Amis des enfants : portraits par Ariane

Vendredi, mars 27th, 2009

Grâce au CNED et à son expérience auprès des volontaires de Isha, Ariane est devenue spécialiste en interviews. Revenue au jardin de Miséricorde après notre escapade à Pondicherry, elle reprend. Portraits de Cyprien, ami des enfants, 22 ans suivi de Pierre-Marie, 36 ans, diacre qui sera ordonné prêtre cet été, de Suzanne, la soixantaine alerte et un des piliers du jardin et de Jérôme le cuisinier devenu photographe, en partance pour le Népal.

Comment t’appelles-tu ?
Je m’appelle Cyprien. (Note pour les Berthélémy : Cyprien est évidemment un ami de Vianney rencontré au Points Cœur de Valparaiso et un aîné de huit enfants mais sans jumelles)
Que fais-tu au jardin de Miséricorde ?
Je mène la vie communautaire, je m’occupe de faire des confitures.
Pourquoi as-tu choisi de venir à Point Cœur ?
Je n’ai pas vraiment choisi d’être à Point Cœur. J’y suis allé surtout pour les confitures car j’avais rencontré en France la volontaire des Missions Etrangères de Paris (MEP) qui avait lancé ce projet et j’y suis resté car c’est bon pour moi.
Quelle est ta meilleure expérience ?
Chaque fois que je vais en apostolat est une très bonne expérience. Quand je fais les confitures aussi car je me rapproche plus des gens. Une fois aussi, j’essayais de vendre des confitures dans un super marché et je n’y arrivais pas ; à côté de moi se trouvait un indien qui vendait des dosas et n’y arrivait pas à non plus …Le soir, nous avons discuté et nous nous sommes offerts à manger.
Quelle a été ta pire expérience ?
A chaque fois que je tombe en panne ; à Chennai quand il y a des embouteillages et qu’il fait nuit. Et une fois, toujours à Chennai, j’ai du porter un sac de confiture de 50 kilos à 3 heures du matin.
Quelles sont les qualités pour être amis des enfants ?
C’est pour tout le monde donc il n’y a pas vraiment de qualités mais il faut savoir écouter.
Depuis quand es tu ici ?
Depuis 6 mois et je ne rentre jamais en France. En général, il faut faire 14 mois.
Aimes tu ce type de volontariat ?
Je pense que c’est très rare. J’aime beaucoup. Même si je suis européen, je rencontre une vie plus pauvre, je rencontre des gens.
Qu’est-ce que tu aimes en Inde ?
J’aime les couleurs des saris, j’aime attraper des grenouilles (NB : il suffit d’aller dans la salle de douche le soir), j’aime la dignité des femmes, j’aime leurs profondeur, j’aime la simplicité des gens et j’aime l’importance qu’ils accordent aux petites choses.
Qu’est-ce que tu n’aimes pas en Inde ?
Je n’aime pas le bruit, la pollution, les chauffeurs de rickshaw qui essayent de m’arnaquer. Je n’aime pas la manie des indiens de cacher ce qu’ils pensent.
Que veux tu faire plus tard ?
J’aimerai trouver un boulot dans la géopolitique tous en faisant de la musique et de l’écriture. J’aimerai lancer un petit journal mais continuer ce que je fais.
Est-ce difficile de vivre en communauté ?
Ça dépend. C’est beaucoup plus exigeant que de vivre tout seul. Chacun ne s’occupe pas que de soi. C’est assez difficile mais ce n’est pas pénible


Je suis responsable de l’oeuvre Points Cœur en Inde. Je suis responsable des deux Points Cœur (Madras, Chengalpet). Je suis responsable des formations.
Pourquoi as-tu choisi de venir à Points Cœur ?
J’ai fait ma première mission à Points Cœur en 1996. Elle était au Liban. Je voulais vivre une expérience avec les pauvres.
Quelle est ta meilleure expérience ?
L’amitié avec des gens pauvres comme Délip (handicapé moteur accueilli au Jardin)
Quelle a été ta pire expérience ?
Au Liban, avec des enfants, ont avait beaucoup de problème car les enfants nous embêtaient. Quand tu essayes d’aimer et qu’on te rejette, ce n’est pas facile
Quelles sont les qualités pour être prêtre?
Il faut être disponible pour prier, il faut être capable d’accompagne chacun.
Qu’est-ce que tu aimes en Inde ?
J’aime les gens car ils sont beaux, ils sont gentils, j’aime aussi l’âme des gens car ils ont une conscience très forte que Dieu est présent partout.
Qu’est-ce que tu n’aimes pas en Inde ?
Il y a trop de gens dans les bus
Que veux tu faire plus tard ?
Etre prêtre !
Est-ce difficile de vivre en communauté ?
C’est un peu pareil que de vivre en famille. C’est un grand soutien. Je découvre que je ne suis pas assez patient, que je suis pêcheur. C’est un beau lieu pour apprendre à aimer en vérité.

