L’hôpital de Wagga Wagga

Mardi, janvier 27th, 2009

Nicolas est rentré de Tasmanie et nous repartons vers Sydney. Huit cent à mille kilomètres selon la route que nous choisissons. Nous optons pour la traversée la plus centrale, avec un arrêt à Echuca, une agglomération importante au XIXème siècle comme port de la rivière Murray permettant de faire transiter les balles de laine et aussi pour les chercheurs d’or. Nous aurions donc du garder comme souvenir marquant la croisière en bateau à roue d’époque, toujours chauffé au bois d’eucalyptus, d’autant que les cinq filles ont obtenu leur diplôme certifiant qu’elles ont conduit cet engin. L’arrivée au village de Lockhart, avec photo souvenir pour Jérôme, aurait pu aussi être un moment fort grâce aux nuages colorés marquant la fin de la journée et au safari photo après deux émeus. Finalement, c’est de Wagga Wagga dont nous nous souviendrons le plus. Installation tardive dans un motel de cette grosse agglomération, aussi importante que Fontenay sous Bois (critère de comparaison habituel de nos enfants) : en raison de la fête nationale, tout est fermé et nous nous contentons de grignoter des céréales. Les enfants se couchent tard et nous, encore plus, en raison de l’accès internet. Vers quatre heures du matin, alors que nous dormons depuis moins de deux heures, la porte de notre chambre s’ouvre. C’est Ariane qui nous prévient que Marthe pleure. Il semble qu’elle soit tombée de son lit. Rien ne peut la calmer et elle ne peut pas se relever. A peine ré-endormie, la douleur la réveille. Au moment où nous sommes décidés à l’emmener à l’hôpital, elle sombre finalement dans le sommeil. Le lendemain matin, elle peut se tenir assise mais continue à avoir mal. La chance est avec nous : l’hôpital régional est à moins de 200m de notre motel, alors que généralement nous nous arrêtons dans des villages dépourvus de structure médicale. L’infirmière se met en quatre pour soigner Marthe ; le diagnostic est posé, radio à l’appui : fracture de la clavicule droite. Rien de bien grave mais l’Inde se profile déjà, dans quatre jours. Nous sommes donc sensés veiller à ce que Marthe bouge le moins possible : tâche quasiment impossible ..

Le BBQ : une institution australienne

Lundi, janvier 26th, 2009

Les barbecues ou BBQs, c’est l’un des meilleurs souvenirs de notre précédent séjour en Australie, en 1995. Et nous avions tellement aimé déguster des côtelettes, bien juteuses et assaisonnées d’herbes de Provence, que nous avions promis ces délices aux filles, dès la Nouvelle Zélande. Erreur : la Nouvelle Zélande  et l’Australie, toutes cousines qu’elle soient, sont bien différentes et s’apprécient d’ailleurs assez peu. Quinze jours à sillonner l’île du Nord et nous n’avons pas vu un seul BBQ public. Les enfants nous en ont un peu voulu et nous avons promis que nous nous rattraperions en Australie. Pour une fois, personne ne peut dire : « Tu l’as promis et on le fait pas »….Rares sont les journées sans une petite grillade, que ce soit le soir en arrivant au motel, au déjeuner dans un village de 200 personnes, au bord d’un lac. Nous connaissons tous les systèmes : électriques gratuits ou moyennant finance (compter 10 centimes par tranche de 10mn), au gaz, au bois avec le plaisir de ramasser des brindilles et des branchettes pour se mettre en appétit. Nous nous sommes bien vite adaptés au rythme cool des Australiens : les piscines publiques ou dans les motels, les plages surveillées, les toilettes parfaitement propres dans les coins les plus reculés, les chambres avec kitchnette où l’on se prépare les repas. Pour nous, l’Australie est un intermédiaire entre le Club Med, pour le sport et la gentillesse de chacun, et le camp scout, pour la nature et ses plaisirs. C’est bien agréable pour quelques jours, surtout avant d’attaquer l’Inde. Mais la vie n’est pas forcément aussi idyllique qu’il paraît au premier abord : je suis surprise par toutes les invitations à dénoncer les contre-venants, ne serait-ce que les les taggeurs dans les transports publics. D’autres revers de la pièce, bien plus graves, sont aussi perceptibles : des poubelles à seringues dans tous les WC, des amoncellements de bouteilles de bières et des campagnes sur les risques liées à l’alcool dans les transports et dans les établissements avec licence, des baigneurs dans l’eau ou sur une bouée avec une bouteille à la main même le matin. Dans notre quartier de Sydney, les bars homosexuels étaient bondés et les magasins pour adultes légion. Comme si avoir la vie facile pouvait parfois lui enlever une partie de son sens, lui dénier sa valeur et à l’extrême conduire à l’autodestruction.

