Presque 3 ans pour notre Marthe

Dimanche, octobre 19th, 2008

Les 10 jours passés chez Joan et Fernanda touchent à leur fin ; nous avons été extrêmement bien accueillis chez des personnes que nous connaissions à peine et je suis toujours surprise de cette capacité qu’ont nos enfants à prendre leurs marques dans un nouvel environnement dès lors qu’elles ressentent de l’attention et de l’amitié de la part de nos hôtes.  En résumé, beaucoup de piscine : pas tant pour la natation que pour se rafraîchir car la température ne descend pas sous 30°, même la nuit et l’humidité rend la chaleur encore plus étouffante. Les aînées ont tout de même vaillamment avancé dans leur CNED, Nicolas a casé quelques réunions avec Peabiru, Fernanda m’a aidé dans le classement et le traitement des photos qui me prennent plusieurs heures par semaine. Marthe, et Antonia dans une moindre mesure, se trouvent une seconde Maman dans la plupart des endroits où nous demeurons : les bras de Fernanda ont donc beaucoup servi ! Antonia a photographié tous les objets de la maison : une mission prenante chez une designer, elle-même fille d’artiste. J’ai rarement vu une telle collection de statues, d’objets, de peintures religieuses dans un domicile. Et nous nous sommes tous, sans exception, battus contre les moustiques qui nous assaillaient.

Nous avons apprécié de nous retrouver dans une ambiance familiale, tout particulièrement pour les repas….Ce soir, nous fêtons avec un peu d’avance les 3 ans de Marthe. Les anniversaires sont des évènements importants pendant le voyage, qui alimentent les conversations bien avant le jour J : où serons-nous ? avec qui ? que mangerons-nous ? Nous n’avons évidemment pas les réponses mais le mystère qui entoure la fête la rend encore plus attractive. Fernanda a tenu à ce que je profite d’être en ville (Belem compte 2 millions d’habitants) pour aller dans un hypermarché : en Amazonie, les chaînes internationales n’ont pas réussi à s’implanter car les acteurs locaux savent échapper à la TVA -contrairement à leurs concurrents étrangers- et ont donc des prix plus compétitifs. MagaZan n’a rien à envier à Auchan ou Carrefour : je cherche des jeux brésiliens pour éviter du Disney ou une dînette ‘made in China ». Résultat de notre virée shopping : des assiettes Hello Kitty (juré, ce n’est pas moi, c’est Fernanda), un mémory des enfants du monde, un short (j’ai pris du 6 ans pour que le morceau de tissu couvre une partie des fesses de Marthe) et un Mikado (nous n’avons pas pu emporter le jeu géant offert par les Billot).

 

 

 

Au voleur ….

Lundi, octobre 13th, 2008

Nous sommes allés dans le parc botanique Mangas Garças. Nous avons vu des canards, des cigognes, des hérons, des ibis, des grenouilles dans l’eau et de gros poissons. Dans une serre, nous avons vu d’énormes papillons marron, de petits rouges, blancs, jaunes et des colibris verts. Nous sommes allés dans une volière où il y avait des ibis, des spatules, des énormes oiseaux noirs  avec le bec rouge… En tout, 45 espèces d’oiseaux d’Amazonie. Nous avons admiré un magnifique coucher de soleil sur le fleuve et nous avions une vue sur toute la ville. En rentrant, nous sommes allés manger une glace et un monsieur pauvre qui voulait nous cirer les chaussures regardait la chaîne de maman. Nous nous sommes promenés le soir pour rentrer chez Fernanda et Joan  et il nous suivait. Nous sommes allés dans une boutique acheter  de l’après – shampoing et Marie et Papa l’ont revu avec un ami et un carnet à la main. Je tenais la main de maman et on discutait tranquillement  et deux  personnes sont venus en contre sens, ont cogné l’épaule de Maman de dos (je croyais qu’il n’y avait pas assez de place sur le trottoir), ont arraché la chaîne de baptême de Maman avec ses médailles. Maman s’est retournée , à couru pour les rattraper et pour leur faire peur (ils courraient super vite) et Maman a hurlé AU VOLEUR. Nous sommes retournés en arrière pour voir s’ils ne l’avaient pas lâchée mais nous n’avons rien retrouvé. Maman avait une petite marque rouge sur le cou. Il n’aurait pas fallu se promener avec cinq enfants la nuit dans ce quartier. ARIANE

