Retour à Madagascar après 46 ans pour une Fontenaysienne

Samedi, juillet 11th, 2009

C’est notre troisième visite d’oeuvre locale et notre troisième femme rencontrée. Madelaine, Albertine et Jeanne : un trio de femmes malgaches dont les points communs sont l’engagement, la détermination et le sens pratique. Chacune a été touchée par la misère et le manque d’avenir des enfants de sa région et a réussi à allier compassion et action.  Jeanne : je ne me permettrais pas de l’appeler par son prénom si j’avais retenu son nom de famille mais la mémorisation des patronymes malgaches nécessitent de manger beaucoup de poisson.  De toute façon, Jeanne est appelée “la maman de Thierry”, le professeur de piano d’Ariane. Cette dénomination est un peu réductrice car Thierry a six frères et soeurs, élevés en partie à Fontenay sous Bois, résidants en France et devenus professeur de philosophie ou directrice de crèche …

Malgré la présence en France de ses enfants et petits-enfants, Jeanne et son mari (décédé depuis) ont décidé en 2000 de repartir au pays, après quarante-six d’absence. Choix difficilement compréhensible pour leur descendance. En 1954, Madagascar était une colonie française de moins de six millions d’habitants qui s’est transformé en pays indépendant dont la population frôle les vingt millions. Vasa, c’est ce que Jeanne est devenue : une étrangère malgré ses origines et la couleur de sa peau. Et beaucoup de Malgaches estiment que l’aide des Vasas est un dû. La solitude et les conditions de vie spartiates doivent parfois être dures à supporter pour cette grand-mère mais il y a la trentaine d’enfants de l’école privée à éduquer, à aider, dont trois passeront le brevet lundi prochain. Bonne chance à eux et à leur directrice !

L’orphelinat de Madeleine

Jeudi, juin 25th, 2009

A notre arrivée à l’orphelinat de Madeleine, rangs serrés d’enfants bien propres en uniforme. Nous nous croyons en Inde, chez le père Suresh, avec les colliers de fleurs en moins. Erreur de casting : ce n’est pas nous que les élèves sont venus accueillir et applaudir… quelques minutes plus tard, quand la ministre de la Famille et de la Santé arrive, accompagnée de Madame le maire du village, les discours peuvent commencer. Notre niveau de malgache ne nous permet pas encore de comprendre les éloges adressés à Madeleine (nous l’espérons) et les promesses qui sont sans doute faites en ces temps politiques perturbés mais annonciateurs d’élections.

Les spectacles commencent, les enfants se tiennent parfaitement bien, ils sont conscience de leur chance. Sur les deux cent cinquante enfants qui fréquentent l’orphelinat, moins de cinquante sont réellement pensionnaires; les autres bénéficient de l’éducation, de la nourriture et des vêtements qui sont mis à leur disposition. Et à quelle association doivent-ils de sortir de la misère ? A la force de caractère de Madeleine, septuagénaire coquette en souliers vernis devant laquelle j’ai honte de mon pantalon douteux et de ma polaire grisâtre. Mais Madeleine a autre chose à faire que s’arrêter aux apparences. Il y a vingt ans, elle s’est laissée émouvoir par les enfants qui mourraient littéralement de faim dans les alentours de la capitale : la journée, elle poursuivait sa carrière dans une compagnie d’assurance; en soirée elle se préoccupait de ses protégés. Une révoltée au service des enfants, qui est assise aujourd’hui aux côtés de l’évêque, qui ne refuse pas le don d’une citerne et sait faire appel aux donateurs francais de Madagascar et aux parents adoptifs des enfants de son ancienne pouponnière. Madeleine est fière de nous annoncer qu’une de ses filles et son gendre vont venir prendre la relève, pour que ses bambins continuent à avoir un toit, des repas et une éducation; je ne suis pas certaine pour autant que Madelaine prenne sa retraite très prochainement !

