Archive la catégorie ‘Québec’

Scoop politique

Lundi, septembre 15th, 2008

Une annonce réservée aux lecteurs anglophones de ce blog : The next French president will be ME. Si c’est pas un scoop …. c’est vrai qu’il va falloir que je m’occupe en rentrant de notre périple ESPERANCE 7. Et qui est à l’origine de cette information qui va mettre un peu de changement dans le paysage politique français : la douanière américaine de l’aéroport de Montréal qui a pointé son doigt sur moi en décrétant que je serai la prochaine présidente de la France, après avoir annoncé que nous étions la famille la plus sympathique qu’elle ait jamais rencontrée. Merci Marthe et ses sourires.

Vu mes futures fonctions, nous avons eu droit à une voiture électrique pour nous conduire à notre porte d’embarquement. Un nouveau moyen de locomotion à mettre sur la liste ….

La nature partout

Dimanche, septembre 14th, 2008

La nature … voilà ce que nous aurons le plus apprécié au Québec et nous en avons amplement profité, en suivant les pistes des loups, en écoutant les explications des naturalistes, en levant les yeux vers le ciel constellé d’étoiles, en guettant les visons au bord du ponton, en mangeant des guimauves autour du feu à la nuit tombée, en admirant la nage des castors au Biodôme, en guettant la venue du colibri ou du cardinal… Les images parlent d’elles même, tant pour les animaux, les fleurs et champignons que pour les paysages. Pour donner aux amis des animaux le goût de visiter le Canada, voici une liste des animaux que nous avons vus, aperçus ou entr’aperçus : deux ours noirs, un renard, des visons, un chevreuil, un faon, une vipère, des ratons laveurs, des huarts, des colibris et des écureuils en masse. Et pour vous tenter encore plus, sachez que dans le parc du Mont Tremblant, à moins de deux heures de Montréal, vivent des meutes de loups (nous avons suivi leurs traces), des castors (nous avons ramassé des bâtons sur leurs barrages), des ours (traces de griffes et crottes à l’appui), des orignaux, des lynxs, des cougars, des cerfs de Virginie. Pas étonnant que les Québécois soient beaucoup plus proches que nous de la nature, parfois aussi sous forme de chasse et pêche, en vivant à proximité de ces grands espaces.

Adieu la Belle Province

Dimanche, septembre 14th, 2008

Départ pour le Brésil dans 24 heures. Les bagages ont été allégés par Nicolas, qui a remporté à Paris une partie des vêtements non indispensables mais allourdis par les livres utilisés pour les cours par correspondance. Nous verrons à l’oeuvre si la nouvelle configuration résiste aux déplacements prévus entre Sao Paulo, Rio, l’Amazonie et Salvador de Bahia.

Pour l’instant, l’heure est à la relecture de ce que nous avons vécu et observé au Québec.

 

Pour les enfants, la proximité de la nature et de ces animaux est certainement ce qu’elles retiendront le plus de leur passage de deux mois. Pour Ariane, c’est un élément très positif si on oublie d’inclure les bibibtes (moustiques & co) dans la liste des animaux rencontrés. Pour Marie, apercevoir des animaux sauvages est une chance mais son goût pour la ville s’est renforcé. Nous reparlerons de la nature plus tard.

 

Pour nous qui avons travaillé plusieurs mois à Montréal au cours de nos études, il apparaît qu’il faut du temps pour se forger une opinion sur un pays; et ce d’autant plus qu’il semble proche de notre patrie d’origine et peu exotique. Nous aurons sans doute des avis plus tranchés sur l’Inde ou le Vietnam, que nous ne connaissons pas encore et que nous approcherons de manière spontanée et intuitive par quelques images ou rencontres. (more…)

Soirée “danses” au 227 Lockhart Road

Samedi, septembre 13th, 2008

Les MADAM ont préparé un spectacle pour Claude et Françoise, enfin initiés à la techtonique…  et aux  prouesses rap de Marie ! Chanson des “Enfantastiques” sur le foot : Marie sort le maillot de l’équipe de France d’Ariane, emporté pour le Brésil. Et le clou final : une danse orientale où Antonia a fait preuve de beaucoup de grâce et de charme. Marthe, quant à elle, a eu beaucoup de plaisir à s’admirer dans une glace en plein mouvement.

