Ni Deneuve ni Delon

Mardi, février 10th, 2009

Nous devions prendre le train à Hopset, la ville ferroviaire la plus importante aux environs d’Hampi. Le chauffeur de notre jeep propose de nous emmener à une autre gare, pour que nous ayons plus de temps pour le transbordement de nos bagages. C’est un catholique, avec une croix en or  dont il est très fier : nous suivons son conseil. A quelle gare sommes nous, je n’en ai aucune idée, il n’y a aucune inscription en anglais. A priori, les trains circulent puisqu’il y a quelques milliers de personnes de chaque côté des deux rails ou sur les rails tout simplement. Nicolas cherche le chef de gare pour savoir où attendre sur le quai afin que nous montions directement dans le wagon où nos places sont réservées. Bon réflexe pour le TGV ou le Thalys …. nous nous rendrons compte une heure plus tard que notre train est sans réservations ! A peine installés sur le quai, une foule d’environ deux personnes nous entoure. Imaginez une poussette au centre d’un cercle, dix sacs à dos autour, quatre enfants et trois adultes blancs, armés de leurs lunettes de soleil et casquette, transpirant en plein soleil sans le moindre souffle de vent et ces centaines d’yeux braqués. Au Japon, en 1984, nous étions dévisagés aussi mais les gens nous adressaient la parole, nous comparant rapidement à Deneuve et Delon (qui rigole en douce ?).  Ici, pas un mot n’est échangé. A intervalles réguliers, Nicolas demande que l’étau se desserre mais l’instant plus tard, il s’est reformé imperceptiblement. Les filles commencent à se lasser de cette pression. Au bout d’une demi-heure, le train arrive. Bousculades, empoignades : la stratégie de montée que nous avions élaborée tombe à l’eau, notre chauffeur prend peur devant la foule et hésite à monter dans le wagon, craignant de ne plus pouvoir redescendre. Nous hésitons à monter mais nous avons une connexion avec un train de nuit. En fait, nous n’arrivons pas à imaginer comment nous pourrons simplement grimper les marches alors que le wagon est plein comme un œuf. Et pourtant le miracle s’accomplit : dix minutes plus tard, tous les paquets ont été hissés à bord, les filles sont perchées en hauteur sur les grilles porte bagages et tous les adultes sont assis. Incroyable.

Le barbier de Hampi

Dimanche, février 8th, 2009

Il y avait eu Monica à l’île de Pâques. C’est maintenant un barbier moustachu de Hampi qui a l’honneur de réduire la chevelure de Nicolas à un gazon de cricket. Pas de danger cette fois, je peux accompagner Marie à une séance henné et aider Sybille dans une négociation pour une jupe de qualité export !

La chute du pont d’Anagundi

Dimanche, février 8th, 2009

Anagundi est le village occidental le plus proche d’ Hampi. Plus calme, moins touristique, plus vieux et plus verdoyant. En ce troisième jour de villégiature dans la cité millénaire aux mille temples, je décide d’aller voir Anagundi et y convie les plus grandes ainsi que Sybille.

Nous marchons une bonne heure sous le soleil écrasant avant d’arriver au pont qui mène au village. Et là consternation : le pont n’est pas fini. Etrangement, des ouvriers femmes sont en train de construire un mur devant le pont, qui va en interdire l’accès. Très vite nous nous rendons compte qu’en fait le pont s’est écroulé. Un conducteur de rickshaw qui nous a repérés vient nous expliquer le drame : le pont a toujours été objet de polémique entre les villageois, partisans du ferry (une petite barque à moteur où seuls piétons et motos peuvent monter) et les autorités provinciales partisanes du « développement économique ». Il y a un mois, après 15 ans de travail, au moment d’assembler le dernier élément du pont suspendu, le pilier principal du pont s’est soudain écroulé, en pleine journée et sans charge, entraînant avec lui un quarantaine d’ouvriers dans la rivière. Vingt-huit sont morts, dont la moitié disparus et jamais retrouvés. La rivière fait 50 mètres de profondeur à cet endroit, d’où le pont suspendu plutôt que classique ; les anciens du village disent qu’il y a aurait un temple sous-marin à l’endroit où a été érigé le pilier défectueux (personne n’a été vérifier) et que les dieux en colère seraient responsables de l’accident ainsi que de la non réapparition des corps. Le conducteur de rickshaw rajoute que le pont a fait l’objet de très longues et sombres tractations avant sa construction et que le gouverneur corrompu de la province aurait « mangé » une bonne partie de l’argent alloué au projet avant de choisir une petite entreprise locale qui n’aurait pas eu les moyens techniques de réaliser le projet. Personne ne saura jamais le fin mot de l’histoire, même si une enquête gouvernementale est en route (elle durera probablement plus longtemps que la construction du pont). Ce qui est sûr est que 28 personnes sont mortes et de nombreuses années de dur travail perdues,  que la traversée de la rivière, même en bateau est à présent interdite, que le paysage est abîmé pour toujours … tout cela pour un pont dont la moitié de la population de voulait pas et qui aurait amené camions, pollution et accidents… alors que le petit ferry qui officie en amont fonctionne très bien. Orgueil et appât du gain une fois de plus à l’origine d’un immense gâchis. NICOLAS

Lakshni, l’éléphante “machine à sous”

