Notre ordinateur est en rade, nous ne pouvons donc plus trier et reduire les photos ni ecrire de textes et les connexions internet au Laos laissent a desirer. Petite pause blog , pour qques jours seulement nous l esperons. Et pause CNED pour Marie par la meme occasion
Au bout d’une matinée enfermés, la tension est trop forte et nous sortons découvrir notre nouvel environnement, en commençant généralement par un marché et un repas. La bonne humeur revient instantanément et le programme se met en place sans trop de heurt. Ce sont ces premiers instants magiques, dont nous ne nous lassons pas et qui nous donnent une idée de ce que nous allons aimer dans ce pays et de ce que nous allons y faire. Ecouter la musique ou les criaillements d’une nouvelle langue, noter les tenues vestimentaires, comprendre les moyens de transport, se mettre en tête une échelle de prix fondés sur le coût de l’eau, d’une soupe, d’un kilo de fruits et d’une canette de cola, découvrir les menus, tenter de reconnaître de nouveaux légumes.
Demain, nous aurons nos premières habitudes et références : le café lao du matin, un véritable concentré noir blanchi au lait sucré; le riz gluant présenté dans son panier à couvercle; les femmes qui se protègent des rayons ardents du soleil avec un parapluie noir; les bicyclettes qui ont remplacé les hordes vietnamiennes de motos pétaradantes, la vie sur le Mékong avec les bains, le lavage du linge, la pêche, les jeux d’eau des enfants et les offrandes en papier lancées au fil du courant.
Après-demain, nous aurons déjà enfourché un vélo, crevé et remis la chaîne sur le dérailleur plus de vingt fois; nous aurons visité les principaux temples sans chercher à être exhaustifs dans une ville qui en compte des dizaines; nous connaîtrons le centre de la ville et serons connus dans les rues; nous aurons appris, répété et retenu les deux mots-clé laotiens : sabaïdee et koptaïlala, bonjour et merci. Et Marthe aura déjà gagné des sourires, des rires, des compliments et même un nounours rose et une peluche pour utiliser ces mots à bon escient.
Ce soir, encore l’avion : notre vingtième vol sauf erreur de décompte. Nous sommes bien loin du stress du Paris-Londres-New York du 7 juillet 2008. Toute la tribu est parfaitement rodée. Chacune des filles a préparé son sac dans les 10 à 12m2 de la chambre d’hôtel, a vérifié scrupuleusement le chargement puis déchargement des bagages du taxi. Arrivés à l’aéroport, recherche de la porte d’enregistrement et découverte par la même occasion de destinations inconnues : toutes les villes d’Asie ne sont pas encore connues des MADAM mais il n’y en a plus pour longtemps. Vérification des compas et ciseaux à ranger dans les sacs de soute : avant de cacher les couteaux, nous dégustons mangues et lychees devant un groupe de septuagénaires allemands ébahis,coiffés de leurs chapeaux coniques. Après cet encas, exercice physique : la course de chariots avec Marthe et Antonia à la proue. Ensuite, il est l’heure de se calmer pour passer la sécurité et l’immigration même s’il n’y a pas de quoi s’inquiéter à Hanoï; les douaniers sont contents de voir passer des familles et jouent à reconnaître les photos des enfants quand elles étaient bébé. Pas si facile puisque Antonia apparaît deux fois à des âges différents, en remplacement de Marthe qui bougeait beaucoup trop pour que quiconque ait jamais réussi à la saisir sur une photo d’identité. A bord, Marthe se plaint de l’absence de télévision et de jeux vidéo : Luang Prabang n’est qu’à une heure de vol de Hanoï, et trente heures de bus ! Tant pis, l’étude approfondie du menu suivie de la comparaison avec les vols précédents et le découpage des photos et cartes des magazines de vol pour le journal de bord sont des activités prenantes. Ariane vérifie s’il y a un décalage horaire entre le Vietnam et le Laos pour régler sa montre. Marie prend en charge les fiches d’immigration à remplir et en profite pour admirer les visas déjà obtenus, avec commentaire sur leur graphisme. Nous n’avons pas le temps de nous ennuyer : nous débarquons dans le petit aéroport de province de Luang Prabang. Pour les parents, les vacances continuent : nous n’avons même pas à récupérer les bagages et à les positionner sur les chariots; les aînées se chargent de tout puis courent au bureau de change pour connaître le nom de la monnaie (nous ne le connaissions même pas, pardon Fa) et le taux de change. Le kip laotien est deux fois plus cher que le dong vietnamien, soit 8.400 kips pour un dollar : les conversions ne seront pas trop compliquées. Il ne reste plus qu’à trouver un moyen de transport pour rallier la ville : le taxi est la seule option et il n’y a pas de négociation de prix, voilà qui nous change du Vietnam. Il fait nuit maintenant, nous grimpons dans un tuk-tuk qui s’arrête soudainement en bas d’une pente. Toute la troupe s’esclaffe et lance des raisons, plus ou moins réalistes et drôles, sur la raison de l’arrêt : pas la moindre trace d’inquiétude dans les voix. Finalement, nous voilà à l’hôtel choisi dans notre guide : pendant que Nicolas va vérifier la disponibilité et le prix des chambres, nous faisons patienter le taxi au cas où il nous faudrait aller ailleurs. C’est bon, les filles se précipitent dans les escaliers pour repérer la disposition des chambres et pour obtenir les meilleurs emplacements : négociation en vue, comme tous les soirs !