Déposition de la victime : Plus de peur que de mal, même si ma chaîne, ma médaille et ma croix ont disparu. Comme nous avions longuement expliqué aux enfants  à Rio qu’il était inutile et surtout dangereux de s’opposer à un voleur -ce que j’avais pourtant fait avec succès et beaucoup de chance à Caracas- j’ai coupé court à mes velléités de rattraper mes agresseurs. De toute façon, à deux, avec plus d’entrainement et moins d’années que moi, mes chances étaient nulles. J’ignore si le scénario expliqué par Ariane est exact : il s’agit peut être d’une simple coïncidence. Nous sommes évidemment une cible très repérable, même sans signe de richesse très visible, particulièrement un lendemain de fête où les rues étaient quasiment désertes. Les filles ont été secouées, surtout par mon cri. Pour autant, nous ne nous sentons pas en danger. Nous éviterons juste de nous promener de nuit au Brésil. Il est vrai que la maison de Joan est protégée par une clôture électrique, des barbelés, une alarme, deux chiens -qui terrifient Marthe- et un garde dans la rue…. Pour nous, le danger vient d’un animal (un gros marsupial a priori) qui a élu domicile dans le faux plafond de notre chambre et nous réveille régulièrement au beau milieu de la nuit !

La grande fete du Cirio

Samedi, octobre 11th, 2008

Hier soir avec Papa, Fernanda et Joao, on a vu des feux d’artifice ; il y en avait des rouges, des bleus, et aussi il y en avait deux qui sont tombés sur ma tête.

Ensuite on a vu des théatres dans la rue, il y avait des anges ; pendant le spectacle on a acheté des pop corns et je les ai mangés sur les épaules de Papa.

Avant, avec les sœurs, on était allé manger une glace et voir le coucher de soleil devant la mer (NDLR : un petit bras de l’Amazone… !). Moi j’avais le parfum à la noix de Para et Marie au début avait une glace qu’elle n’aimait pas et l’a donnée à Papa qui l’aimait et après elle a eu une glace au vernis à ongles. On a vu des gens qui dansaient, on ne savait pas s’ils dansaient la samba. Il y avait une petite fille et un petit garçon qui dansaient. Il y en avait qui avaient un chapeau avec des fleurs, et ils auraient pu se faire mal car ils étaient pointus mais ils ne se sont pas fait mal.

Le lendemain matin, on a pris le petit déjeuner, il y avait des noix de Para et aussi après on a sauté dans la piscine.  ANTONIA

 

Fête du Cirio = fête de la Vierge Marie !!!Une foule incroyable !!!Nous sommes allés au dock (gare fluviale) pour voir arriver la Vierge par bateau. Il y avait des jets skis,des petits bateaux,des bateaux de pêche,des énormes bateaux bondé de personnes…il y avait une trentaines de bateaux .Cette fête se passe tous les ans. En fin d’après-midi,  toute seule avec Fernanda et Joan, j’ai parcouru les rues du centre-ville afin d’apercevoir la sainte. J’ai eu des bracelets gratuits, des papiers avec la sainte, les paroles des chansons en portugais, ça faisait éventail… Il y avait encore une foule incroyable. Quand les gens applaudissaient, il n’y avait rien mais qu’en ils mettaient leurs mains en avant, ça voulait dire que la statue arrivait. Au bout de 2 h00, nous avons vu la Vierge arriver dans une boite,  avec des fleurs blanches et jaunes, avec une couronne… Nous avons vu une quinzaines de personnes en brancard à cause de la chaleur. Ils m’ont offert un raisin d’amour. Nous avons vu un feu d’artifices. ARIANE