Offrir des livres, pas des bonbons

Vendredi, mai 22nd, 2009

Lorsque nous étions à Hanoi, j’avais mis à profit une bonne connexion internet pour rechercher des O.N.G. travaillant au Laos : en effet, en dehors de la D.C.C., nous n’avions aucun contact dans ce pays où les chrétiens ont été maltraités et expulsés après 1975.
Coup de chance, nos premiers pas à Luang Prabang nous conduisent devant les locaux de Big Brother Mouse (www.bigbrothermouse.com), association que j’avais repérée pour son slogan : « Offrez des livres et non des bonbons ». Autant vous dire que je me suis sentie en plein accord avec cette approche simple mais que nous n’avions pas trouvée dans d’autres pays.
Les enfants laotiens apprennent à lire avec ce que le maître écrit sur le tableau noir de la classe ; ils ont très peu d’occasion de se familiariser avec le maniement d’un livre puisque les ouvrages sont rares et ne deviennent pas de grands lecteurs. Big Brother Mouse a donc deux objectifs : publier des livres peu coûteux en lao ou en anglo-lao et les faire acheter et distribuer par les étrangers qui parcourent le pays. Des « book parties » sont organisées dans des villages éloignés au cours desquelles quelques bénévoles –et financeurs- apportent des livres au chef ou à l’instituteur et les lisent aux enfants.
Pour nous, méthode plus simple et moins couteuse : chacun a acheté un livre qu’il a envie d’offrir et nous chargeons, juste un peu plus, nos sacs. Citations laotiennes, histoire d’un arbre, vingt-trois enfants du monde … autant de livres que nous comptons bien apporter dans des endroits reculés. Histoire à suivre évidemment…
Et Big Brother Mouse est aussi l’occasion de me rendre compte que les choses qui me manquent le plus de Fontenay sous Bois sont les livres de la médiathèque.

12 super nanas

Mardi, avril 21st, 2009

La photo en atteste : nous sommes des chanceux. C’est d’ailleurs ce que les Vietnamiens me répètent à longueur de rencontre depuis notre arrivée : avoir cinq filles est une bénédiction (il paraît même que cela rendrait riche !). C’est pour mettre en commun cette chance et nous congratuler mutuellement que Guillaume de Rouvroy et moi avons décidé sans le savoir de nous rencontrer un matin début janvier 2009 sur une plage de nouvelle Zélande avec nos trésors respectifs. Plus exactement  les filles et moi qui surfions dans les vagues avons rencontré Toscane et Colombe, pendant que Laure était abordée sur la plage par un beau brun la félicitant pour sa nombreuse  progéniture … et lui présentant ensuite la sienne. Bref, dix minutes plus tard, la générosité et le bagout de Delphine son épouse aidant, nous étions invités à venir les voir à Tokyo… ce dont nous ne nous sommes pas privés quatre mois plus tard ! Démonstration printanière de sumo au temple Yasukuni, messe de Pâques, excellent dîner avec Christophe, un ancien de la grande époque de la bulle et déjeuner + ballade à Odaiba sur la « plage » de Tokyo créée de toute pièce sur un polder : autant d’occasions d’apprendre à reconnaître Charline (17 ans), Margaux (16 ans) , Toscane (13 ans), Colombe (10 ans) et Olympe (8 ans). Difficile de retenir cinq prénoms sans un moyen mnémotechnique.
Quant à Delphine et Guillaume, le courant est tout de suite passé entre nous. Dès la première rencontre, nous avions l’impression de nous connaître depuis longtemps et qu’une envie, celle de les revoir ! Au programme des réjouissances, échanges sur les différentes personnalités des enfants, besoins, attentes et revendications de nos louloutes, sur les changements de carrière, les grands sauts du genre « je crée ou rachète une boîte », « je pars 1 an autour du monde », « je reste ou je quitte le japon »…. Conseils avisés sur l’adolescence (nous sommes preneurs car ça se rapproche de jour en jour !), les horaires de sortie (et surtout de retour à la maison),  l’emplacement au combien stratégique de l’ordinateur dans l’appartement, de la première teuf à la maison sans les parents…spiritualité du couple et de la famille, conseil de famille et table de négociation. Tout cela en se régalant des petits plats bio de Delphine qui nous offre graines, fruits, champignons et autres …moelleux au chocolat (il faut garder une bonne place pour le plaisir !).
Vous l’avez compris, comme je l’écrivais à guillaume et Delphine en quittant Tokyo, nous repartons de notre seconde patrie avec la joie d’avoir retrouvé plein d’amis, et même d’avoir allongé la liste. Merci Seigneur !

