Volontaires chez Isha du monde entier

Dimanche, mars 15th, 2009

Interviews menes par Ariane aupres de volontaires rencontres a Isha.

Suzanne, 38 ans, néerlandaise.
Où habitez vous ?J’habite dans un centre de yoga près de Coimbatore en Inde. Isha c’est une organisation qui est dédiée au bien être de chacun et au bien être de la communauté surtout par le yoga.

Quelles sont vos fonctions chez Isha ?J’enseigne le français à l’école, je m’occupe de l’emploi du temps du fondateur Sadhguru, je m’occupe de ses conférences : je suis volontaire.

Aimez-vous votre métier ?J’aime beaucoup vivre dans cet endroit mais ce n’est pas vraiment un métier .

Quels sont les inconvénients ou contraintes ?Je travaille beaucoup mais c’est un travail passionnant où il y a des situations inattendues.

Quelle est votre expérience la plus marquante ?Mon expérience la plus marquante a été d’être initiée à la méditation.

Pourquoi avez-vous choisi cette expérience ?Car je voulais faire quelque chose positif de ma vie et de la vie des autres.

Depuis quand êtes-vous ici ?Je suis ici depuis 3ans et tous les six mois je repars en Europe.

Marie, 43 ans, française.

Quelles sont vos fonctions chez Isha ?Je suis en charge de trouver de l’argent et des partenaires pour le projet de reforestation GreenHands, je suis volontaire.

Aimez-vous votre métier ?Je suis heureuse de faire ça. Pour moi ce n’est pas un métier mais ça fait partie de ma vie.

Quels sont les inconvénients ou contraintes ?Il faut trouver de l’argent vite car la situation va s’aggraver sur l’environnement.

Quelle est votre expérience la plus marquante ?Toutes mes rencontres avec Sadhguru et, de plus en plus, de planter des arbres avec des gens des villages voisins. C’est d’ailleurs pour ça que je suis restée à Isha.

Pourquoi avez-vous choisi cette expérience ?A cause de mes deux expériences marquantes. La chose dans ma tête est de planter des arbres et de réussir le projet.

Depuis quand êtes-vous ici ?Je suis ici depuis 3ans et tous les six mois je repars en France.

Anaan, 24 ans, indien

Quelles sont vos fonctions chez Isha ?De reverdir le Tamil nadu.

Aimez-vous votre métier ?Oui beaucoup.

Quels sont les inconvénients ou contraintes ?C’est que les gens savent que ça va mal, reconnaissent que les arbres sont importants mais ne veulent pas en planter, pas se bouger.

Quelle est votre expérience la plus marquante ?J’en ai deux.A 20 ans, je suis allé dans des villages touchés par le tsunami de 2004. J’ai mangé avec eux pendant un an pour après reconstruire des maisons et planter des arbres. Manger avec eux, ça a débloqué.

En 2006, nous voulions faire une journée pour planter 700 000 arbres et inscrire cette réussite au livre des records. Pendant un an, je n’ai fait que travailler et deux semaines avant le grand jour, j’ai attrapé la varicelle mais j’ai continué à travailler malgré la fièvre. Le jour même, j’étais cloué au lit sans pouvoir rien faire donc je n’ai pas pu participer. Le soir, à la télé, j’ai vu qu’Isha avait planté 850 000 arbres avec 300.000 personnes Plus que prévu !!!!!!!!!

Pourquoi avez-vous choisi cette expérience ?Quand j’était petit, j’allais dans la forêt sauvage et j’ai vu des tigres, des éléphants, des léopards… et au fur et à mesure, je voyais que la forêt était en train de disparaître et je voulais que mes enfants aussi voient ça.

Depuis quand êtes-vous ici ?Je suis à Isha depuis dix ans et depuis qatre ans je participe au projet GreenHands. C’est mon père (en photo) qui a initié ce projet.

Tina, 32 ans, libanaise

Quelles sont vos fonctions chez Isha ?Je suis professeur d’ingénierie interne, c’est un cours qui enseigne comment vivre tout le temps heureux.

Aimez-vous votre métier ?J’adore !!!!!!!!!

Quels sont les inconvénients ou contraintes ?Il n’y a pas vraiment de contraintes à part que je voyage beaucoup. Toutes les deux semaines, je pars en Malaisie enseigner.

Quelle est votre expérience la plus marquante ?Le jour où j’ai goûté au silence. Une expérience explosive car dans ma tête ; il n’y avait pas de bruit.

Pourquoi avez-vous choisi cette expérience ?Je trouve que c’est une bonne façon de changer le monde doucement.

