Halte dans la paix du Jardin de Miséricorde

Mercredi, mars 18th, 2009

Mon premier Points Cœur …. et j’ai la joie d’y retrouver Bernard qui est de ma famille ! Le jardin de la Miséricorde est un vaste domaine planté de manguiers, au milieu duquel vit la communauté. Le soir où nous arrivons, toute la communauté fête l’anniversaire de Jérôme, un volontaire, et de Ranie une jeune indienne. L’ambiance est joyeuse, et nous sommes chaleureusement accueillis. Les enfants regardent avec curiosité les cinq filles, mais les échanges sont rapides avant que tout le monde parte se coucher.

Les journées que nous passons au Jardin sont rythmées par la prière : laudes à 7h, chapelet à 15h30, parfois la messe, puis les vêpres et enfin la prière du soir. Toute la journée est ainsi remise entre les mains de Dieu, notamment les apostolats. L’après-midi, après le chapelet, les volontaires partent visiter leurs amis alentours. Nous avons eu la chance de les accompagner dans un village à ½ heure de marche, avec Delip, un jeune indien handicapé moteur, que les gens du village connaissent bien. La rencontre est très simple : nous jouons avec les enfants, ce qui attire l’attention de leurs parents, Jean Paul discute avec eux en tamil, pendant que nous leur sourions.

Le lendemain, Bernard m’emmène en moto visiter un camp de gypsies, les gitans indiens. Comme en France, ces personnes sont au ban de la société indienne, en dessous des intouchables, ils sont même considérés comme des animaux. Bernard est ami avec eux depuis 8 ans. Cette amitié a été possible car fondée sur la gratuité. Dès le début, il a coupé court à leurs demandes d’argent, mais les a visités fidèlement pour gagner leur confiance.
Dès notre arrivée, une dizaine d’enfants se précipitent en criant « Bernie ! », ils s’agrippent à nous, sautent, me demandent mon prénom. Je suis assez impressionnée par tous ces enfants à moitié nus, aux cheveux longs et ébouriffés qui sentent mauvais. L’un m’explique fièrement qu’il ne s’est pas lavé depuis trente jours, et à son odeur je le crois volontiers ! Nous croisons aussi des jeunes femmes qui portent leur bébé. Pour la plupart, Bernard les a connues enfants, elles sont plus jeunes que moi…Les garçons sont rapidement des hommes. Ils sont charpentés, aux cheveux longs en chignon avec un bandeau sur la tête, ils me font penser à des pirates. Leur deux activités principales sont la chasse des oiseaux et la mendicité.
Nous passons donc l’après midi à jouer avec les enfants, et à discuter avec certains adultes que Bernard connaît. Il aide l’un à lire un papier administratif, prend des nouvelles. On sent que ses visites sont attendues. Je suis très touchée par cette amitié qui les lie, lien de personnes à personnes malgré les différences, et qui caractérise le charisme de Points Cœur.

Les filles quant à elles passent leur temps avec les huit enfants qui vivent au jardin, elles les emmènent à l’école le matin, à quarante minutes à pied, et le soir les attendent avec impatience pour des parties de foot, faire la lessive, jouer. Nous leur apprenons à recoudre leurs vêtements. Les batailles d’eau et les courses en poussettes vont bon train.

Le Jardin de Points Cœur est un lieu de paix, un lieu de purification du cœur, où chacun peut apprivoiser ses limites auprès du Christ et loin des tourbillons de la ville et d’un volontariat effréné. C’est aussi un lieu de vie, où l’on fait sa lessive, la cuisine, certains s’occupent de la ferme pendant que d’autres font des confitures, que le Jardin commence à commercialiser. Le soir, les parties de Jungle Speed enflamment la maisonnée. SYBILLE

Points Coeur de nouveau : quelle joie

Lundi, mars 16th, 2009

De nouveau un Points Cœur : c’est la joie et l’excitation. La fazenda a été un lieu marquant pour nous tous : vie de pauvreté pour moi, vie de partage et de service pour les filles. Nous portons régulièrement dans la prière les enfants et les volontaires rencontrés et les expressions « Cuidado Dandan » et « Para Tété » émaillent nos jeux. Marie a été marquée par la gaieté d’une soirée passée à raconter des blagues en anglo-portugo-français avec sœur Myriam, Dora et Edison, elle porte la croix que ce dernier lui a confiée quand nous avons quitté Salvador. Ariane raconte toujours avec fierté comment elle a aidé Hélène à faire des pizzas …et sans doute à les manger ! Donatella garde en elle la préparation de la messe avec Caroline.