Apprentissage et claques…

Jeudi, mars 19th, 2009

Les huit enfants accueillis au Jardin de Miséricorde quittent l’école du village à 16h15 et marchent pieds nus pendant une bonne demie heure sur la route pour rentrer : un verre de lait, une partie de foot-ball avec Ariane et Donatella animée par Cyprien et Thomas puis les devoirs. Les filles, peu attirées par le CNED à cette heure de la journée, s’assoient à la grande table de la salle à manger pour regarder étudier leurs copains indiens. Découverte des méthodes éducatives indiennes. Un grand prend un petit avec lui pour lui faire répéter son alphabet : vous voyez, Françoise et Caroline, vos idées sur les apprentissages intergénérations sont donc partagées. Enfin, pas jusqu’au bout : à chaque erreur, le grand pince le bras de son élève ! Radicale comme méthode et appliquée aussi par les adultes : une grande tape sur la tête à chaque fois qu’Aruna, neuf ans, prononce mal un mot. J’avoue ne pas bien comprendre pourquoi les amis des enfants n’essayent pas de faire changer ces manières de faire : respecter les habitudes locales, d’accord mais aussi en les modifiant si nécessaire. Je pense qu’ils ne veulent pas trop troubler les enfants en appliquant une méthode différente de celle utilisée par les Indiens, en particulier en classe. Sybille témoignait qu’en l’absence de la maîtresse, au village, une écolière notait le nom de ses camarades indisciplinés. On peut supposer que punition ou châtiments suivent.
Montessori a encore un bel avenir devant elle en Inde. Et mes filles beaucoup de chance d’etre éduquées en France.

Education à la consommation

Dimanche, novembre 9th, 2008

Ce voyage est pour les enfants et pour nous l’occasion de mieux comprendre ce que veut dire concrètement « société de consommation ». En effet, chaque fois que nous revenons en ville, a fortiori dans une grande ville riche comme Sao Paulo, nous nous retrouvons sans le vouloir à faire du shopping : acheter une souris pour l’ordinateur, chercher des chaussures pour Marthe, acheter des maillots de foot du Brésil « comme papa a promis », acheter ci, acheter ça     … Et très vite, nous nous retrouvons à acheter des souvenirs que nous trouvions gratuitement au contact de la nature (pierres, graines, coquillages…) , des choses que nous avions déjà (« des Converse stp Papa », « un T-shirt comme ci, un short de sport trop beau comme ça », « une gourde Charlotte aux fraises… »). Très vite le motif de l’achat devient le manque, la comparaison : « oui mais elle pour son anniversaire… », « et moi j’en ai une de moins »…et non pas le besoin vrai. A la campagne, on achète ce dont on a besoin : de l’eau, à manger, une moustiquaire. A la ville, on n’achète plus ce dont on a réellement besoin et on s’encombre de beaucoup de choses inutiles, voire nuisibles : on mange moins bien, plus sucré, plus gras, moins riche ; on fait une heure de transport pour acheter quelque chose qui nous procure du plaisir pendant une petite minute, avant de penser à l’achat suivant.

Heureusement, le contrôle du poids de nos bagages, la rencontre et surtout l’omniprésence des plus pauvres dans ces villes brésiliennes nous aident à prendre conscience de cette tendance. Et je dois dire que je suis très fier de nos filles car elles ont bien compris le mécanisme et acceptent de réduire. Cela a été en particulier le cas pour Ariane, qui fêtait ses 10 ans hier. Dans le passé lointain, Ariane  avait du mal à être contente de ses cadeaux de Noël ou d’anniversaire. Elle n’était jamais sûre d’avoir eu ce qu’elle voulait, ou autant que se sœurs. Cette fois, à Sao Paulo, nous n’avons jamais vu notre Ariane si radieuse. Elle a choisi d’aller au zoo plutôt que d’aller passer la journée du 9 novembre au bord de la mer car elle a bien compris que pour deux heures de baignade –activité qu’elle affectionne tant-, il faudrait passer la moitié de la journée en voiture et que cela coûterait très cher, en argent et en pollution. Elle n’a pas râlé quand à midi, nous avons refusé de faire comme les 50 000 paulistas qui nous accompagnaient au zoo, à savoir manger chips, glaces et hamburgers dégoulinants. Elle a bien compris que les souvenirs de la boutique du zoo ne valaient pas le coup. Elle a aussi compris, de retour vers le centre, que nous n’étions pas sûrs de trouver un bon restau ouvert un dimanche soir pour fêter son anniversaire. Et quand celui-ci s’est présenté, tout près de chez nous, pas cher et offrant tout ce qu’elle voulait et même un menu végétarien pour Donatella, elle s’est réjouie avec nous tous. Un super anniversaire, avec non pas un, mes 10 gâteaux d’anniversaires disponibles au buffet ! Son cadeau, un livre sur l’Amazonie, elle l’a longuement choisi puis feuilleté, se remémorant consciencieusement quels animaux elle avait vus et pas vus, quels oiseaux elle connaissait. Elle a profité de ce qu’elle consommait ! NICOLAS

