Messe en cinq mots

Samedi, février 14th, 2009

Notre seconde en messe en Inde, après celle de Bombay. Le lendemain de notre arrivée, nous avions partagé l’Eucharistie en l’église du Sacré Cœur (comme à Sydney) avec un sermon en anglais, entouré d’une quarantaine de jeunes filles qui étaient sans doute pensionnaires dans l’école adjacente à la paroisse. Seules anecdotes : le chien qui avait tranquillement suivi Nicolas à l’intérieur pour lui servir de repose-pieds et la quête qui était passée deux fois. Dans la cathédrale sainte Philomene de Mysore, nous sommes en terre du Karnataka et la langue et l’alphabet nous sont totalement inconnus. Nous avons compris cinq mots : Amen, Alléluia, Jésus, Marc et Luc. Malgré tout, nous parvenons à deviner si c’est le temps de l’Elévation ou du Notre Père. J’admire la ferveur priante des femmes, souvent assises par terre, la tête voilée par un pan de leur sari. La Vierge elle même porte un sari : rien d’incongru dans cette tenue, somme toute assez proche de la façon dont les statues de la Vierge sont représentées en Occident. Beaucoup de chants ponctuent cette célébration, un peu gâchés par la sono qui braille à l’extérieur, à côté de la grotte de Lourdes.

La grande fete du Cirio

Samedi, octobre 11th, 2008

Hier soir avec Papa, Fernanda et Joao, on a vu des feux d’artifice ; il y en avait des rouges, des bleus, et aussi il y en avait deux qui sont tombés sur ma tête.

Ensuite on a vu des théatres dans la rue, il y avait des anges ; pendant le spectacle on a acheté des pop corns et je les ai mangés sur les épaules de Papa.

Avant, avec les sœurs, on était allé manger une glace et voir le coucher de soleil devant la mer (NDLR : un petit bras de l’Amazone… !). Moi j’avais le parfum à la noix de Para et Marie au début avait une glace qu’elle n’aimait pas et l’a donnée à Papa qui l’aimait et après elle a eu une glace au vernis à ongles. On a vu des gens qui dansaient, on ne savait pas s’ils dansaient la samba. Il y avait une petite fille et un petit garçon qui dansaient. Il y en avait qui avaient un chapeau avec des fleurs, et ils auraient pu se faire mal car ils étaient pointus mais ils ne se sont pas fait mal.

Le lendemain matin, on a pris le petit déjeuner, il y avait des noix de Para et aussi après on a sauté dans la piscine.  ANTONIA

 

Fête du Cirio = fête de la Vierge Marie !!!Une foule incroyable !!!Nous sommes allés au dock (gare fluviale) pour voir arriver la Vierge par bateau. Il y avait des jets skis,des petits bateaux,des bateaux de pêche,des énormes bateaux bondé de personnes…il y avait une trentaines de bateaux .Cette fête se passe tous les ans. En fin d’après-midi,  toute seule avec Fernanda et Joan, j’ai parcouru les rues du centre-ville afin d’apercevoir la sainte. J’ai eu des bracelets gratuits, des papiers avec la sainte, les paroles des chansons en portugais, ça faisait éventail… Il y avait encore une foule incroyable. Quand les gens applaudissaient, il n’y avait rien mais qu’en ils mettaient leurs mains en avant, ça voulait dire que la statue arrivait. Au bout de 2 h00, nous avons vu la Vierge arriver dans une boite,  avec des fleurs blanches et jaunes, avec une couronne… Nous avons vu une quinzaines de personnes en brancard à cause de la chaleur. Ils m’ont offert un raisin d’amour. Nous avons vu un feu d’artifices. ARIANE

 

Le Cirio, c’est plein de feux  d’artifice et de danses. Un soir, nous en avons vu : c’était super. Il y avait deux groupes de danseurs : des jeunes et des petits. C’était une espèce de danse d’Hawaï accompagnée par de nombreux instruments comme des percussions et du tam tam. C’était vraiment « regalo » comme dirait Papa. Cette fête a lieu car un pêcheur a trouvé une image de la Vierge dans la rivière, il y a 250 ans. Par trois fois, la Vierge Marie est retournée à un endroit donné et il a été compris qu’Elle souhaitait qu’une église soit construite pour Elle en ce lieu.