L’après-midi à Valparaiso a aussi été bon moment de jeux et de rencontres, avec des témoignages de jeunes porteurs d’espérance. Tous ces souvenirs sont si vivants en nous que je suis un peu inquiète sur notre adaptation au jardin. Généralement, nous arrivons dans un nouveau lieu sans aucune idée préconçue, toujours prêts à découvrir et rencontrer. Situation différente aujourd’hui : j’espère que les filles ne se lanceront pas dans des comparaisons Fazenda vs Jardin et que nous repartirons avec une galerie de portraits noir-blanc ou indien-français.

Points Coeur au dessus de l’océan Pacifique

Jeudi, novembre 13th, 2008

Je ne comptais pas aller à Valparaiso : j’avais assisté à une conférence de « Connaisseurs du Monde » sur le Chili par un froid lundi de février 2008 et l’ambiance sinistre, désœuvrée et décrépie que j’avais retenue de cette ville n’en faisait pas une de nos destinations favorites. Changement d’idée après notre passage à la fazenda do Natal : nous avons appris qu’un Points Coeur est ouvert depuis quelques mois et nous avons envie de rencontrer de nouveau des « amis des enfants ».

Pas très difficile de trouver leurs coordonnés : Alberto Toutin, prêtre de la congrégation des Sacrés Coeurs que nous appelons à notre arrivée à Santiago de la part de notre ami Alphonse les connaît et nous donne immédiatement leur numéro de téléphone. Rendez-vous est pris pour le surlendemain, après avoir consciencieusement épelé leur adresse; j’ai l’impression que le Points Coeur n’est pas dans l’artère principale de cette ville balnéaire ! En effet, après une demi-heure d’attente à l’arrêt de bus et autant dans un bus qui se vide au fur et à mesure que nous montons le long des flancs d’une colline, nous commençons à douter et le chauffeur ne peut pas nous aider : il ne comprend pas ce que cette bande de 7 étrangers peut bien venir faire à Playa Ancha, Porvenir Bajo, Calle 7, Casa 15. Au détour d’un virage : une maison jaune et des lettre de couleur pour Punto Corazon. (more…)

Portraits Points Coeur, vus par Ariane

Dimanche, novembre 2nd, 2008

Elle s’appelle Hélène. Elle a 25 ans. Elle est française. C’est une “amie des enfants”. Elle vit avec son mari Raphaël, dans la communauté Points Cœur dans une fazenda proche de Salvador de Bahia au Brésil. Elle s’occupe de 2 petites filles: Pamella et Tété et d’un adultes: Diego, 21ans handicapés en chaise roulante. Ils doivent s’en occuper tous le temps: le laver, le faire manger, l’habiller…Ils vont tous les jours à la messe et Raphaël y  joue de la guitare. Hélène fait le pain pour toute la communauté.

 

Il s’appelle Mateus. Il a10 ans. Il ne savait pas lire ni écrire avant d’arriver à la fazenda il y a quelques mois avec son frère et sa petite sœur mais comme il y a une école sur place il a appris a écrire son prénom. Il est enfant de cœur et il sonne la cloche. Il aime beaucoup Marthe (NDLR : comme Dandan –Daniel-, Marcos et tous les autres garçons). Il fait du cerf  - volant. Il est moins gâté que Tété et Pamella car il a des « parents » brésiliens.

 

Elle s’appelle Caroline. Elle n’est pas sœur comme sœurs Agnès et Myriam mais elle est consacrée. Elle habite avec une dame Lucie qui fait des colliers en graines. Elle habite aussi avec Ingrid: une fille qui a 4 sœurs dont Pamella et Tété. Elles sont toutes demies sœurs. Caroline prépare la messe et joue du violon. Elle rend beaucoup de services. Elle nous a montré un film sur Points Coeur qu’elle a aidé à réaliser : on voyait des enfants en Italie, en Inde, au Pérou…