Rivalité Melbourne vs Sydney : nous avons tranché !

Vendredi, janvier 23rd, 2009

Marie voulait monter dans les tramways de Melbourne et Nicolas voulait arpenter les forêts de Tasmanie. Nous avons donc fait un groupe de filles et un (réduit à l’essentiel) de garçons. Nous sommes effectivement montées dans les tramways, avons pris quelques photos de beaux bâtiments, mangé des sushis et vu beaucoup de Chinois. Avouons-le : depuis la Nouvelle Zélande, nous avons tendance, les enfants les premières, à devenir assez intolérants envers les Chinois. Pas très bien éduqués, plutôt sales, parlant fort, un peu tricheurs et parfois carrément arrogants, sans compter qu’ils essayent de nous passer devant quand nous faisons la queue à la douane. Nous qui pensions que le système D et la triche étaient réservés aux Français ! Nous sommes peut-être sensibles à leur non-intégration dans la société australienne et inquiets de l’influence qu’ils joueront sans doute en France, à moyen terme.

Peu enthousiasmées par Melbourne, dont l’ouverture sur la mer est bien moins impressionnante que sa rivale orientale, nous préférons la péninsule de Mornington. Messe en l’église Saint François Xavier : les quatre prêtres ordonnés dans ce diocèse en septembre dernier sont 3 Vietnamiens et 1 Indien. La roue tourne : les descendants dans la foi des peuples convertis par François Xavier sont devenus missionnaires parmi nous. C’est un bel exemple de l’universalité de l’Eglise et un signe d’Espérance.

Et, comme à Fontenay, petite montée en haut de l’araignée après la messe ; la seule différence étant la température par ce beau mois de janvier que nous avons vécu entre 20 et 30°.

Enfin des koalas dans la nature !

Jeudi, janvier 22nd, 2009

Patience et persévérance paient. Les koalas, toute la famille souhaitait en voir. Alléchés par une description de l’office du toursime de Hawk’s Nest d’après laquelle « la colonie locale de koalas est visible partout dans la ville », nous avons arpenté pendant plusieurs heures les bois de ce village, nous renseignant même auprès du pharmacien et de tous les promeneurs croisés. Rien. Déception et décision de reprendre la route pour nous rendre à Port Macquarie où se trouve l’hôpital des koalas. Deux cents kilomètres plus loin, nous apercevons un panneau sur l’autoroute pour le zoo Billabong. Quelques minutes plus tard, nous caressons une grosse peluche grise et blanche, accrochée à une branche d’eucalyptus. Moi qui suis opposée au fait de toucher les animaux, j’ai pourtant succombé, juste pour une petite seconde. Il faut dire que c’est tellement mignon….

Nouvelle rencontre en compagnie d’Antonia, que j’accompagne pour un « petit temps avec Maman » à l’hôpital des koalas. Une vingtaine d’animaux sont répartis dans des enclos et soignés par des bénévoles qui les nourrissent deux fois par jour. Nous étions les seules à assister aux soins prodigués aux pensionnaires. Les raisons de leur présence sont multiples : morsure par un chien, accident de voiture, brûlures lors des incendies qui ravagent régulièrement la région, cécité et aussi destruction de leur habitat naturel à cause de projets immobiliers. Six koalas étaient en attente d’un nouveau territoire mais la relocalisation de ces animaux est rendue difficile par leurs habitudes alimentaires : parmi la centaine d’eucalyptus que compte l’Australie, seulement six ont des feuilles comestibles.

