Images de NZ

Jeudi, janvier 8th, 2009

Dernieres images de Nouvelle Zelande -volcans, campagne et mer- avant de partir en Australie pendant que Maman reste deux jours supplementaires a Auckland.

Les geysers

Mardi, janvier 6th, 2009

Nous sommes allés voir des geysers à Taupo au centre de l’île du nord. Ça sentait tellement mauvais que j’avais envie de vomir. Nous avons vu des mares de boue avec des spirales, la température était supérieure à 90° : ces boues sont utilisées comme masques de soins du visage ou pour soigner les rhumatismes en les appliquant 3 heures, une fois qu’elles ont refroidies ! Il y avait comme des coulées vertes et orange sur les roches : c’est du fer et du calcium. Tous les 2 heures, un énorme geyser jaillit : il a duré 10 minutes jusqu’à 30 mètre de haut. Ensuite, nous avons visité un autre champ géothermique nommé   Wai-o-Tapu ce qui veux dire: eau sacrée. Nous avons observé un geyser : son cycle naturel varie entre 48 et 72 heures ; pour que les touristes sachent quand venir, un guide met du savon et de l’eau à une heure donnée dans la cheminée du geyser, il se met à bouilloner puis jaillit. Voilà comment ce phénomène a été découvert : vers 1850, il y avait un camp de bagnards qui devaient planter des arbres, c’est d’ailleurs grâce à eux qu’il y a la plus grande forêt plantée de l’hémisphère sud le long du fleuve Waikato. En lavant leurs vêtements, les prisonniers ont posé un pain de savon sur la source chaude où ils se baignaient habituellement et leurs habits ont été propulsés en l’air, ils ont eu très peur.  Une petite partie des 18km2 de la zone thermale a été aménagée : les cratères portent des noms amusants comme « la maison du diable », « la palette de l’artiste » dont les couleurs changent en fonction des niveaux d’eau et de la direction du vent, « la piscine de champagne » dont les bulles sont dues au dioxyde de carbone ou « la poêle à frire ». Mon préféré est un lac tout vert dénommé « le bain du diable » : plus il est vert, plus il est riche en arsenic. Mais j’ai aussi beaucoup aimé le plus grand lac : 60 mètres de diamètres et autant en  profondeur. Sa température est de 75 degrés ;  dans le bain, il y a de l’or, de l’argent, du mercure, du soufre, de l’arsenic, du thallium et l’antimoine. Du coup, il y avait plein de couleurs : du bleu, du gris, du orange, du vert…Comme Mamie est pharmacien, la visite lui rappelait ses cours de chimie ! ARIANE

Voir ou ne pas voir des kiwis ?

Dimanche, janvier 4th, 2009

Avant de préparer ce voyage, le mot « kiwi » évoquait surtout pour moi la boîte à cirage et le petit bac pour la catégorie « animaux » en k, une fois que koala et kangourou avaient été utilisés…. Grâce à une sortie de printemps à la ménagerie  du Jardin des Plantes, j’ai pu réviser avec les filles la liste des oiseaux non volants ; je ne cite que les principaux : émeu, nandou, autruche, dodo, casoar, kiwi évidemment et laisse le soin aux brillants collégiens fontenaysiens de poursuivre cette énumération. D’où notre envie, à quelques mois et milliers de kilomètres de distance, de découvrir le kiwi en bec et en plumes plutôt qu’en photo. Pas si facile ….Le kiwi, on en parle beaucoup mais on le voit bien peu, à part sur les panneaux de signalisation routière. Une nuit, Nicolas emmène les 3 grandes, lampe à la main, sur un sentier de forêt où les kiwis sont sensés être visibles. Ils en ont croisé une bonne centaines de kiwis… mais dans la catégorie « mammifères » et non pas « oiseaux » : des Kiwis équipés de torches qui avaient payé 12 $ par tête pour ne pas apercevoir la moindre trace de volatile. Et dire que l’organisatrice de cette fumisterie a tambouriné par 3 fois sur la porte de notre camping car pour que je lève le camp, prétendant qu’elle avait la « concession » du circuit à kiwis !

