Eau…stralie

Mercredi, janvier 28th, 2009

Sydney est un peu le paradis sur terre : site de port naturel probablement le plus beau du monde (avec Hong Kong mais avec la dimension humaine et la nature en plus- les voiliers sont toujours là, les parcs aussi), ville riche et accueillante, diversité ethnique, immense jardin botanique gratuit, plages mythiques, Opéra (les filles sont même allées au cirque à l’opéra de Sydney-elles sont gâtées !!)…Tout est facile et agréable, accessible et plutôt bon marché (moins cher que le Brésil par exemple)…

Pourtant, une ressource essentielle risque de manquer très rapidement, qui ferait s’écrouler le château de cartes: l’eau. La ville croît à grande vitesse, s’étend de plus en plus au nord et au sud, coincée entre l’océan et les montagnes bleues. Or les infrastructures liées à l’eau n’ont pas évolué depuis 30 ans : pas de nouveaux barrages, pas de nouvelles usines de retraitement. Le climat lui a évolué et les 3 années successives de sécheresse du début du siècle ont considérablement fait baisser les réserves et mis en lumière la vulnérabilité de la ville.

A Melbourne, la situation est bien pire. La ville croît encore plus vite, et surtout n’a plus de barrière verte comme les Blue Mountains pour arrêter les nuages et retenir l’eau dans le sol.. Les vents violents (plus de 120km/h), tempêtes de poussières et incendies de banlieue dont nous avons été témoins lors de notre passage sont de mauvaise augure, tout comme le survol de la baie que j’ai fait en route pour la Tasmanie : tout est jaune, pelé, sans arbres, et les gens s’approvisionnent déjà tous avec des citernes. La seule réponse apportée par le gouvernement est une usine géante de désalinisation, qui fera marcher l’économie locale mais endettera encore un peu plus l’Etat et  ne règlera pas les problèmes de fond : la dégradation de l’environnement et la mauvaise gestion de la ressource.

Rivières asséchées car ensablées (les pentes dénudées ne retiennent plus l’eau, et les pluies ravinent, emportant le fragile et précieux sol vers la mer), élevage dévastateur car surintensif, restrictions pour les particuliers mais pas pour les entreprises (pas un seul des motels où nous sommes allés n’avait sacrifié sa piscine ou ne serait-ce que réduit sa consommation d’eau), pertes en lignes colossales (près de la moitié de l’eau n’arrive jamais au robinet)….la liste est longue.

Pour revenir à Sydney, le niveau du barrage qui approvisionne une bonne partie de la ville est cette année à 60% car les pluies de printemps ont été abondantes, mais il n’y a aucune marge de sécurité en cas de retour de la sécheresse.

Alors quelques initiatives surgissent souvent locales et privées. C’est l’une d’entre elles que nous avons décidé de soutenir et de démultiplier dans le cadre du projet « Plant for the Planet » initié par les hôtels Accor avec l’aide de Kinomé. Le principe en est très simple : depuis plus de 20 ans dans le monde entier et en particulier  en Australie, pays de sécheresse, les clients des hôtels sont invités à réutiliser leurs serviettes de bain lorsqu’ils passent plus d’une nuit dans un hôtel. Seulement voilà : au-delà de la bonne intention, dans la pratique les serviettes sont souvent changées quoiqu’il arrive, et lorsqu’elles ne le sont pas les clients ont l’impression d’avoir surtout amélioré la rentabilité de l’hôtel…

Le programme « Plant for the Planet » qui reprend le nom d’une initiative du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) est simple : il propose aux hôtels de réinvestir 50% des économies de lavage des serviettes dans la replantation d’arbres, et ce dans 7 forêts phares de 7 régions du monde : Brésil, Sénégal, Thaïlande, Indonésie, Roumanie, USA, et Australie. En Australie, il s’agit de replanter les berges de la rivière Wollondilly dans une immense exploitation agricole (ovins et bovins) à 100 km au sud de Sydney. L’érosion due au surpâturage a abîmé les berges de la rivière qui s’ensable, se pollue et perd petit à petit sa biodiversité (kangourous, wombats, ornithorynques, perroquets…). En clôturant les berges et les ravins, en contrôlant strictement l’accès à l’eau des bêtes, et en replantant les berges d’essences locales (eucalyptus, pins, arbustes et herbes natives), l’eau de la rivière retrouve en quelques années sa qualité et sa quantité. Dans cette ferme de 7000 ha (7 km de long sur 10km de large !) appartenant à l’université de Sydney qui l’a reçue en legs, nous pouvons établir un cas d’école qui montre qu’avec relativement peu de moyens, la nature peut vite reprendre ses droits et surtout ses services ! Concrètement, il s’agira de clôturer 11km de rivière, de replanter entre 100 et 150  ha dans un premier temps, soit 300 000 arbres environ  grâce aux 200 hôtels d’Australie, Nouvelle Zélande, et Polynésie Française et à leurs clients.

Un programme similaire est en route dans l’état de Minas Gerais au Brésil avec l’ONG Nordesta (voir épisodes précédents du blog !). NICOLAS

Rivalité Melbourne vs Sydney : nous avons tranché !

