Suivre les traces de Saint François Xavier

Mercredi, février 4th, 2009

En arrivant à Vieja Goa, la petite église perchée en haut de la colline nous a immédiatement ramenés à la chapelle de la Fazenda Points Cœur à Bahia. Quel courage ont eu ces Portugais de construire des églises du Brésil en Inde ; d’ailleurs le nom ne trompe pas : nous sommes dans la basilique du Boa Jesus. Ici repose le corps de saint François Xavier ou du moins les parties qui n’ont pas été dérobées tant ce saint est vénéré dans la région. Les classes primaires et secondaires sont nombreuses à visiter la basilique, les familles indiennes aussi dont la majorité sont sans doute hindouistes. Chacun allume un cierge, prie (son ?) Dieu.

Et ce soir, nous prions en famille avec Sybille pour que chacun de nous soit missionnaire à l’exemple de Saint François Xavier, plus spécialement au cours de ce voyage…

Le revers du tourisme ou les Occidentaux à Goa

Mardi, février 3rd, 2009

Nous ne sommes à Goa que depuis quelques heures et déjà, pour les enfants comme pour les adultes, un sentiment de honte et de rejet. Honte de l’exemple que montrent ces Russes ventripotents sans chemise pour couvrir les cicatrices de leur ventre (guerre d’Afghanistan ou intervention chirurgicale du temps des hôpitaux soviétiques ?), ces blondes en maillot de bain et sans casque débilement embarquées sur des vespas sur des routes sinueuses où les vaches circulent sans permis de conduire, ces corps rougissants allongés sur les plages au beau milieu de l’après midi et ces soixante-huitards attardés qui noient dans la bière leurs vieux rêves. La beauté et la chaleur des plages de Goa, alliées à des coûts très bas, ont attiré les hippies dans les années 70 puis les organisateurs de rave parties dans les années 90. C’est maintenant les Russes –dont des éléments mafieux- qui sont les maîtres de Goa : ici, il est plus utile de déchiffrer l’alphabet cyrillique que de savoir lire le sanscrit. Notre chauffeur évoque sans complaisance les méfaits que provoquent l’argent facile, la sexualité affichée, la consommation de drogue et d’alcool sur la jeunesse de Goa. D’ailleurs, sur les plages, un panneau indique les interdictions gouvernementales : ne pas fumer, ne pas cracher, ne pas uriner, ne pas se livrer à des activités pédophiles et ne pas jeter d’ordures.

Nous ne resterons pas longtemps à Goa….juste le temps de montrer a Sybille les plages avec cocotiers.

Mumbaï-Goa en 15 heures de bus

Lundi, février 2nd, 2009

Trois regards différents sur notre première aventure en bus de nuit …..

 

Une aventure comme vous n’en verrez plus en Occident ! 

 

 

 

 

 

 

SYBILLE : Déjà la perspective de rester 15 heures dans un bus sans sortir est toute excitante, et un peu effrayante. N’y aura-t-il vraiment pas de pause technique? Le chauffeur nous rassure, il fera 2 pauses de 20 minutes. Rassurés? Nous ne le serons de moins en moins au fur et à mesure de la route, des coups de volant, de klaxonne, qui rythment notre sommeil. Un souvenir inoubliable de la 2ème pause à 3h du mat : je me réveille au moment où le chauffeur remet le contact, signe qu’il va repartir, et je me précipite vers la sortie avec Donatella. Il fait chaud, et l’humidité très forte se condense et forme un brouillard épais. Mes yeux s’ouvrent avec peine pour chercher les « Ladies Toilet ». Heureusement, Donatella est plus réveillée que moi. Nous revenons en courant au bus, moites d’humidité, prêtes à reprendre les montagnes russes où nous les avions laissées ! 

 

ARIANE  : Maman nous a stressés pour ne pas louper le bus de nuit mais ça fait  20 minutes que nous attendons à regarder les bidonvilles où les enfants sortent dehors pour faire pipi ou caca  pendant que deux chèvres sont en train de se disputer pour manger une couche. Quand nous nous sommes aperçues qu’il n’y avait pas de toilette dans le bus, nous sommes sorties dehors et nous avons fait pipi dehors devant tout le monde. C’était quasiment mieux que Tur-Bus au Chili. Ce n’était pas des sièges mais des petits lits doubles. Nous étions à côté de personnes qui parlaient français, qui buvaient du whisky, qui fumaient et disaient que des gros mots. BONJOUR L’EXEMPLE  et dire que papa dormait avec une de ces personnes. Il y avait pleins de cafards. J’ai assez bien dormi car il ne faisait pas trop chaud ni trop froid mais le chauffeur a conduit comme une vache. Il n’y avait que des zigzags et nous n’avions pas de ceintures. Le chauffeur avait dit qu’il y aurait une pause pipi a 9 heures mais elle s’est passé à 3 heures du matin.

 

NICOLAS : Cinq points sur une nuit inoubliable :

-l’attente et le départ en bas d’un échangeur d’autoroute suspendue, dans un bidonville, devant les tas d’immondices où les enfants viennent se soulager devant nous. Aux antipodes de l’organisation des gares routières chiliennes ou brésiliennes

-les deux bonnes heures de klaxonnades, fumées et puanteurs, tours de passe-passe  entre camions, rickshaws, vaches, vendeurs ambulants dans une banlieue interminable (surtout minable), où les gens sont partout en grappes vivantes, à la recherche de travail ou de nourriture ; un peu comme des morts vivants à la tombée de la nuit.

-à l’intérieur, sur un autre registre, le même spectacle de fin du monde : nous sommes entourés de routards délabrés par l’alcool et la drogue, en partance pour les grandes « fêtes » de Goa. Quelles fêtes ?

-toute la nuit, mille et un virages serrés font crisser les pneus du bus, gronder voire geindre le moteur… et visiblement vibrer de plaisir le conducteur. Cafards, odeurs corporelles, fumées incessantes  de pétards, crasse deviennent bien secondaires. La seule chose qui compte est d’arriver entiers.

 

 

-arrivée comme le départ, dans un une rue sans gare ni quai ni poinçonneur …nous descendons, le bus part dans un nuage de poussière, la rue est redevenue grouillante de monde. Je nous compte, puis les bagages. Ouf, nous sommes tous là et les bagages aussi ! Entiers !