Le bain des elephants

Vendredi, février 20th, 2009

Une menace planait sur les enfants : « Si vous n’êtes pas plus attentives les unes aux autres et plus positives, vous ne visiterez pas le camp des éléphants de Dubare ». Avec un peu de bonne volonté de la part des filles et une forte envie de voir de près des pachydermes de la part des parents, nous avons finalement rallié Dubare après notre halte à Rain Forest Retreat.

Voilà les images que nous gardons en tête :

  • un éléphant mâle massif, peu enclin à se laver ce matin là, traversant la rivière d’un pas pesant après une longue discussion de baryton avec son cornac, qui en a été quitte pour mouiller son dhoti.

  • un éléphanteau, qui devait tout de même approcher la tonne, s’allongeant sur le cou de sa mère en un tendre calin pendant qu’elle profitait de la fraîcheur de l’eau, couchée de tout son long, la trompe et son petit oeuil malin dépassant.

  • un cornac se lavant scrupuleusement les dents et se rinçant la bouche avec l’eau de la rivière, alors que des crottes pachydermiques flottaient à quelques décimètres, fraîchement éjectées de l’intestin d’un animal.

  • un gamin juché sur le cou bossu d’un éléphant, usant d’un crochet sur son oreille pour lui faire mettre genou à terre ou le faire se coucher entièrement dans l’eau.

  • la fabrication puis la cuisson de boulettes de deux ou trois kilos, dont la couleur et la texture rappelaient étonnamment la bouse de vache.

  • les bâches bleues du personnel du camp, accrochées aux branches des arbustes pour former des tentes, avec des braseros pour faire la cuisine. A Dubare, mieux vaut être un éléphant !

Bisons à babord

Lundi, février 16th, 2009

Réserve naturelle de Wyanad, à la frontière entre les états du Kerala et du Karnataka. Vers 6 H 45 du matin, Maman frappe à la porte assez fort et le réveil fut un peu tourmenté parce que les parents ne se sont pas réveillés. Le froid dehors me réveille. Il commence à faire jour et nous montons dans un 4×4 où nous nous serrons un peu car nous avons froid. Nous entrons dans une réserve d’éléphants où il y a aussi 16 tigres et 12 léopards. Pour mettre toutes les chanves avec nous, il y a un autocollant avec Jesus, un dieu indhou et une representation musulmane…Les premiers animaux que nous voyons sont des singes. Un animal habituel pour nous. Sur la route, nous distinguons assez bien une trace de serpent énorme qui est passé par là il y a moins d’une heure. Tout d’un coup j’entrevois au loin une gigantesque boule de fourrure marron. Ca ne peut pas être un éléphant. Nous nous approchons et nous constatons que des bisons d’Inde nous regardent. Comme a dit Maman « merci Ariane, tu nous as fait gagner une bouteille de champagne. »Nous avons aperçu des tas d’oiseaux différents et à un moment, un rapace a foncé sur un animal et est reparti avec une poule entre ses serres. Nous avons entrevu des coqs sauvages : les poules que nous avons en France sont originaires d’Inde. Quand nous avons croisé une voiture, ils nous ont dit qu’ils avaient vu un éléphant à quelques kilomètres donc nous avons foncé mais nous n’avons rien vu. Nous avons regardés des écureuils d’un mètre au pelage roux qui ressemblait vraiment à une belette : on le nomme l’écureuil géant Malabar. Nous avons observés beaucoup de daims avec de très beaux bois. Nous n’avons pas vu d’éléphants mais nous avons observés tout un troupeau de bisons avec le gros mâle, la femelle et des petits. Ils étaient une dizaine. J’ai vu des griffes de tigres sur des arbres. ARIANE

Messe en cinq mots

Samedi, février 14th, 2009

Notre seconde en messe en Inde, après celle de Bombay. Le lendemain de notre arrivée, nous avions partagé l’Eucharistie en l’église du Sacré Cœur (comme à Sydney) avec un sermon en anglais, entouré d’une quarantaine de jeunes filles qui étaient sans doute pensionnaires dans l’école adjacente à la paroisse. Seules anecdotes : le chien qui avait tranquillement suivi Nicolas à l’intérieur pour lui servir de repose-pieds et la quête qui était passée deux fois. Dans la cathédrale sainte Philomene de Mysore, nous sommes en terre du Karnataka et la langue et l’alphabet nous sont totalement inconnus. Nous avons compris cinq mots : Amen, Alléluia, Jésus, Marc et Luc. Malgré tout, nous parvenons à deviner si c’est le temps de l’Elévation ou du Notre Père. J’admire la ferveur priante des femmes, souvent assises par terre, la tête voilée par un pan de leur sari. La Vierge elle même porte un sari : rien d’incongru dans cette tenue, somme toute assez proche de la façon dont les statues de la Vierge sont représentées en Occident. Beaucoup de chants ponctuent cette célébration, un peu gâchés par la sono qui braille à l’extérieur, à côté de la grotte de Lourdes.