Nous jouons donc la sécurité en visitant « le parc aux kiwis », un jardin ornithologique où 4 spécimens sont visibles : deux le matin et deux l’après midi car il faut modifier le cycle du sommeil de ces animaux nocturnes pour que les visiteurs diurnes les apercoivent. Et il faut reconnaître que, vu de près, l’oiseau est en même temps bizarre et attirant : on a l’impression d’une grosse boule de poils qui sautille sur ses grandes pattes. Tout oiseau qu’il soit, le kiwi partage des caractéristiques des mammifères : il ne vole pas car il n’a que des moignons d’ailes atrophiées et ses os sont remplis de moelle et non d’air, ses plumes ressemblent à de la fourrure, il a des moustaches à côté du bec et un odorat hyper développé. Il n’a aucune défense si ce n’est un vague ergot car il s’est développé à une époque où il n’y avait pas de prédateur sur l’archipel. Les choses ont bien changé : les fouines, rats, chiens et autres animaux introduits s’en régalent. Son habitat de forêt reculant, il ne reste plus que 70 000 individus représentant 6 espèces. Mais gouvernement et ONG déploient des moyens gigantesques, parfois même ridicules par leur ambition (établir un sanctuaire de plusieurs centaines de km2…au milieu des exploitations agricoles sans supprimer celles-ci), leurs moyens (plus d’argent que le budget de l’état des petites îles polynésiennes voisines) et leur caractère drastique (dépôt  massif de poison anti-renard et anti-fouine).

Nous sommes contents d’avoir finalement pu admirer des oiseaux vivants mais espérons être plus chanceux pour les animaux endémiques d’Australie et rêvons déjà de kangourous et koalas « in the wild ».

 

Les kauris : sumos millénaires des forêts

Lundi, décembre 29th, 2008

Agathis Australis. Kauri en Maori. De la famille des araucarias. Hérité du vieux continent Gondwana, d’où s’est détachée la Nouvelle Zélande il y a quelques dizaines de millions d’années,  il n’existe qu’en Océanie. Et il est bien vivant, en pleine santé malgré ou grâce à se 3500 ans pour le plus vieux !

Il a la carrure du baobab africain, quasiment la hauteur du séquoia californien, et la longévité de l’alerce chilien. Un vrai géant dans tous les sens du terme, sacré pour les Maoris et pour tout amoureux des arbres qui s’en approche ne serait-ce qu’une fois. A taille et âge maximum, il inspire un mélange d’admiration, de d’extase et de peur. Voyez plutôt le sumo des arbres : 50 à 70 mètres de haut, 15 mètres de circonférence, 50 mètres cubes de bois en face de vous (un chêne respectable de 100 ans doit en faire une dizaine) ! Pourtant il a aussi ses points faibles : de petites racines de surface très fragiles qui résistent mal à la compaction et surtout un bois très facile à travailler qui a fait sa quasi perte en Nouvelle Zélande depuis l’arrivée des Européens (charpentes et meubles) alors que les Maoris les révéraient depuis des siècles.

Donatella, notre trouveuse de trésors (elle a amassé une collection impressionnante de pièces et billets de monnaie, un MP3, des colliers dont un en jade…depuis qu’elle m’a vu ramasser sous un comptoir de l’aéroport de Heathrow, le jour de notre départ, une pièce de 10 pence !), déniche même au pied d’un de ces géants une coquille nacrée d’oreille de mer qu’elle accepte sans mot dire de laisser dans un creux de son écorce quand je lui explique que c’est un cadeau fait au vénérable arbre. Les feuilles du kauri sont petites, ovales, un peu comme des feuilles de gui. Elles sont vertes mais aussi rouges lorsque l’arbre est jeune. Enfin, il a une écorce somptueuse, qui prend toutes les teintes du beige et de l’argent, et se détache par morceaux comme des écailles de dragon magique !

Nous avons eu la chance de passer deux jours et deux nuits dans la forêt Waipoua, la plus grande et plus belle forêt de kauris de Nouvelles Zélande. J’ai pu ainsi faire mes dévotions au plus vieux et plus grand des kauris, Tane Mahuta (245 m3) mais aussi et surtout aller à la rencontre des géants dans le silence de la forêt, au milieu d’une biodiversité digne d’une forêt tropicale, avec en particulier des fougères géantes qui font elles aussi la renommée de l’archipel, et des cyprès et des feuillus tout aussi majestueux même si un peu moins imposants que les kauris. Un enchantement, qui touche Laure-Isabelle et les filles encore plus que la forêt amazonienne. Il faut dire qu’elle n’est pas seulement grandiose et diverse la forêt Waipoua, mais facile d’accès, et qu’elle offre un climat idéal –sauf les moustiques ! Son seul petit défaut est la relative pauvreté de sa faune, si on la compare par exemple aux forêts du voisin australien…mais une comparaison entre l’Australie et  la Nouvelle Zélande est toujours déplacée par ici. Il y a peu d’oiseaux, et quasiment pas de mammifères. Dormir au pied de ces monuments vivants, nos grands frères bienveillants est un rare privilège. Je garderai toujours dans ma mémoire et dans mon cœur le réveil au bord de la rivière, de grand matin lumineux, puis la baignade dans un coude de la rivière sous leur regard paisible. Une pensée spéciale pour mon grand-père et pour mon père ! NICOLAS