PIERRE-MARIE, que fais-tu au jardin de Miséricorde ?

SUZANNE, que fais-tu au jardin ?
J’apprends à vivre harmonieusement avec les autres pour pouvoir bien accueillir et témoigner du prix de l’amitié à l’intérieur et à l’extérieur.
Pourquoi as-tu choisi de venir à Point Cœur ?
Avant, j’ai fait des missions humanitaires très intéressantes et pas du tout orientées sur le plan spirituel et j’avais besoins de cette dimension spirituelle.
Quelle est ta meilleure expérience ?
Ma rencontre avec Dieu.
Quelle a été ta pire expérience ?
Une trahison
Quelles sont les qualités pour être amis des enfants ?
Etre ouvert, être bienveillant, attentif et chercher de Dieu
Depuis quand es tu ici ?
Depuis un an et demi.
Aimes-tu ce type de volontariat ?
Oui, c’est très formateur et décapant.
Qu’est-ce que tu aimes en Inde ?
J’aime les enfants, les femmes, les couleurs, la dignité, les épices, les paysages et la force intérieur des femmes.
Qu’est-ce que tu n’aimes pas en Inde ?
Le bruit, la pollution, un certain manque de savoir vivre et un certain sans gène.
Que veux tu faire plus tard ?
Je me laisserai guider. Ma vie m’apportera ce que j’aurai à vivre plus tard.
Est-ce difficile de vivre en communauté ?
Oui. C’est très formateur. On se frotte les uns les autre mais c’est comme ça qu’on grandit.

Jérôme, que fais-tu au jardin ?
Je tonds la pelouse, je m’occupe des enfants, des confitures… une petite vie simple.
Pourquoi as-tu choisi de venir à Points Cœur ?
J’ai choisi d’aller à Point Cœur mais je n’ai pas choisi d’aller en Inde. Ce qui m’a intéressé, c’est de s’occuper des pauvres et être ami des enfants.
Quelle est ta meilleure expérience ?
C’est Délip quand je m’occupe de lui.
Quelle a été ta pire expérience ?
A chaque fois que je vais à Chennai.
Quelles sont les qualités pour être amis des enfants ?
Etre exigent avec soi même, patient et savoir faire ce qu’il y a à faire.
Depuis quand es tu ici ?
Depuis 6 mois.
Aimes-tu ce type de volontariat ?
Oui. Je trouve que c’est rare, que c’est plus formateur et profond.
Qu’est-ce que tu aimes en Inde ?
J’aime le bazar ambiant qui correspond au bazar dans ma tête, les gens, le climat, la culture.
Qu’est-ce que tu n’aimes pas en Inde ?
Je n’aime pas les serpents, je trouve que les gens sont mous et je n’aime pas conduire car les gens sont dangereux.
Que veux tu faire plus tard ?
J’aimerais reprendre mon travail de photographe et fonder une famille.
Est-ce difficile de vivre en communauté ?
Oui car on est tous différents.

Sport au Jardin

Jeudi, mars 26th, 2009

Retour au jardin de Miséricorde après cet intermède teinté en bleu-blanc-rouge. En attendant Nicolas, qui a aussi dû manger de la baguette et des croissants et pendant que Sybille prépare ses bagages, les enfants reprennent les parties de football. Photos ….merci Jérôme pour ces instantanés de plaisirs d’enfants de tous âges.

Halte dans la paix du Jardin de Miséricorde

Mercredi, mars 18th, 2009

Mon premier Points Cœur …. et j’ai la joie d’y retrouver Bernard qui est de ma famille ! Le jardin de la Miséricorde est un vaste domaine planté de manguiers, au milieu duquel vit la communauté. Le soir où nous arrivons, toute la communauté fête l’anniversaire de Jérôme, un volontaire, et de Ranie une jeune indienne. L’ambiance est joyeuse, et nous sommes chaleureusement accueillis. Les enfants regardent avec curiosité les cinq filles, mais les échanges sont rapides avant que tout le monde parte se coucher.

