Marthe, à chaque début de balade, réclame de voir un ours puis elle marche ou plus souvent court vaillamment… elle ferait la fierté de sa marraine. Antonia est aussi une bonne marcheuse, surtout lorsqu’elle sait qu’aucune paire de bras n’est libre pour la porter ! Donatella et Ariane, fières de leur équipement (lampe de poche, sifflet, couteau suisse aux multiples fonctions) taillent des bâtons pour leurs sœurs, ramassent des écorces et des feuilles, tapent des pieds pour que les vibrations fassent fuir les serpents. Marie, pour donner du cœur à l’ouvrage à la troupe, entonne la chanson fétiche des grimpettes à Asco : « On va à la chasse à l’ours…. », enseignée par Sybille au cours de ses 5 années de baby-sitting.
Sybille, nous sommes coincés au refrain, pourrais-tu nous donner la suite des paroles STP ?
Nous emmenons parfois nos Momos pour qu’ils découvrent la nature québécoise, sa flore et sa faune. Sans aller bien loin et après avoir échappé aux VTT de la course nationale Velirium, nous découvrons des cascades, des rivières magnifiques où le courant est rapide. Nous rapportons des écorces de bouleaux pour faire du parchemin, nous cherchons les « yeux des arbres » pour que la galerie photos de Kinomé prenne de l’ampleur, nous cueillons des champignons que nous dégustons le soir venu et nous faisons bien peur à une pauvre grenouille en la faisant passer de main en main.
Aujourd’hui, la chance nous a souri : Marie a trouvé un trèfle à 4 feuilles dans un sous-bois. Rencontre moins inquiétante et sauvage que celle que nous avons faite il y a trois jours : un OURSON noir. Marthe l’a demandé, elle l’a obtenu. Imaginez la scène : pause barre chocolatée au bord de la rivière Sainte-Anne, à 40mn de marche de l’église de Saint Férréol les Neiges. Le courant est rapide, l’eau s’agite en gros tourbillons et je ne suis pas à l’aise : deux adultes (Françoise et moi) pour cinq enfants avec une remonté qui s’annonce difficile. En amont, j’aperçois une trouée vive dans la forêt due à des éboulis. Marthe, elle, est à son aise et annonce d’un ton net : un ours. Autant vous dire que personne ne prête attention à son commentaire. Et pourtant, quelques minutes plus tard, j’aperçois un ourson, de l’autre côté de la rive, 50 à 60m en amont. Tout le monde écarquille les yeux pour mieux le voir, Ariane essaie de régler ses jumelles, quelques instants plus tard, il disparaît dans les fourrés.
Et qu’avons-nous fait ? plié bagage bien vite et monté la côte sans faiblir car nos amis québécois nous avaient raconté la veille et le matin même des histoires d’ours tueurs d’hommes, en nous rassurant car nous n’avions aucune chance d’en voir.
Et voilà comment Marthe a fait mentir les locaux, comment Nicolas a regretté d’être parti « chasser » les castors au lac Saint Jean et comment j’ai gagné un superbe tee-shirt représentant une ourse avec deux petits. Et voilà pourquoi Donatella ne quitte plus son sifflet.






















































