Lundi 15 juin 2009


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Dimanche 14 juin 2009


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Mercredi 10 juin 2009


Une bière ? C’est bien tentant dans ces pays d’Asie du Sud Est où il fait si chaud et où nous sommes constamment déshydratés. En Inde du Sud au moins, la bière était rare et coûteuse. Ici, comme elle est partout présente et bon marché, nous nous laissons aller à en boire une un soir sur deux.

Petite mauvaise habitude qui n’a pas résisté à une question clairvoyante des filles, qui s’étonnaient de cette consommation inhabituelle : « Maman, tu aimes la bière ? ».

Très franchement, pas vraiment, j’aurais tendance à préférer un Orangina frais bien secoué même si le goût n’est plus ce qu’il était depuis que Sylvain et moi n’en vendons plus aux Anglais et aux Irlandais.

Ceci étant posé, les filles font aisément la liste des inconvénients de la bière. Qui a envie de prendre du poids, de sentir mauvais, de roter, de dépenser de l’argent sans bonne raison, de ne pas avoir les idées claires ?

Bravo les filles, bonne argumentation : il faut dire qu’à elles cinq, elles commencent à être très fortes en débat et négociation. Et voilà comment j’ai arrêté, sans grande difficulté, de boire de la bière, en m’en rendant compte du contre-exemple que je donnais à mes enfants. Sans compter que les jeunes routards anglo-saxons accrochés à leurs bouteilles n’exerçaient pas un fort pouvoir d’attraction sur moi.

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Mardi 2 juin 2009


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Lundi 1 juin 2009


Depuis que Marie avait vu des photos de femmes en costume traditionnel dans les brochures sur les ethnies de Sapa, elle souhaitait en voir en chair et en os, que ce soit au Vietnam ou au Laos. En s’intéressant à elles, en fabriquant des bracelets et des colliers avec elles, Marie a réussi à nouer des relations amicales avec certaines de ces femmes, qui sont généralement sur un registre purement commercial dans leurs relations avec les touristes. Une fois encore, le miracle des enfants a opéré : nous ne sommes plus des étrangers, cibles potentiels ou un brin voyeurs mais simplement les parents des MADAM, que tout le village a repéré et qui amusent les locaux avec leurs airs de Daltonettes.
Marie vous donne des informations sur les deux principales ethnies que nous avons côtoyées dans le nord du Laos. Attention aux erreurs ethnographiques possibles en regardant les illustrations photographiques !

Les Akhas (appelés Ikos par les Laotiens):
Cette ethnie est connue pour conna羡re l’arbre généalogique de leurs anc黎res jusqu’・soixante générations en arri鑽e.
Les femmes sont toujours en habit traditionnel, qui leur prend un an ・tisser ! Elles portent une veste bleue brodée de perles avec une jupe simple tr鑚 courte et des chaussettes montantes multicolores. Plus les femmes sont vielles, plus elles ont une coiffure impressionnante ornée de pi鐵es, de perles, d’ argent et de laines colorées …
Les femmes travaillent tr鑚 dur au champ pendant la journée et reviennent le soir filant leur coton avec de grosses charge de bois sur le dos. Ce sont les femmes qui ont la responsabilité de la plantation du coton jusqu’・la fabrication des v黎ements en passant par les teintures avec des plantes.
Les soir elles ne préparent ・manger que des produits de la for黎: champignons, bambous, herbes, foug鑽es, racines et toutes sortes de plantes.
Leurs maison sont tr鑚 sombres car il n’y a aucune fen黎re.
Ils ont la coutume de ne pas laisser un étranger sortir de son village sans lui offrir quelques choses ・manger sinon cela signifie que c’est un esprit. Une porte en bois est réservée pour faire fuir les esprits (d馗or馥 d’armes, d ‘騁oiles et de triangles…) Un étranger peut rentrer par cette porte ・condition qu’il rentre dans plusieurs des maisons du village. Les décorations sont refaites chaque année par les villageois.