Visite de l’école Querbes

Vendredi, septembre 12th, 2008

Nous sommes allées à l’école « Nouvelle Querbes », celle de Michel qui a une classe et celle de Françoise car elle était directrice.Nous nous sommes présentées et ils ont pausé des questions.Des élèves nous ont pris toute seule pour nous faire visiter l’école. Il y a 2 gymnases, 1 grenier, 1 cave, une piscine qui appartient à l’école, 1 salle d’anglais, une bibliothèque, une salles d’art plastiques…chaque classe a une salle d’activité où ils font leur bricolage, des jeux ; une immense école !!!300 élèves sans le collège.

Une fois, ils ont dormi à l’école et ont fait une pyjama partie.Ils ont un coin lecture en haut d’une étagère (idée de Michel).Ils peuvent travailler dans le couloir quand ils veulent. Michel a une classe de ce2, cm1 et de cm2 mélangés. Les élèves ne travaillaient pas ensemble : certains faisaient des maths, d’autres des projets (comme des exposés) d’autres du français, d’autres des jeux…ARIANE

Les MADAM en fille araignée

Jeudi, septembre 11th, 2008

Nous sommes allées à l’escalade (Maman, Marie, Antonia, Donatella et moi) car Françoise nous avait déjà invitées et nous avions très envie de recommencer et de voir Maman à l’oeuvre ! Nous avons commencé par un mur facile puis une seconde fois un autre mur facile mais il ne fallait utiliser que les pierres violettes et grises. J’ai fait la « tour ».On l’appelle comme ça car elle est toute droite.J’en étais à la moitié et à chaque fois,je disais « je ne peux plus » et Maman me disait « si ,mais ton pied là » et à un moment,j’étais très serrée et je voulais me diriger vers la gauche parce qu’il n’y avait plus de prises et je suis allée de l’autre côté du mur en m’asseyant dans mon baudrier. J’ai eu trop peur ! Grâce à Maman ,je suis allée à plus des ¾.Je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout parce qu’il n’y avait plus de prises. Avant la tour, nous sommes allées dans une grotte où Marie est monté les 2 mains au plafond toute seule et les 2 pieds au plafond. Moi,je suis montéeles 2 mains au plafond. Antonia a fait des murs de 15 m. ARIANE

Au bout de deux mois

Dimanche, septembre 7th, 2008

Plus de deux mois se sont écoulés depuis notre départ. L’aventure n’a pas encore réellement commencé car le Québec n’est pas un pays exotique et inconnu pour nous et l’accueil qui nous a été réservé –ou organisé- par Claude et Françoise nous a permis de naviguer dans un cocon feutré et douillet, bien reposant. Cependant certains points sont déjà apparus au cours de ces semaines de mise en route.

Nos enfants s’adaptent très bien : c’est le cas pour les cinq mais le constat est encore plus frappant pour Marthe. Abandon du biberon (oublié dans un déménagement), passage au lit adulte puisque le lit canne a été laissé en France, absence de sieste car nous sommes généralement en excursion l’après midi, utilisation très limitée de la poussette peu pratique en forêt : le tout ponctué de modifications alimentaires et surtout de changements de lits très fréquents. D’ailleurs, quand la nuit arrive, Marthe s’enquiert : « il est où mon lit ce soir ? ». Ce qui m’amuse beaucoup est sa capacité à apprendre des mots assez inhabituels pour nous, comme le huart, le capibara, les bleuets ou le caribou et à les réutiliser à bon escient : étonnant dans la bouche d’une petite fille de moins de trois ans. Son vocabulaire progresse énormément et elle a complété mes phrases à plusieurs reprises ! Antonia n’est pas en reste : elle suit très courageusement ses sœurs aînées dans des activités que celles-ci n’auraient jamais faites à 5 ans comme coucher à la belle étoile, s’aventurer en haut des arbres ou caresser des chiens gros comme elle…. Ariane aussi nous surprend par l’aisance avec laquelle elle prend possession de nouveaux lieux de vie et se met au diapason du reste de la famille, elle qui est souvent casanière et un brin maniaque. Marie est celle qui rencontre le plus de difficultés : elle nous vante quotidiennement les mérites de cette belle ville de Fontenay sous Bois, importante surtout par les amies qu’elle y a laissées.

