Rapa Nui selon Ariane

Samedi, novembre 22nd, 2008

A l’Ile de Pâques, j’ai ressenti de la peur lors de la fausse alerte de tsunami mais en même temps, c’est très agréable de se réveiller avec le bruit des vagues et c’est super de voir de sa chambre les surfeurs sur l’eau !!! Où que tu sois, tu es à côté de l’océan puisque c’est une île toute petite. Je trouve qu’il y a beaucoup de chiens mais pas beaucoup de voitures. Il y a un magnifique artisanat en pierre ou en bois le matin au marché !!! J’ai beaucoup aimé la plage Anakena avec les mohais et j’ai adoré faire du snorkeling malgré la fraîcheur de l’eau. J’ai moins aimé le volcan Orongo mais le cratère était splendide avec les marécages et l’eau quasiment noire. Sans oublier les pétrogryphes et les magnifiques reflets des nuages dans l’océan. J’ai beaucoup aimé aussi avec Lili quand elle nous a fait la guide. Elle nous a expliqué des tas de choses. C’était super quand dans le port, nous avons aperçu 2 tortues d’1,50 mètres. J’aimais bien manger des glaces devant les rouleaux de vagues s’éclatant sur les rochers. Quand je prononce le mot « Ile de Pâques » ça me fait rêver. Même si on ne mangeait que du pain, je trouve que j’ai mieux mangé qu’à Santiago au restaurant !!! J’ai adoré les mohais avec leur gros nez de patates. Je trouve qu’il y avait beaucoup d’arbres dans la ville. Par contre, sur le sentier pour aller à un site, il y en avait peu. D’ailleurs certains disent  que la civilisation a disparu car il n’y avait plus d’arbres. J’ai adoré l’Ile de Pâques !!! Avec un super petit déjeuner dans le super hôtel avec Lili et Taddéo le Pascuan (habitant d’ici). C’était génial !!!!!!!!!!!!!! ARIANE

Note de l’éditeur : Vous n’avez pas raté le flash info de France Télévision sur le tsunami au large des côtes chiliennes. Nicolas ayant entendu la sirène à plusieurs reprises alors que les surfeurs sortaient de l’eau a préféré prendre ses précautions. Il a mis les gilets de sauvetage aux deux petites et nous a fait grimper en haut de la colline de l’église, au cas où…

Rapa Nui selon Donatella

Samedi, novembre 22nd, 2008

Quand je suis arrivée, j’ai ressenti de l’amour grâce à l’Ile de pâques et à sa beauté,mais aussi grâce à Lili qui nous a accueillis avec un collier de fleurs . Un monsieur nous à mis les bagages dans la voiture et ça m’a épaté. Je trouve que la langue est très jolie et très douce. J’ai aussi trouvé que c’était très calme au bord de l’eau et avec la roche et les gros rouleaux. J’ai  senti la nature car il y avait beaucoup de poissons et d’énormes tortues et beaucoup de chevaux et beaucoup de chiens .J’ai trouvée ça unique au monde : il y avait des volcans magnifiques, des falaises, des statues (nommées mohais) splendides.  Au pied des mohais, de l’eau fraîche. Mais l’Ile de Pâque était très sèche et il avait beaucoup de feux. J’ai senti l’odeur de la nature, de la joie de vivre et de la mer sur cette Ile !

Petite histoire du Nombril du Monde

Vendredi, novembre 21st, 2008

Située à  3750 km des côtes du chili et 4000 km de Tahiti, l’Ile de Pâques est le morceau de terre le plus éloigné de tout autre lieu habité. Nous sommes dans le Pacifique Sud, le vent souffle 320 jours par ans, différentes strates de nuages défilent à différentes vitesses au dessus de nous, assurant sur les volcans et les rochers un éclairage digne d’une super production holywoodienne … en plein air. En l’occurrence un drame historique et un musée en plein air combinés sur un petit bout de caillou triangulaire où vivent aujourd’hui 4000 personnes  et quelques centaines de touristes, 3000 vaches, 2500 chevaux, quelques centaines de moutons et surtout… 1000 statues de pierre mesurant jusqu’à 20 mètres de haut et pesant jusqu’à 80 tonnes…