Tout le monde vend et a des chapeaux, des casquettes, des bracelets, des tee-shirts, des posters du Cirio. Il faut dire que 85% des habitants n’ont pas de travail fixe alors toute occasion de vendre est bonne. Les murs de la ville sont couverts de panneaux publicitaires vantant les mérites d’un hôtel, d’une bière, d’un importateur de véhicules japonais, de jus de fruits… avec la Vierge. Tous les bâtiments publics, les banques, les écoles ont des décorations reprenant l’effigie de la Vierge. Il y a du théâtre de rues. Un grand marché artisanal permet d’acheter des jouets en bois : oiseaux, souris, arbres de Noël, couronnes de l’Avent. Pour les habitants de Belem et des environs, le Cirio est une fête aussi importante que Noël. C’est énormément d’organisation pour une fête d’un jour : c’est un peu bizarre à mon goût.

 La  statue de la Vierge arrive le samedi matin par bateau, tout orange, orné de fleurs. Une centaine de bateaux entourent son embarcation. La statue reste dans un collège la journée pour ne pas être abîmée. A la procession de nuit, certaines personnes ont de cierges ou une bougie représentant une partie du corps (cœur, bras, jambe), une maison…pour que la Sainte les soigne ou les aide à construire une habitation ! Il y a aussi des bâtons de la taille d’un adulte. Deux millions de personnes font un tout derrière la statue et confie leur prière, souvent avec un chapelet à la main. Quand il y a des applaudissements, cela ne veut pas dire que la statue approche, par contre lorsque les pèlerins tendent leurs mains, elle est à portée de vue.

Les éboueurs ont dû avoir beaucoup de travail car toutes les personnes qui se couchaient à trois ou cinq heures du matin avaient beaucoup bu. MARIE

Orgue et chocolat

Jeudi, septembre 4th, 2008

J’ai failli rater une occasion de faire la fête : Antonia a 5 ans et demi aujourd’hui et Marie ne l’a pas oublié. Gâteau au chocolat évidemment, avec canneberges séchées pour donner une touche locale. Rien d’original au menu mais l’activité de l’après midi est une première : initiation aux grandes orgues par le Père Abbé, organiste reconnu qui a enregistré des disques d’Haendel et Bach. Pendant près d’une heure, Ariane -notre pianiste- et ses sœurs ont la chance de connaître le maniement de cet instrument et de s’amuser à faire beaucoup de bruit en touchant une simple touche ou pédale. Marthe n’est pas la dernière à cet exercice ! Le père joue pour nous deux morceaux de Bach, dont Toccata II. Une pensée pour Etienne pendant que les enfants se bouchent brièvement les oreilles lorsque les tuyaux  de plus de quatre mètres sont actionnés. Ariane est fière de tourner les pages de la partition et nous sommes touchés par la musique : Marie aussi apprécie tout en précisant que ce n’est pas sa musique préférée.

Découverte du chœur de cette église très récente, inaugurée à la veille du troisième millénaire,  toute d’acier et de pierre. Les statues lui apportent douceur et chaleur.

Prière dans la chapelle du Saint Sacrement et bénédiction pour notre voyage, avant de prendre congé du Père. Espièglerie de Marthe qui ne s’était pas fait remarquer par son calme ; elle lance d’une voix forte et claire « Merci mon père » avec un grand sourire.

Nous sortons, heureux de la simplicité et disponibilité avec lesquelles nous avons été reçus et conscients que nos enfants rendent le contact facile.