12 super nanas

Mardi, avril 21st, 2009

La photo en atteste : nous sommes des chanceux. C’est d’ailleurs ce que les Vietnamiens me répètent à longueur de rencontre depuis notre arrivée : avoir cinq filles est une bénédiction (il paraît même que cela rendrait riche !). C’est pour mettre en commun cette chance et nous congratuler mutuellement que Guillaume de Rouvroy et moi avons décidé sans le savoir de nous rencontrer un matin début janvier 2009 sur une plage de nouvelle Zélande avec nos trésors respectifs. Plus exactement  les filles et moi qui surfions dans les vagues avons rencontré Toscane et Colombe, pendant que Laure était abordée sur la plage par un beau brun la félicitant pour sa nombreuse  progéniture … et lui présentant ensuite la sienne. Bref, dix minutes plus tard, la générosité et le bagout de Delphine son épouse aidant, nous étions invités à venir les voir à Tokyo… ce dont nous ne nous sommes pas privés quatre mois plus tard ! Démonstration printanière de sumo au temple Yasukuni, messe de Pâques, excellent dîner avec Christophe, un ancien de la grande époque de la bulle et déjeuner + ballade à Odaiba sur la « plage » de Tokyo créée de toute pièce sur un polder : autant d’occasions d’apprendre à reconnaître Charline (17 ans), Margaux (16 ans) , Toscane (13 ans), Colombe (10 ans) et Olympe (8 ans). Difficile de retenir cinq prénoms sans un moyen mnémotechnique.
Quant à Delphine et Guillaume, le courant est tout de suite passé entre nous. Dès la première rencontre, nous avions l’impression de nous connaître depuis longtemps et qu’une envie, celle de les revoir ! Au programme des réjouissances, échanges sur les différentes personnalités des enfants, besoins, attentes et revendications de nos louloutes, sur les changements de carrière, les grands sauts du genre « je crée ou rachète une boîte », « je pars 1 an autour du monde », « je reste ou je quitte le japon »…. Conseils avisés sur l’adolescence (nous sommes preneurs car ça se rapproche de jour en jour !), les horaires de sortie (et surtout de retour à la maison),  l’emplacement au combien stratégique de l’ordinateur dans l’appartement, de la première teuf à la maison sans les parents…spiritualité du couple et de la famille, conseil de famille et table de négociation. Tout cela en se régalant des petits plats bio de Delphine qui nous offre graines, fruits, champignons et autres …moelleux au chocolat (il faut garder une bonne place pour le plaisir !).
Vous l’avez compris, comme je l’écrivais à guillaume et Delphine en quittant Tokyo, nous repartons de notre seconde patrie avec la joie d’avoir retrouvé plein d’amis, et même d’avoir allongé la liste. Merci Seigneur !

