Le grand duc et ses petits

Dimanche, septembre 28th, 2008

Cela commence toujours pareil: une route de terre rouge, pas très loin d’un village  mais pas tout près quand même, et puis au détour d’un chemin une fazenda (ferme) amie de Nordesta. Un grand bonjour, un échange de sourires, un grand virage et au bout un cours d’eau, affluent du Rio San Francisco. Les berges sont escarpées, un peu érodées. Un bon endroit pour le projet de replantation que Nordesta et Kinomé démarrent avec Accor.

Mais aujourd’hui il y a quelque chose de plus. Depuis 10 ans, Anita vient observer à cet endroit le grand duc qui niche dans la falaise. Cette année il y a deux bébés grand ducs. Il est rare de voir des grands ducs dans  la nature et très  rare de pouvoir observer un nid avec des petits. Comme le dit Anita aux filles « vous n’en reverrez peut-être jamais de votre vie ». Pour descendre jusqu’au nid il faut s’accrocher en rappel à une corde et accéder à une plateforme d’argile. Aidée par des volontaires de Nordesta, toute la famille descend tour à tour, même Marthe. Le spectacle qui nous attend est unique: le plus fort des deux petits nous toise, claque du bec de temps en temps pour nous éloigner un peu -ce qui montre qu’il est bien vigoureux-, et cligne des yeux lentement, parfois des deux yeux parfois d’un seul. Il est gros comme un matou, cloué au sol car ne sachant pas encore se tenir sur ses pattes, dodu (sa mère le gave de serpents, grenouilles et autres serpents), et bien maladroit dans son costume rayé gris et blanc. Derrière lui, son petit frère, moitié de taille, somnole à distance, embêté par les mouches qui se régalent des restes du déjeuner. De l’autre côté de la rivière, perchée en haut d’un grand arbre, leur maman nous observe impuissante, hululant de temps à autre, les plumes ébouriffées. Sur sa tête se dressent des plumes en forme de cornes et d’oreilles à la fois. Grandiose grand duc, gros comme un chien de bonne taille qui serait perché à 30 m de haut.

Le grand duc nous réserve encore une surprise en la personne de son voisin. Dans la falaise, à deux mètres du nid se trouve un trou de 10 cm de diamètre et au fond du trou, à un mètre dans la roche, un oisillon gros comme une grenouille. Non loin, dans les arbustes, sa maman inquiète nous observe. Elle est de toute beauté, d’un bleu turquoise fluorescent comme seule la nature sait les produire, la tête et le bout des ailes noir. Petit oiseau bijou dans son écrin vert à fleurs violettes.

Si seulement tous les enfants du monde avaient le privilège de voir ces trésors, la protection de la nature deviendrait un jeu… d’enfants…NICOLAS

Nids d’oiseaux

Samedi, septembre 27th, 2008

Tout autour de la ferme de grand-père,  Anita et les naturalistes de Nordesta ont repéré des nids d’oiseaux au fil des ans. Les enfants vont découvrir les repères les plus proches : entre les explications traduites par Nicolas, les livres et la vue des oisillons ou des nids suspendus de colibris façon toile d’araignée, elles sont très intéressées. Cependant, je ne pourrais pas vous dévoiler grand-chose des merveilles de la création. J’ai choisi l’option sieste car les nuits sont mouvementées et écourtées entre les chiens de la maisonnée qui hurlent, le coq qui est étonnamment réglé sur trois heures du matin alors que le jour se lève vers cinq heures, le matelas pneumatique double dont les mouvements rappellent le roulis d’un navire, les interstices du parquet et les volets sans vitrage qui laissent pénétrer le froid de la nuit, les luttes nocturnes et involontaires pour le partage des couvertures entre Antonia et Marthe…

Le CNED a San Roque

Mercredi, septembre 24th, 2008

Pas de sortie organisée aujourd’hui : Nordesta et Kinomé discutent de leurs projets communs. Pour autant, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer. Les cours du CNED se déroulent dans le jardin et sont régulièrement interrompus par les cris de l’une ou de l’autre. Singes, perroquets, colibris, autres oiseaux aux couleurs vives et aux chants gais nous dérangent à tout bout de champ. Disons plutôt que je suis dérangée car les enfants sont enchantées de ces diversions. Quant à Antonia, elle s’est découvert une passion pour les oiseaux au contact d’Anita : elle connaît déjà plus de noms et de chants que moi. Elle passe ses journées, le nez en l’air, à scruter le ciel et ses habitants. Pas toujours très bon pour ses genoux… Soigner ses petites blessures nous change des tiques (recherche minutieuse tous les soirs, toujours couronnée de succès) et des aventures de Marthe : après l’oeuil, nous avons eu droit à une bosse grosse comme un oeuf au milieu du front puis à une chute qui lui a coupé le souffle quelques secondes : juste le temps d’avoir très peur et de se rendre compte que les Lefebvre sont bien  loin…

Panne a la cascade Dante

Mardi, septembre 23rd, 2008

En allant dans la ferme d’un paysan pour un projet de reforestation nous nous sommes arrêtés pour voir un terrain. Pendant que Marthe prenait des photos, nous regardions un nid à plusieurs étages où plusieurs familles d’oiseaux peuvent s’installer.A la ferme éco touristique il y avait 125 vaches et zébus dont un gros. Pendant le repas une siriéme est venue nous voir et Marthe disait qu’elle faisait ma taille mais alors c’était la mienne à son age. Nous sommes passés sur un pont au dessus du Rio San Francisco et comme l’ eau n’était pas très claire et qu’il faisait chaud,nous avons pris nos ombres dans l’eau. La cascade Dante, le but de notre promenade, était dans le parc Serra da Canasta. (more…)