Suite de la léproserie, sur les traces de Jean-Paul II et de Cécile

Jeudi, juillet 30th, 2009

Hier, nous avons oublié de signer le livre d’or de la léproserie. Une des soeurs de Saint Joseph de Cluny nous l’apporte chez Mélanie, une ancienne postulante de la congrégation qui a ouvert une maison d’hôtes après son mariage et qui nous donne le couvert et le gite pendant notre séjour à Fianarantsoa. En attendant que les enfants rédigent un mot personnel, je feuillette le livre et découvre d’illustres signatures : le nonce apostolique, Jean-Paul II et Cécile Chardot, la marraine d’Ariane qui a séjourné à Mahana à Noël 1987 et sans laquelle nous n’aurions jamais visité ce lieu et rencontré les soeurs Catherine et Geneviève. Il va falloir être à la hauteur dans notre prose. Heureusement qu’en laissant parler notre cotre coeur, les mots viennent tous seuls.

« Merci pour la visite de la ferme avec Soeur Catherine.  ANTONIA et MARTHE le jour de sa fête »

« Vous faites un magnifique travail; j’aimerais bien vous aider. Les lépreux sont très joyeux; ils ont l’air très bien accompagnés et prient très bien. DONATELLA »

« Ca a été un grand plaisir de passer à la léproserie pour quelques heures. Nous avons même pu goûter aux gâteaux à l’orange de Soeur Geneviève qui a aujourd’hui 103 ans et demi. C’est la première fois que je rencontre une personne de cet âge là et qui est en pleine forme. C’est exceptionnel de rencontrer ces gens qui ont sont lépreux mais qui ont une telle joie de vivre. Ca m’a beaucoup touché de voir ces gens aussi croyants au chapelet et c’était rigolo quand ils ont ri parce que les chiens nous poursuivaient. Je garderai dans mon coeur ce moment touchant. ARIANE. PS : Merci à Cécile de nous avoir conseillé vingt deux ans après sa visite de Noël 1987. »

Merci de nous avoir si gentiment accueillis à Mahana. Bravo pour votre magnifique travail et bravo aux lépreux pour leur joie de vivre et leur entraide. Les gâteaux à l’orange de la soeur centenaire étaient délicieux : nous n’en avions jamais mangés de pareil. C’était la première fois que nous visitions une léproserie et ce fût une grande expérience pour tous. MARIE.

PS : Pardon Soeur Catherine de vous avoir « bombardé » de photos. Vous serez bientôt célèbre sur le blog et à Fontenay »

« Chacune de nos cinq filles a tenu a écrire ce qu’elle avait aimé et ressenti à Mahana. Dans notre voyage en famille de quatorze mois, il y a des journées particulièrement marquantes. Merci pour aujourd’hui, pour voq témoignages de vie et de service, pour votre sens de l’accueil joyeux. Nous prions pour les vocations nécessaires pour que Mahana continue, avec autant de dynamisme et de foi. NICOLAS et LAURE-ISABELLE ».

Santiago vu d’en haut

Mercredi, novembre 12th, 2008

Nous détonons dans l’auberge du quartier de la Providencia, dégotée sur internet, surtout en arrivant le soir du pisco à volonté ! Pour la plupart des destinations brésiliennes, Nicolas avait organisé de France l’itinéraire et le logement. Les choses changent dorénavant : nous n’avons quasiment plus de contacts, et aucun pour caser notre troupe la nuit. Nous naviguons donc maintenant au jugé, en fonction des renseignements glanés de ci de là, du budget et du feeling. Se loger dans une grande ville est difficile comme nous l’avons déjà vécu à Rio de Janeiro et Sao Paulo. Le dortoir dont nous prenons possession pour quelques nuits est face à la réception…et les peuples latins parlent fort, même en rentrant après minuit. Il faut dire que la vie se poursuit tard dans la soirée  à Santiago, avec un coucher de soleil vers 21 heures. Nous sommes décalés : horaires tardifs, température agréable poussant à flâner, pas d’insécurité et nous nous surprenons à faire les courses vers 20 heures, avant de rentrer préparer à dîner dans la cuisine commune. Les Anglais et Australiens sont avachis, un verre de vin à la main, les pieds sur la table, regardant un film américain à la télévision. Les Brésiliens fument dans le patio exigu et nous attablons nos cinq demoiselles autour d’une salade de tomates et concombres, un peu de légumes de couleur pour changer du riz et de la purée.

Les enfants dorment mieux que nous et sont donc prêtes à monter en haut du Mont Cristobal, comme Ariane vous le raconte.

Nous sommes allés dans un funiculaire. C’est une espèce d’œuf dans lequel tu survoles les arbres avec une méga vue sur tout. Il fallait se dépêcher car ça tournait mécaniquement et quand tu essayais de monter, ça tournait toujours. Nous avions une super belle vue. D’un côté c’était sur la ville avec derrière les montagnes enneigées et de l’autre côté c’était la banlieue dans un désert. Des fois, nous fonçions dans des branches car nous étions dans la forêt. Il y avait 2 étapes. A la première étape, nous nous sommes arrêtés et il y avait une piscine de 70 m de long. Très malheureusement, elle était fermée car c’était grève. Nous avons repris le funiculaire pour nous rendre à la deuxième étape. Là, il y avait la Vierge. La Vierge de l’Immaculée Conception qu’on voit de la ville. Je pense que nous avions une vue quasiment meilleure qu’en hélicoptère. Nous étions à 457 mètres d’altitude. La Vierge était toute blanche avec des babouches. Il y avait 2 chapelles, avec une plaque pour se souvenir du passage du pape Jean-Paul II à Pâques en 1986. Du funiculaire, nous voyions le quartier chic avec les piscines sur le toit des maisons, le quartier résidentiel et la rivière en chocolat. Elle s’appelle Mapocho mais nous l’appelons chocolat à cause de sa couleur.