Vendredi, janvier 23rd, 2009

Marie voulait monter dans les tramways de Melbourne et Nicolas voulait arpenter les forêts de Tasmanie. Nous avons donc fait un groupe de filles et un (réduit à l’essentiel) de garçons. Nous sommes effectivement montées dans les tramways, avons pris quelques photos de beaux bâtiments, mangé des sushis et vu beaucoup de Chinois. Avouons-le : depuis la Nouvelle Zélande, nous avons tendance, les enfants les premières, à devenir assez intolérants envers les Chinois. Pas très bien éduqués, plutôt sales, parlant fort, un peu tricheurs et parfois carrément arrogants, sans compter qu’ils essayent de nous passer devant quand nous faisons la queue à la douane. Nous qui pensions que le système D et la triche étaient réservés aux Français ! Nous sommes peut-être sensibles à leur non-intégration dans la société australienne et inquiets de l’influence qu’ils joueront sans doute en France, à moyen terme.

Peu enthousiasmées par Melbourne, dont l’ouverture sur la mer est bien moins impressionnante que sa rivale orientale, nous préférons la péninsule de Mornington. Messe en l’église Saint François Xavier : les quatre prêtres ordonnés dans ce diocèse en septembre dernier sont 3 Vietnamiens et 1 Indien. La roue tourne : les descendants dans la foi des peuples convertis par François Xavier sont devenus missionnaires parmi nous. C’est un bel exemple de l’universalité de l’Eglise et un signe d’Espérance.

Et, comme à Fontenay, petite montée en haut de l’araignée après la messe ; la seule différence étant la température par ce beau mois de janvier que nous avons vécu entre 20 et 30°.

L’Opéra sous tous les angles

Lundi, janvier 12th, 2009

L’Opéra : le rêve de Marie. Et toute la famille se laisse petit à petit gagner par la magie de cette magnifique baie et de cette construction qui s’y intègre comme naturellement. Nous découvrons l’histoire de ce lieu : comment les plans de l’architecte danois –ou plus exactement ses simples croquis- ont été sélectionnés parmi 276 candidatures après avoir été éliminés, contrairement aux règles de l’appel d’offres ; comment le budget prévu a été multiplié par 6 avant d’obtenir le bâtiment final ce qui a valu au gouvernement d’alors de perdre le pouvoir et à l’architecte d’être poussé hors d’Australie ; comment plus de 30 ans plus tard son fils a pris la suite pour modifier l’aménagement intérieur des deux salles (l’opéra et la salle de concert). Une histoire à rebondissements qui a permis au S.O.H (Sydney Opera House) de créer une comédie musicale retraçant sa naissance tumultueuse. Ici, pas de robe de soirée ou de smoking. Le public est très large grâce à une programmation très diversifiée qui est allée jusqu’au combat de boxe et au théâtre d’avant-garde où le public peut apporter ses propres boissons. Nous avons profité d’un choix plus adapté à notre famille avec le Grand Cirque, des numéros d’acrobates chinois. Idéal pour Marie, Ariane et Donatella, séduites autant par le bâtiment, les vues qu’il offre que le spectacle lui-même.

L’Opéra, nous l’avons admiré sous tous les angles, avec une prédilection pour les vues depuis la mer. Le simple fait de prendre est un des nombreux ferries qui relient les différentes arrondissements de Sydney entre eux est un voyage en lui-même. Un paquebot colossal, de cinq ponts de haut, côtoie les voiliers de plaisance et les hors-bord de vitesse qui emmènent les touristes en mal de sensations faire des vagues dans la baie. Plus sagement, nous prenons un bateau qui nous conduit en 30mn à la plage de Manley : les célèbres maîtres nageurs sont postés entre les drapeaux rouge et jaune, coiffés de leur chapeaux. La mer est agitée : régulièrement, des appels aux haut-parleurs sont faits pour inviter les nageurs à se rapprocher du bord et à être vigilants. Attention à ne pas perdre les nouvelles tongues Roxy (je ne connaissais rien de cette marque une heure plus tôt mais Marie a déjà enterré Billabong et RipCurl) avec une lame un peu forte. Je joue la prudence et conduit les enfants à une piscine construite en bord de plage : l’eau de mer sans les vagues ! Et en plus Marie et Donatella peuvent jouer aux sirènes.

Sur les traces des JMJ

Dimanche, janvier 11th, 2009

Maman est arrivée hier d’Auckland : nous sommes réunis à 8 pour deux semaines. Par ce beau dimanche, nous allons à la messe à l’église du Sacré Cœur de Darlinghurst, une paroisse catholique que nous avons repérée en cherchant un médecin (j’ai une éruption cutanée sur le coude : impétigo ?  mycose ?). A la sortie de l’église, je dis en plaisantant au prêtre : « comme nous n’avons pas pu venir aux JMJ, nous nous rattrapons ».  Pas si loin de la vérité : le prêtre me montre une photo de lui avec le Saint Père et une plaque commémorant la visite de Benoît XVI en juillet 2008. Si la Providence ne fait pas bien les choses….

Good morning Sydney

Vendredi, janvier 9th, 2009