Le marche de Mysore

Jeudi, février 12th, 2009

Les marchés ont toujours été notre point de départ pour découvrir une région, quand nous nous promenions en Asie. Jusqu’à présent, peu de pays se sont prêtés à ce plaisir : nous nous rattrapons à Mysore, où le marché reste le point névralgique de la vieille ville. Il est ouvert sept jours sur sept, de huit heures à vingt deux heures. Entouré de murs, les véhicules motorisés n’y circulent pas mais les enfants comprennent bien vite qu’il leur faut vite se garer, quitte à tomber dans un panier d’oranges, lorsque les porteurs passent au pas cadencé, lourdement chargés. Les odeurs ne sont pas fortes, en raison de l’absence de viandes et poissons et peut-être aussi parce que nos nez européens se sont acclimatés aux effluves orientales. De plus, des marchands de fleurs tissent les colliers de jasmins que les femmes attachent autour de leurs cheveux. Les étalages de fruits offrent peu de surprises : oranges, pommes, ananas, jacquiers et bien sûr bananes dont les prix varient du simple au double selon le type. Les légumes sont plus étranges, secs ou frais : les sacs de riz s’entassent (50kgs ou rien), dans les caisses en aluminium se trouvent une variété de pois et lentilles qui m’inquiètent sur la suite de notre régime alimentaire (au Pakistan, nous n’avions mangé que des lentilles pendant deux semaines : bof, bof), des monticules verts, mauves, rouges, blancs s’alignent où je ne reconnais que des choux-fleurs, tomates et choux : pour le reste, mystère et boule de gomme. Et ce n’est pas dans les currys que je risque de retrouver le goût de ces légumes inconnus : même si notre seul critère de choix dans les menus des restaurants est : « not hot, mild », les enfants se nourrissent principalement de pâtes sautées et les adultes mangent beaucoup de riz, nans et chapatis pour faire chuter la « température » buccale.

Bizarrement nous ne voyons pas de marchands d’épices. Par contre, les demoiselles Espérance 7+1 restent admiratives devant les collines colorées dont les teintes vives rappellent celles des saris. Je pensais que ces poudres servaient à tracer le point que les femmes se mettent sur le front : pas du tout, il s’agit de peintures. Moi qui ai acheté des pinceaux aux Indiens pour Canson, nous aurions pu étendre la gamme aux couleurs….Autre attrait du marché : les parfums. A partir de 150 roupies (soit 2, 30 euros), il est possible de se procurer des fioles d’essence qu’il suffit de remélanger avec de l’alcool pour obtenir un parfum. Je laisse Sybille, forte de son expérience chez Hermès, procéder aux achats tandis que Marie se lance dans une négociation (toutes les occasions sont bonnes pour pratiquer l’anglais) pour procurer à toute la troupe des bracelets aux couleurs Espérance 7.

Le palais du Maharajah

Mercredi, février 11th, 2009

Mysore : une petite ville de plus d’un million d’âmes (l’échelle est différente dans un pays qui a dépassé le milliard d’habitants !) réputée pour ses soieries, ses parfums et son palais. Pour nous qui ne connaissons rien des merveilles architecturales du Nord, le palais du Maharajah, même s’il n’a pas la majesté des monuments du Rajasthan, est assez impressionnant par son mélange de styles. Le bâtiment actuel date de la fin du XIXème siècle en raison d’un incendie et a intégré des éléments indiens, musulmans et aussi européens : coupoles chapeautant les toits, mandalas et motifs floraux ornant les plafonds, statues de tigres en bronze qui ne dépareilleraient pas dans le jardin du musée Rodin, escalier en fer forgé, chandeliers et sièges en verre importés de Belgique….

Les Anglais se sont appuyés sur le souverain local jusqu’en 1947 et ils lui laissaient donc toute liberté pour gouverner, dès lors que le commerce passait par leurs comptoirs et que les impôts étaient payés.

Les photos étant interdites à l’intérieur du bâtiment, nous ne rattrapons dans les jardins. Les Indiens aussi, si ce n’est qu’ils photographient plus Sybille et Marie que les rosiers, sous couvert de se prendre en photo les uns les autres !