Nous sommes partis pour la baie d’ Halong en tour organisé, ce que nous n ‘avions pas fait depuis San Pedro de Atacama au Chili !
Nous nous arrêtions toute les trois heures pour diverses excursions: visite de grottes éclairées où l’on pouvait imaginer de nombreux animaux, tour en canoë comme avec les Masson où l’on passait sous des grottes en observant des grosses méduses.
Nous avons passé la majeure partie du temps à regarder le paysage sur le pont supérieur, tout en nous faisant coiffer par une Vietnamienne élevée à Brisbane. ,
Nous nous sommes arrêtés pour se baigner malgré les méduses énormes qui flottaient dans l’eau claire et fraiche. Papa a sauté du haut du bateau (6 à 7m) puis c’était à mon tour de sauter car je lui avais promis de venir. C’est bizarre de voler, même pendant une seconde. Pendant ce temps, Maman nous regardait en mangeant la fin de notre réserve de chocolat !
Pour clore la soirée, karaoke en famille, le premier depuis le début du voyage. Marie
Après leur déception du matin, quand les locaux étaient vides, Ariane et Donatella me convainquent de revenir en taxi : première partie de foot vietnamienne, partagée avec les enfants qui n’avaient pas devoirs, pas de linge à laver et qui n’étaient pas trop timides. Pas si facile de trouver des partenaires !
Au point de départ, un couple vietnamien installé en France, géophysicien et biologiste, qui ouvre cinq villages d’enfants pour accueillir des orphelins et des gamins dont la famille ne peut plus prendre soin. Ces enfants grandissant, surgit la question de leur avenir professionnel. Il y a quinze ans deux étudiants d’HEC (bzzziiii) mènent une étude de marché et recommandent de former les jeunes aux métiers de boulanger et pâtissier. Ils ne s’arrêtent pas là et fondent une association « aide aux enfants du Vietnam » qui allie formation, production et commercialisation; les ventes de la boulangerie permettant d’autofinancer le centre d’apprentissage. Depuis, trois fois par an, deux jeunes sont recrutés pour intégrer l’école selon trois critères : âge (de 17 à 22 ans), pauvreté (carte de pauvreté vietnamienne, habitation, environnement familial) et motivation. Une fois admis, ils suivront vingt mois de formation, passant successivement de responsable des achats au marché à responsable hygiène, responsable logistique à chef d’équipe, avant de partir en stage dans des hôtels internationaux du pays. Le cursus se termine par un retour à l’école pour une passation de savoir aux nouveaux venus. Ce cursus leur permet graduellement de gagner en autonomie et d’établir un esprit de corps entre les jeunes, pour qu’ils s’entraident une fois lancés dans la vie professionnelle. A date, il y a trente-sept anciens et Céline s’occupe de pérenniser les liens entre eux et de coordonner toutes les activités de la boulangerie, qui couvrent aussi la recherche d’emplois pour les sortants. Cette volontaire, âgée de 28 ans et armée de sept ans d’expérience en France, accorde visiblement beaucoup d’importance au facteur humain, tant dans le recrutement que dans l’intégration des nouveaux à l’équipe existante. La vie communautaire apparaît clairement lorsque nous visitons la maison des apprentis, abritée à l’intérieur d’un des villages d’enfants de Hué. Deux chambres logent les jeunes en deux équipes –une de jour et une de nuit- et une « maman » salariée veille à ce que le fonctionnement de la maison ressemble à celui d’une famille, avec ses règles, ses droits et ses devoirs. Et pour que le nom de boulangerie française ne soit pas usurpée, les jeunes jouent à la pétanque lorsque nous allons les voir…
Un bon exemple de formation autofinancée, qui permet à des jeunes qui n’aurait pas pu accéder à une formation professionnelle d’apprendre un métier qui bénéficie de débouchés. Reste sans doute à la « vietnamiser » à moyen terme. Une approche économique semblable est aussi pratiquée dans la restauration , dans les principales villes touristiques du pays : nous l’avons essayé à Hoi An en mangeant chez Dao Tien, un établissement fondé par une association australienne qui tire les enfants des réseaux de prostitution ou de drogue. Je me demande pourquoi cette approche n’est pas utilisée en Amérique du Sud –tout au moins à ma connaissance- alors que les besoins en hôtellerie et restauration sont aussi importants qu’au Vietnam.