Depuis quand êtes-vous ici ?Depuis 8 ans et tous les 6 mois je repars au Liban.

Quel métier faisiez-vous avant d’être volontaire ?Je travaillais dans la gestion hospitalière, en salle d’urgences. C’était très stressant.

Quelles qualités faut-il avoir pour être volontaire ?D’avoir envie de partager son bonheur avec tout le monde car c’est une joie immense.

Nagarupa, attrapeur de serpents

Samedi, mars 14th, 2009

Nagarupa : l’un des nombreux noms utilisés pour Shiva, le premier yogi et le nom donné par Sadhguru à l’un des « moines » d’Isha. Naga comme « naja » le serpent car Nagarupa est capable de sentir la présence d’un reptile, de nuit, en voiture ! Le serpent est un animal important dans la spiritualité du yoga car il transmet l’énergie. Ce moine a donc toujours un sac de jute sur lui et il se passe rarement une journée sans qu’il attrape une de ces bestioles rampantes. Son seul objectif est de la montrer aux enfants des villages ou de l’école pour qu’ils se familiarisent avec cet animal et ne le tuent pas. Aujourd’hui, c’est à nos filles qu’il fait une démonstration. La peur de la bête est inversement proportionnelle à l’âge : preuve sur les photos… Nous avons échappé belle à ce que Marthe garde le serpent pour le reste du voyage.

Initiation au yoga

Vendredi, mars 13th, 2009

Retour à Isha, dans l’ashram proche de Coimbatore, après une dizaine de jours passé dans le Kerala. Les filles sont contentes de retrouver des lieux et des visages connus mais un peu inquiètes à l’idée d’être seules pendant notre formation : Marie n’est guère enthousiaste à l’idée de servir de traductrice pour ses sœurs, Ariane ne veut pas coucher dans une chambre sans adultes. Pour ma part, je ne suis pas très rassurée de laisser Marthe à des inconnus qui ne connaissent pas sa témérité. Heureusement que nous retrouvons sur notre chemin trois Francophones qui vivent à l’ashram: Marie, Suzanne et Tina. C’est sûr, elles vont simplifier notre séjour. D’ailleurs, tout commence bien : nous sommes logé dans la suite présidentielle, la chambre de la propriétaire du journal « Times of India ». Un bain, une douche, une décoration bois et bambou haut de gamme, un lecteur de DVD, une bouilloire comme en Australie : le luxe. Récurage général avant d’oser utiliser lits ou fauteuils.

Deuxième bonne surprise : pour les participants au programme de « Inner Ingeeniring », trois repas sont servis alors que nous pensions reprendre  le rythme 10h-19h. Et quand quantité rime avec qualité, c’est le bonheur.

Troisième surprise : massage inclus dans le programme. Me retrouver, pourvue d’un cache sexe, à me faire arracher les cheveux et entendre le flip-flop graisseux émis par mon postérieur n’a pas été à mon goût mais Sybille et Nicolas ont été grand amateur. Comme quoi…

Dernière surprise : le contenu de la formation puisque nous avons été inscrits à ce module par le hasard du calendrier. Nous voilà donc embarqués, avec un groupe d’une cinquantaine de participants en grande majorité Indiens, dans trois jours qui sont sensés changer notre vie. Pour ma part, ambition limitée : tout ce que je souhaite, c’est apprendre à augmenter mon énergie et à mieux la contrôler. En effet l’exemple des enfants de Isha Home School a été marquant pour moi et j’imagine que la pratique du yoga est pour beaucoup dans leur vivacité et leur concentration.

Vous l’avez deviné : je ne vais pas reprendre tout ce qui nous a été enseigné. D’ailleurs, les mises en garde sont nombreuses sur la tentation de se muer en prof de yoga et je n’ai nulle envie de devenir une active promotrice de ce yoga dit divin.

Les références indiennes étaient constantes : dénomination des postures, citation et allusion à la vie de yogis, fresque murale reprenant les étapes  du fondateur du yoga, rite de remerciement avec des fleurs et de l’encens, chants …. Elles m’ont permis de me rendre compte de la grande spiritualité et de la longue histoire qui imprègnent ce pays mais elles ont surtout été un obstacle pour moi, entre autres choses sur la place accordée au gourou. La relation à la religion m’a aussi gênée : même si les signes des grandes religions sont représentés à l’entrée du temple, les rites hindous sont bien plus nombreux. Dans le même temps, le formateur tournait en dérision toutes les religions, vues comme de pâles moyens de rassurer les foules alors que Dieu se trouverait en chacun de nous dès lors que nous sommes capables d’aller au-delà ou au plutôt au dedans, par les pratiques du yoga.