Les goûts et aptitudes de chacun apparaissent plus clairement (les défauts aussi mais restons dans le positif !). Ariane était déjà attirée par la nature mais au Québec, ce goût a pris forme  et elle se découvre même des talents de marcheuse pour y répondre. Elle est devenue experte en pistes, crottes, griffures ; elle est plus rapide que les naturalistes du Biodôme à découvrir les animaux cachés dans la végétation. Marie, pour sa part, affirme son attrait pour la vie citadine mais aussi pour l’aventure. Donatella confirme sa grande aisance relationnelle : toujours à l’aise, avec les adultes comme avec les enfants….

La vie familiale s’organise assez facilement. Dire que tout est parfait serait un peu exagéré mais l’ambiance permet de profiter de beaux moments : tendresse très marquée pour Marthe de la part de ses quatre sœurs, complicité entre les deux aînées au milieu de quelques orages, rapprochement entre Ariane et Donatella qui font généralement chambre commune et partagent un rythme identique. Le surcroît de temps passé ensemble permet de se lancer dans des activités « luxueuses » : massages inter-générationnels, séance chatouilles, câlins au lit à quatre ou plus…Espérons que nous parviendrons à garder cette qualité de vie malgré le CNED qui empiétera sur notre temps libre et me fera porter une double casquette de Maman et Maîtresse, sans nul doute un peu large certains jours.

Nos filles n’ont pas rencontré beaucoup d’enfants. Tout d’abord, elles ont tendance à se suffire à elles-même : sans télévision, musique ni consoles de jeux, elles jouent ensemble, ne serait-ce qu’à s’énerver les unes les autres. D’autre part, les occasions de discuter avec des enfants de leur âge ont été rares…. mais très appréciés : les visites chez Clémence et Margaux à Montréal ou la piscine de Mathilda restent des temps forts. En effet, le monde de nos filles s’est soudain rétréci à celui d’adultes (via leurs parents) et de la fratrie : les conversations avec des enfants de leur âge et leur langue leur manquent donc, sans qu’elles en soient forcément conscientes. A nous de favoriser la rencontre avec des jeunes dans la suite du voyage et l’activité sportive car c’est un manque que les aînées ressentent fortement et qui joue défavorablement sur leur humeur et notre vie au quotidien !

Orgue et chocolat

Jeudi, septembre 4th, 2008

J’ai failli rater une occasion de faire la fête : Antonia a 5 ans et demi aujourd’hui et Marie ne l’a pas oublié. Gâteau au chocolat évidemment, avec canneberges séchées pour donner une touche locale. Rien d’original au menu mais l’activité de l’après midi est une première : initiation aux grandes orgues par le Père Abbé, organiste reconnu qui a enregistré des disques d’Haendel et Bach. Pendant près d’une heure, Ariane -notre pianiste- et ses sœurs ont la chance de connaître le maniement de cet instrument et de s’amuser à faire beaucoup de bruit en touchant une simple touche ou pédale. Marthe n’est pas la dernière à cet exercice ! Le père joue pour nous deux morceaux de Bach, dont Toccata II. Une pensée pour Etienne pendant que les enfants se bouchent brièvement les oreilles lorsque les tuyaux  de plus de quatre mètres sont actionnés. Ariane est fière de tourner les pages de la partition et nous sommes touchés par la musique : Marie aussi apprécie tout en précisant que ce n’est pas sa musique préférée.

Découverte du chœur de cette église très récente, inaugurée à la veille du troisième millénaire,  toute d’acier et de pierre. Les statues lui apportent douceur et chaleur.

Prière dans la chapelle du Saint Sacrement et bénédiction pour notre voyage, avant de prendre congé du Père. Espièglerie de Marthe qui ne s’était pas fait remarquer par son calme ; elle lance d’une voix forte et claire « Merci mon père » avec un grand sourire.