Ici au milieu de nulle part a émergé une culture extraordinairement belle, venue probablement de Taiwan via une bonne partie des îles polynésiennes, à la rame et à la voile, avec comme tout instrument de navigation une brillante connaissance des vents, des étoiles et de la nature en général (odorat, repérage des graines volantes et des oiseaux…). Est est né  un culte des ancêtres d’une immense richesse, les chefs de villages se faisant construire une effigie de pierre avant de mourir, pour mieux surveiller leur village une fois cette terre quittée. Seulement voilà, comme les églises du Québec, cela est devenu une compétition et un instrument de pouvoir, nourrissant une compétition grandissante entre clans et tribus. A tel point que ces statues ont fini par accaparer toutes les ressources de l’île, occupant des milliers de personnes à les sculpter et à les transporter. Pour nourrir et payer ces ouvriers –en nature car l’argent n’existait pas il a fallu couper les forêts et transformer en champ toute terre capable de porter une récolte, même les flancs des volcans pourtant battus par les vents. La compétition s’accélérant, les bûchers de crémation aidant,  les phénomènes climatiques du genre « El Nino » s’en mêlant, le château de cartes s’est écroulé, probablement par une révolte du peuple contre ses chefs et des incendies s’en suivirent et  finirent de ravager l’île. Un vrai  « Collapse » comme l’écrit l’auteur américain Diamond. Et ce malgré un sursaut d’intelligence collective à la fin du XVIIIème siècle, après 50 d’errance, lorsque les chefs spirituels de l’île créèrent le culte de « l’homme oiseau ». Chaque année, jusqu’à l’arrivée des missionnaires en 1864, les hommes de toute l’île allaient se rassembler sur le cratère du volcan Horongo, et rivalisaient de courage pour descendre les falaises à pic sur le Pacifique afin de rejoindre l’îlot voisin et tenter de trouver le premier œuf de frégate de l’année. L’heureux gagnant, qui avait parfois dû attendre plusieurs semaines sur l’îlot désert, allait diriger l’île pendant les 12 mois suivants, reclus comme une relique dans son village mais ayant le dernier mot sur toutes les décisions importantes : le partage d’une grosse prise de pêche, la répartition des terres … et bien sûr le culte religieux . Lui était amenée après 5 mois d’isolement total pour lui blanchir la peau et lui faire pousser les ongles une jeune femme vierge choisie parmi toutes celles de l’île.  Ce rituel stabilisa les révoltes et les attaques entre tribus mais ne suffit pas à rétablir l’environnement de l’île.

Dans le dernier quart du XIXème siècle, il ne reste que quelques centaines de personnes affamées et rongées par les maladies : les Européens ont tué des habitants à chaque expédition et surtout les Péruviens sont passés par là et ont envoyé en esclavage dans leurs mines 2000 personnes, soit 80% de la population. Quelques rares survivants sont rentrés, porteurs de la variole et d’autres maladies contagieuses…    

Lorsque les Chiliens annexèrent l’île en 1888, ils en firent une vaste ferme d’élevage ovin qu’ils louèrent à une société privée anglaise… et ce jusqu’en 1985…Les 50 000 moutons qui séjournèrent pendant près de 100 ans sur l’île achevèrent le travail d’érosion du sol et de la biodiversité entrepris 3 siècles auparavant. 

Depuis 1985, grâce aux archéologues puis au développement du transport aérien, l’île a trouvé un nouveau souffle ; il n’y a presque plus de moutons sur l’île, mais 2500 chevaux et 3000 vaches, ce qui est probablement encore 2 fois trop. Et surtout, les touristes commencent à arriver en masse : 10 000 par an il y a 15 ans, 60 000 l’année passée. Le seul village de l’île, Hangaroa (ou étaient parqués les habitants de l’île pendant la période « ovine » pour ne pas qu’ils contaminent colons et animaux- la léproserie a fermé il y a une quinzaine d’années), compte 4000 habitants. Il y a maintenant plus de 100 taxis et au moins autant de 4×4 à louer, sans parler des quads et peut-être bientôt des scooters des mers (heureusement , il y a beaucoup de vent par an et la mer est donc la plupart du temps formée, avec des rochers acérés et un lagon dangereux)…