Pas convaincue donc mais ayant retenu quelques phrases : « Vivre chaque moment comme s’il était le dernier », « Se lancer dans la vie comme un enfant dans un jeu », « Décider d’être dans la joie ».

Reconnaissante pour l’accueil que nous avons reçu, l’attention qui nous a été portée : une organisation parfaite reposant uniquement sur des bénévoles, la prise en charge des filles par des personnes pourtant amplement occupées par leur travail et leurs pratiques de yoga, l’enthousiasme des volontaires qui consacrent leur vie à la promotion de la spiritualité de Sadghuru. Même si je suis peu d’accord avec ce que j’ai compris du message et à défaut d’avoir réellement expérimenté des changements, je reste admirative des projets lancés par Sadghuru et de la coopération qu’il obtient de la population, que ce soit pour planter des arbres, éduquer les enfants de la campagne, soigner les sidéens, apporter des soins dans les endroits reculés, donner espoir dans les prisons….

L’ashram d’Isha

Mardi, février 24th, 2009

Ils sont fous ces yogis… je m’en doutais. Et quand j’ai vu ces rangées de personnes assises en rang d’oignon sur des nattes de paille, femmes et hommes se faisant face, malaxant leur riz et curry dans leur main droite en silence et buvant de l’eau chaude, je me suis demandée à quelle sauce nous allions être mangés. Attendons le lendemain pour qu’Ariane vous raconte notre première journée dans les collines boisées de Coimbatore, accompagnées d’une volontaire libanaise francophone :

« Nous sommes allés visiter un temple où des gens chantaient pendant que les autres méditaient. Il y en avait qui faisait n’importe quoi comme tirer la langue, bouger partout…..car leurs énergies explosent. Comme avec Sadhguru quand il a tapé des mains, beaucoup de personnes ont crié………on dirait qu’ils étaient devenus fous. Dans ce temple, il y avait une représentation de l’homme car en nous, nous sommes à droite femme et à gauche homme et la représentation de la femme c’est un arbre. Nous avons vu une sculpture du yogi Shiva qui est devenu serpent donc qui est mi homme mi serpent et qui a inventé le yoga. Nous avons vu des enfants d’une école spéciale qui font de la peinture, des arts martiaux, du chant, un peu de mathématique et d’anglais…..et qui pendant 10 ans restent dans cette école : chaque année chaque élève élimine une matière jusqu’à se concentrer sur deux matières seulement. Filles et garçons portent un uniforme beige et rouge mais différent par sexe : heureusement car les garçons ont les cheveux longs. A 4 h 30 du matin, les enfants sont debout et ils terminent l’école à 8h le soir. Ils s’aident beaucoup entre eux car ils ont des âges différents. De temps en temps nous entendons comme un chien mais en fait, c’est des gens qui méditent en criant. C’est une des 8 pratiques du yoga, comme nous l’a expliqué Marie, une volontaire française qui travaille depuis trois ans pour financer les projets de Sadhguru. Il y a beaucoup de gens qui ont de la peinture blanche sur cinq parties du corps dont le front, le cou, le ventre….c’est là où sort et rentre l’énergie du corps. Nous avons vu des petites plantations du projet Green Hands qui a permis de planter 850.000 arbres en trois jours avec 250.000 personnes. Nous sommes allés nous baigner dans une piscine souterraine : au milieu est placé du mercure solide. On place sa tête dessus et on reçoit de l’énergie. Donatella a senti l’énergie qui entrait et sortait !

Ici, on ne mange que le matin à dix heures puis le soir mais il y a une cafeteria. C’est un peu bizarre, surtout que l’on ne mange que des légumes, des fruits et des céréales (une dame gentilles nous apporte aussi du pain), généralement assis dans l’herbe. Mais je me suis rendue compte que quand il faut attendre le matin et marcher pour aller déjeuner, on réfléchit plus à ce qu’on mange : en plus, c’est le Carême. Nous avons toutes acheté une bague en cuivre représentant un serpent enroulé : beaucoup de personnes ici portent cette bague car elle permet de conduire l’énergie. Mais Maman n’a pas voulu en avoir une. ».

Et oui, il ne faut tout de même pas plonger trop vite dans la marmite, les enfants sont bien assez rapides à s’y jeter.