Nous sortons, heureux de la simplicité et disponibilité avec lesquelles nous avons été reçus et conscients que nos enfants rendent le contact facile.

 

Cours d’anglais appliqué en forêt

Mercredi, septembre 3rd, 2008

Ni messe, ni vêpres, ni chapelet : juste la Création dans toute sa beauté. Mont Orford : un nouveau parc national pour nous, toujours aussi bien aménagé mais sans activités de découverte puisque l’école a repris. Pour être studieux nous aussi, nous profitons du temps de marche pour commencer les cours d’anglais : l’alphabet, les couleurs dans un premier temps mais la partie hors programme est plus originale. Orignal, huart, castor : quelques exemples du vocabulaire que nos filles maîtrisent ! Espérons qu’elles ne sauront pas dire mygales, scorpions et piranhas à la fin du voyage.

Comme le temps et toujours au beau fixe, baignade au lac où se jette la rivière des billots. Marthe imite sa marraine au sortir de l’eau pendant que je médite sur le lien entre nom de famille et personnalité…..

Le soir, séance de bagarre familiale digne d’un camp scout : les jeunes ont daigné inviter les parents pour mettre plus de piquant.

Réconciliation au bord du lac

Mardi, septembre 2nd, 2008

Rencontre à 10 heures avec le père Gilbert pour le Sacrement de Réconciliation. Autant dire que les foules ne sont pas en liesse, d’autant qu’il était prévu que les aînées commencent (*) les cours du CNED ce matin, en même temps que les élèves québécois. Lever matinal à … 7h30 pour quitter les horaires de vacances, se remettre dans un rythme scolaire et nous donner le temps de préparer nos rencontres avec ce prêtre. Temps de discussion pour comparer le sens que nous donnons au péché puis temps personnel pour que les enfants fassent une relecture des dernières semaines. Donatella et Ariane sont ouvertes à cet exercice et je suis convaincue que le fait d’avoir commencé jeune à demander le Pardon leur donne aisance et confiance, quand leurs parents et sœur aînée sont moins enthousiastes !

Comme dirait Antonia, après sa rencontre avec le Père : « c’est personnel » et donc pas de scoops sur nos péchés de voyage. Mais je suis en même temps impressionnée et admirative de la disponibilité, de l’ouverture, de la facilité de communication de cet homme qui a passé plus de quarante ans de sa vie dans une abbaye, dans un ordre contemplatif. Et de son sens de l’accueil : nous avons « bouffé » (terme québécois pour manger ou déjeuner très apprécié d’Ariane) avec lui, dégustant fromage et jus de pomme au kir fermenté selon la méthode champenoise. Un moment privilégié pour poser des questions : pourquoi devenir moine, quel est votre emploi du temps, pourquoi Jésus n’a-t-il pas pêché, quelle différence y a-t-il entre un moine et un prêtre ? Une occasion de s’émerveiller qu’un jeune soit capable de découvrir et accepter sa vocation, aussi inattendue et peu commune soit-elle. Une ouverture pour sentir que ces frères continuent de grandir, au sein de leur communauté, intellectuellement, physiquement (surtout pour ceux qui sont responsables de la fabrication du fromage) et spirituellement de la même manière que deux conjoints grandissent tout au long de leur mariage. Une ouverture dans notre prière du soir pour ces hommes qui deviennent « professionnels » de Dieu et le vivent dans la joie.

Ce que les enfants auront retenu de cette journée ? Que la bibliothèque de l’abbaye compte plus de soixante dix mille ouvrages, dont Harry Potter en latin et que les rayonnages coulissent à l’aide de roues dignes d’un gouvernail de voilier. Qui n’a pas osé essayer de manœuvrer ? les parents évidemment. Il faut dire que nous étions un peu stressés, après 4 heures dans l’abbaye à réfréner les ardeurs de Marthe , qui ne sait pas encore lire les indications « Silence »…Et pour la messe en grégorien, Marthe n’était ni la plus bruyante, ni la plus rétive.

(*) : Etienne, peux-tu m’aider avec un petit subjonctif, pas trop pompeux mais qui permette la concordance des temps ?