Mercredi 6 août 2008


Il pleut, il pleut … au lac des Iles. L’été le plus pluvieux depuis des décennies paraît-il. Ce climat ne gêne guère les enfants qui ont découvert nombre de jeux dans les placards du chalet et n’hésitent pas à se baigner malgré la pluie. Quelle capacité d’adaptation pour des Corses ! Nicolas fait aussi preuve d’adaptation en coupant du bois à la hache tel un bûcheron local, ce qui nous vaut de belles flambées dans une magnifique cheminée en pierre. Les enfants ramassent des brindilles aux alentours et les mettent à sécher dans l’âtre, à grand renfort de joyeux coups de soufflet. Nicolas trappe aussi….la souris dans le placard de la cuisine mais la souris québécoise apprécie énormément le chocolat Côte d’Or et déjoue habilement les pièges posés précautionneusement tous les soirs. Heureusement que le boucher propose de la délicieuse viande de boeuf (entredos à 5€ le kg, moins cher que les tomates) car nous n’aurions pour le moment pas beaucoup de protéines

Pour ma part, je m’intéresse à la géographie de le Belle Province et suis stupéfaite de constater que plus d’un village sur deux porte un nom de saint. J’imagine la vie de ces Français arrivés il y a plus de quatre siècles dans un pays rude et inhospitalier, qui confiaient leur propre vie et leur village à un saint. Sans doute reprenaient-ils le nom du village qu’ils avaient quitté et qu’ils ne reverraient jamais. En même temps, je suppose que certains des saints locaux n’ont pas dû mener une vie de saint, loin s’en faut et que la condition actuelle déplorable des Amérindiens est pour bonne partie issue de leurs agissements et de la convoitise des nouveaux venus, qu’ils aient été français ou anglais.

Je vous livre quelques exemples de ces dénominations, en remontant le fleuve Saint Laurent à partir de Montréal et en direction de Sainte Marguerite où nous avons actuellement nos quartiers. Peut-être retrouverez-vous votre saint patron, un saint que vous appréciez particulièrement ou celui d’une personne qui vous est chère. Par contre, ne me posez pas de questions sur la vie de ces saints, dont la majorité m’est absolument inconnue. Bonne litanie !

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Vendredi 1 août 2008


Comment se réchauffer après les chutes de MontmorencyMarthe à l\’attaque de son blé d\’Inde

Visite de l’écomusée du miel, à Sainte Anne de Beaupré. L’occasion d’en savoir plus sur la production et l’utilisation d’un produit pour lequel Armelle a déjà commencé une campagne de teasing. L’occasion de déguster (pas de succès pour le sarrasin, excellent accueil pour le bleuet) et d’acheter des échantillons. Au Québec aussi, la production est en nette régression : 25% des ruches ont péri cet hiver à cause d’un acarien.

Dans le domaine gastronomique, Marthe ne s’intéresse pas qu’au miel : le blé d’Inde, nom du maïs, transformé par Antonia en blé d’âne est son plat préféré. Son record d’établit à 3 épis et elle est talonnée par Antonia. Les photos montrent qu’Armelle pourra reprendre en main la manière dont elle se tient à table car je crains que le seul exemple -aussi bon soit-il de Flavie- ne soit pas suffisant.

Et entre deux bouchées, visite des chutes de Montmorency : 83m de haut, 30m de plus que les chutes de Niagara d’après l’office du toursime canadien, pas de file d’attente et visite gratuite. Les ainées ont été ravies d’être trempées. Personnellement, les chutes ne déclenchent pas mon enthousiasme.

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Jeudi 31 juillet 2008


canoë sur le lac du Séminaire du Québec

Partie de pêche : il pleut mais Philippe vient nous chercher avec son véhicule tout terrain, qui passera mieux dans les sentiers boueux que notre Dodge poussif à boîte automatique. Direction le chemin du Roy et la dernière Seigneurie de Québec, restée aux mains du Séminaire de Québec : une bande de terre qui s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres sur la rive nord du Saint Laurent, partagée en parcelles que le Séminaire loue. La liste d’attente est longue (la famille de Philippe a patienté près de 10 ans) et sélective, mieux vaut avoir étudié au Séminaire : autrement dit, avec nos 5 filles, heureusement que nous avons été invités !

Le camp de pêche n’est pas rudimentaire comme je l’imaginais : il peut coucher 6 personnes, l’électricité est remplacée par le gaz, la décoration est composée de trophées de chasse. J’ai évité les photos du loup, du lynx et de la peau d’ours pour ne garder que le huard (gros canard, animal emblématique du Canada représenté sur les pièces de 25 cents). Il faut dire qu’à peine arrivés, le huard nous a appelés, sans doute étonné que l’on vienne le déranger sur son lac par ce mauvais temps. Un cri assez inquiétant sur cette étendue d’eau chargée de brumes. Nous n’avons pas été en reste : Philippe a câlé l’orignal avec son drôle de cône mais aucun bois n’est apparu.