La nuit de Mahashivarathri

Lundi, février 23rd, 2009

Ca y est, c’est aujourd’hui ! Cela fait un an que je l’attends ! Dans le mystère (je ne sais pas vraiment ce qui va s’y passer, si ce n’est que des centaines de milliers de personnes y sont attendues), une légère appréhension (pour les mêmes raisons), une grande excitation. Je suis convaincu qu’il va se passer ici et dans les jours qui viennent des choses importantes pour moi, pour nous, et qu’une nouvelle étape va s’ouvrir. C’est pour cela que nous sommes ici.

Dans la voiture qui nous ramène des Nilgiri Hills, les collines de thé du nord du Tamil Nadu, il y a Adeline et Sylvain Desjonquères, qui nous ont rejoint pour trois jours, curieux eux aussi de mahashivarathri ; et puis Sybille et Marie (qui a beaucoup insisté pour venir) et moi en plus du chauffeur. Il fait très chaud, mais peu à peu nous quittons le bruit, la poussière et la pollution de la ville. Au fur et à mesure que la végétation et la fraîcheur reviennent, nous nous rapprochons de montagnes sur lesquelles le soleil descend. Je suis au téléphone avec Accor pour régler un problème avec une ONG en Malaisie ; je suis calme, les choses s’arrangent naturellement, vite, dans une relative facilité ; je reste centré sur notre destination. Le soleil descend sur l’horizon, la forêt apparaît au loin sur la montagne, la campagne s’anime de plus en plus au soir tombant, nous allons à toute allure. Les gens affluent de partout sur cette route en cul de sac. Faire venir des centaines de milliers de personnes ici est un défi au bon sens.

Après un petit jeu de piste pour récupérer les billets d’entrée, et un second pour trouver le parking et avoir une chance de retrouver la voiture dans quelques heures…,nous descendons enfin de voiture, dans un immense champs aménagé au pied de la montagne, à 2 kms de l’ashram (lieu de spiritualité). Tout est parfaitement organisé, des centaines –des milliers probablement- de volontaires font la circulation, distribuent de l’information et guident les arrivants de plus en plus nombreux avec sourire et efficacité.

Nous calculons le nombre de palmiers entre la voiture et le pilier éclairé le plus proche et déjà nous entrons sous un grand hall construit pour la circonstance. Ouvert, avec une allée centrale creusée dans le sol rouge où déjà les gens défilent pour apporter des offrandes vers l’avant, au pied d’une grande estrade où la musique raisonne joyeusement. Des milliers de gens sont déjà assis, indiens de la région en costumes traditionnels à couleurs vives, et pas mal d’étrangers également.

Un chant mélodieux annonce Sadhguru, le guru fondateur de Isha Yoga (Divine yoga) et de Isha Foundation (qui mène entre autres un projet de reforestation géant -c’est comme cela que j’ai connu Isha). Il avance lentement vers la scène et s’y assoit. Il est comme sur les photos qui tapissent la ville pour annoncer l’événement : un vrai fakir des mille et une nuits, longs cheveux blancs frisés, barbe encore plus longue, abondante et généreuse, turban et un sari blancs aussi simples qu’élégants. Il est beau, joyeux, a une démarche chaloupée un peu surréelle, avance sans escorte ni trompette mais dans le silence et la ferveur à la fois. Il s’assit en tailleur, et commence à nous parler dans un anglais dont chaque mot se détache comme une goutte d’eau qui tombe d’une stalactite, « crisp and sharp ». Il explique très sobrement ce qu’est Mahashivarathri : la nuit la plus longue de l’année, sans lune, fait se démultiplier l’énergie humaine de façon extraordinaire ; cette énergie donne l’occasion d’accéder à une dimension plus intérieure de soi, d’avancer dans la connaissance de soi. Plus on reste debout tard, mieux c’est, l’idée. Il y revient à trois reprises : ne vous couchez pas, chargez vous d’énergie ; le programme est simple : alternance de musiques traditionnelles et du monde, avec des séances de méditation. Dehors, à quelques dizaines de mètres, il y a aussi des jeux comme dans une fête foraine, une grande roue où les gens rient et hurlent de peur en même temps ; de la distribution de nourriture végétarienne, et une présentation de toutes les activités de la Fondation Isha, de la plantation d’arbres aux cliniques mobiles en passant par les écoles rurales. L’ambiance est familiale, joyeuse, colorée, tonique.