La roue continue donc de tourner. Tout repose à date sur Lan Chile, la compagnie aérienne chilienne, qui a doublé ses rotations ces dernières années et semble bien peu se soucier de l’impact du développement du tourisme. 80% des terres appartiennent à l’état chilien (dont la moitié aux parcs nationaux, qui sont bien tenus il faut le reconnaître), l’élevage libre en divagation est la pratique la plus courante, et avec lui l’écobuage incontrôlé, qui est certainement le premier problème environnemental de l’île. Comme partout, l’herbe repousse bien après les incendies, puis  au bout de deux ou trois ans, le sol commence à s’appauvrir rapidement, l’érosion à apparaître, les crevasses à se creuser. Il suffit de regarder les pentes des différents volcans pour voir que l’érosion progresse, et se promener au village par jour de vent pour voir la couleur de ses chaussures en rentrant…rouge !Un programme de reforestation, initié par l’Ambassadeur de France au Chili il y a 4 ans, et fédérant les principaux ministères chiliens ainsi que la collectivité territoriale locale a posé de bonnes bases pour une action concertée, et replanté une vingtaine d’hectares d’Aito, un genre de tamaris polynésien qui résiste bien au vent, ainsi que quelques hectares de fruitiers. Cependant le principal problème, celui de l’élevage et des incendies, demeure, et l’île ne tardera pas à avoir des problèmes d’eau si le tourisme n’est pas contrôlé dans son expansion.

 

L’Ile de Pâques est donc à la fois un résumé des tribulations de  l’histoire humaine, avec ce qu’elle a de plus beau mais aussi et de pire, et un  laboratoire de développement humain dont on peut certainement extrapoler beaucoup…    

NICOLAS

Nos connaissances sur l’île de Pâques

Jeudi, novembre 20th, 2008

Au cours d’une promenade avec Lili, nous avons pris en note la plupart des informations qu’elle nous a communiquées sur la civilisation qui a construit les célèbres Mohais de l’ile de Pâques.

Les statues :

Dans l’île, il y a 1056 mohais, construits entre le XIIème et le XVIIIème siècle. . Au début, les mohais était jaunes mais comme la pierre s’est oxydée, ils sont devenues gris.  En moyenne une statue pèse 20 tonnes. Les mohais ne font pas la moue mais ils ont toujours la bouche en avant naturellement comme les Polynésiens. Les oreilles ont l’air longues car elles sont plates et pas arrondies. Les statues représentaient un chef du village ou un descendant d’un roi car sous ces statues, quand le chef était mort, il y avait ses os d’un chef et même s’il était mort, son pouvoir montait en cette statue et se rediffusait par le regard du mohai sur le village. Sur leur tête est posé un chapeau : en fait ce ne sont pas des chapeaux mais les cheveux attachés car pour eux, les cheveux étaient importants car c’est la partie du corps la plus rapprochés du ciel. Pendant la révolution, toutes les statues ont été renversées face contre terre pour que leurs yeux en corail soient cassés.

Volcan Rano Raku :

Dans le volcan Rano Raku, il y a 395 mohais dont 148 cassés. C’est ici l’endroit où ils sculptaient et qu’ils emportaient les mohais aux sites Nous avons vu une statue cassée en 3. Dans ce volcan, toutes les statues sont à moitié enterrées. Tous les sculpteurs commençaient d’abord par la tête. Le toki était l’outil en pierre pour tailler ces statues. Nous avons vu la plus grande statue de l’île : 21 mètres. Une autre statue mesurait 18 mètres et rien que sa tête mesurait 4,50. En travaillant tous les jours, en 5 mois ils avaient sculpté  la statue mais ils ne travaillaient pas tous les jours car l’argents qu’ils gagnaient était la nourriture et il n’y avait pas de la nourriture tous les jours. Pour fabriquer cette pierre, il fallait du sable, de la terre et de la roche :ça s’appelle le tuf. Dans l’île, il y avait 250 villages. Les statues étaient numérotées. Sur une statue, nous avons vu qu’elle avait un tatouage. Ce tatouage se faisait avec de la suie de plantes. (more…)

Toutes artistes à l’Ile de Pâques

Mercredi, novembre 19th, 2008

Toutes artistes, grâce à Alice  pour la fourniture du matériel d’aquarelle de voyage à Marie …. et à Marie qui nous a transmis le virus. Regardez : Antonia n’est pas en reste.