Les coopérants FIDESCO au service de Notre Dame des Alagados

Mercredi, novembre 5th, 2008

Damien (un monsieur qui travaille à Fidesco,une association catholique), est venu nous chercher au pied de l’ascenseur qui relie la ville basse à la ville haute. Nous avons rencontré des enfants et nous leur avons expliqué notre projet ESPERANCE 7. Ces enfants sont pauvres et certains abandonnés. J’ai trouvé qu’il étaient assez bruyants. Il y avait quasiment plus de filles que de garçons. Pendant le temps de soutien scolaire, avec deux séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel, nous avons visité l’église de Notre Dame des Alagados : elle a été fondée par Jean Paul II lors de son premier voyage au Brésil en 1981. Près de l’autel, il y a la photo d’une petite fille avec le Pape : elle voulait lui offrir un bateau qu’elle avait construit mais elle n’arrivait pas à s’aprocher de lui. Finalement, elle a pu lui parler et le Vatican a ensuite payé ses études; maintenant elle habite dans un quartier riche de Salvador de Bahia. La paroisse est entourée de grilles et de fils de fer car le quartier est violent. La semaine dernière, une dame a été attaquée à la sortie de la messe. Ce jour là, les enfants aidés par Mathilde et Sébastien avaient sport. Nous avons joué à l’épervier mais Papa a laissé son sac à dos pour ne pas se faire voler son appareil photo. Dans le groupe, il y avait un garçon qui tapait car il est d’une fratrie de 7 enfants, il n’a plus de parents et il vit avec son grand - père, sa tante et son oncle fou. Les 40 enfants ont mangé à la cantine de la paroisse car chez eux il n’y a pas toujours à manger. Au Brésil, la cantine est normalement gratuite à l’école pour que tous les enfants mangent régulièrement. Il y avait une petite fille qui est très pauvre car son père est mort, ils sont 2 enfants et sa mère avec une brouette rammasse les canettes et gagne 15 reais (6 euros)  par semaine en travaillant tous les jours.Nous sommes allés manger avec 3 couples de Fidesco et leurs enfants. Ensuite, nous sommes allés à “rêve de maman”. C’est  un endroit où des bénévoles de Fidesco aident des femmes qui tout à coup savent qu’elles sont enceintes et qui ne sont pas prête à accueuillir un bébé. Nous avons commencé à faire une prière avec elles. Les bénévoles, avec des dons qu’elles reçoivent de France achètent des tissus. Les dames font de la couture: des couches, des draps, des couvertures et quand elle ont fini ça, elle font des habits. Ca les aide à mieux aimer leur bébé. Il y avait une dame qui a 16 ans et une autre dame qui attend des jumaux. Une fois qu’elles ont accouché, elles n’ont pas le droit d’apporter leur bébé de plus de 6 mois pour laisser la place à d’autre femmes. Il y avait même une femmes qui a déjà 4 enfants et son dernier enfant a7 mois et son rêve était qu’elle revienne à “rêve de maman” …. Il y avait une dame qui s’occupait de la machine à coudre. C’était très intérressant. Nous sommes allés rencontrer les soeurs de la Miséricorde qui sont habillées comme Mère Térésa. Elles s’occupent de personnes âgées malades. Elles gardent aussi des enfants comme dans une garderie. ARIANE