 

Les coopérants FIDESCO au service de Notre Dame des Alagados

Mercredi, novembre 5th, 2008

Damien (un monsieur qui travaille à Fidesco,une association catholique), est venu nous chercher au pied de l’ascenseur qui relie la ville basse à la ville haute. Nous avons rencontré des enfants et nous leur avons expliqué notre projet ESPERANCE 7. Ces enfants sont pauvres et certains abandonnés. J’ai trouvé qu’il étaient assez bruyants. Il y avait quasiment plus de filles que de garçons. Pendant le temps de soutien scolaire, avec deux séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel, nous avons visité l’église de Notre Dame des Alagados : elle a été fondée par Jean Paul II lors de son premier voyage au Brésil en 1981. Près de l’autel, il y a la photo d’une petite fille avec le Pape : elle voulait lui offrir un bateau qu’elle avait construit mais elle n’arrivait pas à s’aprocher de lui. Finalement, elle a pu lui parler et le Vatican a ensuite payé ses études; maintenant elle habite dans un quartier riche de Salvador de Bahia. La paroisse est entourée de grilles et de fils de fer car le quartier est violent. La semaine dernière, une dame a été attaquée à la sortie de la messe. Ce jour là, les enfants aidés par Mathilde et Sébastien avaient sport. Nous avons joué à l’épervier mais Papa a laissé son sac à dos pour ne pas se faire voler son appareil photo. Dans le groupe, il y avait un garçon qui tapait car il est d’une fratrie de 7 enfants, il n’a plus de parents et il vit avec son grand - père, sa tante et son oncle fou. Les 40 enfants ont mangé à la cantine de la paroisse car chez eux il n’y a pas toujours à manger. Au Brésil, la cantine est normalement gratuite à l’école pour que tous les enfants mangent régulièrement. Il y avait une petite fille qui est très pauvre car son père est mort, ils sont 2 enfants et sa mère avec une brouette rammasse les canettes et gagne 15 reais (6 euros)  par semaine en travaillant tous les jours.Nous sommes allés manger avec 3 couples de Fidesco et leurs enfants. Ensuite, nous sommes allés à “rêve de maman”. C’est  un endroit où des bénévoles de Fidesco aident des femmes qui tout à coup savent qu’elles sont enceintes et qui ne sont pas prête à accueuillir un bébé. Nous avons commencé à faire une prière avec elles. Les bénévoles, avec des dons qu’elles reçoivent de France achètent des tissus. Les dames font de la couture: des couches, des draps, des couvertures et quand elle ont fini ça, elle font des habits. Ca les aide à mieux aimer leur bébé. Il y avait une dame qui a 16 ans et une autre dame qui attend des jumaux. Une fois qu’elles ont accouché, elles n’ont pas le droit d’apporter leur bébé de plus de 6 mois pour laisser la place à d’autre femmes. Il y avait même une femmes qui a déjà 4 enfants et son dernier enfant a7 mois et son rêve était qu’elle revienne à “rêve de maman” …. Il y avait une dame qui s’occupait de la machine à coudre. C’était très intérressant. Nous sommes allés rencontrer les soeurs de la Miséricorde qui sont habillées comme Mère Térésa. Elles s’occupent de personnes âgées malades. Elles gardent aussi des enfants comme dans une garderie. ARIANE

Au pied levé, en moins de 48 heures, les trois familles de coopérants se sont organisées pour que nous puissions arriver sans encombre à la paroisse de Notre Dame des Alogados (marais en portgugais), comprendre les activités qu’ils y mènent et nous rencontrer autour d’un déjeuner. Ils n’ont sans doute pas la trentaine mais déjà charge de famille avec les responsabilités que cela implique dans un endroit où les conditions sanitaires sont assez limitées : comment traiter la gale d’un enfant ? quelle protection offrir aux petits contre les moustiques qui véhiculent la dengue ? Ils ne vivent pas dans un dénuement aussi grand qu’à la Fazenda do Natal mais l’insécurité règne dans ce quartier arraché aux marais il y a peu de temps sans que l’odeur ait été éliminée. La drogue et les armes ne sont jamais bien loin semble-t-il. Ils ont l’air heureux de partager avec nous, de nous faire découvrir ces enfants ou ces femmes qui sont devenus leur horizon et leur objectif pour quelques mois. Ils ont à coeur de mener à bien leur mission, en l’appuyant sur la prière et l’eucharistie et cela transparaît dans leur comportement : pas de jugement complaisant comme pourraient l’avoir de jeunes expatriés dans un pays en voie de développement. C’est assez rassurant de voir des jeunes s’engager dans une démarche désintéressée en sachant répondre à l’appel qu’ils ont reçu.