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Mercredi 30 juillet 2008


Descente des dunes à Tadoussac

Jour de chance et de chasse photographique.

Marthe le demandait avec insistance depuis la mi-juin : elle voulait voir des baleines au Canada, elle était même partie rendre visite à ses grands-parents près de Versailles avec ses brassards, où cas où elle aurait dû plonger dans le grand canal pour admirer ces mammifères marins.

Et notre mascotte nous a encore porté chance. Nous avions sagement choisi à Tadoussac un bateau de croisière à 3 étages plutôt qu’un petit hors-bord. Pendant que les enfants se photographiaient mutuellement sur le pont supérieur, Marthe s’assoupissait. Au bout d’un quart d’heure, Ariane vint me voir triomphante : son papa lui avait montré un dos de baleine. Raté pour moi, j’espère que ce n’est pas un rorqual solitaire ou un mirage car Nicolas a aussi très envie de voir des baleines.

Un peu plus tard, mirage collectif : ça souffle, ça souffle…

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Mardi 29 juillet 2008


Sainte Marthe : pour l’occasion, notre Marthe va voir son parrain : Marc-Adrien, mon neveu et filleul. Nous ne sommes partis que depuis 3 semaines et les visites ne se sont pas fait attendre. Maman, ma sœur Vanina et 4 de ses 5 garçons ont pris résidence à Saint Sauveur, à 100kms au nord de Montréal. Aujourd’hui, rendez-vous dans la ville de Québec qui fête ses 400 ans.

 

Lors d’un dîner entre Montréalais et Québécois, pourtant de la même famille, nous avons eu un aperçu de la rivalité qui oppose la capitale politique et la cité économique. Québec, avec ses 800 000 habitants, met en avant son trafic fluide, l’absence de criminalité, la beauté de ses monuments historiques et son Parlement. Montréal ne daigne pas répondre avec ses 3.5 millions d’habitants, les sièges sociaux des grandes entreprises de la province, ses quartiers cosmopolites où se mêlent des immigrants du monde entier. Nous avons assisté à ce débat sans prendre parti, venant d’un pays où la décentralisation peut encore progresser même si notre origine parisienne nous rend la vie pratique et facile, à défaut d’être toujours agréable et reposante !

 

Château Frontenac : nous nous retrouvons en surplomb du Saint Laurent, dos au château qui n’a jamais été qu’un hôtel construit au XIXème siècle par la société ferroviaire Canadian Pacific Railway afin d’inciter les Canadiens fortunés à voyager en utilisant le rail. Des édifices du même type ont aussi été édifiés à Montréal, Calgary, Vancouver mais le château Frontenac demeure le plus connu. Il faut dire que sa taille, ses toits verts en étain et son emplacement dominant le fleuve en font le symbole de la ville de Québec, avant le Parlement.

 

Cousins et cousines sont heureux de se retrouver, de manger des glaces offertes par Mamy et de chiner dans les boutiques d’art indien. On se croirait presqu’en Corse, en remplaçant l’art indien par la poterie d’Algajola ou le magasin Diddle de l’Ile Rousse…

 

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Lundi 28 juillet 2008


Pendant que je réponds aux commentaires laissés sur le blog (merci à tous pour vos messages), cachée au sous-sol d’un hôtel du village qui a une connexion Wifi, Nicolas propose aux filles de composer des œuvres en deux ou trois dimensions en utilisant les écorces de bouleau et les pierres ramassées en forêt.

Voilà le résultat : Ariane avec sa jeune fille prénommée Léa par Donatella,  Donatella et son vase, Antonia et sa petite fille à couettes qui transporte un panier, Marthe et son dessin sans thème. Nicolas est fier des capacités artistiques  de sa troupe.

Et pendant ce temps, Marie passait sa journée au lit avec un livre, pour se remettre de l’effort de la veille.