Dernière rencontre, dans la nature cette fois, pour Nicolas et Ariane qui se promènent un soir en forêt. Ariane raconte : « Papa voit une dame et lui demande où on peut voir des ornithorynques et tant qu’on y est des koalas. Elle lui répond qu’il peut voir des koalas s’il est chanceux. Papa se retourne et ….il y avait un gros pépère qui dormait sur une branche, au dessus de nous .Génial». Non seulement ils ont gagné des kit-kat, mais en plus ils nous ont remmenés au même endroit le lendemain matin et toute la famille a pu en voir. Alors nous avons sauté sur l’occasion admirer les koalas dans leur mileu naturel et pour les prendre en photo avec  leur cousin moderne : le momo.

 

L’accueil australien

Mercredi, janvier 21st, 2009

Les Australiens sont accueillants; nous en avons eu un bon exemple avec les gérants de notre motel, qui nous ont aidés pour tout : recherche de médecin, transbordement de bagages, excellent café   offert par la maison, prêt de BBQ et DVDs, guide sur les oiseaux pour Nicolas. Alors même si la chambre que nous occupons à 8 s’apparente à un aquarium, coincé entre la machine à boissons rafraîchissantes, le parking et la machine à laver, rien ne nous incite à en changer.  D’autant que nous pouvons nous enorgueillir d’utiliser une chambre généralement réservée aux groupes de rock dont la décoration est d’ailleurs adaptée. Nous avons eu des occupations moins bruyantes : cliquetis des aiguilles lors des cours de tricot de Mamie aux deux aînées. A chaque retour à Sydney, nous étions heureux de retrouver Tony -marié à une Italienne-  ou Chris -marié à un chinois de Hong Kong-, les frère et soeur qui s’occupent de leur établissement en famille, aidés par un Norvégien, un Kurde et une serveuse d’Europe de l’Est. Et oui, l’Australie est encore un pays d’immigration même si les emplois ne sont pas à portée de tous : la serveuse française que nous avons rencontrée n’est pas restée plus longtemps que son jour d’essai. Pour nos filles, pas de souci, Tony leur réserve un emploi pour les 15 ans à venir !

 

 

Gaver des kangourous

Dimanche, janvier 18th, 2009

J’ai bien peur de décevoir mon filleul Martin : avoir peur de donner à manger aux kangourous alors que « Skippy » est le seul feuilleton TV que j’ai regardé enfant. Mais j’ai l’excuse des gènes, car si Maman accepte de poser devant un panneau routier de kangourous, son approche des grands marsupiaux s’arrête là. Au zoo Billabong, près de Port Macquarie, chacune a eu sa stratégie vis-à-vis des grands sauteurs. Marthe a fait preuve d’une grande prudence, en a choisi un à sa taille et a compris que l’union, surtout avec Ariane, fait la force. Antonia, aussi à l’aise avec un wallaby qu’avec un singe hurleur, a littéralement gavé toutes les bestioles qui passaient à portée de sa paume. Donatella a disparu et est revenue, son verre de graines vide, après avoir équitablement et sans la moindre crainte, distribué ses provisions. Ariane, par amour des bêtes, a vaincu ses peurs. Marie, jamais effrayée, a juste cherché à immortaliser ces moments. Pour toutes, la proximité avec les kangourous a été une expérience mémorable.

Blue Mountains

Vendredi, janvier 16th, 2009

Il y a 13 ans , qui eût cru que nous reviendrons admirer les rochers dits « Les 3 sœurs » avec nos cinq filles. Deo Gracias pour la Création et pour la Vie.

S’approcher de l’outback

Mercredi, janvier 14th, 2009

L’outback n’était pas dans notre programme australien. En fait, je n’avais pas fait de programme : je savais seulement que nous ne voulions pas prendre l’avion –tant pour des raisons budgétaires que pour éviter de trop bouger- et que nous nous limiterions donc aux environs de Sydney et Melbourne, en oubliant même Ayers Rock pour ne pas subir les 40° habituels en cette saison. Maman ayant apporté un article sur une ferme-auberge pour voyageurs fortunés ou pour lecteurs parisiens ne voyageant que par la pensée, située à Parkes, l’idée nous est venue d’aller découvrir l’outback sans percer notre porte-monnaie. Pour les habitants de Sydney, l’outback commence à Burke, à près de 1300kms. Trop éloigné pour nous. Nous nous contenterons de parcourir la moitié de cette distance. C’est suffisant pour avoir chaud, pour se perdre dans des ciels immenses tachetés de nuages, pour scruter l’horizon afin d’apercevoir la prochaine ville (plus ou moins de 500 habitants ?), pour ne plus quitter la gauge du regard car nous avons oublié de faire le plein dans le dernier bled pourvu d’une pompe à essence, d’attendre la tombée de la nuit en espérant que les kangourous sortiront des fourrés, de compter les moutons par centaines puis par milliers sans pour autant s’endormir, de croiser des voitures hautes sur pattes précédées d’un volumineux pare-choc destiné à amortir le chic des kangourous en cas de collision. Dans les villages rôde un air de Far West : la poste et la gare pourraient servir de décor à Lucky Luke, les hôtels servent le roast lunch à 9.95AUD, les églises sont alignées d’un côté de la rue principale, la bâtisse principale abrite les ventes aux enchères de laine. D’ailleurs, je prends une photographie de Peter Maher, expert en tonte et commerce de laine à Parkes. Nous avons aimé le coté « brut de fonderie » de l’outback, qui tranche avec Sydney.

