En route vers le Nord

Lundi, juillet 13th, 2009

Aujourd’hui , 675 kilomètres parcourus : le nouveau véhicule 12 places prêtée par Yann et Caroline sera parfaitement rôdé à notre départ ! Direction le nord : les deux premières heures sont une longue suite de virages, entrecoupés d’arrêts pour éviter que l’intérieur de la voiture garde une odeur de notre passage…Heureusement que les paysages font oublier nos petites misères : l’horizon est plus vaste qu’en France, les arbres du voyageur nous accueillent à la moindre brise, l’ocre de la terre reflète les rayons rasants du soleil couchant, les rivières traversées sur des ponts métalliques sont majestueuses. Et nous retrouvons la chaleur qui fait cruellement défaut à Antananarivo, surtout en soirée. Est-ce la raison des feux de brousse constatés, ou s’agit-il de brûlis pour ouvrir des pâturages aux zébus ?

Vallée de la lune

Dimanche, décembre 21st, 2008

Nous n’avons pas le goût des tours organisés, surtout lorsqu’il s’agit d’un circuit “entrée de gamme” que tout routard fraîchement débarqué à San Pedro de Atacama se doit d’effectuer. A une époque, nous aurions choisi l’option vélo en solitaires; embourgeoisés et chargés de famille, nous prenons un taxi pour découvrir la Vallée de la lune en dehors des horaires des agences touristiques. Roches et sable, avec des dunes balayées par le vent. Notre dernière expérience désertique remonte aux trois jours passés en bus, entre Urumqui et Kashgar, en 1990. La chaleur s’est dissipée, le froid prend la relève dès que le soleil disparaît derrière des falaises ocre. L’hostilité du lieu est forte, entre le vent qui fait pleurer Marthe, le sable qui s’infiltre dans le tout nouveau poncho d’Antonia et les roches qui ont ouvert le genou de Donatella pour la 3ème fois en une semaine. Et pourtout la magie du désert opère, loin des bruits humains et des lumières de la ville. Je comprends qu’il soit facile de passer plusieurs semaines, à marcher en silence dans le désert…mais je ne suis pas certaine que ce programme soit plébicité par nos enfants pour de prochaines vacances.

Le pouvoir de l’eau

Mardi, décembre 16th, 2008

L’eau coule en plein air dans les rues étroites et poussiéreuses de San Pedro d’Atacama, dans les rigoles d’irrigation qui parcourent l’oasis. Marthe aime y tremper les pieds, même avec ses sandalettes (merci Armelle) car elles sèchent en quelques instants par  35° à l’ombre. Pour une première découverte du désert, nous avons choisi le plus aride du monde….Les touristes s’intéressent peu à l’eau : ils sont venus faire de la planche sur les dunes de sable, admirer les paysages lunaires de la vallée de la mort, se baigner dans les thermes au bord des geysers, découvrir les lagunes et les villages altiplanos. Une fois que Nicolas nous aura rejoint, je compte aussi profiter des beautés naturelles de la région mais aujourd’hui, circuit atypique. J’emmène les enfants au village de Toconao, à 40kms par bus de San Pedro, dans une gorge où il est si facile de découvrir le miracle de l’eau. Pierres, rocs, poussières pendant près d’une heure puis un village sans ombre, où le soleil est écrasant quand nous y arrivons en début d’après-midi. Après les maisons, le sable revient puis une tâche verte. Un chemin étroit passe entre des murets de pierre qui entourent les vergers : abricotiers, figuiers, pruniers. Aucune branche ne dépasse pour que nous puissions grappiller un fruit mais la simple fraîcheur du lieu est revigorante. Nous sommes seules dans ce labyrinthe aux douces teintes vertes, nous repérant à la musique de l’eau pour trouver la rivière. Les enfants comptaient se baigner…j’avais sans doute un peu forcé le trait pour les motiver à marcher dans la fournaise ! Marie propose une course de bateaux végétaux : excellente solution pour poursuivre notre promenade, les pieds au frais. Je chantonne du Brel mais « les pieds dans le ruisseau » ne sont pas sur la liste des chansons du MP3. Les vergers nous entourent, longés par les canaux d’irrigation mais vite surplombés par la rocaille. Quelques images : les touches de verts variés qui adoucissent l’ocre et le gris des minéraux, la hauteur des queues de renard et des plantes qui bordent l’eau et quelques sensations : l’eau dans la casquette qui coule dans le cou, le plaisir de voir son bateau suivre le cours de la rivière, le calme du chant de l’eau. Une leçon grandeur nature qui poursuit celle de Myriam Masson il y a 5 ou 6 ans à l’école Mot, quand Ariane était rentrée en disant : comme je suis éco-citoyenne, je ferme le robinet quand je me lave les dents. Depuis ce temps-là, toute  la famille a eu à cœur d’économiser l’eau et j’ai remarqué que nos filles n’avaient aucune difficulté à intégrer les gestes qui permettent de ne pas trop consommer d’or blanc. Bon entraînement pour Atacama, où les hôtels demandent à leurs clients de prendre des douches courtes et de ne pas laver leur linge. D’ailleurs, Mario chez qui nous logeons pour une semaine, explique qu’il préfère de loin la clientèle européenne aux Brésiliens qui prennent trois longues douches par jour…..