Samedi, février 7th, 2009

Nous sommes allés au temple de Virupakse à Hampi et nous avons donné à manger à un éléphant. Quand nous lui donnions des pièces dans sa trompe, il les rendait à son maître et nous remerçiait en nous caressant la tête avec sa trompe. Quand nous lui donnions des bananes, il les mangeait avec la peau car il n’avait pas appris chez les Lockhart  à les éplucher avec une fourchette et un couteau (commentaire ajouté par Marie). C’était une éléphante coquette, qui portait de la peinture rouge sur son front. ANTONIA

Les singes de Hampi

Samedi, février 7th, 2009

Nous sommes arrivés du bus de nuit et nous vu avons une famille de singes : le mâle avait un fruit dans la main, la femelle avait un petit sur le ventre. Nous avons fait le tour de la ville et vu des énormes singes poilus qui traversaient la route et les gens klaxonnaient. Nous sommes allé à un temple où on pouvait nourrir un éléphant et  les singes restaient perchés sur le toit pour attraper la nourriture aux gens. Il y en avait deux sortes : les gris et les beiges. Les singes me font penser à l’Amazonie. DONATELLA

Introduction aux temples hindous à Hampi

Samedi, février 7th, 2009

Nous sommes allés dans le plus vieux temple de Hampi qui a 700 ans et qui mesure 53 mètres de haut. Par respect pour leur religion hindouiste, nous avons dû enlever nos chaussures à l’entrée du temple. Au 14 siècles, des rois ont régné pendant 200 ans avant d’être chassé par des musulmans nommés Mogols qui ont pillé toutes les pierres précieuses du temple et ont eu peur de Vishnou (un dieu). Sur des tours, il y avait des sculptures de Shiva, un autre dieu. Nous avons vu le hall où les pèlerins se reposaient et dansaient. A l’entrée  il y avait des inscriptions en sanscrit ( la langue des religieux). La dynastie de ces rois hindouistes était symbolisée par un animal très bizarre avec la trompe de l’éléphant, les dents du crocodile, les oreilles du lapin, les pattes du lion, le corps de la vache et la crinière du cheval. Sur un plafond étaient dessinées des scènes de la mythologie indienne et les couleurs étaient faites avec des produits naturels. Le dieu Vishnou s’est réincarné en poisson, en tortue, en cochon, en lion et en homme. En haut des colonnes où se perchaient les singes, nous avons observé des dieux en plâtre et en brique qui ont 700 ans et qui n’ont pas été détruits par les Mogols. La deuxième réincarnation de Shiva est le cobra à 7 têtes et à corps de tortue fait en cinq métaux : en or, en argent, en bronze, en fer et en cuivre. Par un phénomène d’optique, nous avons regardé par un trou l’ombre de la tour, éloignée de plus de 200 mètres mais à l’envers : c’est comme le cinéma ou les photos. Nous avons mis de la peinture rouge sur notre front. Ce symbole veut dire que le dieu nous protège. ARIANE

Tour de poussette à l’école de Hampi

Samedi, février 7th, 2009

En allant au bazar de Hampi, nous sommes passés devant une petite école primaire de village. Maman veut toujours que nous passions dire bonjour car ça fait toujours plaisir. Les petits garçons qui étaient en récréation jouaient tous à la toupie avec une ficelle qu’ils tiraient. Maman a essayé mais sans succès alors que papa y arrivait très bien en faisant rire les écoliers. Pendant ce temps les petites filles disaient toutes en même temps à Donatella et à Sybille « What is you name ? ». Les autres seuls mots qu’elles connaissaient étaient « chocolate », « chewim-gum », « school pen », et « one roupie please ».

Au moment où je sortais un stylo de ma poche, une main me l’arrache et part en courant avec. Je me retourne pour voir qui me l’a pris et voit Maman qui fait faire un tour de poussette à une petite écolière en uniforme, les autres enfants courant à côté et derrière pour avoir leur tour de fête foraine gratuit. Soudain leur institutrice  les appelle mais quelques filles,  pour obtenir un caillou, une carte de Père Noël, un bracelet ou quelques perles restent avec nous…J’ai remarqué que la plupart des enfants pauvres partagent toujours. Quand on donne à un petit mendiant un gâteau, il donne en premier à son petit frère. MARIE

Une arrivee ordinaire

Vendredi, février 6th, 2009

6 février, arrivée à Hampi, où comment la famille Métro-Savelli voyage…

 

Nous sommes arrivés à Hampi après une deuxième transhumance en bus de nuit. Le jour du départ, les filles ont bouclé leur sac avec une rapidité qui témoigne de 7 mois d’entraînement.

 

Nous descendons donc, fraîchement réveillés, encore un peu secoués des chaos de la route. Il fait déjà très chaud, bien qu’il ne soit que 9 h du matin. Le ferry que nous devons emprunter pour rejoindre notre guest house est à 1,5km. Nous décidons de les parcourir à pied. Les grandes ne se le font pas répéter 2 fois, elles prennent leurs sacs à dos, le gros derrière et le petit devant, et nous avançons de tâche d’ombre en tâche d’ombre, entourés d’une nuée d’enfants qui tendent la main pour recevoir de la nourriture ou de l’argent, ou qui veulent simplement connaître nos prénoms. Marthe a pris place dans sa poussette. Nicolas et Laure sont chargés comme des éléphants. Nous remuons un nuage de poussière et formons la nouvelle attraction de « Hampi Bazard »!

 

Pour parvenir à notre nouveau gîte, nous mettrons un certain temps, et j’ai vraiment été épatée du punch de Laure et Nicolas pour avancer, et du courage des filles.  J’ai pu mesurer à ce moment combien le voyage avait fait grandir chacune des MADAM, tant en autonomie qu’en endurance physique. Famille de baroudeurs! SYBILLE