Réductrice de têtes à Rapa Nui

Lundi, novembre 17th, 2008


Le must, ce n’est pas le kyte-surf, les tatouages polynésiens, le dernier cocktail végétarien ou encore la plongée dans les eaux les plus limpides du Pacifique…

Le must, c’est de se faire couper les cheveux à la Pelluqueria de Monica Bellen.

Petite quarantaine bien portée, visage d’enfant des rues mais certainement pas colombe de l’année, solide comme une polynésienne, souriante comme une brésilienne, pas chilienne pour un sou, Monica vous accueille avec chaleur et nonchalance. De quoi faire rêver et jazzer mes copains fontenaysiens et parisiens. Son salon est face à l’océan Pacifique et aux statues moais, excusez du peu !

Laure m’avait suggéré de me faire couper les cheveux à l’Ile de Pâques, ayant loupé l’opportunité de me faire rafraîchir à Alter do Chao en Amazonie par une certaine Unity ; elle pensait que mon ami Sylvain, à qui est dédicacé ce petit texte, en serait très jaloux !

Elle ne savait pas par contre qu’elle allait créer une réalité bien concrète, celle d’une pelluqueria plantée à 50m de notre auberge dans ce village au bout du monde qui n’en comprend probablement pas d’autre… ici nous sommes à 3750 km du Chili, à 4000 km de Papeete, dans l’île habitée la plus éloignée au monde de toute autre terre habitée. Quatre mille habitants sans compter les touristes, beaucoup de chiens et chevaux et plus de mille statues à l’origine comme au regard mystérieux. Chauves ces statues donc pas clientes de Monica, qui ne semble pas s’en plaindre.

La boutique, pardon le salon de pelluqueria de Monica Bellen ne comprend qu’un siège… mais un salon, des rangées de prêt à porter, de la musique brésilienne, des tas de choses à vendre pour le bien être du  corps et de l’âme. Car Monica coupe les cheveux, masse (toutes les parties du corps –sic…je ne me suis  pas trop étendu sur la question, calmez vous Messieurs), lit le tarot, est conseillère matrimoniale, vend des articles de mode et produit des aliments diététiques pour surveiller son poids. Péruvienne, une grand-mère espagnole, une allemande, elle a grandit ici puis est partie vivre à Santiago avant de revenir ici il y a trois ans. Elle est allée 5 fois en France, autant en Allemagne et en Suisse, parce qu’elle aime l’Europe et pour y trouver un mari… Bref, un personnage haut en couleurs, qui me coiffe en 20 mn chrono, avec l’aide attentive d’Antonia et de Donatella qui regardent en même temps les poissons tropicaux de son économiseur d’écran et Marthe qui danse la samba. Me voilà entré dans la branchitude de la jet set top tendance, et rafraîchi pour quelques semaines. Plus qu’à faire attention au soleil, car un 17 novembre, cela tape dur à Rapa Nui ! NICOLAS

Prendre ses aises à l’île de Pâques

Dimanche, novembre 16th, 2008

Après le dortoir bruyant et odorant de Santiago, le bungalow à quatre chambres de chez « Taddeo et Lili » s’annonce comme un havre de paix pour découvrir l’île de Pâques. Marie apprécie les parures de lit, la décoration intérieure, les motifs en galets qui pavent le chemin, les sculptures en bois de style pascuan de Taddeo et les multiples fleurs du jardin. Elle est contente d’entendre les chevaux passer, au petit matin, sur la route qui sépare notre hôtel de l’océan, derrière le muret de pierres volcaniques. Toutes les filles étaient ravies d’être accueillies avec un collier de fleurs et souhaitaient le remporter à Fontenay : c’est oublier la douane chilienne, plus stricte au sortir de Rapa Nui qu’à l’entrée à Santiago parait-il…Nous avons donc immortalisé nos parures florales face à l’océan. Nous sentons que le rythme va être calme et reposant, à profiter de la nature, de la quiétude de ce lieu excentré, de la magie des mohais et du copieux petit déjeuner, avec jus de bananes-goyaves, confiture, crème de lait, fromage et charcuterie…L’ile de Pâques s’annonce sous les meilleurs auspices.