Les Yaos :

Ils ont des habits tr鑚 distinctifs : les gar輟ns portent une sorte de kippa avec des pi鐵es d’argent et des pompons rouges pétant. Les filles portent un turban bleu marine avec des étoiles ressemblant ・des étoiles de neige. Les hommes portent des pantalons indigo,et pour les vieux souvent un béret fran軋is. Les femmes sont tr鑚 r駱ut馥s pour leur broderies, elles vont jusqu’・enti鑽ement recouvrir leur pantalon auparavant noir de broderie.
Pour les cérémonies spéciales, ils se couvrent d’argent.
Ils ont une 馗riture sp馗iale pour leur religion qui ressemble un peu au chinois. Dans leur culture on fait beaucoup de papier ・base de v馮騁aux et surtout de bambou car ce papier sert de monnaie pour les dieux. Certains sont comme m麥e chr騁iens.
Les Yaos 駘钁ent beaucoup d’animaux comme des cochons,des poulets qui appartiennent plus ou moins ・quelqu’un mais l’hygi鈩e n’y est pas…Certains animaux sont sacrifi駸 aux dieux …

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Dimanche 31 mai 2009


Il est midi. Nous arrivons tout dégoulinant dans un village qui borde la rivière Nam Ou, non loin de Niang Kiaw. Le soleil tape très fort mais les filles ont voulu accompagner Paco et Sandy, deux jeunes rencontrés dans le bus l’avant veille et qui ont eu la bonne idée de partir passer deux jours chez l ’habitant. Enthousiastes et généreux, ils ont apporté force boules de pétanque et ballons de foot aérien (le fameux foot volley lao-thai). Comme dit Sandy, il sont « à fond », et les filles espèrent bien profiter de leur arrivée pour jouer avec les enfants du village.

A la troisième maison, nous sommes arrêtés par des hommes un peu endimanchés et pas mal éméchés mais gentils qui nous prennent par le bras fermement pour nous amener à l’intérieur. La maison est bondée,  il en sort un brouhaha de voix et de musique, une odeur un peu fétide d’alcool et de nourriture; les gens entrent et sortent, les chiens et les chats aussi. L’énergie est toute particulière, forte et nouvelle pour nous. Les filles ont un peu peur de ces haleines chargées d’alcool et de ces bras qui mes agrippent en passant.

Au centre de la maison, assis autour d’un petit autel chargé d’offrandes et de bougies, sont assis deux couples, un âgé et un jeune, avec des enfants. Le reste de l’assistance s’affaire autour d’eux. Très vite nous comprenons que les gens défilent pour leur nouer aux poignets des bracelets de coton blanc. Des dizaines de bracelets entremêlés. Ceci rajoute encore au sentiment de mystère. La cérémonie est aussi intense qu’ésotérique, mais je sens qu’il n’y a pas d’agressivité particulière. Nous sommes pris en mains et dirigés vers les couples pour leur nouer des bracelets et leur adresser un petit mot. Puis nous recevons à notre tour des bracelets, que nous acceptons volontiers, et de l’alcool de canne à sucre, que nous refusons poliment. L’ambiance est électrique et conviviale à la fois, unique; il se passe quelque chose de fort, nous le sentons. Après une demi-heure, nous sortons de la pénombre pour retrouver le soleil. Nous sommes un peu soulagés de quitter cette autre planète, et heureux en même temps d’avoir participé à ce moment si intense de vie communautaire. Nous reprenons notre route et menons les amis à leur lieu d’accueil puis visitons avec eux l’école rudimentaire du village. Martha profite des « ptijeux ». En fin d’après-midi au retour de la promenade nous recroiserons une bonne partie des convives, rentrant à pied ou en moto dans leurs villages, titubant pour certains, poursuivant les discussions avec force animation pour d’autres.

Le lendemain matin, nous apprendrons dans un livre que nous avons assisité à une cérémonie baasii ; pilier de la culture lao, elle permet de ré-équilibrer les 32 esprits  de la vie quotidienne. Elle se pratique avant ou pendant un événement important et permet à une famille de surpasser les difficultés. Un de ces moyens dont parle Majid Rahmena dans son livre « Quand la misère chasse la pauvreté » et qui permet à la fois de  maintenir le « temple » intérieur de chacun et le « métabolisme » de la communauté villageoise en bon état. Nous en profitons au passage (ne pas enlever les bracelets reçus avant 3 jours) pour ré-ajuster nos équilibres familiaux en vue du retour vers le Vietnam via la rivière Nam Ou,  les montagnes, la jungle et  Dien Bien Phu (on nous a dit que la frontière est ouverte aux étrangers depuis peu). Merci!

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Samedi 30 mai 2009


« Avez-vous mangé de l’Amazonie aujourd’hui ? » : une question un brin impertinente imaginée par Fernanda et Joan de Peabiru, à Belem, pour attirer l’attention des acheteurs brésiliens mais aussi américains et européens sur une conséquence grave de la consommation de viande bovine : la déforestation de l’Amazonie. Nous avions d’ailleurs nous même été frappés de voir des troupeaux se promener sur les plages qui bordent le rio Tapajos, à plusieurs heures de bateau de Belem, au beau milieu de la mangrove. Convaincue par le discours et l’exemple de vie de Joan, Donatella avait complètement arrêté la viande en Amérique du sud.