 

Le Cirio, c’est plein de feux  d’artifice et de danses. Un soir, nous en avons vu : c’était super. Il y avait deux groupes de danseurs : des jeunes et des petits. C’était une espèce de danse d’Hawaï accompagnée par de nombreux instruments comme des percussions et du tam tam. C’était vraiment « regalo » comme dirait Papa. Cette fête a lieu car un pêcheur a trouvé une image de la Vierge dans la rivière, il y a 250 ans. Par trois fois, la Vierge Marie est retournée à un endroit donné et il a été compris qu’Elle souhaitait qu’une église soit construite pour Elle en ce lieu.

Tout le monde vend et a des chapeaux, des casquettes, des bracelets, des tee-shirts, des posters du Cirio. Il faut dire que 85% des habitants n’ont pas de travail fixe alors toute occasion de vendre est bonne. Les murs de la ville sont couverts de panneaux publicitaires vantant les mérites d’un hôtel, d’une bière, d’un importateur de véhicules japonais, de jus de fruits… avec la Vierge. Tous les bâtiments publics, les banques, les écoles ont des décorations reprenant l’effigie de la Vierge. Il y a du théâtre de rues. Un grand marché artisanal permet d’acheter des jouets en bois : oiseaux, souris, arbres de Noël, couronnes de l’Avent. Pour les habitants de Belem et des environs, le Cirio est une fête aussi importante que Noël. C’est énormément d’organisation pour une fête d’un jour : c’est un peu bizarre à mon goût.

 La  statue de la Vierge arrive le samedi matin par bateau, tout orange, orné de fleurs. Une centaine de bateaux entourent son embarcation. La statue reste dans un collège la journée pour ne pas être abîmée. A la procession de nuit, certaines personnes ont de cierges ou une bougie représentant une partie du corps (cœur, bras, jambe), une maison…pour que la Sainte les soigne ou les aide à construire une habitation ! Il y a aussi des bâtons de la taille d’un adulte. Deux millions de personnes font un tout derrière la statue et confie leur prière, souvent avec un chapelet à la main. Quand il y a des applaudissements, cela ne veut pas dire que la statue approche, par contre lorsque les pèlerins tendent leurs mains, elle est à portée de vue.

Les éboueurs ont dû avoir beaucoup de travail car toutes les personnes qui se couchaient à trois ou cinq heures du matin avaient beaucoup bu. MARIE

Accueillis à Belem comme à Tahiti

Mercredi, octobre 8th, 2008

Nous avons quitté Rio sous une pluie battante : nous n’aurons donc pas eu l’occasion de monter au Pain de Sucre ou au Christ Rédempteur en raison du climat….Quatre heures de vol et nous voilà à Belem, capitale du Para et avant poste de l’Amazonie. Nous survolons la forêt : les enfants ne sont guère impressionnnées par toute cette étendue verte mais je me vois déjà en Yann Arthus Bertrand, l’appareil photo en moins !

L’attente des bagages nous semble bien courte, pour une fois. Musique et danses dans tout l’aéroport : c’est le Cirio, la grande fête mariale de Belem qui réunit près de deux millions de personnes. Bracelets brésiliens, affiches de la Vierge de Nazaré, sachets de plantes odorantes d’Amazonie : les enfants ont les mains bien prises quand elles rencontrent Joan, venu nous chercher. La chaleur humide nous saisit vite : je sens qu’il va falloir une adaptation climatique après ces premières semaines brésiliennes marquées par la fraîcheur. Bonne nouvelle : Joan et Fernanda ont une piscine. Les enfants s’y jettent vite. Je sens qu’elles vont en profiter dans les jours qui viennent…