planté un filicium. En nous promenant, nous avons aperçu la plante de skilosine qui est endémique de la forêt et le wapaka : une plante médicinale qui sert à soigner la syphilis et dont les racines ressemblent à des pattes d’araignées. Nous avons observé le héron Pourpouré qui ressemble à un pélican. Le dipssisse est une sorte de palmier qui sert à faire les barrages à poisson. Avec le fruit du pandanus, qui a le goût de fraise, on peut faire des gâteaux. Il y a vraiment beaucoup de choses dans une forêt … Nous avons pris une pirogue en bois. Sur la plage, l’eau était tellement chargée de fer qu’elle était rouge. Quand nous avons retrouvé les autres, des fulvus fulvus (lémuriens) nous attendaient.

Ariane

 

Petit déjeuner avec des lémuriens

Samedi, août 8th, 2009

Ca se mérite de voir des lémuriens en face à face : route à lacets pendant trois heures, minibus surchargé, deux heures de pirogue à moteur le long du canal mais il suffit de lire Ariane pour comprendre que les contraintes logisitques valaient la peine d’être surmontées : Quand je me suis réveillée, j’ai vu que sur le seuil de la porte se trouvait une crotte de lémurien. Dans un parc, il y avait cinq énormes tortues. Quand je suis arrivée au petit-déjeuner, une queue de vari (lémurien) pendait d’un toit. Pendant que les gens nous ont apporté le fromage et les fruits, des lémuriens se baladaient sur les poutres de notre toit. Il y avait des makakos (tout noirs), deux varis, des hybrides (mélange de Makakos)…. Tous les lémuriens se baladaient, nous piquaient nos bananes et nos tartines au miel. J’ai tendu une banane à un vari qui était sur une poutre, il s’est alors tenu par la queue et lâché comme un cochon pendu. Dès que nous avions un bout de banane dans la main, soit ils nous l’arrachaient, soit ils nous sautaient dessus. C’est tout doux mais ça pue le crottin. A un moment, le vari a fait  son yoga : il s’est mis sur ses deux pattes arrières, a étendu ses bras et a mis ses doigts en rond pour prendre le soleil. Ca a de bonnes dents et de bonnes griffes. 

Pêcheurs le long du canal des Panganales

Samedi, août 1st, 2009

Nous avons tout aimé de cette journée : la mer déchainée, admirée par les enfants du haut de leur cocotier, le concours de vitesse et d’adresse des pêcheurs sur le canal, le repas de crabes, écrevisses et poissons dans la maison du chef du village et le rhum qui l’accompagnait, la visite de la distillerie malgré le vol du couvercle de l’alambic et bien sûr la présence joyeuse de Stéphanie accompagnée d’Ombline, Marin et Constance. 

Diocèse vert et confiture de goyaves

Vendredi, juillet 31st, 2009

A force de déguster la confiture de goyave, nous n’avons pas encore eu le temps de rédiger l’article sur le diocèse vert mais Nicolas l’a juré -croix de bois, croix de fer- vous saurez un jour ce que plantent les catéchistes de Manakara.

Des enfants français : quelle aubaine !

Vendredi, juillet 31st, 2009

On aime bien, on aime beaucoup, on est toujours très contents de retrouver des enfants français pour jouer à l’autre bout du monde, surtout quand la Maman (Stéphanie en l’occurence à la poêle) fait des crêpes comme une Bretonne. Alors, tant qu’à aimer, nous avons abandonné quatre de nos filles pendant que nous accompagnions Arnaud à une réunion “Diocèse vert”. Constat : nos enfants peuvent survivre quelques heures sans nous sans paraître trop malheureux.

Cour des miracles à Tanjomoha

Vendredi, juillet 31st, 2009

Le foyer de Tanjomoha, tous les coopérants de Fidesco rencontrés à Madagascar nous en avaient parlé, comme d’une véritable cour des miracles. Ils ont raison ! Nous en avons trouvé plusieurs manières de vous le faire connaître :

Pour ceux qui aiment les peintures, regardez la fresque de la chapelle, peinte par le Père Vincent Carme, fondateur du centre en 1986 : aveugle, boiteux, orphelins, indigents,veuve, vieillard,handicapé sont réunis autour de Saint Vincent de Paul et du Christ dans une végétation typiquement malgache. Ne manque sur ce tableau que les tuberculeux, les enfants malnutris et les jeunes rejetés, pour une faute qu’aurait commise un membre de leur village il y a plus de cinq cents ans . Autre ajout possible : une soeur Fille de la Charité puisqu’elles sont quatre à participer aux soins dans le foyer.