Les journées que nous passons au Jardin sont rythmées par la prière : laudes à 7h, chapelet à 15h30, parfois la messe, puis les vêpres et enfin la prière du soir. Toute la journée est ainsi remise entre les mains de Dieu, notamment les apostolats. L’après-midi, après le chapelet, les volontaires partent visiter leurs amis alentours. Nous avons eu la chance de les accompagner dans un village à ½ heure de marche, avec Delip, un jeune indien handicapé moteur, que les gens du village connaissent bien. La rencontre est très simple : nous jouons avec les enfants, ce qui attire l’attention de leurs parents, Jean Paul discute avec eux en tamil, pendant que nous leur sourions.

Le lendemain, Bernard m’emmène en moto visiter un camp de gypsies, les gitans indiens. Comme en France, ces personnes sont au ban de la société indienne, en dessous des intouchables, ils sont même considérés comme des animaux. Bernard est ami avec eux depuis 8 ans. Cette amitié a été possible car fondée sur la gratuité. Dès le début, il a coupé court à leurs demandes d’argent, mais les a visités fidèlement pour gagner leur confiance.
Dès notre arrivée, une dizaine d’enfants se précipitent en criant « Bernie ! », ils s’agrippent à nous, sautent, me demandent mon prénom. Je suis assez impressionnée par tous ces enfants à moitié nus, aux cheveux longs et ébouriffés qui sentent mauvais. L’un m’explique fièrement qu’il ne s’est pas lavé depuis trente jours, et à son odeur je le crois volontiers ! Nous croisons aussi des jeunes femmes qui portent leur bébé. Pour la plupart, Bernard les a connues enfants, elles sont plus jeunes que moi…Les garçons sont rapidement des hommes. Ils sont charpentés, aux cheveux longs en chignon avec un bandeau sur la tête, ils me font penser à des pirates. Leur deux activités principales sont la chasse des oiseaux et la mendicité.
Nous passons donc l’après midi à jouer avec les enfants, et à discuter avec certains adultes que Bernard connaît. Il aide l’un à lire un papier administratif, prend des nouvelles. On sent que ses visites sont attendues. Je suis très touchée par cette amitié qui les lie, lien de personnes à personnes malgré les différences, et qui caractérise le charisme de Points Cœur.

Les filles quant à elles passent leur temps avec les huit enfants qui vivent au jardin, elles les emmènent à l’école le matin, à quarante minutes à pied, et le soir les attendent avec impatience pour des parties de foot, faire la lessive, jouer. Nous leur apprenons à recoudre leurs vêtements. Les batailles d’eau et les courses en poussettes vont bon train.

Le Jardin de Points Cœur est un lieu de paix, un lieu de purification du cœur, où chacun peut apprivoiser ses limites auprès du Christ et loin des tourbillons de la ville et d’un volontariat effréné. C’est aussi un lieu de vie, où l’on fait sa lessive, la cuisine, certains s’occupent de la ferme pendant que d’autres font des confitures, que le Jardin commence à commercialiser. Le soir, les parties de Jungle Speed enflamment la maisonnée. SYBILLE

Points Coeur de nouveau : quelle joie

Lundi, mars 16th, 2009

De nouveau un Points Cœur : c’est la joie et l’excitation. La fazenda a été un lieu marquant pour nous tous : vie de pauvreté pour moi, vie de partage et de service pour les filles. Nous portons régulièrement dans la prière les enfants et les volontaires rencontrés et les expressions « Cuidado Dandan » et « Para Tété » émaillent nos jeux. Marie a été marquée par la gaieté d’une soirée passée à raconter des blagues en anglo-portugo-français avec sœur Myriam, Dora et Edison, elle porte la croix que ce dernier lui a confiée quand nous avons quitté Salvador. Ariane raconte toujours avec fierté comment elle a aidé Hélène à faire des pizzas …et sans doute à les manger ! Donatella garde en elle la préparation de la messe avec Caroline.

L’après-midi à Valparaiso a aussi été bon moment de jeux et de rencontres, avec des témoignages de jeunes porteurs d’espérance. Tous ces souvenirs sont si vivants en nous que je suis un peu inquiète sur notre adaptation au jardin. Généralement, nous arrivons dans un nouveau lieu sans aucune idée préconçue, toujours prêts à découvrir et rencontrer. Situation différente aujourd’hui : j’espère que les filles ne se lanceront pas dans des comparaisons Fazenda vs Jardin et que nous repartirons avec une galerie de portraits noir-blanc ou indien-français.