Nouvelle Zélande et Australie sont passées par là, avec leurs moutons aussi nombreux que les grains de sable et les barbecues disponibles dans chaque parc.

L’Inde a été l’occasion de découvrir une cuisine végétarienne variée et savoureuse, tout particulièrement au centre de yoya Isha où viande, poisson, œufs, café et alcool étaient absents sans que nous ayons jamais ressenti de manque. Bien au contraire, les rares fois où nous sommes revenus à une consommation plus importante de viande, notre organisme la supportait mal.

Au Vietnam et Laos, il est plus difficile d’échapper à la viande : bœuf, porc et poulet sont sur tous les menus, sans même aller dans les restaurants spécialisés en serpents, tortues ou chiens. Nous nous bornons souvent à la rubrique « légumes », sans que ce choix nous pèse particulièrement. Les enfants savent qu’elles peuvent choisir un plat de viande mais sont peu attirées par ces mets : les visites dans les marchés avec abats, intestins et têtes d’animaux bien en vue n’ont pas développé leur instinct carnivore, le spectacle de la friture d’un crapaud éventré ou de varans voués à un sort semblable non plus. Récemment, la rencontre avec Sara a participé à leur prise de conscience. Sara est une volontaire italienne envoyée par la D.C.C. à Luang Prabang pour enseigner le français à de futurs professeurs, dans le cadre d’un projet de promotion de la francophonie. De la soirée que nous avons passée avec elle et Christine, sur le bord du Mékong, nous avons retenu le récit de sa pire nuit, passée chez des amis laotiens dont la maison jouxte un abattoir. Pleurs de cochons ressemblant à des sanglots d’enfants lancés par les bêtes qui sont assommées : il paraît qu’une nuit suffit à décourager les plus carnivores.

Alors viande ou pas viande finalement ? Pour moi, la réponse est désormais plutôt négative sans pour autant être tranchée. Je ne refuserai pas une bonne épaule de mouton ou une côte de boeuf occasionnellement mais je ne me sentirai pas obligée d’en faire manger à mes enfants tous les jours. Moins de viande, de meilleure qualité, en trouvant des substituts de protéines faciles à cuisiner : résolution de la rentrée 2009.

PS : Béné et Sophie, êtes-vous partantes pour ce programme ?

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Jeudi 28 mai 2009


Après les parties de football et de béret dans les villages proches de Muang Sing, nous poursuivons notre découverte de la campagne laotienne en passant une nuit chez l’habitant. Un tuk-tuk nous conduit à une vingtaine de minutes de Luang Nam Tha et nous laisse au bord de la route à Vieng Poukha, face à quelques maisons sur pilotis en bois, bambou et paille de riz, semblables à celles que nous avons aperçues dans les dizaines de villages traversés depuis notre arrivée au Laos.
Les filles courent sur le pont suspendu en suivant une femme qui nous amène, par un sentier parsemé de bouses, à notre logis d’une nuit : la maison du chef de village, comme nous l’apprendrons dans la soirée. Nos bagages prennent largement un quart de la surface « habitable », reconnaissable aux nattes qui recouvrent le sol et aux vieux matelas entassés dans un coin. Il est trois heures, le soleil est encore haut dans le ciel mais la pénombre envahit déjà la pièce. Les braises du brasero éclairent la cuisine : quelques casseroles, autant de tabourets de dix centimètres de haut et des bassines. Pas vraiment la cuisine toute équipée dont rêve toute ménagère européenne ! Il faut dire qu’il n’y a rien d’inutile dans cette habitation, à part des posters de pop stars laotiennes ou chinoises au mur. La seule table, sans chaise, est envahie par les vêtements et des cartables, qu’une horde de gamins surgie de nulle part vient tout à coup récupérer. Pas de télévision, un poste de radio que nous n’apercevons pas –il est sans doute recouvert d’une bonne couche de cette suie qui rend les murs et le toit de la cuisine noirs charbon- mais que nous entendrons à dix-neuf heures, pour les informations nationales introduites par un musique qui ressemble à un hymne national avec le crachotis dans le micro des « Français parlent aux Français ». Une femme s’active pour préparer le dîner, entourée de quatre enfants morveux qui ne sont pas les siens. Les habits sont troués et maculés, les filles ont le crâne rasé : les poux ont sans doute frappé. Espérons que nous y échapperons car notre dernière séance vinaigre blanc + démêlant + peigne fin sur des bestioles fontenaysiennes remonte à Montréal : un véritable exploit ! …/…