Nos TOMODACHIS (amis) de Tokyo

Dimanche, avril 19th, 2009

TO modachi (ami) : Ce sont évidemment nos amis qui ont donné à notre séjour au Japon toute sa gaieté et son entrain. Ce qui aurait pu n’être qu’une séance nostalgique, ennuyeuse pour les enfants et attristante pour nous, s’est révélée être une longue série d’invitations, de retrouvailles, de promenades, de discussions et d’échanges.
Commençons par la plus ancienne de nos amis tokyoïtes : Frédérique, même lycée à Saint Cloud, prépa ensemble à Hoche puis intégration à l’ESSEC pour épouser Xavier. Et voilà comment un couple d’ESSEC s’installent dans le grand appartement d’un autre couple d’ESSEC vingt ans plus tard. Sans oublier les futurs ESSEC, huit en tout avec une mention spéciale pour Baptiste, le seul garçon de la bande. Léa a prêté sa chambre pour huit puis pour douze jours, Manon s’est transformée en coiffeuse et baby-sitter, Frédérique a donné des cours de création de bijoux, les stocks de céréales et jus de fruits ont atteint leur plus bas niveau, la pile de serviettes de bain a atteint son plus haut niveau, le rangement de la bibliothèque a été profondément remanié et le salon a été transformé en chambre à coucher et salle de cinéma. Et oui, nous reprenons en un clien d’oeuil des habitudes de privilégiés. Merci à toute la famille Hermen pour son sens de l’accueil et son adaptabilité face aux envahisseurs bruyants.
Poursuivons par les amis qui nous rejoints à Tokyo. Il y a celle qui en profite pour organiser un tour de Honshu pour une dizaine de ses collègues et ses deux enfants, sans drapeau mais au rythme nippon : c’est Nadine, avec qui j’ai débarqué fin juin 2005 au YMCA d’Ochanomizu avant de commencer un stage au Printemps de Ginza puis de fabriquer des thermomètres électroniques au pied du mont Fuji. Tout nous semblait cher à l’époque et nous avons survécu pendant un mois grâce à un régime fort diététique de bananes et pain de mie, agrémenté de visites aux sous-sols alimentaires des grands magasins pour améliorer notre ordinaire en dégustant les spécialités proposées. Il y aussi l’employé de banque qui vient rendre visite à des clients japonais…et à sa belle famille : Eric a gardé ses habitudes au restaurant Tonki de Meguro, depuis son VSNE et nous avons partagé avec nos six filles le chou fraîchement coupé et la panure croustillante dans une salle à tatamis bordée d’une rangée impressionnante de chaussures. Et pour digérer le double tonkatsu, rien ne vaut une promenade de Ueno à Yanaka puis Nezu, de cerisiers en azalées en passant par les glycines et les pivoines.
Les fidèles amis japonais étaient évidemment de la partie. Hommage plus particulier à celles sans qui nous n’aurions jamais été stagiaires au Japon et Dieu sait si ce stage a marqué notre carrière et notre vie : Melle Nara et Mme Ohmori qui depuis trente ans continuent à convaincre les entreprises locales d’accueillir des étudiants français. Il ya aussi les collègues de Jardines, distributeur du cognac Hennessy et des champages Moët : Nicolas a quitté son bureau en 1996, tous les autres depuis mais lorsque Nakahata-san leur annonce notre passage, ils ont la gentillesse de passer une soirée avec nous en nous invitant.
Pour finir, les cuisiniers chinois, qui n’ont de chinois que leur nom. Cinq tables, quinze couverts maximum à la fois, deux menus à 600 yens et des genoux bien usés à force d’arpenter la cuisine et de servir. Une vie humble de labeur et un grand coeur qui leur a permis d’accueillir Christine en 1987, employée chez Epson , et à sa suite beaucoup de ses amis français. Une plongée au coeur du Japon travailleur, loin des vitrines Gucci et des pastèques à 10,000 yens pièces, en face du bain public et à côté du poste de police de Kita-Ikebukuro. Sans comprendre un mot, sauf leur leitmotiv “Je suis content”, nos enfants ont ressenti la joie de ce couple à nous revoir, à nous offrir à manger, à nous accompagner dans la rue, à nous présenter aux habitués, tout cela au delà de l’âge, de la langue, de la religion, de la classe sociale. On se prend à croire en une fraternité des hommes malgré toutes les différences qui sont souvent érigées en barrière.

Nice to catch up with Patrick and Julie

Mercredi, janvier 28th, 2009

« Que va-t-on faire chez vos amis Collins ? » demande Ariane, toujours curieuse de connaître le programme en détails. « Catch up » lui rétorque Nicolas. « Manger du ketch-up » comprennent les enfants et il ne leur en faut pas plus pour aller rencontrer avec intérêt ces amis, connus à Londres du temps où Nicolas travaillait au marketing des whiskies single malt puis à Tokyo. De nous quatre, seule Julie travaille toujours dans le domaine des spiritueux. Pour fêter nos retrouvailles après 13 ans –nous avions logé chez eux en mars 1995- nous dégustons donc une excellente bouteille de mousseux rouge : une première pour moi, qui ai aussi beaucoup apprécié le Chandon australien. C’est agréable et amusant de se retrouver après toutes ces années dans l’ambiance décontractée que savent si bien créer les Australiens : bien sûr un BBQ, du fromage que les enfants ont terminé en un clin d’oeuil et des vélos, une aubaine après ces mois sans pouvoir pédaler. Et le clou de la soirée : la Wii de Will, le cadet des Collins. Sans oublier la cerise sur la gâteau : un retour en ferry à minuit, avec une séance photographique devant l’Opéra évidemment.

Patrick n’a pas d’emploi en ce moment, Julie fait des heures à rallonge en tant que directrice commerciale pour la Nouvelle Galles du Sud d’une société vinicole rachetée par un groupe américain. Elle subit la même ambiance que dans les grosses sociétés européennes : les réunions qui n’aboutissent pas à grand-chose, les plans à moyen terme auxquels personne ne croit plus, la pression quotidienne pour augmenter le chiffre en toutes circonstances, la réponse aux mails qui passe avant les clients. Finalement ce mode de management démotivant et inefficace qui nous nuit n’est pas notre apanage. Dommage.