Pour ceux qui préfèrent les chiffres, ils sont impressionnants : 420 résidents, 700 personnes vivant à l’extérieur prises en charge, 70 salariés réguliers, 12 tonnes de riz et de farine de maïs par mois.

Pour ceux qui aiment les rencontres : le Père Emeric Amyot d’Inville, père lazariste qui a quitté le confort de Rome pour vivre parmi les souffrants et les rejetés de la côte orientale de Madagascar, Benoît et Agnès qui ont quitté dans l’urgence une mission Fidesco en Afrique et se sont retrouvés de manière impromptue à la gestion de Tanjomoha, à oeuvrer pour l’éducation, le soin et le développement.

Pour ceux qui veulent réfléchir sur le développement : la moitié des besoins alimentaires du centre étaient couverts jusqu’en 2009 par une association chrétienne américaine. Dons interrompus depuis, sur la base de l’adage : « Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrira un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie ». L’aide est difficile à gérer : partisans et opposants ont des arguments valables mais la réalité du terrain ne doit-elle pas primer pour éviter que cinq cents personnes soient menacées dans leur alimentation quotidienne, surtout lorsqu’un typhon a détruit la récolte de riz du printemps de cette année ?

Pour ceux qui cherchent des thèmes de prêche originaux : « eucharistie, réconciliation et développement agricole ». Ce sont les trois sujets que développe le Père Emeric lorsqu’il part en tournée en brousse. Dernière victoire en date : avoir convaincu les villageois de donner l’usufruit des berges de la rivière aux veuves, pour qu’elles les transforment en jardins maraichers.

Suite de la léproserie, sur les traces de Jean-Paul II et de Cécile

Jeudi, juillet 30th, 2009

Hier, nous avons oublié de signer le livre d’or de la léproserie. Une des soeurs de Saint Joseph de Cluny nous l’apporte chez Mélanie, une ancienne postulante de la congrégation qui a ouvert une maison d’hôtes après son mariage et qui nous donne le couvert et le gite pendant notre séjour à Fianarantsoa. En attendant que les enfants rédigent un mot personnel, je feuillette le livre et découvre d’illustres signatures : le nonce apostolique, Jean-Paul II et Cécile Chardot, la marraine d’Ariane qui a séjourné à Mahana à Noël 1987 et sans laquelle nous n’aurions jamais visité ce lieu et rencontré les soeurs Catherine et Geneviève. Il va falloir être à la hauteur dans notre prose. Heureusement qu’en laissant parler notre cotre coeur, les mots viennent tous seuls.

« Merci pour la visite de la ferme avec Soeur Catherine.  ANTONIA et MARTHE le jour de sa fête »

« Vous faites un magnifique travail; j’aimerais bien vous aider. Les lépreux sont très joyeux; ils ont l’air très bien accompagnés et prient très bien. DONATELLA »

« Ca a été un grand plaisir de passer à la léproserie pour quelques heures. Nous avons même pu goûter aux gâteaux à l’orange de Soeur Geneviève qui a aujourd’hui 103 ans et demi. C’est la première fois que je rencontre une personne de cet âge là et qui est en pleine forme. C’est exceptionnel de rencontrer ces gens qui ont sont lépreux mais qui ont une telle joie de vivre. Ca m’a beaucoup touché de voir ces gens aussi croyants au chapelet et c’était rigolo quand ils ont ri parce que les chiens nous poursuivaient. Je garderai dans mon coeur ce moment touchant. ARIANE. PS : Merci à Cécile de nous avoir conseillé vingt deux ans après sa visite de Noël 1987. »

Merci de nous avoir si gentiment accueillis à Mahana. Bravo pour votre magnifique travail et bravo aux lépreux pour leur joie de vivre et leur entraide. Les gâteaux à l’orange de la soeur centenaire étaient délicieux : nous n’en avions jamais mangés de pareil. C’était la première fois que nous visitions une léproserie et ce fût une grande expérience pour tous. MARIE.

PS : Pardon Soeur Catherine de vous avoir « bombardé » de photos. Vous serez bientôt célèbre sur le blog et à Fontenay »

« Chacune de nos cinq filles a tenu a écrire ce qu’elle avait aimé et ressenti à Mahana. Dans notre voyage en famille de quatorze mois, il y a des journées particulièrement marquantes. Merci pour aujourd’hui, pour voq témoignages de vie et de service, pour votre sens de l’accueil joyeux. Nous prions pour les vocations nécessaires pour que Mahana continue, avec autant de dynamisme et de foi. NICOLAS et LAURE-ISABELLE ».