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Lundi 25 mai 2009


De Luang Nam Tha, nous avons poursuivi vers Muang Sing où une garnison rassemblait des Sénégalais et des Marocains du temps des Français et poussé jusqu’au petit village d’Adima , à moins de trois kilomètres d’un poste frontière avec la Chine, réservé à la circulation des Chinois et Laotiens. Comme tous les touristes qui visitent cette région, nous cherchons à rencontrer les ethnies du nord du Laos. Ici, une seule guest house et quand nous entendons une bande de jeunes filles glousser comme des poules en nous voyant débarquer, nous comprenons que les étrangers viennent rarement jusqu’ici. Marie a dessiné sur son carnet de croquis le plan précis de tous les hameaux autour d’Adima et nous avons pu partir pour notre première excursion. Moins d’une heure de marche sous un soleil de plomb pour atteindre les premières maisons, précédées d’un bosquet avec des pendentifs tressés en liane et d’une porte en bambou pour les esprits, ornée d’armes sculptées dans du bois : épée, pistolet, fusil…. Heureusement que nous avions lu qu’il ne fallait pas toucher à ces portes aux esprits situées à l’entrée et à la sortie des villages akhas. D’énormes cochons se baignaient pendant qu’une petite fille de cinq ans ramenait son buffle devant sa maison. Tout d’un coup, une grand mère est venu nous montrer son petit fils dont l’une des mains était craquelée et verte. Nous ne pouvions rien pour lui; nous avons pensé qu’il avait sans doute dû mettre la main dans un pesticide car tout au long du sentier, nous avions vu des sacs d’un produit chimique chinois et remarqué que les paysans pulvérisaient leurs plantations de maïs et de légumes. Des enfants nous regardaient silencieusement. Une vieille femme aux seins nus s’est avancée pour nous tendre des bananes, contre une petite offrande. Nous ne savions pas trop quoi faire, alors nous sommes repartis dans un autre village.
Beaucoup plus accueillant. …/…

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Samedi 23 mai 2009


La cérémonie des offrandes est devenue une attraction touristique majeure de Luang Prabang, la cité des temples. Nous n’en savions rien avant de venir mais n’avons pas mis longtemps à nous en rendre compte, en constatant que de nombreuses affiches mettaient en garde les étrangers contre des comportements déplacés. Nous étions donc peu enclins à nous lever à cinq heures du matin, pour risquer de tomber sur un groupe de Chinois bruyants, photographiant tous azimuts. Mais l’omniprésence des moines dans la ville et rencontre avec un d’entre eux dans le principal temple nous a incités à regler notre montre sur le mode réveil. Pour le coté folklorique, nous n’avions qu’à moitié tort : ce sont en fait des Américains qui plaçaient des gaufrettes et des jus de fruits sur une natte, tout en ajustant l’objectif de leur caméra, juste devant notre hôtel, quand nous franchi la porte. De toute façon, la cloche des temples nous avaient réveillés. Nous fuyons à quelques dizaines de mètres, au calme : devant chaque porte de maison, un petit tabouret sur lequel est installé un donateur, plutôt âgé en moyenne, avec un panier de riz gluant format familial. Les femmes sont généralement ceintes d’une écharpe blanche. Nous n’avons pas longtemps à attendre : une trentaine de moines arrivent, chacun portant une espèce de saladier en métal, recouvert d’un couvercle et accroché à un sac en toile, de couleur orange comme tout le reste des vêtements.Pas une parole n’est échangée, ni même un regard, entre celui qui donne et celui qui reçoit : le couvercle s’ouvre comme automatiquement, une main plonge dans le panier pour prélever une boulette de riz et la lancer sans plus de cérémonie dans le réceptacle, le couvercle se referme. Même manière de procéder pour les trente moines, alignés, les anciens précédant les plus jeunes qui ne semblent pas avoir plus de six ou huit ans. Les temples sont nombreux à Luang Prabang et ce sont donc plus de deux cent moines qui défilent quotidiennement, en silence, acceptant avec humilité de manger une nourriture qui aura été touché par plusieurs dizaines de main. Et ce sont des dizaines de personnes qui, jour après jour, se réveillent à l’aube, préparent le riz et le partagent sans rien attendre en échange. Finalement, je suis heureuse d’avoir assistée à cette cérémonie peu spectaculaire mais très parlante : donner, recevoir, dans la simplicité et la durée. Leçon de gratuité et de service, exemple de pauvreté et d’humilité. Sans un mot, juste par l’action, comme un clip pour vanter la charité qui ne passera jamais.

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