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Dimanche 27 juillet 2008


Passerelle au dessus des flots

Depuis notre arrivée à Saint Férréol les Neiges, nous sortons chaque jour pour une promenade de mise en jambes d’une à deux heures. Ces “sorties de petits” ne conviennent pas à Marie : une journée de marche ou rien déclare-t-elle, attirée par les ponts suspendus inclus dans le dépliant du sentier Metsachibo. Le défi est donc lancé : nous attendons qu’Antonia soit moins malade (un rhume qui traîne en longueur) et que le temps soit clément pour nous lancer dans cette première aventure, cotée en “randonnée avancée” de 5 heures pour 12kms. Arrivés au point de départ, l’église de Saint Férréol les neiges, l’orage gronde et le mouches noires sont déjà de la partie. J’oubliais de vous dévoiler le souhait secret de Nicolas : pouvoir, lui aussi, admirer notre ourson noir, qu’il avait raté en raison de sa virée chez les Indiens Montagnais. Le temps de nous mettre en ordre de marche, de couper les batons et de nous badigeonner d’huile essentielle de citronnelle, deux Québécoises nous ont doublé. Une heure plus tard et notre premier kilomètre parcouru, nous les retrouvons : elles ont fait demi tour et tiennent à la main une petite pompe, qui émet la sonnerie d’une corne de brumes. Elles ont vu des laissers d’ours (autrement dit des crottes mais Monsieur Chardot m’a enseigné le vocabulaire du chasseur nancéen) et des traces de griffes sur les arbres. Par malchance pour nous, Donatella a oublié son sifflet en plastique chinois gagné à la kermesse de l’école Jeanne d’Arc : Il ne nous reste plus qu’à chanter …Et voilà comment je me suis époumonnée, huit heures d’affilée, à hurler des refrains scouts (merci Marie pour les souvenirs de camp d’été) édifiants : “un régiment de fromage blanc, déclare la guerre au camembert, le Port Salu n’a pas voulu, car le roquefort était trop fort….encore plus fort”. J’ai vainement essayé de les faire passer à la récitation des tables de multiplication, la peur de l’ours n’a pas été suffisante.

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Samedi 26 juillet 2008


L’ Esprit Saint fait bien les choses…Arrivée à Saint Férréol les Neiges, j’ai vérifié l’horaire des messes à la paroisse la plus proche : samedi 19 heures. C’est déjà mieux que la célébration du samedi 17h de Montréal : les enfants n’avaient pas compris pourquoi elles n’avaient pas eu le temps de goûter ! Cependant, à voir la taille du village et de l’église, nous risquons d’être la seule famille avec jeunes enfants ce qui nous stresse (surtout Nicolas me semble-t-il…) car il faut passer une heure à limiter le niveau sonore des petites et à couvrir les commentaires des aînées sur la chorale locale.

Contre toute attente, nous étions perdus dans une foule nombreuse. En effet, nous avons réalisé que notre village était situé à quelques kilomètres de la basilique de Sainte Anne de Beaupré et qu’aujourd’hui y était commémoré le 350ème anniversaire de l’apparition de la Vierge, à l’occasion de la fête de Saint Joachim et Sainte Anne. Les camping-cars des Etats-Unis étaient alignés en rang d’oignons, les plaques d’immatriculation prouvaient que les pèlerins venaient de toutes les provinces du Canada, la messe était retransmise par haut parleur autour de la basilique. Le plus surprenant était la présence des Amérindiens, particulièrement manifeste lors de la messe en Montagnais. Sainte Anne est la patronne du Québec et des Amérindiens et leur dévotion est bien visible.

Dans cette grande basilique, construite dans les années 1930, deux choses m’ont surprise.

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Mercredi 23 juillet 2008


Comme le lever n’est pas très matinal et le petit déjeuner copieux (muffins ou bagels, céréales, jus de fuits, pain au sirop d’érable….), la matinée passe rapidement. Les grandes ont bien vite découvert les vélos dans le garage à bois et à ski (7m de neige en hiver dans la région) et pour se conformer au code de la route, elles ont mis des casques de ski ou de hockey sur glace. Antonia préfère les activités d’un parc pour enfants et ne refuse pas un petit slalom à vélo.

 

Mais s’il est une activité qui réunit tous les enfants, c’est bien de « jouer à Guimauve et Médoc ». En venant à Saint Férréol, nous nous sommes arrêtés chez Philippe et Patou, dans leur maison principale qui domine le pont de Québec. Le rez de jardin est transformé en animalerie haut de gamme : perroquet, lapins, cochons d’Inde, chat et chiens. Les filles ont été conquises par ces peluches vivantes, qui servaient à Patou pour son activité de zoothérapie et ont cherché à m’extorquer un engagement d’accueillir un animal à notre retour à Fontenay. J’ai réussi à maintenir un non ferme et définitif. Ai-je eu raison ? je l’ignore car depuis, Marthe est transformée en Guimauve (le caniche blanc de Patou), Antonia en Médoc (le labrodor noir) et Ariane et Donatella sont dresseuses à tour de rôle. Les chiens sont sortis en laisse jusqu’au dépanneur…Le plus inquiétant, c’est que Marthe est parfaitement obéissante en tant que chien (coucher, donner la patte, courir, monter sur le talus) ce qui n’est pas forcément le cas dans son rôle habituel !

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Mardi 22 juillet 2008


Au revoir Montréal : la nièce de Françoise et son mari nous ont prêté leur chalet de montagne, au pied du Mont Saint Anne, à 40km de la ville de Québec.

Devinez quel est notre chalet, parmi ces exemples d’architecture locale que Marie et Donatella se sont amusées à photographier. Un indice pour vous aider :nous ne logeons pas chez le dépanneur !

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