 

Après le discours de Sadhguru, nous nous levons pour aller découvrir avec Sylvain et Adeline les activités de Isha Foundation. La première personne sur laquelle je tombe est Marie Rischmann, française vivant à l’ashram et avec qui je suis en contact depuis un an à propos de PGH : Project Green Hands (voir article dédié) ; Marie est en charge de la recherche de financements pour ce projet de replantation qui détient le record d’arbres plantés en une seule journée : 800 000 !!!! Marie est habillée à l’indienne, très élégante, et nous accueille avec gentillesse et attention. Elle nous montre le stand de PGH, les photos du projet qui pendent de branches de bois, les témoignages de fermiers, les plants de manguiers et de goyave rassemblés pour la circonstance. Elle nous présente également Anand, le responsable plantation du projet. Anand a 24 ans, une très belle prestance et un magnifique sourire et surtout une assurance étonnante, ni prétentieuse ni racoleuse mais pleine d’énergie et de vie.

Déjà il faut retourner à nos sièges pour la première méditation : Sadhguru revient, et entame sans tarder un mantra (quelques mots, ou plutôt sons de sanscrit dont les vibration plus que la signification sont porteur d’énergie). « Maa shiva ya » « Maa shiva ya »…. Dès les premières secondes, c’est un souffle super puissant, comme une déflagration, comme lorsque les hauts parleurs d’une sono trop forte vous fait physiquement reculer. Nos voisins pour certains sont déjà rentrés dans une sorte de transe, bougeant la tête ou les bras de façon apparemment désordonnée. Je sens l’énergie monter, ce son « maa shiva ya » monte des entrailles, du fond, du tout fond, et fait vibrer tout le corps ; je sens la vie en moi, un peu brute ; je n’ai pas peur mais c’est très fort ; je me retourne pour regarder Marie et Sybille. Marie est surprise, un peu inquiète, mais pas plus. Sybille va bien aussi. Devant, Adeline suit le mantra visiblement dans la sérénité, Sylvain a un peu plus de mal, surtout depuis qu’un volontaire lui dit avec un peu trop d’insistance de fermer les yeux … L’énergie continue de monter. De temps en temps, Sadhguru touche ses doigts, les fait légèrement claquer. L’énergie change, le comportement des gens aussi. Je ne saurai pas dire ce qui se passe, mais ce qui est sûr c’est que les énergies montent et circulent ! Puis tout d’un coup il s’arrête, et instantanément avec lui tous ceux qui gesticulaient. Pas de cris, pas de syncopes, le calme revient de suite. Sadhguru s’en va discrètement. Puis arrivent des musiciens traditionnels, visiblement très connus et révérés (leur présentation prend 10 bonnes minutes !). Quand ils se mettent enfin à jouer, tout le monde se met à danser, chacun à sa façon, dans la joie et la bonne humeur. Tout le monde danse, s’amuse, la vie est là. Je suis stupéfait du contraste avec il y a quelques minutes.

Nous repartons aux stands, cette fois celui de Isha Home School. C’est le comptable qui nous accueille et nous expliques valeurs, pratiques et cursus. Là-bas de l’autre côté du chapiteau il y a de quoi manger : une salade et des pois au curry ; nous nous y rendons en observant au passage la longue queue des participants qui apportent leurs offrandes, fleurs ou argent devant la scène.

Ca y est, il est minuit, c’est l’heure de la seconde méditation. Nous n’avons pas le temps de revenir à nos sièges, elle a déjà commencé ; nous la suivons donc à distance, ce qui ne déplait pas à certains d’entre nous. Cette fois ci l’énergie est toute autre ; Sadghuru médite un autre mantra, plus lent, plus contemplatif ; cela ressemble plus à une prière. C’est apaisant, tranquille, mélodieux ; Cela dure une grosse demie heure. Nous sommes assis dehors, sous les étoiles. La scène est à la fois surréaliste et incroyablement réelle. Nous sommes bien là.

La musique revient, plus moderne, plus dansante encore. Cette fois c’est la fête populaire. Tout le monde se déchaîne, il faut faire attention en se baladant à ne pas se faire renverser ; Mais la bonne humeur et la gentillesse sont partout. C’est juste la fête.

Il est déjà une heure et demie. Sylvain travaille demain. Nous allons rentrer. Il faut juste retrouver la voiture, mais nous avons pris nos précautions et cela se fait facilement. Déja nous filons derrière un cortège de motos et de voitures qui sortent du champs et foncent dans la nuit vers la ville. La musique et la fête continuent. Shiva n’est pas couché, les yogis et leurs sympathisants non plus. Et dire que comme le rappelait Sadhguru en début de soirée, il y a avait des fêtes comme celle-ci chaque jour dans l’Inde d’antan…