La léproserie de Mahana, un cas non isolé

Mercredi, juillet 29th, 2009

Aujourd’hui, fête de Marthe; et les soeurs de la léproserie de Mahana, en pleine verdure à quelques kilomètres de Fianarantsoa, ne manquent pas de la souhaiter à la petite dernière. Et notre Marthe, en chemin vers la sainteté, est toute fière de poser devant une statue de sa patronne.

La lèpre, nous en avons déjà entendu parler en Inde par le Docteur Claire Vellut, qui a passé son existence à la combattre. Cependant, nous n’avions pas encore franchi le pas pour visiter un centre de soins et de vie pour malades de la lèpre, comme si l’exclusion qui les a frappés pendant des siècles se perpétuait aussi dans notre inconscient. D’ailleurs, les préjugés ne sont jamais bien loin et bon nombre de malades ne viennent que bien tard à Mahana, quand la maladie est déjà bien installée. On nous citait la cas d’une petite fille de 8 ans qui avait fugué à plusieurs reprises, avant d’accepter de se faire soigner.

Mahana a vu passer des personnages hors du commun, dont nous découvrons la vie : le bienheureux Jean Beysim qui a créé ce centre à la fin du XIXème siècle, la soeur Anne Marie Clerget de la congrégation Saint Joseph de Cluny qui répondit à l’appel du Père et monta de la côte orientale en chaise à porteurs en deux semaines : c’est peut-être les temps de transport à l’époque qui l’incitèrent à passer 57 ans à la léproserie, sachant que sa longévité impressionnante est due à son régime alimentaire de riz et sauterelles ! Mais le record est maintenant tenu par Soeur Geneviève très largement centenaire. La jeune Soeur Catherine, dans la force de l’âge à 83 ans et très gourmande si l’on en croit le journal de bord d’Ariane, est devenue responsable de la communication il y cinq ans et nous a donc fait visiter, avec beaucoup d’enthousiasme et de gentillesse, le centre. Marthe et soeur Catherine, main dans la main, ce fut le tandem de cette journée.

Il y a un siècle, les blessures des malades étaient telles que l’odeur était insupportable jusqu’à la croix située à plus d’un kilomètre des dortoirs, qui n’étaient que des mouroirs. Aujourd’hui, Hery, notre fidèle chauffeur malgache, est très impressionné par la propreté et les équipements de l’hôpital, par comparaison au service public. Malgré tout, nos enfants ont été impressionnées par les joueurs de dominos retournant les pièces avec leurs paumes, par le lavage des bandes dans une bassine, par les gestes des malades pour cacher leurs plaies. Et la partie n’est pas gagnée car les cas de lèpre, souvent doublés de tuberculose, sont en augmentation dans la région couverte par Mahana, notamment chez les jeunes. Le financement reste une préoccupation constante pour les soeurs de Cluny, et plus particulièrement pour Soeur Catherine.

Zébus de tous côtés

Mardi, juillet 21st, 2009

Attention, zébus à droite, zébus à gauche : des zébus, nous en avons croisés par centaines sur la route du Nord, avec leurs grandes cornes et leur bosse de graisse qui ballotte.
Au matin, les troupeaux partent brouter, dirigés et gardés par des bergers et tout au long de la journée, ils déambulent le long des routes. Dès la nuit tombée, il faut être très vigilant car les zébus traversent la chaussée sans crier gare et les paysans les plus riches rentrent des champs avec leur charrette qui ne comporte ni éclairage ni rétroviseur. Il parait que les zébus sont la principale cause d’accident sur les routes malgaches. Maman a même du faire bouger un zébu qui nous bloquait le passage.
Il y en avait tellement, de ces bovins, que les exercices d’anglais de Papa étaient toujours sur eux : « In the morning, zebus go to the fields. Repeat, please…. ».
La première fois que l’on mange du zébu, on trouve ça un peu bizarre puis on s’y fait et on trouve même le filet délicieux. A moins de deux euros le steack-frites, pas la peine de s’en priver. Et le meilleur de tout, ce sont les brochettes avec un morceau de bosse au milieu. C’est ce que les Malgaches préfèrent, le gras et c’est donc ce qui coûte le plus cher.
En bref, les zébus remplacent en même temps les voitures, les vaches de Normandie et le livret d’épargne car les propriétaires mettent tout leur argent dans leur troupeau. MARIE