L’Opéra sous tous les angles

Lundi, janvier 12th, 2009

L’Opéra : le rêve de Marie. Et toute la famille se laisse petit à petit gagner par la magie de cette magnifique baie et de cette construction qui s’y intègre comme naturellement. Nous découvrons l’histoire de ce lieu : comment les plans de l’architecte danois –ou plus exactement ses simples croquis- ont été sélectionnés parmi 276 candidatures après avoir été éliminés, contrairement aux règles de l’appel d’offres ; comment le budget prévu a été multiplié par 6 avant d’obtenir le bâtiment final ce qui a valu au gouvernement d’alors de perdre le pouvoir et à l’architecte d’être poussé hors d’Australie ; comment plus de 30 ans plus tard son fils a pris la suite pour modifier l’aménagement intérieur des deux salles (l’opéra et la salle de concert). Une histoire à rebondissements qui a permis au S.O.H (Sydney Opera House) de créer une comédie musicale retraçant sa naissance tumultueuse. Ici, pas de robe de soirée ou de smoking. Le public est très large grâce à une programmation très diversifiée qui est allée jusqu’au combat de boxe et au théâtre d’avant-garde où le public peut apporter ses propres boissons. Nous avons profité d’un choix plus adapté à notre famille avec le Grand Cirque, des numéros d’acrobates chinois. Idéal pour Marie, Ariane et Donatella, séduites autant par le bâtiment, les vues qu’il offre que le spectacle lui-même.

L’Opéra, nous l’avons admiré sous tous les angles, avec une prédilection pour les vues depuis la mer. Le simple fait de prendre est un des nombreux ferries qui relient les différentes arrondissements de Sydney entre eux est un voyage en lui-même. Un paquebot colossal, de cinq ponts de haut, côtoie les voiliers de plaisance et les hors-bord de vitesse qui emmènent les touristes en mal de sensations faire des vagues dans la baie. Plus sagement, nous prenons un bateau qui nous conduit en 30mn à la plage de Manley : les célèbres maîtres nageurs sont postés entre les drapeaux rouge et jaune, coiffés de leur chapeaux. La mer est agitée : régulièrement, des appels aux haut-parleurs sont faits pour inviter les nageurs à se rapprocher du bord et à être vigilants. Attention à ne pas perdre les nouvelles tongues Roxy (je ne connaissais rien de cette marque une heure plus tôt mais Marie a déjà enterré Billabong et RipCurl) avec une lame un peu forte. Je joue la prudence et conduit les enfants à une piscine construite en bord de plage : l’eau de mer sans les vagues ! Et en plus Marie et Donatella peuvent jouer aux sirènes.

Sur les traces des JMJ

Dimanche, janvier 11th, 2009

Maman est arrivée hier d’Auckland : nous sommes réunis à 8 pour deux semaines. Par ce beau dimanche, nous allons à la messe à l’église du Sacré Cœur de Darlinghurst, une paroisse catholique que nous avons repérée en cherchant un médecin (j’ai une éruption cutanée sur le coude : impétigo ?  mycose ?). A la sortie de l’église, je dis en plaisantant au prêtre : « comme nous n’avons pas pu venir aux JMJ, nous nous rattrapons ».  Pas si loin de la vérité : le prêtre me montre une photo de lui avec le Saint Père et une plaque commémorant la visite de Benoît XVI en juillet 2008. Si la Providence ne fait pas bien les choses….