Echaudée par cette nuit, je préfère me fier au guide et nous trouvons un hôtel dont le confort et l’isolation phonique nous rassure. Nous partons alors à la recherche d’une église. Hervé, le cousin d’Armelle qui habite HCMV, nous a expliqué que les églises étaient bondées pour la messe de sept heures dans toute cette région. A la réception, on nous indique aussi que la messe était à sept heures du matin mais nous espérons avoir droit à un horaire plus français. Donatella prend en main le plan pour nous orienter : Hoi An est une ville ancienne, qui n’a pas été détruite pendant la guerre, où quelques artères principales ont été percées mais qui est surtout sillonnée de ruelles étroites, ombragées, où les femmes et enfants rencontrés nous regardent avec quelque étonnement. La frénésie de Saigon n’est pas arrivée jusqu’ici. Pas de clocher en vue, question à un passant. Il nous fait signe de l’attendre. Quelques minutes passent : a-t-il bien compris ? Mais oui, il réapparaît avec deux missels en vietnamien. Il ne nous reste plus qu’à le suivre à travers un véritable labyrinthe. Il s’arrête finalement, rentre dans une cour qui ne ressemble en rien à une nef; une croix malgré tout à l’entrée et une quinzaine de chaises, qui sont aussitôt dépliées pour nous faire asseoir. De l’intérieur de la maison sort le pasteur, deux de ses trois filles et sa femme. Leur niveau d’anglais ne permet pas d’échanger autant que nous l’aurions voulu, sans même aller jusqu’à un prêche. Comme l’ont résumé nos filles « nous avons assisté à une messe, pas trop longue au moins. Pendant dix minutes, un monsieur nous a parlé de sa vie et a fini en nous offrant du thé avec des gâteaux. Nous avons quand même dit un bénédicité. Ces gens n’étaient même pas catholiques, ils étaient protestants. Drôle de messe ! ». Je finis par me demander si nos filles accordent à l’Eucharistie sa juste place… Sans qualifier cette rencontre de messe, elle a été tout de même été pour nous un signe de l’universalité du message du Christ et de la fraternité qui lie les croyants. Et j’ai éprouvé du respect pour cet homme, fidèle à sa foi malgré les turbulences historiques et politiques, qui a en charge soixante-dix paroissiens, ruraux, qui n’hésitent pas à faire trente ou quarante kilomètres pour écouter sa parole et la Parole.
- la beauté des enfants, comparable à ceux d’Inde, leur sourire et leur générosité . A plusieurs reprises, des enfants vendeurs ou quasiment mendiants ont offert à nos filles de menus présents : dessin, bracelet ou petite poupée. Nos filles ont été très sensibles à ces petits gestes spontanés et gratuits : elles ont vérifié toutes les poches de leur sac à dos à la recherche de petits cadeaux. Et que dire de l’un de nos trois chauffeurs de tuk-tuk, chevalier servant de Marthe, qui a sorti de son coffre un gros ours en peluche pour le lui tendre quand nous avons quitté Siem Reap. En regardant le film « Holy Lola » un soir à Angkor, une phrase m’est restée en mémoire: « Les Cambodgiens ont le visage qui sourit et le cœur qui pleure ». Que tous ces sourires d’enfants que nous avons admirés puissent un jour sécher les larmes qui coulent dans le cœur de ce beau peuple.
- le professionnalisme et la « khmerisation » des organismes d’aide que nous avons vus, tant pour P.S.E. qu’à l’hôpital pédiatrique Beat Richner de Siem Reap. En allant donner mon sang (un geste tellement simple et rapide que je l’ai fait même sans Béné), j’ai vu que des dizaines de personnes étaient assises dans un hall : il s’agissait des parents des 550 enfants qui sont quotidiennement soignés gratuitement avec des équipements dignes des cliniques européennes. Qu’il s’agisse d’un couple de retraités français ou d’un musicien suisse, j’ai l’impression que la compassion et l’amour que ces hommes de bonne volonté ressentent pour le peuple cambodgien sont si forts qu’ils ont réussi à déplacer des montagnes pour l’aider de manière pérenne. Et que la communication est un des éléments de leur « success story ». Qui a vu le film « blood or money » avec Carole Bouquet et Gérard Depardieu sur le marché du sang, dont l’affiche trônait dans la salle de transfusion ? En évoquant le lien entre sang et argent, j’ai été surprise que l’on m’offre après le prélèvement un sac de « goodies » comme si j’avais répondu à un questionnaire en supermarché et surtout que l’infirmière me donne un numéro pour venir récupérer mes résultats d’analyse sanguine : à croire qu’un un certain nombre de donneurs utilisent cette pratique pour réaliser un test du SIDA gratuit !