Au pied levé, en moins de 48 heures, les trois familles de coopérants se sont organisées pour que nous puissions arriver sans encombre à la paroisse de Notre Dame des Alogados (marais en portgugais), comprendre les activités qu’ils y mènent et nous rencontrer autour d’un déjeuner. Ils n’ont sans doute pas la trentaine mais déjà charge de famille avec les responsabilités que cela implique dans un endroit où les conditions sanitaires sont assez limitées : comment traiter la gale d’un enfant ? quelle protection offrir aux petits contre les moustiques qui véhiculent la dengue ? Ils ne vivent pas dans un dénuement aussi grand qu’à la Fazenda do Natal mais l’insécurité règne dans ce quartier arraché aux marais il y a peu de temps sans que l’odeur ait été éliminée. La drogue et les armes ne sont jamais bien loin semble-t-il. Ils ont l’air heureux de partager avec nous, de nous faire découvrir ces enfants ou ces femmes qui sont devenus leur horizon et leur objectif pour quelques mois. Ils ont à coeur de mener à bien leur mission, en l’appuyant sur la prière et l’eucharistie et cela transparaît dans leur comportement : pas de jugement complaisant comme pourraient l’avoir de jeunes expatriés dans un pays en voie de développement. C’est assez rassurant de voir des jeunes s’engager dans une démarche désintéressée en sachant répondre à l’appel qu’ils ont reçu.

 

Ecole communautaire à Alter do Chao

Mardi, octobre 28th, 2008

Nous sommes allés dans l’école d’Aisha et Joshua : l’école privée communautaire Cajoeira. Dans les écoles publiques, les enfants sont entraînés à répéter des leçons sans forcément les comprendre. A Cajoeira, les élèves sont éduqués à travailler en projets et à s’intéresser à l’environnement, aux règles de vie en commun, à la santé…

Dans la cour il y a une cabane, des toboggans, une barque qui sert de balançoire et un arbre avec des cordes : tous les élèves grimpaient dans cet arbre. Les classes sont des cases rondes, sans fermeture, assez petites. Chaque classe a une couleur qui correspond aux couleurs du fruit de cajou : maternelle petite section en vert car la cajou n’est pas mure, jaune pour la moyenne section quand la cajou mûrit et rouge pour la grande section quand elle est à point. Pour l’argent, comme des parents sont pauvres, seuls quatre familles financent le primaire. Les autres parents fabriquent des jouets, s’occupent des bâtiments ou du jardin, apportent du pain. La directrice cherche aussi des entreprises ou des personnes qui peuvent donner de l’argent à l’école. Chaque classe a un projet : les animaux, le corps, la reproduction (les enfants avaient des poupons dans les bras). Dans la classe d’Aisha, il y a des élèves de 7 à 10 ans : des fois, pour séparer la classe, il y a un rideau. Comme Aisha est la plus grande, elle aide la maîtresse. Chaque enfant a des responsabilités. ARIANE

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Eduquer et rendre les enfants heureux

Dimanche, septembre 28th, 2008

Si Anita, en tant que biologiste, a commencé par s’intéresser aux oiseaux, elle a vite étendu les activités de Nordesta, par générosité personnelle et aussi par efficacité dans la préservation des animaux, au soutien aux plus pauvres. Avec son mari, elle a d’ailleurs adopté deux adolescents des rues, qui ont maintenant un métier et une famille en Suisse !

Ce dimanche matin, nous visitons une association d’Arcos : une fois par semaine, des enfants en difficulté des « barrios » qui s’étendent autour du centre ville sont pris en charge pour des activités ludiques, un soutien scolaire et un en-cas. Une soixantaine d’enfants –orphelins, maltraités, dont les parents sont sans ressources- sont réunis sous le préau d’une école : l’association « Criancas feliz » n’a pas de locaux mais a obtenu de la municipalité que les écoles soient mises à leur disposition. Quand nous arrivons, c’est l’heure des clowns : Marthe est enchantée. Les responsables sont tous vêtus d’un tee-shirt orange, portant au dos une phrase du livre des Proverbes sur l’éducation. J’ai l’impression que tous les bénévoles appartiennent à une église évangéliste : ce qui est sûr, c’est que le financement de tous les repas provient de leurs fonds personnels, en plus de la matinée du dimanche qu’ils consacrent aux enfants. Nos filles sont étonnées que des « pauvres » leur ressemblent : il est vrai que ni la tenue vestimentaire ni l’apparence physique ne permet de les différencier, une fois mêlées aux autres enfants. D’ailleurs Marthe s’intègre parfaitement et se met à son bureau d’écolière, comme si elle allait à l’école Mot chez Sophie, avec Flavie !