Orgue et chocolat

Jeudi, septembre 4th, 2008

J’ai failli rater une occasion de faire la fête : Antonia a 5 ans et demi aujourd’hui et Marie ne l’a pas oublié. Gâteau au chocolat évidemment, avec canneberges séchées pour donner une touche locale. Rien d’original au menu mais l’activité de l’après midi est une première : initiation aux grandes orgues par le Père Abbé, organiste reconnu qui a enregistré des disques d’Haendel et Bach. Pendant près d’une heure, Ariane -notre pianiste- et ses sœurs ont la chance de connaître le maniement de cet instrument et de s’amuser à faire beaucoup de bruit en touchant une simple touche ou pédale. Marthe n’est pas la dernière à cet exercice ! Le père joue pour nous deux morceaux de Bach, dont Toccata II. Une pensée pour Etienne pendant que les enfants se bouchent brièvement les oreilles lorsque les tuyaux  de plus de quatre mètres sont actionnés. Ariane est fière de tourner les pages de la partition et nous sommes touchés par la musique : Marie aussi apprécie tout en précisant que ce n’est pas sa musique préférée.

Découverte du chœur de cette église très récente, inaugurée à la veille du troisième millénaire,  toute d’acier et de pierre. Les statues lui apportent douceur et chaleur.

Prière dans la chapelle du Saint Sacrement et bénédiction pour notre voyage, avant de prendre congé du Père. Espièglerie de Marthe qui ne s’était pas fait remarquer par son calme ; elle lance d’une voix forte et claire « Merci mon père » avec un grand sourire.

Nous sortons, heureux de la simplicité et disponibilité avec lesquelles nous avons été reçus et conscients que nos enfants rendent le contact facile.

 

Réconciliation au bord du lac

Mardi, septembre 2nd, 2008

Rencontre à 10 heures avec le père Gilbert pour le Sacrement de Réconciliation. Autant dire que les foules ne sont pas en liesse, d’autant qu’il était prévu que les aînées commencent (*) les cours du CNED ce matin, en même temps que les élèves québécois. Lever matinal à … 7h30 pour quitter les horaires de vacances, se remettre dans un rythme scolaire et nous donner le temps de préparer nos rencontres avec ce prêtre. Temps de discussion pour comparer le sens que nous donnons au péché puis temps personnel pour que les enfants fassent une relecture des dernières semaines. Donatella et Ariane sont ouvertes à cet exercice et je suis convaincue que le fait d’avoir commencé jeune à demander le Pardon leur donne aisance et confiance, quand leurs parents et sœur aînée sont moins enthousiastes !

Comme dirait Antonia, après sa rencontre avec le Père : « c’est personnel » et donc pas de scoops sur nos péchés de voyage. Mais je suis en même temps impressionnée et admirative de la disponibilité, de l’ouverture, de la facilité de communication de cet homme qui a passé plus de quarante ans de sa vie dans une abbaye, dans un ordre contemplatif. Et de son sens de l’accueil : nous avons « bouffé » (terme québécois pour manger ou déjeuner très apprécié d’Ariane) avec lui, dégustant fromage et jus de pomme au kir fermenté selon la méthode champenoise. Un moment privilégié pour poser des questions : pourquoi devenir moine, quel est votre emploi du temps, pourquoi Jésus n’a-t-il pas pêché, quelle différence y a-t-il entre un moine et un prêtre ? Une occasion de s’émerveiller qu’un jeune soit capable de découvrir et accepter sa vocation, aussi inattendue et peu commune soit-elle. Une ouverture pour sentir que ces frères continuent de grandir, au sein de leur communauté, intellectuellement, physiquement (surtout pour ceux qui sont responsables de la fabrication du fromage) et spirituellement de la même manière que deux conjoints grandissent tout au long de leur mariage. Une ouverture dans notre prière du soir pour ces hommes qui deviennent « professionnels » de Dieu et le vivent dans la joie.

Ce que les enfants auront retenu de cette journée ? Que la bibliothèque de l’abbaye compte plus de soixante dix mille ouvrages, dont Harry Potter en latin et que les rayonnages coulissent à l’aide de roues dignes d’un gouvernail de voilier. Qui n’a pas osé essayer de manœuvrer ? les parents évidemment. Il faut dire que nous étions un peu stressés, après 4 heures dans l’abbaye à réfréner les ardeurs de Marthe , qui ne sait pas encore lire les indications « Silence »…Et pour la messe en grégorien, Marthe n’était ni la plus bruyante, ni la plus rétive.

(*) : Etienne, peux-tu m’aider avec un petit subjonctif, pas trop pompeux mais qui permette la concordance des temps ?

L’abbaye de Saint Benoît du Lac

Lundi, septembre 1st, 2008

Fête du Travail au Canada. Nous en profitons pour partir dans les cantons de l’Est, au bord du lac Memphremagog qui s’étire sur près de 50kms jusqu’au Vermont. Un prêtre, le père Jean-Guy, homme de presse et grand amateur et connaisseur de vins, nous prête son chalet pour quelques jours. Il ne nous reste plus qu’à calmer Marthe pour éviter les bris de verre des coupes Lalique et carafes en cristal. Notre nouvelle demeure est située rue des Saints Pères et il ne s’agit pas d’une coïncidence. Nous apercevons du fond du jardin le clocher de l’abbaye Saint Benoît du Lac, qui explique notre venue.

En effet, au cours de nos préparatifs, nous avions cherché un lieu où nous pourrions suivre une retraite en famille pour « lancer » notre voyage. Aucune proposition, même dans les Foyers de Charité québécois qui sont en France nos lieux préférés pour qu’enfants et adultes trouvent une session adaptée à leur âge et besoins. Claude et Françoise avaient donc suggéré que nous passions quelque temps à proximité de l’abbaye bénédictine, pour vivre à son rythme.

Une rencontre est organisée dès notre arrivée avec le Père Abbé André Laberge. De quoi allons nous donc bien pouvoir lui parler ? (more…)