Sinon, nous avons apprécié la facilité de contact avec d’autres voyageurs : Franklin et Céline d’Amstramvan qui ont dû laisser leur camping car à la frontière iranienne mais poursuivent leur périple à la rencontre d’écoliers, un couple à bicyclette et aux bagages réduits au minimum dont la fillette de quatre ans trouve les journées bien longues dans son petit traineau, une médecin belge d’origine cambodgienne qui ne trouve pas de travail car les ONG internationales coupent les budgets à cause de la crise financière. Ces rencontres sont de plus en plus fréquentes et nous permettent de peaufiner nos itinéraires et de d’affiner notre regard sur les pays que nous visitons grâce à un prisme différent. Par exemple, surprise en écoutant Céline nous narrer ses mésaventures dans le Nord de l’Inde où les enfants sont allés jusqu’à lui lancer des pierres ou l’enfermer aux étoiles. Aux antipodes de l’Inde que nous avons aimée dans le Sud.
Lorsque nous logions chez Vincent et Fanette, j’ai feuilleté un livre de photos publié par « Enfants du Mékong » où j’ai vu des enfants de la décharge de Phnom Penh. J’ai proposé à Maman d’y aller mais elle considérait que ce serait trop dur pour nous. Par contre, elle voulait bien essayer de rendre visite à l’orphelinat créé par les Pallières pour accueillir et éduquer les enfants sortant de la décharge. Je crois que Maman avait aussi envie de s’y rendre car elle avait lu le livre écrit par cette famille, après leur tour du monde avec quatre enfants réalisé en 1976. J’ai relevé l’adresse sur Internet et nous voilà tous les neuf répartis en deux touk-touks à chercher le restaurant ouvert par P.S.E (Pour un Sourire d’Enfants), l’association fondée par les Pallières. Nous n’avons pas pris de petit-déjeuner pour joindre l’utile à l’agréable en avalant, je l’espère, des croissants faits par les apprentis. Nous quittons les grandes artères de la capitale pour nous enfoncer dans un dédale de ruelles en terre battue. Il y a des sacs plastiques partout. Des travaux nous obligent à faire demi-tour. Les chauffeurs demandent régulièrement et nous arrivons enfin à un bâtiment que ressemble à une école. C’est tout petit : ce n’est pas ce que nous cherchons. Nous repartons et je montre à Maman au bout de la rue la décharge : sans le vouloir, nous y sommes arrivés. Papa accepte de descendre du touk-touk pour que j’y aille. C’est carrément pauvre. Nous voyons plusieurs enfants, de quatre à douze ans, qui reviennent avec un gros sac de détritus. Ils pourront sans doute revendre quelque chose. Nous n’avons qu’une petite partie de la décharge car elle est faite de monticules de déchets et nous ne pouvions pas monter sur la première « colline ». Cette décharge s’étend sur plusieurs kilomètres. Il parait que des enfants meurent écrasés par des camions poubelle ou intoxiqués par des fumées de plastique. Nous avons vu un des camions repartir vidse mais ils viennent plus tôt le matin. C’est vraiment très sale et pauvre.
Nous avons enfin trouvé le restaurant mais c’est fermé car c’est un jour férié cambodgien. La chance nous sourit tout de même puisque le responsable de la formation de P.S.E. arrive alors que nous discutons avec le garde et accepte de nous présenter le projet pendant dix minutes : finalement cela durera une heure. P.S.E a démarré en 1996 avec cinquante enfants dont les conditions de extrêmement dures avaient touché le cœur de Christian et Marie-France des Pallières, dits Papy et Mamy. Douze ans plus tard, six mille quatre cents enfants sont accueillis, dont deux mille cinq cents en formation professionnelle pour ceux qui ont entre seize et vingt ans. Selon leur niveau d’étude et leurs compétences intellectuelles, les jeunes sont orientés vers des cursus différents, plus ou moins longs. Mécanicien, assistante de maison, personnel d’hôtellerie, secrétaire, gestionnaire et même études universitaires pour soixante d’entre eux. Pour trouver du travail aux élèves sans difficulté, deux méthodes sont utilisées : faire venir des professionnels d’un métier pour qu’ils vérifient que la formation répond bien aux besoins des entreprises et faire pratiquer aux jeunes leur futur métier dans l’hôtel, le restaurant, la boulangerie et même l’entreprise fictive qui existent sur le site de P.S.E. Pour mettre au point ce programme de formation, le responsable –qui parle bien français heureusement- est aidé par Dominique Xardel que Manou connaît bien et qui était le directeur de l’ESSEC quand Papa et Maman y étaient ! Cinq cent cinquante personnes travaillent ici, dont deux Français ! Le roi du Cambodge a accordé aux Pallières la nationalité de son pays : c’est très rare.
ARIANE à quatre mains












































































